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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Le travail rend libre et beau
Articolo pubblicato online il 6 luglio 2013

di ArchivesAutonomies
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Paru dans la Rivoluzione. journal mao-dadaïste diffusé en février 1977 à Bologne.
Publié par Favrizio Calvi dans Italie 77, le "Mouvement", les intellectuels, Paris, Seuil, 1977, p. 37-38

Dans les conditions économiques présentes, des millions et des millions de jeunes risquent de ne pouvoir, pendant une longue période, jouir d’un droit/devoir fondamental que la Constitution pourtant garantit à tous les citoyens qui n’ont pour bien que leurs chaînes : nous nommons ici le travail salarié.
C’est ainsi que l’incitation à se réveiller avant le jour, une des traditions les plus vivaces et les plus salutaires de notre système de vie, est en train de disparaître au sein de générations entières. Après elle, la régularité et la bonne humeur, qui caractérisent l’existence de l’honnête travailleur, cèdent la place à la confusion, à l’angoisse, à la déviation. Comme le soulignent les psychologues, les criminologues, les sexologues, le travail n’est-il pas un excel­lent remède contre les drogues, la pédérastie, la bestialité?
Pour les travailleurs qui ont déjà un emploi s’ouvrent, au contraire, des perspectives nouvelles inattendues, pour eux et pour le développement de leur capacité de travail : désormais, notamment grâce aux heures supplémentaires, la créativité et l’exubérance des travailleurs adultes vont pouvoir croître et atteindre des limites qu’on n’aurait osé envisager jusqu’à présent.
Mais il n’est pas juste de se laisser aller à l’enthousiasme devant de pareils résultats : pendant que la plante saine des travailleurs qui ont un emploi croît et prospère, l’arbrisseau sec d’une jeu­nesse paresseuse et marginale devient chaque jour plus stérile.
C’EST POURQUOI LES FORCES SYNDICALES ET LES FORCES DÉMOCRATIQUES, EN UNION AVEC L’ASSOCIATION PARENTS­ENFANTS-ÉVADÉS, PROPOSENT LES TRAVAUX SUIVANTS À L’IN­TENTION DES JEUNES CHÔMEURS :

a. Effacer les graffiti sur les murs (écoles, usines, universités, urinoirs).
b. Augmenter les vocations religieuses et monastiques, en plus des vocations policières.
c. Reboiser les montagnes chauves des îles et des Apennins.
d. Remettre à neuf les volumes qui traînent dans les biblio­thèques, page par page, en suivant les indications de Giorgio Amendola [1].
e. Murer les repaires de la subversion et du chaos.
f. Constituer des groupes d’animation édifiants à l’intention des jeunes marginaux.
g. Distribuer aux étudiants qui sont en retard dans leurs études, un demi-hectare de terre vierge en Irpinia, Aspromonte ou dans les Madonie [2].
h. Retrouver de façon définitive les ultimes vestiges et résidus de la Première Guerre mondiale.
i. Constituer des centres de rééducation pour le traitement de l’absentéisme ouvrier.

SE SACRIFIER NE SUFFIT PAS,
S’IMMOLER EST LA SEULE VOIE

Notes :

[1Giorgio Amendola, un des chefs historiques du PCI.

[2égions les plus désolées de la péninsule.




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