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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Mouvement ouvrier international
{Bilan} n°25 - Novembre-Décembre 1935
Article mis en ligne le 1er février 2017
dernière modification le 16 janvier 2017

par ArchivesAutonomies
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L’Union Communiste (France) est navrée.

Le "Bulletin d’Informations et de Liaisons" n° 2 de novembre 1935, dans un document destiné à préciser la position de "l’Union" au sujet de la création de la nouvelle Internationale et où plusieurs considérations feraient penser à un travail déloyal des "bordiguistes", s’en prend à notre manifeste publié dans le n° 23 de "Bilan". Très loyalement, ces camarades ont reporté un tronçon d’une période (même pas la période dans son intégrité) d’un paragraphe qui contenait 6 lignes et demi, qui pouvait donc être reporté complètement si le souci de ces camarades, pour la première fois qu’ils traitent de notre fraction, était celui d’arriver à cette polémique à laquelle nous tendons avec toutes nos forces comme à une condition indispensable à l’éclaircissement des divergences et des problèmes politiques. Nous écrivions : "Pour avoir préparé le parti de la l’évolution dans l’avant-guerre, les bolcheviks ont permis au prolétariat russe de conquérir le pouvoir politique en Octobre 1917. Le danger le plus terrible qui plane aujourd’hui sur le prolétariat international consiste dans l’isolement de notre fraction qui, reprenant le chemin des bolcheviks, a développé un travail de fraction pour la reconstitution du matériel idéologique et organisatoire du parti, lequel est tombé, avec l’altération des caractères fondamentaux de l’État prolétarien en 1923 en Allemagne". De notre paragraphe, l’"Union Communiste" fait découler cette considération que "les bordiguistes se déclarent quasiment prédestinés à devenir le noyau de la future organisation internationale, parce qu’Italiens, et, de ce fait, armés d’une expérience et d’un bagage politique et doctrinal inégalables. Nous regrettons que ces camarades soient à tel point aveuglés par leur mission historique pour en arriver à écrire...". (Et ici se place le tronçon d’une période du paragraphe que nous avons reporté en entier).
Que disons-nous dans ce paragraphe ? Que notre fraction estime que la condition qui a permis aux bolcheviks de guider le prolétariat à la victoire réside non dans le génie de Lénine lui-même, mais dans un certain procédé de travail (la fraction menant à la formation du parti) et que le pire danger consistait en ce que notre fraction, qui revendique la nécessité de suivre le même chemin, se trouve isolée dans le mouvement international. Mais "l’Union ne veut sans doute pas combattre les positions politiques mais leur caricature et aussi elle se plaira à nous faire dire que nous ne considérons pas que le danger terrible de la situation actuelle consiste dans la situation que traverse le prolétariat dans tous les pays, mais dans le fait que les surhommes "bordiguistes" ne se voient pas applaudis par un théâtre s’enthousiasmant à leurs récitations mirobolantes. Et cela est vraiment navrant si ce n’est pas également ridicule. Mais l’Union veut-elle être vraiment navrée ? Et bien, inutile de perdre son temps à faire la caricature des positions de notre fraction ; il suffira qu’elle mette devant elle les procédés de polémique qu’elle applique et elle verra qu’ils sont vraiment navrants et qu’il est encore plus navrant qu’à son égard la preuve est faite que pour aborder une polémique prolétarienne, notre fraction se trouve dans l’impossibilité d’établir un lien, le plus tenu soit-il, avec "l’Union Communiste".


La Ligue Communiste Internationaliste (Trotskyste) en Belgique, est pour la défense de l’indépendance de l’Abyssinie.

Le n° 32 de "Spartacus", organe des troskystes dissidents de Belgique (les trotskystes officiels sont dans le P.O.B. et publient "L’Action Socialiste Révolutionnaire" dont "Spartacus" est le complément idéologique et politique) combat la position que nous défendons pour une lutte simultanée contre le capitalisme italien et le régime du Négus abyssin en une situation historique qui dépasse les cadres de celle que vécurent Marx et Lénine et qui laisse désormais, au prolétariat mondial uniquement, la tâche de l’industrialisation des colonies, alors que les régimes mi-féodaux et mi-patriarcaux des colonies loin de pouvoir représenter un facteur dans la lutte contre l’impérialisme, en sont les auxiliaires les plus précieux dans l’œuvre d’exploitation des travailleurs de couleur.
"Spartacus" veut se différencier, non seulement de la Deuxième et de la Troisième Internationales, mais du Négus lui-même qui a livré, il y a belle lurette, l’indépendance de l’Abyssinie à l’Angleterre et à la Société des Nations, en admettant les propositions des Cinq. "Spartacus" est pour la lutte pour la défense de l’indépendance de l’Abyssinie, non au travers des sanctions, mais au travers des organisations ouvrières qui devraient, évidemment, appliquer le boycottage à l’égard de l’Italie, mais non contre l’Abyssinie. Nous avons déjà traité, autrefois, du problème du boycottage (immédiatement après la victoire fasciste en Allemagne) au sujet duquel notre position n’a pas varié : si le prolétariat n’a pas la force de déclencher des mouvements sur son propre front de classe (le seul front où il puisse agir pour ses intérêts) comment pourrait-il avoir la force d’obliger l’ennemi capitaliste - car c’est bien lui qui contrôle l’appareil économique - à appliquer la politique qu’il lui dicterait ?
Nous ne croyons pas devoir suivre "Spartacus" dans ses élucubrations philosophiques au sujet desquelles il serait bien impoli de notre part d’employer le mot de phraseur qui nous a été adressé par l’organe trotskyste, voulant donner une preuve éclatante de nonchalance. Nous voulons nous borner à reproduire un passage de la résolution où la question est caractérisée dans les termes suivants : "À l’heure présente, un des impérialismes a trouvé encore un coin de terre par lequel il espère prolonger sa vie en entravant, bien évidemment, l’évolution de ce peuple, ce pays non-capitaliste. Faut-il donc l’aider ou l’en empêcher, ou prendre une position qui aboutit, ,dans la pratique, à une espèce de neutralité ? Tout le problème est là".
Tout le problème est non de choisir entre le capitalisme italien et le régime du Négus, ni de rester en une position de neutralité envers eux. Mais le problème consiste à se mettre dans le chemin qui conduit à la lutte pour la révolution mondiale, à la défense et à l’émancipation des travailleurs abyssins. Et au lieu de prendre l’exemple du Japon, pourquoi ne pas prendre l’exemple bien plus récent de la Chine ? Oui ou non, le prolétariat chinois, en empruntant le chemin de l’appui à cette bourgeoisie, a été conduit vers un désastre total ? Oui ou non, une fois que le prolétariat chinois a été écrasé, la bourgeoisie nationaliste chinoise a-t-elle livré la Chine aux convoitises des impérialistes et particulièrement de ce même Japon que cite "Spartacus" ?
Cela signifie-t-il que notre thèse sur la signification réactionnaire des mots d’ordre d’indépendance a des raisons d’être appliquée en Abyssinie ? Que "Spartacus" en soit convaincu : le Négus sait ce que vaut l’écho des approbations que soulève, dans le monde entier, la cause de la soi-disant indépendance de l’Abyssinie. Il sait que c’est par ce canal qu’il parviendra à maintenir sa domination sur la masse des travailleurs abyssins à qui l’apport des partis agissant au sein du prolétariat des autres pays et des groupes aussi éclairés et conscients que "Spartacus" aura permis de comprendre que leur cause, leurs intérêts, se confondent avec ceux de l’indépendance du régime abyssin.


Communist League of Struggle – New-York

Nous publions ci-dessous la lettre de notre C.E. en. réponse à des propositions de ces camarades dont nous avons parlé en son temps. Faute de place nous reportons au prochain numéro la polémique de notre groupe de New-York avec cette organisation.

LA RÉDACTION

Le 17 octobre 1935

Camarades,

Conformément aux décisions du Congrès de notre fraction, la C.E. se voit dans l’impossibilité d’adhérer à votre initiative pour la convocation d’une Conférence Internationale devant élaborer un programme pour le regroupement des forces communistes.
Lors de nos entretiens avec votre déléguée, il nous avait d’abord semblé qu’un accord était possible entre nos deux organisations afin de déterminer une discussion internationale, prémisse indispensable pour une Conférence capable d’aborder les problèmes programmatiques. Par contre, votre lettre de convocation ne laisse aucun doute quant à vos intentions consistant à aboutir à la formation d’une organisation dont les bases idéologiques n’existent pas encore.
Par ailleurs, les discussions que vous avez eues avec notre groupe de New-York ont fait apparaître de graves divergences de principe, ce qui met nos deux organisations dans l’impossibilité de prendre une initiative commune pour un regroupement international. Les rapports entre votre Ligue et notre fraction ne peuvent dépasser, dans la phase actuelle, le cadre de discussions de clarification auxquelles nous vous convions chaleureusement.
Notre fraction a fait un effort suivi, ces dernières années, tout particulièrement avec la parution de "Bilan", afin de favoriser une confrontation internationale et cela ne dépend pas de nous si le résultat se borne à l’effort presque exclusif de notre fraction pour l’élaboration de positions qui, à notre avis, pourront servir pour forger la plate-forme du regroupement des forces communistes en vue de la formation de la nouvelle Internationale.
Recevez, Camarades, nos salutations communistes.

Pour le Comité Exécutif de la fraction italienne de la gauche communiste.




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