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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Information sur la "sphère de l’autonomie en Italie"
{Spartacus}, série B, n° 90, Mars-Avril 1978, p. 3-5.
Articolo pubblicato online il 6 luglio 2013
Ultima modifica il 18 novembre 2013

di ArchivesAutonomies
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Texte extrait de la brochure L’Autonomie, le mouvement autonome en Italie et en France, Spartacus, série B, n° 90, mars-avril 1978.

Aujourd’hui, quand on parle de la "sphère de l’autonomie" en Italie, on ne se réfère plus à un ensemble d’organismes autonomes d’usines ou de zones, mais à un ensemble de groupes politiques. Nous donnons ici à titre référenciel un aperçu de ces différents groupes, de leurs origines et des tendances qu’ils représentent au sein de la sphère de l’autonomie en Italie. Nous ne prétendons pas dans la présente note présenter une analyse du "mouvement autonome" en Italie qui nécessite une distinction essentielle entre mouvement social et groupes politiques, mais nous pensons que cette simple information peut permettre de mieux saisir quels sens politiques a pris le terme "autonomie" en Italie, et donc éviter certaines mystifications qu’on tendance à faire en France quand on fait référence aux "autonomes" en Italie: voici l’essentiel de ces groupes et tendances qui font référence à l’autonomie.
1. "Comités Communistes pour le Pouvoir ouvrier": Groupes ouvriers sortis de Lotta Continua et fusionnés avec une tendance de Potere Operaio (Groupe marxiste-léniniste). Ils sortent le journal Senza Tregua. Ils sont surotut implantés dans la banlieue ouvrière de Milan. Ils sont sur des positions rigidement ouvriéristes et cherchent à organiser la fraction la plus radicale des ouvriers qu’ils appellent "gauche ouvrière" contre la fraction ouvrière contrôlée par les réformistes, en vue de "la construction du parti révolutionnaire". Ils sont très affaiblis par la répression. Plusieurs de leurs militants sont emprisonnés avec accusation de terrorisme.
2. "Comités Communistes Révolutionnaires": Ils sont sortis du précédent groupe en l’accusant de ne pas ouvrir un débat sur le programme révolutionnaire et d’être seulement activiste et de ne pas donner suffisament d’importance au mouvement de printemps. Ils ne sont pas très implantés mais ont surtout un prestige intellectuel.
3. "Comités Communistes pour la Dictarure Prolétaire": Tendance dérivée de Potere Operaio dans la Vénétie, très semblable au premier groupe, mais moins portée à la lutte de type gauchsite (conçoivent une cosntruction du parti à plus long terme). Ils sortent le journal Pour le Pouvoir Ouvrier.
4. Le PCI (ML) qui sort le journal La Voce Operaia et le "Comité Communiste Marxiste-Léniniste" (journal Addaveni) : Groupes ML qui sont entrés dans la sphère de l’autonomie à cause de la crise de leur idéologie et de leur besoin de s’opposer avec beaucoup de force au PCI.
5. "Collectifs politiques ouvriers": Ils existent surtout dans la région de Milan et sortent le journal Rosso. C’était, à l’origine, un groupe de gauche syndical qui a fusionné avec des militants de Potere Operaio. Ils étaient plutôt droitiers à l’origine et ont évolué à gauche. Ils sont sur des positions "comportamentistes", c’est-à-dire pratiquant une exaltation des comportements radicaux des prolétaires : refus du travail, abstéisme, appropriations... Ils ont disparu dans les suines à cause du reflux des comportements qu’ils exaltaient; ils cherchent à organiser surtout des luttes d’appropriations en dehors de la sphère de la production et menées par des militants, et des " rondes prolétaires" contre le travail illégal (travail au noir, travail à domicile, etc.). Sur le plan organisationnel, ils sont léninistes (construction du parti)
6. "Comités Ouvriers Autonomes" de Rome, plus connus sous le nom de "Via del Volsci" (du nom de leur siège qui a été récemment fermé: cette mesure s’inscrit dans les mesures générales de répression prévues dans le pacte social signé par tous les partis en juin 1977): Ils sortent le journal Rivolta di Classe. Ils sont très implantés dans les hôpitaux de Rome et aussi dans plusieurs entreprises (telles que l’ENEL, équivalent italien de l’EDF, au sein de laquelle leurs groupes autonomes ouvriers mènent la lutte antinucléaire). Ils ont une conception du "Parti-Procès" que l’on peut qualifier aussi de mao-spontanéiste: cette conception repose sur l’idée d’un parti formé de l’agglomération d’une somme de petites organisations. Ils représentent une tendance néo-léniniste de la sphère de l’autonomie. Dans la zone de Milan existe le collectif polyclinique de Milan qui a une certaine importance et qui est sur des positions proches des groupes de la Via del Volsci.
7. On peut également parler après le mouvement de printemps du nouveau mouvement autonome défini quelques fois comme les "autonomes désorganisés", influencés par les transversalismes. On définit dans le transversalisme la tendance qui se retrouve dans un certain nombre de journaux dont le plus important est A/traverso, lié à la radio Alice. Sans prétendre exposer clairement ce que sont les transversalistes, en voici les points les plus importants:
- Sur le plan organisationnel, c’est le refus de la forme parti à laquelle ils substituent la formation d’une myriade de petits groupes qui s’organisent sur pratiques sociales comme la radio libre et qui les satisfont immédiatement.
- Sur le plan de la communication, c’est la tentative de traverser les séparations que la société crée, à travers un instrument nouveau, que ce soit sur le plan du langage ou sur le plan technique (radios, cassettes, etc.)
- Sur le plan des contenus politiques qu’ils mettent en avant, le refus du travail n’est pas entendu comme un attaque contre l’usine capitaliste, mais comme une acceptation de travaux marginaux créatifs (par exemple, produire des cassettes, des journaux; créer des circuits alternatifs où s’exprime la créativité).
- Sur le plan programmatique, ils prônent ce qu’ils appellent "intelligence technico-scientifique", comme capacité de réduire le temps de travail nécessaire, en développant des recherches techniques sur la structure productive.
Ne prenant pas en compte la lutte au sein de la production capitaliste et étant stricttement axés sur l’organisation du temps libre, ils sont très peu implantés en milieu ouvrier et presqu’uniquement chez les étudiants et les chômeurs ou les travailleurs occassionels (ce qu’on appelle couramment en Italie les "sans garantie").

En dehors de ces sept tendances politiques de l’autonomie, il nous faut signaler aussi la parution d’un certain nombre de revues.
Les plus intéressantes à signaler sont:
- La revue Marxiana, sur des positions conseillistes.
- La revue Primo maggio, réalisée par des camarades de "Lotta Continua" et de "Potere Operaio", mais critiques sur les thèses lénisnites de la construction du parti.
- La revue Collegamenti operaio (traduction : Liaisons ouvrières): elle était à l’origine diffusée sur Milan par un groupe ouvrier libertaire. Actuellement, elle est réalisé à un échelon national par un ensemble de camarades présents dans toutes les grandes villes de l’Italie. Ces camarades, principalement des ouvriers, ont milité en bonne partie dans les premiers organismes autonomes (1973-1975). (Signalons cependant que les premiers débats sur l’autonomie en Italie datent des années 50). Actuellement, ces camarades ne se reconnaissent plus dans la sphère de l’autonomie. Ils sont sur des positions anti-léninistes.

Le texte qui suit est une traduction du numéro 1 de la nouvelle feuille de Collegamenti operaio que les camarades du groupe de Milan diffusent sur cette ville. Il nous est paru intéressant d’introduire cette traduction dans cette brochure dans la mesure où cette feuille a été préparée non seulement en vue d’un débat dans les usines, mais aussi pour être distribuée à Bologne pendant le rassemblement en septembre contre la répression. Elle a donc été conçue de façon à toucher plusieurs mouvements, et pas seulement les "têtes" de la sphère de l’autonomie. Or, la position de ces camarades nous paraît d’autant plus intéressante que, outre le fait qu’ils présentent ici une analyse générale de la situation de classe actuellement en Italie en rapport avec la restructuration du capital et ses conséquences au niveau de sluttes et de la signification de l’autonomie dans cette situation, ils sont sur des positions anti-léninistes et anti-gauchistes auxquelles font références les groupes autonomes actuellement en France. Or, ces camrades militaient dans les premiers organismes autonomes. Il est intéressant aussi de savoir pourquoi il ne s’y reconnaissent pas.




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