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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Et voici le cas Calligaris
{Bilan} n°21 - Juillet-Août 1935
Article mis en ligne le 1er février 2017
dernière modification le 13 janvier 2017

par ArchivesAutonomies
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Voilà le titre d’un article que la " Difesa ", organe des centristes italiens, réserve au camarade Calligaris. Ces gens qui n’en sont pas à un mensonge près, ces professionnels de la délation, de l’escroquerie politique, publient une lettre datée du 30 mars que Calligaris aurait envoyée à un bonze centriste de passage à Moscou. Voici quelques extraits de ce curieux document :

 

"J’ai été frappé à cause de mon attitude contre-révolutionnaire. La condamnation ne m’aurait pas touché si elle était venue de la part de mon ennemi de classe... Mais elle est venue des organes attachés à la défense de la révolution et aux conquêtes du prolétariat.
Durant cette période, je n’avais pas conscience de mon attitude : je crains fortement que cette lettre ne trouve chez toi et chez d’autres un sourire de commisération, mais je t’assure que, pour mes fautes politiques, j’ai payé cher ; je me suis ravisé et t’écris non pour demander de l’aide, mais afin que, une fois ma peine purgée, je puisse revenir la tête haute au milieu de ma classe, à cette classe que moi, par ignorance, par entêtement et incompréhension, j’ai trahie en me mettant en liaison avec des groupes contre-révolutionnaires de l’étranger".

Voici une autre partie de cette lettre.

"Je compris qu’en affirmant ma volonté de sortir de l’U.R.S.S., je donnais une arme au Consulat fasciste et aux ennemis de la révolution et écrivis ensuite que je n’avais plus aucun désir de sortir de l’U.R.S.S., alors que, pour ce fait, j’étais tombé un an auparavant entre les griffes des groupes contre-révolutionnaires de l’étranger. ]’ai la ferme intention de faire une complète autocritique de mes incompréhensions politiques, de ma correspondance avec le groupe bordiguiste, de mon attitude hostile à la politique de l’U.R.S.S. Je comprends que ma qualité de contre-révolutionnaire ne me permet pas de m’adresser aux camarades comme autrefois, mais tu as le devoir de contribuer à sauver un repenti qui reconnaît et déclare le "mea culpa" de ses fautes".

On aurait pu croire qu’après un tel repentir s’en aurait été fini avec les souffrances de Calligaris. Maïs l’article en question nous apprend que Calligaris fut envoyé "volontairement" en "punition" en Sibérie. Et, mieux encore : le centrisme lui aurait offert la possibilité de quitter la Russie et il aurait refusé, préférant rester en Sibérie, au pays où se construit le socialisme.
Le fascisme n’explique pas autrement ses assassinats de révolutionnaires. C’est "volontairement" que l’on s’y "repent", que l’on s’y "suicide". Car à supposer un seul instant que cette lettre fût véridique, pourquoi l’envoyer en Sibérie, dans une région où le climat peut entraîner sa mort. Calligaris est tuberculeux, ne l’oublions pas. En outre, le centrisme avoue involontairement que Calligaris voulut quitter la Russie alors que, jusqu’ici, il le niait farouchement. Maintenant, il s’agirait "d’un repentir" remis non au parti, mais à un "militant en vue" de passage à Moscou. Nous dénonçons cette diversion du centrisme qui doit lui permettre d’expliquer demain l’assassinat de Calligaris. Nous faisons encore une fois appel aux ouvriers de tous les pays : Calligaris doit pouvoir quitter la Sibérie : il doit être délivré de la prison centriste.




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