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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Les Centristes escomptent la condamnation de Beiso
{Bilan} n°25 - Novembre-Décembre 1935
Article mis en ligne le 1er février 2017
dernière modification le 16 janvier 2017

par ArchivesAutonomies
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Il nous revient que les centristes ont décidé de se porter partie civile dans le procès qui va avoir lieu contre Guido Beiso, qui tua le fonctionnaire Mantanari [1] après que ce dernier s’était refusé, soit de fournir la preuve d’une accusation de provocation parue dans la presse centriste, soit de la démentir. Blessé dans sa dignité, Beiso, emporté par l’énervement, tira sur Montanari, qui devait succomber presque aussitôt. Les centristes, dont les procédés ont conduit Beiso à commettre ce geste que nous nous sommes refusés, dès le premier moment, de juger selon des critères juridiques, les centristes, par contre, veulent s’appuyer sur tous les méandres de la législation bourgeoise afin d’obtenir une condamnation qui signifierait libre-parcours à leurs méthodes consistant à user des plus basses calomnies contre des prolétaires et à les traiter de provocateurs chaque fois qu’ils s’opposent à leur politique. Cette condamnation devrait aussi signifier que les ouvriers devront désormais se résigner à être la proie des bonzes centristes. Voilà pourquoi le centrisme se porte partie civile et cela afin de prouver, ni plus ni moins, la préméditation du geste de Beiso.
Dans l’émigration italienne, ce sont les maximalistes qui se sont opposés à la manœuvre centriste, et notre fraction, qui lutte contre les décisions du Front Populaire au sein duquel les éléments qui connaissent la vérité se garderont bien de la déclarer ouvertement de crainte de menacer la cohésion de l’entente centriste-réformiste. Beiso va donc se trouver en face des juges, alors qu’autour de lui les dirigeants des partis socialiste et centriste, indirectement ou directement, feront tout leur possible pour dresser un barrage qui permettra une lourde condamnation. Les ouvriers des autres pays qui, tout comme ceux de l’émigration italienne, ont été l’objet des mêmes manœuvres et insultes contre lesquelles Beiso a riposté par un acte d’irritation fort explicable, ces ouvriers laisseront-ils condamner Beiso ? Les groupes communistes des autres pays sont alertés par notre fraction afin qu’ils permettent à Beiso de réaliser les meilleures conditions pour sa défense lors du procès prochain où les centristes se portent partie civile dans l’espoir de voir valider l’œuvre de massacre des consciences prolétariennes qu’ils développent dans tous les pays.

Notes :

[1Voir l’article dans Bilan n°22 : L’attentat de Beiso.




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