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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Projet de résolution sur les problèmes d’organisation
{Bilan} n°18 - Avril-Mai 1935
Article mis en ligne le 7 janvier 2017
dernière modification le 1er janvier 2017

par ArchivesAutonomies
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présenté par le camarade Alphonse

1. — CELLULES ou SECTIONS

Particulièrement dans la période dénommée la "bolchévisation", les problèmes d’organisation furent l’objet de vives polémiques entre les différentes tendances qui se manifestèrent au sein de la Troisième Internationale. C’est au cinquième Congrès de l’I.C. (1924) que fut décidée la transformation organisatoire des partis communistes sur la base des cellules. L’introduction de cette transformation, calquée sur le parti communiste russe était présentée comme le système correspondant le mieux à l’organisation des partis communistes étant donné que cette structure établissait une liaison directe du prolétariat. On prétendait que l’ancienne base territoriale représentait encore une survivance de l’idéologie sociale-démocrate faisant apparaître un but et une fonction éminemment électoralistes. Dix ans d’expérience doivent nous permettre de juger la valeur de cette transformation et de contrôler si les justifications émises à l’origine répondaient à une façon communiste d’aborder les problèmes organisationnels.
Dès le début, notre fraction soulevait les plus fermes critiques au cours de la "bolchévisation" qui se présentait concrètement comme une mécanisation de la base du parti sur le lieu du travail. A cette époque, le camarade Bordiga devait souligner que, pour résoudre les problèmes de la révolution il ne suffisait pas d’avancer une formule organisatoire, et, qu’en dernière analyse, ce sont des problèmes politiques et non de forme qui se posent devant le prolétariat pour passer à la conquête du pouvoir politique.
Dans les faits, l’expérience a démontré que cette modification, présentée aux masses comme susceptible en soi-même de déterminer une démarcation de nature politique : cellule=communisme, section= social-démocratie, devait au contraire se révéler comme un auxiliaire important de la bureaucratie à qui elle permettait plus facilement d’étouffer toute opposition, toute réaction saine de la base pour instaurer une véritable terreur idéologique, un véritable état de siège dans les rangs du parti.
Pour le marxisme, les moyens d’organisation ne sont pas des solutions de principe, applicables, par conséquent, dans chaque circonstance historique et dans chaque situation.
D’autre part, la dissociation de l’organisation du parti, opérée au travers de la cellule, devait rendre impossible la confrontation permanente des différentes expériences que les prolétaires accumulaient dans leurs lieux respectifs de travail : usines, chantiers, magasins, transports, etc., et, pour cela, restreindre, au lieu d’élargir, la perception politique et générale des militants, les condamnant à être à la remorque des "directives" émanant du centre au lieu d’être le ferment propulseur et vivificateur de la pensée et de l’action communistes élaborées dans les organes dirigeants. Dans les faits, la base se voyait ainsi réduite à une fonction d’automate. Réduite à appliquer à la lettre les directives reçues du centre, les organes de la vie du parti voyaient leurs propres attitudes atrophiées dans une ambiance où l’avis du bureaucrate ne pouvait plus trouver l’apport suffisant d’une base active capable de déterminer une sérieuse résistance et une élévation idéologique répondant à la fonction d’un véritable parti communiste.
Contrairement à ce que l’on avait affirmé pour justifier sa constitution, la cellule n’éliminait pas, mais facilitait, au contraire, l’introduction des intellectuels ou semi-intellectuels, lesquels pouvaient maintenant, bien plus qu’auparavant, échapper au contrôle réel de la masse des militants, ainsi que l’expérience le démontra par la suite.
Bien que le centrisme présentait - apparemment - cette transformation sous l’aspect démagogique de l’"ouvriérisme", comme l’élimination des résidus intellectuels de la social-démocratie se trouvant encore dans les rangs communistes, toute sa politique devait être celle d’un courant avancé de la petite-bourgeoisie qui s’était infiltrée dans les rangs de la classe ouvrière. Même dans cet aspect du problème : la nécessité pour le prolétariat tant qu’existeront les classes, d’employer des énergies intellectuelles désertant les autres classes, la dénaturation des données du problèmes est manifeste si l’on tient compte que le prolétariat a pu connaître, à sa naissance, les fondements historiques et scientifiques de sa doctrine, grâce à des énergies intellectuelles venues de la bourgeoisie et qui furent les plus clairvoyants interprètes de la révolution prolétarienne (Marx et Lénine). La réponse centriste à ce sujet devait comporter une falsification en présentant les intellectuels comme les seuls susceptibles de colporter ou de cacher des résidus de mentalité bourgeoise et petite-bourgeoise et, par cela même, d’altérer progressivement les cadres et la nature de l’idéologie marxiste du parti. On déplaçait ainsi le problème du terrain, de la nature, de la théorie du parti, à celui de la forme, de l’organisation, des énergies intellectuelles et de leur contribution à la révolution prolétarienne. C’était là renverser, fausser la notion du parti, tandis qu’on opérait en contrebande une altération des bases marxistes sur lesquelles s’était fondée l’I.C.
La phraséologie du type syndicaliste, à caractère ouvriériste, servait justement à masquer cette altération progressive en présentant chaque fois les différents courants d’opposition qui pouvaient se manifester comme des récalcitrants "intellectuels" qui, habitués au "forum" des sections, ne pouvaient pas s’adapter à un travail plus positif et moins verbal qu’on prétendait réaliser sur la base de la cellule. Non seulement la cellule n’éliminait pas des organes directeurs des couches prolétariennes, cette partie d’intellectuels qui militaient, mais, au surplus, elle se révélait comme inadéquate à la formation fondamentale de la structure des cadres idéologiques indispensables pour le mouvement communiste. Même la création des écoles léninistes aux différents échelons qui voulaient représenter un correctif à la déficience susdite devaient aussi se révéler dans toute leur réalité et représenter exclusivement un cours de corruption et de momification des futurs bureaucrates.
Un autre argument avancé par le centrisme pour justifier cette transformation organisatoire était la liaison que cette forme pouvait réaliser avec le prolétariat sur le lieu même du travail. Il est indiscutable que le P.C. a comme tâche essentielle de se lier, même organisatoirement, avec les masses ouvrières sur le lieu même du travail et c’est justement à notre fraction que revient le mérite d’avoir pris la première l’initiative de la formation du "groupe communiste des fabriques" (1921-22) qui joua un rôle important, particulièrement dans les centres industriels, en représentant un moyen de pénétration efficace des conceptions communistes dans les masses ouvrières en général. Mais il faut souligner que ces groupes se trouvèrent toujours sous la direction du parti, représentant par là seulement une arme de premier ordre pour la mobilisation des ouvriers dans les conflits continuels de classes et particulièrement dans la lutte contre le fascisme durant l’époque de la guerre civile. Mais la tâche de ces groupes communistes - se limitait à celle des fractions du parti dans les différents champs de l’activité prolétarienne.
Une seule expérience est néanmoins avancée par le centrisme pour justifier cette modification structurelle : l’expérience russe. Mais ce précédent, avancé comme unique preuve, ne tenait pas compte de la situation contrastante des pays occidentaux où le capitalisme s’est trouvé au pouvoir depuis des dizaines d’années. Si en Russie, avant la révolution, la base organisatoire de la cellule pouvait faciliter, dans une certaine mesure, l’agitation et la propagande du parti, surtout à cause de l’absence d’une organisation syndicale de masses, et par le fait des contrastes entre la bourgeoisie non encore au timon directeur de l’Etat, et l’autocratie, ce qui comportait, pour le mouvement révolutionnaire, moins de risques et plus de facilités dans l’agitation - sur la base de l’usine que sur la base territoriale, par contre, en Occident, cette structure se heurtait au péril exposant aux coups conjugués de l’adversaire une structure - base du parti - pouvant difficilement résister aux représailles du patron et de la police étatique.
En outre, le rayon, composé d’un nombre déterminé de cellules, sur la base de l’industrie, devait se révéler comme non correspondant aux possibilités matérielles et pratiques pour réunir régulièrement et périodiquement des assemblées : ce qui devait paralyser toute l’activité politique de l’organisation. Jamais de telles réunions purent regrouper au maximum l’entièreté des effectifs. Cela est tellement vrai qu’après plusieurs années d’insuccès, on dut recourir à l’expédient des "Conférence d’information" et même leur duplicata, les sous-rayons territoriaux qui, privés de toute fonction délibérative, devaient d’ailleurs être, par la suite, désertés par la majorité des militants.
L’expérience désastreuse du centrisme, même dans ce domaine, doit nous permettre de rétablir la base d’organisation du parti communiste, base répondant aux nouvelles situations dans lesquelles l’avant-garde communiste doit s’acquitter de la tâche fondamentale de la direction des luttes pour la conquête du pouvoir politique par l’instauration de la dictature du prolétariat.
Sans vouloir élever en principe la forme organisatoire du parti, on peut affirmer que l’expérience de la dernière décade prouve que la base territoriale, s’appuyant sur un réseau dense de fractions au sein des organisations ouvrières et sur les lieux même du travail, reste la plus correspondante et celle qui permet le mieux l’élévation la plus haute du niveau idéologique de tout le parti forgeant, au feu des expériences, les armes pour la révolution.

DISCIPLINE et REGIME INTERIEUR

On peut affirmer que jamais, dans les annales de l’histoire, on n’abusa tellement des règles nécessaires et indispensables à un parti communiste afin de pouvoir passer, au nom de celui-ci, à la destruction de la substance même du parti. Le centrisme, plus que tout autre courant, s’est servi du terme "discipline" pour éliminer petit à petit, mécaniquement, chaque réaction à sa politique contre-révolutionnaire et surtout pour terroriser l’ensemble du parti. Pour cela, il est d’autant plus nécessaire aujourd’hui de situer la signification de la discipline en rétablissant sa véritable substance révolutionnaire. Cela revient donc à rétablir la nature et la substance du parti sur la base de l’idéologie marxiste, Sans une théorie révolutionnaire, la classe prolétarienne est vouée à la défaite (Lénine). Plus particulièrement aujourd’hui, quand la pornographie politique rejoint les sommets les plus élevés en semant désillusions et décomposition, en réhabilitant les massacreurs de Rosa Luxembourg et de K. Liebknecht, notre devoir consiste à démasquer toute illusion qui, se recouvrant du masque de la "démocratie", voudrait la représenter devant les masses comme le facteur susceptible de conserver au prolétariat sa physionomie de classe, et au parti de sauvegarder son bagage marxiste.
Il n’existe pas une antithèse entre "démocratie" et "discipline", comme il n’existe aucune vertu abstraite qui puisse permettre à une de ces formes tels la "démocratie", le "centralisme démocratique" ou la "discipline" de sauvegarder l’avant-garde prolétarienne d’une possible dégénérescence. La seule garantie du mouvement communiste est représentée par une maturation politique de toute l’organisation, appliquant, contrôlant, vérifiant et complétant l’ensemble des principes qui forment son programme, dans le cours des luttes révolutionnaires. Il existe des situation exceptionnelles où cette maturation s’exprime au travers d’une infime minorité du parti qui se trouve isolée des masses pendant une période donnée. Cependant, la reprise inévitable du cours révolutionnaire de demain ne pourra se conclure par la victoire qu’à la seule condition que cette infime minorité reste, malgré la tempête de la contre-révolution, ferme dans ses principes, marchant résolument contre le courant.
C’est grâce à ce mérite que Lénine et le parti bolchevik purent forger les armes programmatiques et tactiques qui devaient conduire à la victoire insurrectionnelle d’Octobre.
Le parti communiste de demain, celui qui se forgera dans le feu des luttes du prolétariat mondial et dans leur cours ascendant, devra rétablir la véritable signification de la discipline révolutionnaire, étant donné qu’il sera l’expression d’un vrai programme communiste fécondé par une série d’expériences fructueuses parmi lesquelles la victoire de 1917 en Russie représente l’élément essentiel.
Aujourd’hui, la tâche des fractions de gauche consiste à jeter les premières bases des futurs cadres du parti, contribuant ainsi à préparer les prémisses pour la révolution de demain.
Dans cette phase qui, historiquement, précède la formation du parti, le régime intérieur des fractions doit répondre aux exigences qui permettent le mieux la plus vaste et la plus large contribution à l’élaboration du programme du futur parti communiste, sans pour cela transformer la fraction, expression de la lutte prolétarienne, en une "académie marxiste".
Bien que le champ d’action de la fraction soit très restreint, la plus ample et la plus libre discussion ne s’opposent pas à une discipline organique répondant aux tâches particulières du moment. Ainsi, cette notion apparaît comme un complément indispensable pour donner une solution organique aux tâches historiques que la fraction doit et devra résoudre.

ORGANISATION ILLÉGALE

Le parti communiste, qui a pour tâche la destruction violente du régime capitaliste, ne peut pas méconnaître l’importance permanente que revêt le travail illégal. Son application doit trouver le consentement unanime et sans réserve de tous ses membres. Dans des situations "normales", le travail illégal se restreint à certains aspects de l’agitation : le travail antimilitariste, dans des situations données, et surtout la préparation des cadres dans l’éventualité d’une modification des situations, lesquelles exigeraient une rapide transformation de tout le parti entrant dans l’illégalité.
La période de la guerre civile en Italie, en 1921-22, démontre que le parti, sous la direction de la fraction de gauche, sut, en une brève période, outiller l’organisation de ramifications illégales adéquates à la situation, faisant front et résistant à l’attaque forcenée de la réaction fasciste, préservant l’organisation contre la pénétration des éléments provocateurs, sachant aussi maintenir la continuité organisatoire du parti dans toutes les circonstances.
Cet aspect particulier de l’action communiste acquiert une valeur essentielle pour toute l’action de notre fraction, étant donné que c’est dans ces conditions d’illégalité qu’elle doit mener sa propagande en Italie, pour la reconstruction de cadres.
Dans ce domaine, le centrisme a agi d’une façon excessivement criminelle. Non seulement les règles les plus élémentaires du secret organisatoire n’ont pas été observées, mais c’est à ce courant que revient le "mérite" d’avoir introduit dans le mouvement ouvrier l’arme infamante de la délation. Et ce nouveau fait doit nous inspirer le maximum d’attention envers lui sans pour cela le considérer comme un obstacle pour tout travail, aussi minime soit-il, en Italie. Bien au contraire, la fraction devra rechercher les formes correspondantes qui doivent lui permettre de s’acquitter de sa fonction d’avant-garde, même dans les situations les plus difficiles, comme actuellement et demain lors d’un précipice des événements vers une nouvelle guerre inter-impérialiste. Dans la situation présente, où la perspective d’une prochaine conflagration est à l’ordre du jour, ce problème se situe au centre des tâches auxquelles notre fraction doit donner le maximum d’attention, en puisant dans les expériences passées les moyens adéquats pour son activité future, en fonction des résolutions politiques et des objectifs qu’elle s’est donnés.
Pour ce qui concerne les expériences du passé, nous pourrons nous limiter à donner deux expériences fournies par l’activité des bolchéviks pendant la guerre et par le groupe spartakiste en Allemagne. Pour ce qui est des premiers, l’essentiel ne fut pas de déclencher - ce qui était d’ailleurs totalement impossible - une agitation purement superficielle parmi les masses ouvrières encore enivrées par la guerre, mais bien de se concentrer autour de la formation de cadres acquérant une fermeté idéologique au travers de la lutte contre tous les courants opportunistes qui se manifestèrent au cours de la guerre en essayant de maintenir un contact avec de petits noyaux de prolétaires restés fidèles à leur classe. Le rôle joué par la direction bolchévique à l’étranger, concentrée autour de Lénine, ne consistait pas en une subordination mécanique et organisative du parti qui opérait en Russie, mais plutôt dans une puissante contribution idéologique qui devait permettre au parti de se trouver, en octobre 1917, dans la mesure d’accomplir les tâches posées devant le prolétariat par la situation d’éclosion révolutionnaire.
L’activité du groupe restreint des spartakistes qui s’extériorisa pendant la guerre au travers de la publication illégale des "Cahiers de Spartacus", de pamphlets, de la brochure de Junius, prouve également combien l’essentiel était alors représenté par la maturation politique des idées devant permettre un réarmement idéologique des cadres indispensables pour l’inévitable reprise ascendante de la lutte révolutionnaire en Allemagne.
Il est inutile d’affirmer que la guerre de demain verra à nouveau le prolétariat désorienté et sous l’influence des traîtres d’hier et d’aujourd’hui. D’autre part, les mesures préventives que la bourgeoisie et ses agents feront déferler seront le bistouri chargé d’extirper, au commencement de la guerre, toutes les forces s’alignant contre le massacre en lui opposant l’issue prolétarienne au débouché des contrastes inter-impérialistes : la révolution communiste.
De cette perspective nous devons déduire la nécessité indispensable d’outiller actuellement notre mouvement pour le prémunir au maximum contre ces probables attaques et pour permettre, même dans les pires des éventualités, une continuation organique de la fraction.

CONCLUSIONS

La fraction de gauche du P. C. I., qui se fonda à la Conférence de Pantin en avril 1928, sur la base du matériel historique du mouvement communiste mondial : Le "Manifeste des Communistes", les thèses, du IIè Congrès de la IIIe Internationale et, en tant que contribution du prolétariat italien, les thèses de Rome du P.C.I., la plate-forme présentée par la gauche italienne au Congrès de Lille du parti communiste français, proclama une lutte sans merci à l’opportunisme qui avait déjà conquis la direction de l’I.C. et de tous les partis, sans rejeter alors l’éventualité d’une possible régénérescence grâce à la victoire des fractions, de l’Internationale fondée avec la victoire d’octobre. Elle affirme aujourd’hui :

A. — Qu’en 1933 s’est clôturée définitivement, par la mort de la IIIe Internationale, la phase où se posait l’éventualité de la régénérescence de l’I.C. grâce à la victoire de la révolution prolétarienne dans un secteur du capitalisme, victoire qui aurait comportée comme condition préjudicielle la conquête de la part de la gauche de la direction de la lutte.

B. — Que les partis centristes, encore organiquement liés au cadavre de la IIIe Internationale, opèrent déjà, dans le concert de la contre-révolution, présentant aujourd’hui leur candidature pour assumer une fonction d’organes directs de l’impérialisme afin de convoyer le prolétariat dans le gouffre de la guerre impérialiste.

C. — La fraction affirme clôturée la phase envisagée en 1928, quant à une possible régénérescence des partis et de l’I. C. et retient :

I. — Que la fraction de gauche assume la tâche de reconstruire indépendamment et autour d’elle, exclusivement, le parti communiste de demain au travers de son travail de formation de cadres.

II — Pourront seuls adhérer à la fraction de gauche du P. C. I. tous ceux qui acceptent les matériaux établis par la Conférence de Pantin, et qui reconnaissent comme tâche essentielle celle de passer au crible de la critique toute l’expérience de la Ill° Internationale, de l’État prolétarien dégénéré, afin d’élaborer, dans une direction historique plus élevée, le matériel pour le parti mondial de demain.

III. — Tous ceux qui rejettent sans réserves toute illusion sur une éventuelle et possible convivance avec des courants provenant des partis qui trahirent en 1914 et qui, dans des situations nouvelles, sans abandonner leur fonction, se présenteraient avec une démagogie révolutionnaire ; avec des courants provenant des partis centristes, traîtres d’aujourd’hui, pouvant se présenter, au cours de la guerre, avec des positions plus avancées que des socialistes sans pour cela s’être dépouillés de tout le bagage opportuniste du centrisme qui a entraîné la mort de la IIe Internationale et la trahison des partis.

IV. — Tous ceux qui reconnaissent que le parti communiste de demain ne pourra se fonder que sur des positions plus avancées que celles qui donnèrent naissance à la IIIe Internationale et aux partis communistes, puisque, d’ailleurs, l’expérience historique prouve que la Ie Internationale ne put se former que sur les enseignements de 1848 la portant à exclure les forces de la bourgeoisie progressive comme éléments d’appoint à la lutte du prolétariat ; la IIe Internationale, sur les enseignements de la Commune, faisant apparaître au prolétariat sa tâche indépendante pour la conquête du pouvoir politique ; de la IIIe Internationale se fondant sur l’exclusion des forces social-démocratiques et des courants centristes (Adler, Longuet, Kautsky, Serrati), pour la conquête violente du pouvoir. Le programme du nouveau parti communiste mondial devra s’appuyer et opposer à l’Etat prolétarien dégénéré du socialisme en un seul pays, l’Etat prolétarien fonction de la lutte du prolétariat mondial et subordonné, à son cours ; à l’Internationale de 1919 opposant la digue incomplète des 21 points aux courants centristes, l’Internationale, parti mondial de la révolution, excluant, comme Lénine le fit dans le parti russe avant la guerre, tous les courants intermédiaires et indéfinis ; au problème non résolu de l’élaboration de la tactique de la IIIe Internationale qui devait porter au 1923, en Allemagne, une tactique révolutionnaire découlant d’une analyse principielle des expériences et des forces sociales agissant dans la période des guerres et des révolutions.

La fraction affirme, au sujet des problème du régime intérieur, de la discipline et de la base d’organisation du nouveau parti :

A. - Que la conception du "centralisme organique" exposée par le camarade Bordiga répond à une forme supérieure de la vie du parti d’avant-garde du prolétariat, parce qu’elle contient le rejet catégorique de l’illusion trompeuse de la majorité "démocratique" et permet à toute l’organisation de participer à l’élaboration des matériaux idéologiques, c’est-à-dire permet, d’une façon dialectique, d’investir les organes dirigeants de la fonction directrice répondant aux intérêts historique de la classe.

B. - La forme d’organisation de la cellule s’est avérée comme ne correspondant pas à la période progressive de l’organisation du prolétariat en classe, alors que la base territoriale complétée par les fractions communistes d’usine et des organisations ouvrières correspond actuellement à ]a forme organisatoire du parti au sein du prolétariat.




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