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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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L’attentat de Beiso
{Bilan} n°22 - Août-Septembre 1935
Article mis en ligne le 1er février 2017
dernière modification le 13 janvier 2017

par ArchivesAutonomies
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Le 29 juin, l’organe centriste italien "Azione Popolare" publiait une mise en garde contre P. Beiso, lequel était présenté comme non inscrit au parti et où l’on insinuait qu’il pourrait être un agent provocateur. Dans ce communiqué aucune preuve, aucun indice n’étaient donnés pour justifier cette accusation infamante. P. Beiso, comme il est dit dans le manifeste de notre fédération parisienne, était cependant un membre du parti, inscrit comme "activiste’ au groupe des Alpes Maritimes. Après avoir demandé à son groupe local d’abord, aux instances supérieures ensuite, la rectification de la mise en garde, Beiso vint à Paris, où il poursuivit ses démarches. Dans son groupe local, on lui avait déjà promos de rectifier l’accusation portée contre lui. Mais en vain. A bout de patience, se voyant éconduit par ceux qui l’avaient accusé et ne voulant ni faire la preuve de leur accusation, ni démentir le communiqué, Beiso "rencontra accidentellement" le bonze centriste Montanari, lequel, en ricanant, l’accusa d’être un agent provocateur. C’est alors que Beiso, à bout, riposta en abattant son accusateur.
Aujourd’hui, la presse centriste parle de Montanari comme première victime de... la guerre italo-abyssine, après avoir accusé Beiso d’être un provocateur bordighiste-trotskyste. Il est évident que le cadavre de Montanari sert aux intérêts de la boutique et de la manœuvre des centristes qui connaissent parfaitement les mobiles qui ont poussé Beiso. Les trotskistes au lieu de s’opposer à cette spéculation macabre, se sont jetés dans le piège centriste en publiant un communiqué de désolidarisation avec ce dernier. Quant aux socialistes, ils entendent ne pas compromettre l’unité d’action et emboîtent le pas à la meute déchaînée.
Pour nous, il s’agit ici d’une riposte dont le centrisme porte l’entière responsabilité. Il considère comme "provocateurs" tous ceux qui n’identifient pas centrisme et communisme, sans hésiter à livrer au fascisme ou à la police démocratique des ouvriers révolutionnaires en lutte contre lui. Par ces procédés, il a rendu impossible toute lutte réelle contre la provocation.
Nous n’avons pas à nous présenter pour ou contre cet événement, bien que la voie pour combattre le centrisme ne peut être que celle qui conduit à la préparation des batailles de classe contre le capitalisme et ses agents.
Nos lecteurs trouveront plus bas le manifeste de nos camarades de la Fédération Parisienne :

OUVRIERS COMMUNISTES !

Depuis l’incident de Bezon, où des éléments centristes ont cherché liquider, par les armes, les divergences politiques qui existent entre les fondateurs du parti communiste d’Italie et la pourriture qui, à la faveur des défaites internationales et de la dégénérescence de l’État soviétique a accaparé la direction du glorieux parti fondé à Livourne en 1921.
Depuis l’affaire Bonfanti, auquel l’irresponsabilité criminelle du centrisme a armé la main qui devait tuer l’avocat social-démocrate Olerici et qui s’est suicidé à Bullier, Pierre Beiso a abattu le fonctionnaire centriste Camille Montanari.

PROLÉTAIRES !

De même que l’auteur d’un vol crie au voleur pour pouvoir se défiler, les responsables moraux et matériels qui ont armé la main de Beiso crient : "au provocateur", à l’ "assassin".
Pierre Beiso, à notre connaissance, était un membre du parti communiste qui avait occupé des postes responsables et de toute confiance.
Tous les dirigeants du parti savent cela, mais ils le cachent pour justifier l’obscène et ignoble spéculation sur le cadavre encore chaud de Montanari.
Membre du parti, Beiso manifesta son premier dissentiment au sujet de l’entrée de la Russie dans la Société des Nations que Lénine appela "le repaire des brigands impérialistes".
Son dissentiment devint une opposition irréductible quand Staline déclara que "la Russie soviétique comprend et approuve la politique impérialiste des armements à outrance de la bourgeoisie réactionnaire française".
Le centrisme italien, comme international, ne peut maintenir en son sein des manifestations de fidélité aux traditions révolutionnaires qui ont porté à la victoire d’Octobre 1917 et à la constitution de la IIIe Internationale ; il recourra alors à ses moyens habituels qui ne se distinguent pas du banditisme politique. Une mise en garde paraîtra donc dans la presse contre Beiso, le dénonçant comme non inscrit au parti et comme provocateur.
Les responsables centristes resteront sourds aux nombreuses invitations d’apporter des preuves et de rectifier qui leur seront adressées par celui qu’ils avaient tué moralement.
La conséquence en a été deux victimes : une au cimetière et l’autre dans les galères capitalistes.

PROLÉTAIRES COMMUNISTES !

La presse centriste crie au provocateur et à l’assassin. MAIS QUI SONT LES PROVOCATEURS, sinon ceux qui ont lié les mains du prolétariat révolutionnaire et se sont mis au service direct de l’ennemi capitaliste ? QUI SONT LES PROVOCATEURS, sinon ceux qui ont prostitué le drapeau des communards parisiens ; le drapeau de l’insurrection prolétarienne et de l’Internationale révolutionnaire ; qui se sont faufilés sous le drapeau tricolore en chantant la "Marseillaise", symboles avec lesquels Thiers massacra 30 000 communards ?
PROVOCATEURS ? Mais qui, sinon les parasites qui sucent le sang des prolétaires russes sous le prétexte du "socialisme en un seul pays", qui ont réduit l’État Soviétique et ce que fut la IIIe Internationale en des appendices de l’impérialisme français.
LES PROVOCATEURS sont ceux qui, profitant de la situation précaire du prolétariat révolutionnaire international, n’hésitent pas à employer l’arme ignoble de la délation policière ouverte ; jettent des insultes et des calomnies infamantes contre les militants révolutionnaires qui entendent ne pas se plier devant une politique de corruption et de désagrégation du mouvement prolétarien.
ASSASSINS ? Mais qui, sinon ceux qui ont sur la conscience les innombrables victimes provoquées par leur politique criminelle ; Les Ercoli, Garlandi, Gallo, etc., qui ont une responsabilité directe dans les fusillades et les déportations qui se vérifient en Russie contre les meilleurs combattants de la révolution mondiale.
Les Ercoli, Garlandi, Gallo, etc., qui ont condamné Calligaris et les autres, rescapés des îles de la déportation mussolinienne et qui meurent lentement de faim et de froid dans les steppes de l’insalubre Sibérie ; voilà les assassins, les seuls et uniques assassins.

COMMUNISTES PROLÉTAIRES !

Vous vous inclinerez avec nous devant les nouvelles victimes de la bureaucratie centriste, au service de l’État russe dégénéré, dont la politique est directement opposée aux intérêts de la classe prolétarienne et de la révolution communiste internationale.
Mais votre salut au fonctionnaire centriste tombé ne doit pas vous faire oublier que la conjugaison de la police bourgeoise et de la bureaucratie centriste contre les combattants révolutionnaires est, aujourd’hui, un fait accompli.
Poursuivant votre travail de clarification et de propagande pour le rétablissement des positions révolutionnaires, pour la formation des cadres des nouveaux organismes qui devront livrer l’attaque aux bastions du régime capitaliste (qu’ils soient démocratiques ou fascistes), vous éviterez de tomber dans la provocation intéressée et qui est constituée par le tissus de mensonges que publie la presse centriste, grâce à une spéculation macabre sur le cadavre de Montanari.

CAMARADES !

Votre compte avec les forces ennemies qui agissent au sein de la classe ouvrière ne peut être réglé aujourd’hui, mais sera réglé avec la marche triomphante vers la révolution, vers le communisme. Pour préparer cette marche, il faut construire les fractions de gauche, les cadres de la révolution communiste.

A bas les traîtres d’hier, d’aujourd’hui et de demain !
Vive la fraction de gauche !
Vive la révolution communiste mondiale !

(Fédération Parisienne de la Fraction)




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