Bandeau
Fragments d’Histoire de la gauche radicale
Slogan du site
Descriptif du site
La tension de la situation italienne et internationale
{Bilan} n°24 - Octobre-Novembre 1935
Article mis en ligne le 1er février 2017
dernière modification le 14 janvier 2017

par ArchivesAutonomies
logo imprimer

Le développement de la situation internationale se concentre toujours davantage autour de l’expédition italienne en Abyssinie qui a bien vite dépassé les contours d’un conflit limité à l’Italie et à l’Éthiopie pour devenir une opposition aigüe entre l’Italie et l’Angleterre, déterminant aussi une disposition vers une conflagration mondiale soit pour ce qui concerne le regroupement des États autour des constellations antagonistes, soit pour ce qui est de la réalisation des conditions pour cette conflagration à l’intérieur de chaque État où les bases se concrétisent pour la mobilisation du prolétariat autour de sa bourgeoisie respective. Nous n’en sommes actuellement qu’à la première phase de la préparation des conditions matérielles et politiques de la guerre, mais il est évident que seule une analyse approfondie de la situation actuelle nous permettra d’entrevoir les perspectives surgissant de l’ouverture des hostilités en Afrique, et cela dans l’hypothèse aussi où la précipitation des situations vers son issue définitive dure plus longtemps que ne le ferait croire la forte tension de la situation actuelle. D’autre part, le poids considérable que prend l’Italie dans le développement des événements internationaux n’est évidemment pas dû au hasard, mais dépend de la maturation d’un processus qui n’est pas particulier et exclusif à la péninsule mais découle du système capitaliste qui étend sa domination dans le monde entier. En Italie nous n’aurons donc pas des manifestations accidentelles des situations mais simplement une apparition d’événements qui ne peuvent représenter qu’une anticipation à l’égard de tous les autres pays. Une compréhension réelle de la situation italienne a donc une valeur internationale et nous permettra de connaître les mobiles réels des événements dans les autres pays, au delà de toutes les apparences contradictoires et confusionnistes des contingences actuelles. Enfin, pour ce qui concerne les perspectives, nous pourrons les établir au point de vue international pour autant que nous saurons découvrir les possibilités réelles des batailles de classe en Italie, et déterminer le degré et l’enjeu de ces batailles dans un pays où le prolétariat qui a connu treize années de dictature fasciste après avoir frôlé, en 1919-1920, la réalisation des objectifs suprêmes de la conquête du pouvoir, alors qu’il a perdu cette bataille à cause de l’absence d’un parti pouvant le diriger au déclanchement et à la victoire de l’insurrection pour la fondation de sa dictature en vue du triomphe de la révolution mondiale et de la construction de la société communiste.
Deux critères peuvent être employés pour expliquer les événements actuels : l’un qui reconnaît les protagonistes des situations en la personne des impérialismes compétiteurs, l’autre qui affirme que ces protagonistes ce sont le capitalisme et le prolétariat international. Le premier fera dépendre l’évolution des situations de la capacité de l’impérialisme italien de faire face à l’ opposition anglaise, sinon par la violence armée au moins par l’exploitation de l’état convulsif des rapports internationaux afin de constituer un bloc autour de soi ; le second, celui de classe, verra le développement des situations non en fonction de la possibilité ou de l’impossibilité d’un compromis entre les États antagonistes, mais seulement en dépendance du rapport de force actuel entre le prolétariat et le capitalisme au point de vue international aussi bien que pour ce qui concerne l’Italie elle-même. Le dilemme guerre-révolution n’est pas simplement l’opposition de deux issues de tout un cycle de situations : donc que dans l’hypothèse d’un prolétariat anéanti pourrait se dresser un capitalisme reprenant ses forces et la capacité de rester à la tête de la société. Ce dilemme ne doit pas obscurcir la vision réelle de tout le processus historique et nous faire oublier que même dans l’hypothèse où le capitalisme parvient à déchaîner la guerre en une situation à laquelle la seule solution à y opposer est la révolution, même dans cette hypothèse le capitalisme, bien loin de traverser une situation qui lui serait favorable, se trouve par contre exposé aux pires risques pour sa domination et les possibilités pour des explosions révolutionnaires surgissent inévitablement de la guerre elle-même. La guerre ne fait qu’exprimer dans l’intérêt du capitalisme, l’aboutissement d’un processus dont les termes restent de classe, et son déclenchement ne supprime nullement les éléments de la réalité qui reste celle de la révolte des forces de production contre le mode de production capitaliste, du duel pour le pouvoir entre la bourgeoisie et la classe ouvrière. Ces considérations nous amènent à affirmer que la phrase courante de la guerre pour la conquête des nouveaux marchés ne fait qu’exprimer un élément secondaire du problème, alors que, au point de vue historique, social et politique, la guerre résulte d’une altération profonde de tout le mécanisme de l’économie capitaliste à l’intérieur des différents pays aussi bien qu’au point de vue international. L’expédition en Abyssinie, par exemple, ne dérive pas en ordre principal des besoins d’expansion de l’impérialisme italien, mais du désaxement de l’économie capitaliste italienne ne pouvant se survivre qu’à la condition de s’orienter vers la guerre. D’autre part, la résistance acharnée de l’impérialisme anglais ne s’explique pas seulement à cause du danger que ferait courir à ses possessions l’occupation italienne de l’Abysinie (à ce sujet Mussolini avait donné les plus amples garanties ), mais là aussi à cause du débordement des forces économiques qui ne peuvent plus vivre dans l’enceinte précédente et se dirigent vers la conflagration armée.
Cette précision n’a pas une valeur d’intérêt théorique mais il en découle d’incalculables conséquences au point de vue politique. En effet, l’opinion qui domine actuellement au sein du mouvement ouvrier consiste à croire que l’expédition en Abyssinie est le produit inéluctable du régime fasciste et que dès lors il est possible d’éteindre les dangers de guerre par une opposition se dirigeant vers l’isolement du fascisme italien. Cette thèse s’amplifie ensuite jusqu’à prendre les proportions que lui donnent centristes et socialistes qui appellent le prolétariat international à se ranger derrière les décisions sanctionnistes de la Société des Nations afin de paralyser l’agresseur. En réalité il s’agit de bien autre chose et n’importe quel gouvernement qui se serait trouvé en Italie, n’aurait fait autre chose que ce que fait Mussolini lui-même. D’autre part, il est clair que bien qu’elles se couvrent du masque de l’antifascisme, les forces les plus agissantes vers une conflagration internationale sont justement celles qui se regroupent autour des centristes et des socialistes qui préconisent l’application rigoureuse des sanctions militaires. À l’encontre de tous les mouvements pour la "paix" d’avant 1914, les mouvements actuels pour la "paix" se dirigent nettement vers un conflit armé. La position actuelle des travaillistes anglais (pour ne citer qu’un exemple parmi les autres) prouve clairement que la guerre n’est pas le produit d’un régime particulier (le fasciste), ni d’un capitalisme particulièrement désavantagé sur le front économique international, mais résulte des bases mêmes du régime capitaliste. L’attitude des travaillistes anglais deviendrait incompréhensible en fonction des intérêts de l’impérialisme britannique car, ainsi que nous l’avons indiqué, la sauvegarde de ses intérêts était parfaitement assurée par les garanties que Mussolini avait fournies.
Ce qui précède nous amène à la conclusion que l’attitude du mouvement ouvrier ne peut dépendre que d’une attaque simultanée du prolétariat contre tous les États sanctionnistes aussi bien qu’anti-sanctionnistes (Russie comprise) car tous ces États sont, de par la situation économique, condamnés à être parfaitement solidaires du cours qui les conduit à la conflagration mondiale.
Ces considérations vont se trouver confirmées quand nous examinerons la signification réelle de l’expédition italienne. S’agit-il d’une conquête coloniale d’une part, de l’indépendance d’un pays faisant opposition à l’impérialisme agresseur d’autre part ? Il n’est nullement nécessaire de procéder à une analyse de la situation économique italienne pour démontrer que les conditions élémentaires pour une expédition coloniale n’existent nullement. En effet, le rythme d’accumulation du capital devrait y être si intense que du fait de l’impossibilité de le satisfaire dans les limites consenties par l’économie capitaliste et à l’intérieur des frontières, une possibilité se présenterait pour des investissements à très longue échéance, tels que peuvent l’être ceux dans les colonies où de grands travaux préparatoires et s’échelonnant sur plusieurs années sont indispensables avant de pouvoir en retirer des profits. Or, dans la situation actuelle en Italie, nous assistons - dans des proportions infiniment plus graves que dans les autres pays - à une stagnation des capitaux qui fuient à cause évidemment de la crise et de l’impossibilité de vendre les produits jusqu’aux entreprises où le cycle de la production industrielle est très bref ; en de telles conditions le placement des capitaux considérables et à très longue échéance se présente comme une impossibilité absolue. Une analyse attentive des conditions économiques dans lesquelles se sont effectuées les grandes conquêtes coloniales (dans les deux dernières décade du siècle passé et la première décade de notre siècle) nous permettrait de confirmer la thèse économique que nous avons énoncée. En effet, ces conquêtes ont bien eu lieu en des périodes de crise ou de dépression, mais ces dernières se déroulaient en une période historique dont les caractéristiques sont profondément opposées à celles de la situation que nous vivons actuellement. La stagnation des capitaux et l’impossibilité de leur investissement dans la production capitaliste se vérifiaient alors que le faible degré du développement des forces de production ne menaçait pas encore les bases mêmes du régime bourgeois : la potentialité de la production pouvait s’épancher soit dans la reprise économique du marché métropolitain, soit dans la création de consommateurs additionnels dans les colonies. Actuellement, il en est tout autrement des crises et de la dépression. Ces dernières ne représentent nullement des moments d’arrêt provisoire de l’économie capitaliste capable de reprendre ensuite son élan nouveau, mais sont remplacés par les phases de la crise chronique du capitalisme traversant la période historique du déclin définitif de l’économie bourgeoise. La potentialité actuelle des forces de production heurte violemment les bases du régime capitaliste incapable d’assurer leur épanchement et, de ce fait, la congélation des capitaux se présente comme un problème insoluble, leur dégèlement (la formation des nouveaux profits) n’étant possible qu’à la condition d’un élargissement formidable de la masse de la production, cet élargissement étant d’autre part inconcevable dans les limites du régime capitaliste.
Les événements qui ont précédé l’ouverture des hostilités en Afrique confirment pleinement ce que nous venons de dire au sujet du caractère réel de cette entreprise qui n’est point celui d’une conquête coloniale, mais représente le prélude de la conflagration internationale. En effet, s’il s’était agi d’une expédition coloniale, on comprendrait difficilement que l’impérialisme italien se soit trouvé dans la nécessité de repousser l’offre franco-anglaise qui fut faite en août 1935 à Paris et qui contenait non seulement d’amples satisfactions territoriales mais aussi l’assurance de concessions financières importantes et représentant un élément de tout premier ordre dans les conditions difficiles que traverse actuellement l’économie italienne. Si ces propositions ont été refusées par l’impérialisme italien cela dérive du fait que son économie ne traverse pas une situation à laquelle pouvait fournir une issue le compromis avantageux de la Conférence de Paris ; c’est que nous sommes entrés dans la phase supérieure où elle ne peut se diriger que vers la guerre. Cela est d’ailleurs confirmé par l’importance des mesures militaires prises par Mussolini et qui sont absolument disproportionnées là la valeur de l’expédition en Afrique aussi bien qu’injustifiées à l’égard de la situation en Europe ne comportant pas des dangers d’ouverture immédiate d’hostilités. Il en est de même pour ce qui est de l’économie anglaise : la mobilisation de la flotte anglaise dans la Méditerranée ne procède pas du danger que ferait courir aux possessions anglaises la menace italienne, mais elle aussi caractérise la phase supérieure franchie par l’économie britannique.
Une autre considération d’ordre historique est à retenir. Quand nous examinons la nature des colonies italiennes, nous constaterons que leur importance n’est nullement d’ordre économique mais stratégique, l’Érythrée, la Somalie aussi bien que la Libye sont loin de représenter pour l’impérialisme italien ce que représentent pour la France et l’Angleterre les riches colonies qu’elles ont pu conquérir. Pour nous en tenir à la conquête italienne de la Libye (l’Érythrée et la Somalie ont été conquises au cours de la période ascendante du capitalisme pendant laquelle le problème de la guerre impérialiste n’était pas encore inéluctable et immédiat), il est absolument clair que les répercussions de cette conquête aux Balkans d’abord, dans les autres pays ensuite, se sont dirigées vers le conflit mondial et nous pouvons affirmer que les prémisses de la guerre de 1914 nous les retrouvons justement dans l’expédition italienne en Libye, expédition qui fut dirigée non par un gouvernement réactionnaire, mais par le chef de la gauche bourgeoise, Giolitti, qui avait pu obtenir l’aide indirecte des socialistes dans le plan qu’il développa avec succès pour désarmer les organisations prolétariennes et les rattacher de plus en plus à l’État capitaliste.
Le poids considérable de l’Italie dans les rapports inter-impérialistes dépend des circonstances mêmes du développement de ce capitalisme arrivant l’un des derniers dans la courbe des révolutions bourgeoises et manquant totalement des matières premières indispensables à une économie industrielle. L’expédition actuelle de Mussolini en Afrique ne dépend nullement des nécessités particulières du régime fasciste, aussi bien qu’elle n’est point une nécessité de diversion ou une entreprise de prestige de la dictature ; elle a des raisons bien plus profondes et ainsi que nous l’avons dit à d’autres occasions, n’importe quel gouvernement qui se serait trouvé au pouvoir, n’aurait pu faire autrement que ce que fait Mussolini. Il est évident qu’il s’agit ici d’une hypothèse abstraite car, en réalité, les différentes nécessités du capitalisme sont assurées par la droite ou la gauche, suivant que les possibilités existent ou non pour corrompre les ouvriers afin de leur arracher leur adhésion ou leur appui à une politique bourgeoise donnée.
La tentative actuelle du Front Populaire italien de considérer la guerre en Afrique comme une "guerre fasciste" ne pouvant pas engager "l’honneur du peuple italien" (!) et pour déterminer un mouvement sous le mot d’ordre de "Via Mussolini" (au dehors Mussolini), cette tentative pour le "gouvernement de la paix et de la liberté" échouera non parce que le capitalisme italien a des préférences organiques pour les fascistes, ,mais parce que dans la situation actuelle la seule forme pour annihiler le prolétariat consiste dans la répression féroce et les conditions n’existent pas pour répéter la manœuvre de Giolitti, en 1911 : écraser les révolutionnaires pour obtenir ensuite la passivité des masses envers la politique impérialiste.
Enfin, si nous voulons expliquer les dernières mesures économiques prises par Mussolini en Italie, il serait bien difficile de les considérer en fonction des nécessités de l’ expédition africaine. Tout d’abord, nous n’assistons nullement à un soudain et brusque changement immédiat, mais à l’aboutissement de tout un cours dont les causes résident non dans la préparation de la guerre en Abyssinie (cette disposition du capitalisme italien ne date que du début de cette année), mais dans le rapport de force entre les classes en Italie et dans les vicissitudes de la crise économique dans la péninsule par rapport à la crise mondiale. L’intervention croissante de l’État dans le domaine économique n’est d’ailleurs pas une revendication particulière au fascisme, celui-ci par contre avait affiché le programme de restituer l’État à ses fonctions propres en l’expurgeant de toutes ses fonctions économiques que le socialisme réformiste lui avait donné. Si le fascisme s’était dirigé vers une attribution progressive des fonctions économiques (jadis dévolues à l’initiative privée), ce n’est donc pas en obéissance d’un dogme qui lui serait particulier (le plan De Man accepté avec des variantes plus ou moins importantes par les socialistes de tous les autres pays ne fait d’ailleurs que se diriger vers un chemin analogue à celui des fascistes), mais le fascisme ne faisait qu’obéir à des nécessités économiques dont il ne sera qu’une expression directe et fidèle au même titre que les gouvernements démocratiques des autres pays ; cette tendance pour l’étatisation de l’économie étant universelle. L’initiative individuelle, en matière économique, n’est possible que lorsque les conditions existent pour un fonctionnement plus ou moins régulier de la production et de la vente des produits. Mais lorsqu’il devient impossible de réaliser la production par la vente au marché à un rythme qui corresponde approximativement aux exigences du profit capitaliste et que malgré tout il faut assurer une marge aux capitaux (sous forme de profits industriels, rentes, intérêts, etc.), alors la nécessité se présente de tirer continuellement des traites sur l’avenir ce qui n’est possible qu’au travers d’organismes étatiques pouvant manœuvrer, à cet effet, l’arme du crédit sous ses différentes formes. Nous assistons à ce processus d’étatisation dans tous les pays et si cette tendance, qui est mondiale, prend des manifestations particulièrement aigües en Italie et en Allemagne, cela dépend des conditions organiques d’infériorité de ces pays dépourvus de marchés coloniaux. Les manipulations de l’arme du crédit ne résolvent évidemment pas le problème économique mais arrivent toutefois à retarder l’explosion des phénomènes de la crise et si elles ne permettent un développement industriel que dans les domaines particuliers des industries militaires, elles peuvent toutefois assurer le service des intérêts surtout en empêchant ainsi l’écroulement économique et ne laissant à l’activité économique dans son ensemble que le train réduit qu’il est possible de lui maintenir. Les dernières années nous avons assisté en Italie à une efflorescence de théories autour des corporations dont la signification réelle ne résidait en définitive que dans le processus d’une étatisation économique croissante. Les différentes élucubrations des Spirito, Farinacci, Rossoni, etc. n’étaient qu’une chorégraphie destinée à s’effriter avec le développement des événements.
La position d’avant-plan dans la lutte contre l’Italie, qu’occupe l’Angleterre ne contredit pas notre thèse qui voit dans l’étatisation économique la maturation des conditions pour la guerre. Nous avons déjà dit au sujet de cette dernière que la conquête des marchés ou des colonies n’est pas la cause mais la manifestation, non l’origine mais l’objectif du conflit ; cause et origine se retrouvant uniquement dans le désaxement de tout le mécanisme économique qui à son tour ne trouve point une possibilité de régularisation ou de solution dans la conquête du marché ou de la colonie ; une régularisation du processus économique n’étant possible qu’au travers de la destruction du régime capitaliste et la fondation de la nouvelle société prolétarienne. Bien qu’en Angleterre l’intervention de l’État dans le domaine économique ne soit nullement comparable à celle qui s’est effectuée en Italie et en Allemagne, il faut considérer que dans le domaine essentiel de l’économie, le domaine financier, l’Angleterre, avec la création du Fonds d’Égalisation des changes et la dévaluation du sterling a accompli un geste d’une importance énorme dans le mécanisme économique qu’elle contrôle et contrôlera sans discontinuité. Dans ce domaine, l’Angleterre a devancé les États-Unis et la Belgique, et la France n’en est pas encore arrivée à ce point. Cela peut expliquer la position actuelle de l’Angleterre où fort probablement les conditions pour la guerre ont mûri bien avant que dans les autres pays vainqueurs de la guerre de 1914-18.
Toutes ces considérations nous déterminent à conclure que ce n’est nullement un fait fortuit si l’expédition italienne en Éthiopie a déterminé une tension internationale si forte, au lieu de pouvoir se résoudre au travers d’un compromis. Nous nous trouvons désormais en face du premier acte de la conflagration internationale. Les autres actes suivront-ils avec une rapidité pouvant s’exprimer par l’unité de temps des mois, en bien connaîtrons-nous une période plus longue avec des accalmies et des semblants de compromis entre les impérialismes ? C’est là une question qui ne peut nullement être élucidée et au sujet de laquelle même pas les tenants des gouvernements impérialistes (tous intéressés à ce qu’on appelle le "maintien de la paix" et craintifs devant le précipice de la guerre) ne sauraient donner une réponse à l’heure actuelle.
II nous intéressait de faire ce qui était possible, c’est-à-dire marquer la réelle signification de l’ouverture des hostilités en Afrique, qui ne peut pas être considérée comme une entreprise coloniale mais acquiert l’importance du prologue de la conflagration mondiale dont les prémices ont désormais mûri dans le domaine international. Le duel n’a donc d’autres protagonistes que le capitalisme et le prolétariat international, la classe ouvrière italienne se trouvant être à la pointe des évènements, ce qui d’ailleurs ne tient nullement au hasard mais dérive de ce fait historique fondamental : le prolétariat italien, (suivant notre thèse, la seule force d’opposition à la guerre est le prolétariat et une fois celui-ci écrasé la condition se trouve réalisée, au point de vue politique aussi bien qu’économique pour l’inéluctabilité de la guerre) a été le premier à être démembré, dissout et anéanti, les classes ouvrières des autres pays ayant suivi à plusieurs années de distance.
Il s’agit maintenant que nous avons montré l’importance des événements actuels, de mettre en évidence l’importance correspondante des positions qui ont été présentées au prolétariat italien et des différents pays.
L’attitude des centristes et socialistes envers l’expédition italienne en Afrique a évolué sensiblement et cela à cause de la précipitation des situations. Au premier moment les uns et les autres parlaient de la "sauvegarde de la paix" au travers de la Société des Nations qui n’aurait pas mis en mouvement le Covenant. Ils appelaient, à cet effet, les masses ouvrières à exercer leur pression sans laquelle les capitalistes se seraient bien gardé de passer à l’application des mesures prévues dans le statut genevois. La Deuxième Internationale, dans sa résolution d’août 1935, en arrivait jusqu’à l’appel aux ouvriers italiens à retourner leurs armes contre leurs dirigeants fascistes. Mais on était encore au mois d’octobre et les hostilités n’avaient pas encore commencé... Lorsqu’après l’échec des pourparlers de Paris du mois d’août s’ouvrit la Session de la Société des Nations, le Président de la Deuxième Internationale se trouvait à Genève, où il surveillait attentivement les débats et déclarait au correspondant du "Populaire" que, au cas où la Société des Nations ne se serait pas engagée dans la voie des sanctions, l’Internationale socialiste, en plein accord avec la Fédération Syndicale d’Amsterdam aurait repris à son compte les dispositions du Covenant et aurait fait appel à la classe ouvrière de tous les pays : on était déjà loin de l’appel aux armes aux ouvriers italiens...
Mais la Société des Nations se met en branle et cela nullement pour obéir à la Deuxième Internationale et à son Président, mais sous l’instigation de l’impérialisme anglais qui était forcé d’agir non pour sauvegarder ses intérêts impériaux (c’est-à-dire non seulement pour cela), mais parce qu’il y était forcé par la maturation des conditions pour la guerre au sein du mécanisme de son économie. Par la suite, pour les considérations que nous avons émises sur la situation économique italienne, Mussolini refusait le compromis du Comité des Cinq et la guerre commença. À partir de ce moment l’attitude des centristes et des socialistes se précise et, au sein du mouvement italien de l’émigration, on passera en tout hâte à la convocation du "Congrès des Italiens à l’Étranger" qui se tint le 19 octobre 1935 à Bruxelles. Rien que sa dénomination donne une idée de la signification de ce congrès. Dans la terminologie ouvrière on avait jusque maintenant difficilement compris ce que pouvait vouloir dire "Congrès des Italiens", mais tout cela devient absolument clair dès que l’aggravation des situations oblige les dirigeants de la Deuxième et de la Troisième Internationale à faire appel aux "Italiens", aux "Éthiopiens", aux "Français", etc. Centristes et socialistes qui avaient pris l’initiative de ce Congrès avaient adressé une invitation à tous les groupements politiques, économiques, culturels, sportifs, ex-combattants vivant dans l’émigration et le thème essentiel était celui de départager les responsabilités de la guerre en Abyssinie : les initiateurs aussi bien que tous les participants devaient prouver au monde entier que le peuple italien ne peut voir son honneur sali par la honteuse expédition de Mussolini avide de guerres et forcé de trouver dans cette guerre une diversion pour échapper aux conséquences de sa politique désastreuse. Ces Messieurs diront même que la guerre est une occasion favorable pour le renversement du fascisme et ne se soucieront nullement de mettre en rapport l’affirmation que Mussolini (qui doit être déshonoré envers le monde entier...) est le seul responsable de la guerre et leur conclusion que la guerre est une occasion favorable au renversement du fascisme. Mais centristes et socialistes ne sont pas à une contradiction près et sont très heureux que le capitalisme en étouffant le prolétariat de tous les pays (Russie y comprise) leur permette de débiter leurs bêtises, ce dont d’ailleurs ils retirent de quoi vivre et nourrir leurs misérables gloires de ministres, conseillers provinciaux ou communaux in partibus. Car enfin, de deux choses l’une : ou Mussolini peut tomber dans la guerre et alors il essayera de l’éviter de toutes ses forces, ou bien la guerre arrive malgré lui et alors il ne peut en être considéré comme le responsable. Enfin, si l’on affirme que la guerre en Abyssinie est le résultat de la politique fasciste, alors on comprendrait bien difficilement que l’Angleterre prenne l’initiative d’une politique qui recevra l’appui des deux Internationales, cette même Angleterre qui a donné à plusieurs reprises des gages importants d’amitié et de solidarité au fascisme italien. Qu’il nous suffise de rappeler que Mussolini a entretenu les meilleures relations avec les gouvernements anglais justement alors qu’il y avait des gouvernements labouristes au pouvoir et aux élections de 1924 (celles qui virent deux mois plus tard l’assassinat de Mattéotti) l’on fit beaucoup de bruit autour d’une délégation labouriste qui aurait été invitée par Mussolini à venir constater la parfaite liberté de la sacro-sainte consultation électorale.
En face de ce Congrès  [1]
notre fraction qui avait été invitée par le Parti Socialiste Italien avait élaboré une résolution dont l’idée centrale était la suivante : il nous est impossible de participer à un Congrès convoqué sur des bases foncièrement opposées aux notions élémentaires de classe, toutefois, nous revendiquons le droit d’envoyer une délégation qui présentera une motion préjudicielle proposant de transformer cette assemblée en réunion ayant pour objectif celui de l’appel à toutes les organisations syndicales pour le déclenchement d’une action internationale du prolétariat, d’aide au prolétariat italien se trouvant devoir entrer dans une phase de lutte dont les objectifs intéressaient directement les ouvriers du monde entier. Dans les bien rares réunions ayant précédé ce Congrès, et où cela fut possible à notre fraction, nos camarades défendirent ces positions centrales tandis que les centristes passaient ouvertement à la mobilisation de leurs adhérents pour répondre par la violence. Les socialistes se bornaient à féliciter leurs compères - dans les coulisses - alors que publiquement ils évitaient de prendre ouvertement position. Ainsi que nous l’avons dit, la convocation du Congrès fut précipitée, centristes et socialistes ayant été surpris par l’ouverture des hostilités en Afrique.
Notre fraction demanda à pouvoir intervenir dans les débats, mais les centristes s’opposèrent brutalement recueillant bien vite d’ailleurs la tolérance des maximalistes, socialistes républicains et dirigeants de la Ligue des Droits de l’Homme. Un prolétaire qui avait demandé la parole, repéré par le prince de la démocratie italienne, M. Modigliani - qui présidait - comme voulant intervenir pour défendre nos positions. Il fut aussitôt mis dans l’impossibilité de disposer de ce même droit qui forme l’objet de la lutte contre le fascisme. Une dernière remarque sur ce Congrès : les représentants des deux Internationales, régulièrement mandatés par elles, y apportèrent leur adhésion. Devons-nous trouver là une indication définitive sur l’évolution ultérieure des rapports entre centristes et socialistes ? Nous ne le croyons pas. Toutefois, il est intéressant de mettre en évidence qu’en face de la première manifestation de la guerre, socialistes et centristes furent parfaitement d’accord pour reprendre à leur compte la décision genevoise et capitaliste des sanctions. Que demain la position capitaliste soit autre et que le front des constellations départage socialistes et centristes, c’est là un problème que l’avenir seul peut trancher, mais même dans cette hypothèse nous savons d’ores et déjà que le capitalisme international n’aura qu’à indiquer la voie que les anciens et les nouveaux traîtres emprunteront sans hésitation, (mettant au service de l’ennemi toute la démagogie qu’ils ont apprise dans la lutte menée contre les tendances marxistes agissant au sein du prolétariat. L’atmosphère du Congrès en est d’ailleurs une preuve manifeste : pour faire accepter la solution confiant le sort du prolétariat italien et des exploités d’Éthiopie à la Société que Lénine qualifia justement de Société des Brigands, deux choses étaient indispensables : tout d’abord montrer que c’était bien une solution prolétarienne et ensuite faire croire aux ouvriers que le moment était déjà venu où le fascisme allait crouler. Les tâches ont été réparties justement : le chef du Parti Socialiste, un aventurier qui a fait ses débuts dans le mouvement fasciste même et qui a eu les attitudes les plus contradictoires au sein du mouvement ouvrier, M. Nenni se chargera de qualifier le Congrès de Bruxelles de Zimmerwald. Ce jongleur n’eut pas de difficulté pour comparer une réunion rassemblant des militants pour une lutte contre la guerre, à un Congrès où l’on allait voter la mesure de guerre choisie par l’impérialisme anglais. D’autre part, un des chefs du parti communiste italien, M. Grieco, l’expression la plus accomplie du déclassé italien vivant de vanité et plus prosaïquement en parasite des ouvriers russes, lequel se proclamant "chef-né", fera l’analyse de la situation italienne pour conclure en un appel aux ouvriers, aux paysans, aux socialistes, aux républicains, démo-chrétiens et chemises noires pour mener à bien la croisade qui montrera que les "fils de Garibaldi" sont dignes de l’exemple de leurs glorieux parents qui ont forgé l’Italie (il est connu que Garibaldi et Mazzini ne jouèrent qu’un rôle de deuxième ordre et furent les jouets des monarchistes piémontais qui firent appel, avec succès d’ailleurs, à Napoléon III et à Bismarck pour arriver à l’unification italienne). Toute cette analyse de la situation italienne est fausse d’un bout à l’autre. Malheureusement, le fascisme n’est nullement ébranlé, le prolétariat ne se trouve pas du tout dans l’impossibilité de déchaîner ses mouvements et si au début l’expédition en Afrique se déroulait dans l’indifférence générale, après l’attitude prise par l’Angleterre et la Société des Nations, des possibilités se sont présentées à Mussolini pour jouer sur la corde du nationalisme. Certes centristes et socialistes auront joué pleinement à l’avantage de Mussolini et cela est tellement vrai que l’organe socialiste italien répondra à un républicain qui avait formulé des réserves contre l’appropriation du mot d’ordre des sanctions, qu’il est vrai que "l’on ne sera pas compris par les ouvriers et les paysans italiens", mais qu’il faut savoir choisir la voie juste malgré les difficultés initiales. Le lecteur comprendra qu’à nouveau la thèse de l’imminence de la chute du fascisme et de l’utilité de reprendre à son compte les sanctions, se trouve ici démentie ; leurs protagonistes même affirment que le chemin entrepris est celui qui offre le plus de difficultés. Il est vrai que ce journal dira que dans deux mois, trois, ou six tout au plus, tout aura changé mais il s’agit là des plans de révolutions et de constitutions de ministères dont l’évolution et les changements sont évidemment préparés avec les "armes de guerre" que sont les consommations dans les bistrots de Paris.
La réponse des socialistes et des Centristes italiens se trouve sur un plan nettement nationaliste : les deux Internationales, avec De Brouckère et Thorez se rencontreront sur la même base. En effet, que signifie l’affirmation que Mussolini conduit l’Italie à son isolement international et en définitive à sa perte ? Mais tout simplement qu’il y a une autre politique qui peut être faite sans pour cela porter atteinte aux bases de la société capitaliste en Italie. Même dans l’hypothèse qui n’est pas la nôtre, que l’expédition en Afrique ne bouleverse pas immédiatement et à échéance plutôt brève la situation internationale dans son ensemble, la position qu’ont pris socialistes et centristes est précisément celle qui permettra au fascisme de dépasser le moment particulièrement difficile qu’il traverse actuellement. En effet les ouvriers et les paysans italiens se trouvent aujourd’hui devant une situation bien nette, le fascisme impose le sacrifice de vies, de salaires, de conditions de vie au travers du rétablissement de la carte sur la viande et autres objets de toute première nécessité ; et c’est alors qu’on vient lui dire que la voie qui peut le conduire à la délivrance est justement celle qui est préconisé par l’impérialisme anglais et que consiste, avec les sanctions, à augmenter toutes ses privations jusqu’au paroxysme. On voit là les possibilités réelles qui s’offrent à Mussolini pour établir autour du fascisme un front de résistance sur une base nationaliste. La position théorique qui veut qu’en dehors de positions internationalistes on tombe dans une position nationaliste est parfaitement confirmée par la situation actuelle en Italie où socialistes et centristes ne présentent qu’une solution pouvant défendre les intérêts de l’Italie mieux que ne le fait Mussolini et puisque leur position coïncide nettement avec la revendication de l’Angleterre et de la Société des Nations, l’occasion inespérée se présente pour le capitalisme italien de réaliser un front national au travers de Mussolini aujourd’hui tout en préparant les conditions pour un autre front également national au travers des anciens et des nouveaux traîtres.
D’ailleurs une analyse bien rapide de la signification des sanctions nous permet de voir qu’elles aussi auront une signification de tout premier ordre dans le jeu de Mussolini. En effet, les difficultés insurmontables de la situation italienne dépendent de la crise qui y a pris un caractère extrêmement aigu. Même dans l’hypothèse où il n’y aurait pas eu de guerre en Abyssinie, le capitalisme italien aurait dû recourir à toutes les mesures de compression qu’il applique actuellement. Or, les sanctions, pour ce qui concerne leur efficacité réelle resteront des mesures absolument inopérantes pour l’Italie qui n’aura nullement besoin de transgresser la légalité genevoise et de se servir des États limitrophes qui ont refusé leur vote à l’application des sanctions, mais trouvera dans les États qui lui sont le plus directement opposés (l’Angleterre aussi) de quoi satisfaire les besoins essentiels de l’économie italienne. Mais maintenant, après l’application des sanctions, le capitalisme italien a pu trouver un prétexte pour donner aux privations qu’il impose aux exploités d’Italie, une sorte de sanctification nationaliste. Les premières mesures de compression dans le domaine financier aussi bien que de l’alimentation prouvent clairement que la guerre en Afrique n’est nullement la déterminante des mesures décidées par le capitalisme italien, elles n’atteignent pas seulement les produits importés (donc ceux qui serait menacés par les sanctions) mais aussi des produits que l’Italie exporte ; ce qui met en relief le plan du capitalisme qui après avoir procédé à des compressions massives et inouïes des salaires n’avait d’autre moyen d’agir sur les conditions de vie des travailleurs que le rationnement des substances. La Société des Nations aura permis au capitalisme italien de trouver une justification à ces mesures et - tout reste dans l’ordre de la logique actuelle qui opprime le prolétariat - l’antifascisme sous le guide du centrisme et du socialisme y donnera son cachet "prolétarien".
La position de notre fraction envers l’indépendance de l’Abyssinie, découle de prémisses théoriques que nous avons expliquées et essayé de démontrer à plusieurs reprises. Elles se résument dans notre thèse centrale que dans la phase actuelle des guerres et des révolutions, seul le prolétariat international peut aider les travailleurs coloniaux à abattre à la fois le régime barbare qui les opprime et la convoitise ou l’oppression de l’impérialisme colonisateur. Il nous semble que la situation actuelle ne fait que confirmer pleinement notre position. Nous laisserons de côté la considération que tous les traités anglo-franco-italien n’ont jamais défendu la prétendue intégrité du territoire éthiopien, pour mettre en lumière le fait indiscutable que le compromis de Paris aussi bien d’ailleurs que le rapport des Cinq genevois, comporte une altération profonde de la soit-disant indépendance abyssine puisqu’aussi bien dans le domaine économique qu’étatique, le Négus acceptait les interventions financières dont il n’aurait eu aucun contrôle ; l’introduction d’une police internationale sur laquelle il n’aurait eu d’autre pouvoir que le choix entre les éléments "étrangers" qui lui auraient été proposés. Nous nous réservons de traiter plus particulièrement le problème de l’industrialisation des colonies et nous croyons pouvoir démontrer sur la base de l’expérience coloniale en général, et de la Chine en particulier, que l’industrialisation actuelle de ces pays dépasse la marge consentie par le régime capitaliste considéré au point de vue historique et dans son expression mondiale. Désormais l’industrialisation est une phase économique qui appartient exclusivement au prolétariat mondial et la victoire des mouvements de soi-disant indépendance ou celle de l’impérialisme métropolitain signifie l’arrêt total de l’industrialisation, qu’ils viennent du Négus, de la Société des Nations ou de Mussolini, n’ont aucune possibilité réelle et ne sont que des faux fuyants qui sont agités devant les exploités des colonies ou des pays retardataires. À l’égard de ces derniers la position de la fraction part de cette considération fondamentale que leur cause ne peut être confiée ni à leurs oppresseurs, ni à l’impérialisme anglais qui peut validement se vanter d’avoir montré la voie aux autres capitalismes dans l’œuvre du massacre des exploités des colonies. La position de notre fraction consiste à appeler ces travailleurs à profiter de la situation qui se présente devant eux pour livrer la lutte pour leurs intérêts de classe, en rejoignant ainsi la lutte des ouvriers italiens. La concordance de ces efforts est seule capable de s’harmoniser avec la lutte du prolétariat mondial pour la révolution communiste. Et ce n’est nullement le fait du hasard si dans le mouvement italien, seule notre fraction défend cette position prolétarienne et internationaliste. Elle ne fait que suivre le chemin qui, a son point de départ dans la fondation du parti communiste à Livourne. Malgré la puissance des forces qui s’opposent à notre fraction, celle-ci est sûre des positions qu’elle défend, car toutes les autres actuellement défendues au sein du mouvement ouvrier italien se coalisent nettement autour de la revendication de l’impérialisme anglais qui est tout autant orienté vers la guerre que l’est le capitalisme italien, celui des autres pays, aussi bien d’ailleurs que le centrisme qui a décapité la révolution russe et faussé tout le fonctionnement de l’économie soviétique. Le prolétariat italien parviendra à expulser tous les traîtres de ses rangs. Dans l’œuvre de reconstruction de son parti de classe la fraction parviendra à rester digne et fidèle à ses antécédents, fournissant ainsi au prolétariat l’arme qui lui est indispensable pour vaincre au nom et pour le compte de la classe ouvrière mondiale.

Notes :

[1Voir, par ailleurs, dans ce même numéro, la résolution votée au Congrès du 19 octobre et la déclaration que la fraction avait rédigée et qu’il ne fut pas possible à un prolétaire de lire.




Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.87.53