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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Thèses de Rome - Troisième partie
{Bilan} n°25 - Novembre-Décembre 1935
Article mis en ligne le 1er février 2017
dernière modification le 16 janvier 2017

par ArchivesAutonomies
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VII. Action tactique "directe" du parti communiste


40. Dans le cas ci-dessus considéré, les revendications présentées par les partis bourgeois de gauche et social-démocrate comme les objectifs à atteindre ou à défendre retenaient l’attention des masses, et le Parti communiste les proposait à son tour avec plus de clarté et d’énergie, tout en critiquant de façon ouverte les moyens proposés par les autres pour les obtenir.

Mais il est d’autres cas où les besoins immédiats et urgents de la classe ouvrière ne rencontrent qu’indifférence auprès des partis de gauche ou sociaux-démocrates, qu’il s’agisse de conquêtes ou de simple défense. S’il ne dispose pas de forces suffisantes pour appeler directement les masses à l’action en raison de l’influence social-démocrate sur elles, le Parti communiste posera ces revendications et en appellera pour leur conquête au front-unique des syndicats prolétariens, en évitant d’offrir une alliance aux sociaux-démocrates, et même en proclamant qu’ils trahissent même les intérêts contingents et immédiats des travailleurs. La réalisation d’une action unitaire trouvera à leur poste les communistes qui militent dans les syndicats, tout en laissant au Parti la possibilité d’intervenir au cas où la lutte prendrait un autre cours, dressant inévitablement contre elle les sociaux-démocrates, et parfois même les syndicalistes et les anarchistes. Si les autres partis prolétariens refusent de réaliser le front unique syndical pour ces revendications, le Parti communiste ne se contentera pas de les critiquer et de démontrer leur complicité avec la bourgeoisie. Pour détruire leur influence, il devra surtout participer en première ligne aux actions partielles du prolétariat que la situation ne manquera pas de susciter et dont les objectifs seront ceux pour lesquels le Parti communiste avait proposé le front unique de toutes les organisations locales et de toutes les catégories. Cela lui permettra de démontrer concrètement qu’en s’opposant à l’extension des mouvements, les dirigeants sociaux-démocrates en préparent la défaite. Naturellement, le Parti communiste ne se contentera pas de rejeter sur les autres la responsabilité d’une tactique erronée. Avec toute la sagacité et toute la discipline nécessaires, il guettera le moment favorable pour passer outre aux résistances des contre-révolutionnaires, c’est-à-dire l’apparition d’une situation telle dans les masses au cours du développement de la lutte que rien ne les empêcherait plus de suivre un appel du Parti communiste à l’action. Une telle initiative ne peut être prise que centralement, et en aucun cas localement par des organisations du Parti communiste ou par des syndicats contrôlés par les communistes.

41. Plus spécialement, l’expression "tactique directe" désigne l’action du Parti quand la situation l’incite à prendre, indépendamment de tous, l’initiative d’attaquer le pouvoir bourgeois afin de l’abattre ou de lui porter un coup grave. Pour pouvoir entreprendre une pareille action le Parti doit disposer d’une organisation intérieure assez solide pour lui donner la certitude absolue que les directives du centre seront parfaitement suivies. Il doit en outre pouvoir compter sur la discipline des forces syndicales contrôlées par lui afin d’être sûr qu’une grande partie des masses le suivra. Il a en outre besoin de formations militaires d’une certaine efficacité et, afin de conserver à coup sûr la direction du mouvement au cas probable où il serait mis hors-la-loi par des mesures d’exception, de tout un appareil d’action illégale, et spécialement d’un réseau de communications et de liaisons que le gouvernement bourgeois ne puisse contrôler.

Dans une action offensive, c’est le sort d’un très long travail de préparation qui peut se décider. Avant de prendre une si lourde décision, le Parti devra donc étudier à fond la situation. Il ne suffira pas qu’elle lui permette de compter sur la discipline des forces directement encadrées et contrôlées par lui, ni qu’elle l’autorise à prévoir que les liens l’unissant à la fraction la plus vivante du prolétariat ne se briseront pas au cours de la lutte. Il devra également avoir l’assurance que son influence sur les masses et la participation du prolétariat iront croissant au cours de l’action, car le développement de celle-ci réveillera et rendra effectives des tendances naturellement répandues dans les couches profondes de la masse.

42. Il ne sera pas toujours possible de proclamer ouvertement que le mouvement d’ensemble déclenché par le Parti communiste a pour but de renverser le pouvoir bourgeois. Sauf en cas de développement exceptionnellement rapide de la situation. révolutionnaire, le Parti pourra engager l’action sur des mots d’ordre qui ne soient pas encore la prise révolutionnaire du pouvoir, mais ne puissent dans une certaine mesure être réalisés que grâce à elle, bien que les masses ne les considèrent que comme des exigences immédiates et vitales. Dans la mesure limitée où ces mots d’ordre sont réalisables par un gouvernement qui ne soit pas encore la dictature du prolétariat, ils laissent au Parti communiste la possibilité d’arrêter l’action à un certain point sans porter atteinte à l’organisation et à la combativité des masses. Cela peut être utile s’il semble impossible de continuer la lutte jusqu’au bout sans compromettre la possibilité de la reprendre efficacement plus tard.

43. Il n’est pas exclu non plus que le Parti juge opportun de lancer directement un mot d’ordre d’action tout en sachant qu’il ne s’agit pas encore de prendre le pouvoir, mais seulement de conduire une bataille dont le prestige et l’organisation de l’adversaire sortiront ébranlés et qui renforcera matériellement et moralement le prolétariat. Dans ce cas, le Parti appellera les masses à la lutte soit pour des objectifs réellement à atteindre, soit sur des objectifs plus limités que ceux qu’il se propose d’atteindre en cas de succès. Dans le plan d’action du Parti, ces objectifs devront être ordonnés selon une progression de façon à ce que chaque succès puisse constituer une plate-forme d’attente lui permettant de se renforcer pour les luttes suivantes. On évitera le plus possible la tactique désespérée consistant à se lancer dans la lutte dans des conditions telles que les seules possibilités soient ou bien le triomphe de la révolution, ou bien, dans le cas contraire, la certitude de la défaite et de la dispersion des forces prolétariennes pour une durée imprévisible. Les objectifs partiels sont indispensables pour conserver à coup sûr le contrôle de l’action, et on peut les formuler sans entrer en contradiction avec la critique que le Parti fait de leur contenu économique et social quand ils sont considérés comme des fins en soi dont les masses pourraient se satisfaire après les avoir atteintes, et non pas comme l’occasion de luttes qui sont un moyen, un pas vers la victoire finale.
Bien entendu, la détermination de ces objectifs et des limites de l’action est toujours un problème terriblement délicat ; c’est par l’expérience, et par la sélection de ses chefs, que le Parti devient capable d’assumer cette suprême responsabilité.

44. Le Parti ne doit ni croire ni faire croire que lorsque le prolétariat manque de combativité, il suffise qu’un groupe d’audacieux se lance dans la lutte et tente des coups de main contre les institutions bourgeoises pour que son exemple réveille les masses. C’est dans le développement de la situation économique réelle qu’il faut chercher les raisons qui feront sortir le prolétariat de sa prostration. Si la tactique du Parti peut et doit contribuer à ce réveil, c’est par un travail beaucoup plus profond et continu que ne peut l’être le geste spectaculaire d’une avant-garde lancée à l’assaut.

45. Le Parti se servira toutefois de ses forces et de son encadrement pour des actions menées par des groupes armés, des organisations ouvrières, et même des foules, et bien contrôlées par lui dans leur plan et leur exécution ; ayant une valeur démonstrative et défensive, ces actions sont destinées à prouver concrètement aux masses qu’avec de l’organisation et de la préparation il est possible d’affronter certaines résistances et contre-attaques de la classe dominante, qu’elles se manifestent sous la forme d’actions terroristes de groupes armés réactionnaires, ou sous la forme d’interdictions policières contre certaines formes d’organisation et d’activité prolétariennes. Le but ne sera pas de provoquer une action générale, mais de rendre à la masse abattue et démoralisée le plus haut degré de combativité par une série d’actions concourant à réveiller en elle les sentiments et le besoin de la lutte.

46. Le Parti évitera absolument qu’au cours de telles action locales la discipline intérieure des organisations syndicales ne soit violée par les organes locaux et par les communistes qui y militent. Ceux-ci, en effet, ne doivent pas en venir à une rupture avec les organes centraux nationaux dirigés par d’autres partis, car ils doivent, comme il a déjà été dit, servir de points d’appuis indispensables pour conquérir ces organes. Cependant le Parti communiste et ses militants suivront attentivement les masses en leur donnant tout leur appui lorsqu’elles répondent spontanément aux provocations bourgeoises, fut-ce en rompant avec la discipline d’inaction et de passivité imposée par les chefs des syndicats réformistes et opportunistes.

47. Dans la situation qui caractérise le moment où le pouvoir de l’État est ébranlé sur ses bases et est sur le point de tomber, le Parti communiste, déployant ses forces au maximum et menant dans les masses le maximum d’agitation sur les conquêtes suprêmes, ne laissera pas échapper l’occasion d’influer sur les moments d’équilibre instable de la situation en utilisant, tout en gardant une action indépendante, toutes les forces marchant momentanément dans la même direction que lui. Quand il sera bien sûr de prendre le contrôle du mouvement dès que l’organisation traditionnelle de l’État aura cédé, il pourra recourir à des accords transitoires avec d’autres mouvements disposant de forces dans le camp en lutte, sans pourtant faire de ceci l’objet d’une propagande et de mots d’ordre aux masses. Dans tous les cas, la seule mesure de l’opportunité de ces contacts et du bilan qu’on devra ensuite en faire, sera le succès. La tactique du Parti communiste n’est jamais dictée par des a priori théoriques ou par des préoccupations éthiques ou esthétiques, mais uniquement par le souci de conformer les moyens aux fins et à la réalité du processus historique, selon cette synthèse dialectique de doctrine et d’action qui est le patrimoine d’un mouvement appelé à devenir le protagoniste du plus vaste renouvellement social, le chef de la plus grande guerre révolutionnaire.

VIII. Le Parti communiste italien et le moment actuel

48. La phase et, par conséquent, le problème de la formation du parti, est désormais complètement dépassé en Italie. Avec le congrès socialiste de Milan, jusqu’auquel n’était pas encore définitivement rejetée la possibilité d’une modification de substance de la base de constitution du parti communiste italien par la fusion d’une fraction de gauche du parti socialiste italien qui y aurait acquis l’importance d’un élément essentiel et d’intégration - avec le Congrès de Milan et avec ses décisions cette possibilité a complètement disparu. Il dévient évident que seule la fraction extrême détachée à Livourne pouvait constituer le noyau créateur. Il est également clair, désormais, que le développement progressif normal du parti se fera désormais non en s’approchant des groupes organisés des autres formations politiques, mais seulement par l’adhésion individuelle de chaque personne qui, en entrant dans ses rangs préparés à les recevoir, n’y apportera ni désordre, ni changement, mais une force numérique et par conséquent une force d’action plus grande.

49. C’est pour cela que le parti, libre des soucis inhérents à toute période de commencement, doit se consacrer entièrement à son travail de pénétration toujours plus large parmi les masses, en organisant et en multipliant les organes de liaison entre elles et lui. Aucune branche de l’activité prolétarienne ne doit rester ignorée des communistes : syndicats, coopératives, mutuelles doivent être pénétrées, toujours plus profondément, par la constitution de groupes communistes et, avec leur aide, ils doivent être conquis aux directives du parti ; tandis que les comités d’aide variés, pour les victimes politiques, pour la Russie, etc..., doivent avoir une représentation de communistes et jouir de leur collaboration. Et cela, seulement parce que le parti ne doit se désintéresser d’aucun instrument qui peut lui permettre d’améliorer ses contacts avec le prolétariat, doit s’occuper pour satisfaire ses nécessités contingentes, mais non pour instituer des rapports durables avec les autres partis politiques, aussi subversifs soient-ils.

50. Envers ces partis, la polémique tendant à clarifier devant les travailleurs leur attitude et à dissiper l’équivoque de leurs déclarations programmatiques, doit se poursuivre infatigablement. Les socialistes et les libertaires poursuivent aujourd’hui, en Italie, sous deux formes diverses, l’affaiblissement de la classe prolétarienne : les uns par leur tactique de capitulation et de désarmement devant l’attaque du capitalisme, les autres par leur lutte contre la République des Soviets et le principe de la dictature du prolétariat à laquelle ils opposent l’apothéose vide et théorique abstraite.
La situation italienne actuelle, caractéristique de l’offensive toujours plus vaste et complète de la bourgeoisie, offre chaque jour mille arguments douloureux pour notre polémique contre les anarchistes et contre les social-démocrates qui fournissent la preuve évidente de leur incompréhension du moment qui, au lien d’être quelque chose d’exceptionnel et de transitoire, est, en réalité, un stade naturel et prévisible du régime capitaliste, une manifestation spécifique de la fonction et des objectifs de l’État démocratique.

51. On peut constater aujourd’hui en Italie une régression caractéristique de l’État en ce qui concerne son fonctionnement ; la période constitutive de l’État bourgeois qui a signifié une centralisation progressive de toutes les fonctions de gouvernement dans l’organisation d’une autorité central, trouve son reflet et sa négation dans la période actuelle dans laquelle l’unité solide de tous les pouvois, autrefois soustraits à l’arbitraire des individus, s’émiette et s’éparpille ; les pouvoirs d’État sont exercés individuellement par chaque particulier et il ne serait même plus nécessaire que l’État mette explicitement, comme cela se passe encore, à la disposition de la conservation bourgeoise ses organes de l’armée à la magistrature, du parlement aux fonctionnaires du pouvoir exécutif, puisque chacun d’eux, dans la personne de ses adeptes, use des propres attributions pour le même but, d’une façon autonome et incontrôlable.
Pour empêcher ensuite qu’au cours d’un arrêt imprévu de cette crise de dissolution, l’État puisse reprendre un contrôle quelconque sur l’activité des particuliers, la classe bourgeoise procède fréquemment à la constitution d’organes complémentaires qui, en parfait accord avec les organes réguliers lorsque ceux-ci fonctionnent selon les désirs explicites de la réaction, s’opposent à eux, au contraire, et leur sont substitués lorsqu’ils se montrent rétifs à l’acquiescement le plus plat (Comités civils, Comités de défense, etc.).
Invoquer, comme le font les social-démocrates, le retour à l’autorité de l’État et au respect des lois, indique que ceux-ci, tout en affirmant que l’État démocratique et parlementaire est un État de classe, ne parviennent pas à comprendre justement que celui-ci faillit aujourd’hui à sa tâche essentielle, en violant les lois écrites qui furent nécessaires à sa consolidation progressive, mais qui mettraient aujourd’hui en danger sa consolidation.

52. La situation italienne actuelle réunit synthétiquement en elle tous les éléments constitutifs du coup d’État, sans cependant que l’on puisse constater les faits extérieurs probants du geste militariste. La vérification progressive d’épisodes de violence annulant l’un après l’autre des conditions normales de vie sociale pour toute une classe de citoyens, la superposition aux dispositions de la loi écrite de la la volonté changeante des groupes et des individus, l’immunité assurée à ceux-ci et la persécution établie pour leurs adversaires, tout cela entraîne un acte unique, plus grandiose et plus violent, qui aurait mis ensemble en mouvement des forces plus nombreuses.
La classe bourgeoise a une parfaite conscience de cet état de choses, mais son intérêt nécessite que l’apparence extérieure d’une démocratie formelle ne soit pas détruite et que l’économie générale ne soit pas encore plus profondément troublées par un bouleversement violent qui n’offrirait pas , en définitive, à ses privilèges, un meilleur protecteur que celui qu’elle a aujourd’hui. Il est donc probable que la bourgeoisie, divisée sur l’évaluation de sa nécessité et encore suffisamment puissante pour l’étrangler, s’opposera à une tentative militariste qui amènerait le trouble et ne serait motivée que par des ambitions personnelles. Aucune nouvelle forme de gouvernement en pourrait, plus que la forme actuelle, avoir le mépris de la liberté, des droits acquis et reconnus, de la vie des ouvriers ; ce n’est que dans un perfectionnement ultérieur de l’État démocratique, plus capable de recouvrir la substance réelle du régime dictatorial de la bourgeoisie, que celui-ci pourrait en venir à ses fins. Cela viendra avec la formation d’un gouvernement social-démocrate.

53. La situation italienne actuelle grandit et mûrit justement ce stade ultérieur du martyre du prolétariat. De deux côtés on travaille à ce résultat : un fort courant de parti socialiste et les partis de gauche de la bourgeoisie tâtent le terrain pour trouver le point favorable à leur rencontre et à leur alliance. Les uns et les autres motivent leur action seulement par la nécessité de trouver et de construire une défense contre la violence destructrice fasciste et sur ce terrain ils cherchent l’accord de tous les partis subversifs et prétendent mettre fin aux polémiques et aux attaques réciproques.
Si un gouvernement social-démocrate avait la force de combattre et de vaincre le fascisme, ce dont nous font douter fortement nos convictions théoriques et les exemples de l’histoire la plus récente et qu’il advint donc nécessaire de préparer un terrain favorable à sa formation, celui-ci serait d’autant plus facilement et rapidement constitué que les communistes maintiendraient leur état de scission et leur polémique implacable contre le parti socialiste.
L’attaque communiste met en valeur le parti socialiste en face de la bourgeoisie comme civile de la violence révolutionnaire et comme obstacle et freinage au déchaînement de la lutte de classe et rend ainsi plus probable leur accord et leur alliance. Il ne faut pas, en effet, oublier que l’on a commencé à considérer comme réalisable en Italie, la collaboration socialiste avec les groupes de gauche de la bourgeoisie depuis qu’après la scission de Livourne le parti socialiste s’est libéré de tout courant communiste. Un apaisement de la lutte entre communistes et socialistes placerait ceux-ci dans la position apparente et fausse d’être partisans de la doctrine et de la pratique de la troisième Internationale, ce qui empêcherait le renforcement de la confiance qui est nécessaire à la création du bloc social-démocrate.
C’est pourquoi l’intransigeance la plus absolue envers les partis d’opposition doit être pratiquée sur le terrain de la lutte politique, même dans la prévision, pour nous trompeuse, qu’un changement des hommes dans l’État formellement inchangé puisse être possible dans un sens favorable au prolétariat.

54. Quant au fascisme, le P.C.I., même en le considérant comme une conséquence inéluctable du développement du régime, n’en tire pas la conclusion que face à lui il faille prendre une attitude de passivité inerte. Combattre le fascisme ne signifie pas croire que l’on peut annuler une fonction de la société bourgeoise, pour briser l’existence de celle-ci, ni s’illusionner en croyant que le fascisme peut être vaincu en lui-même, comme épisode séparé et isolé de l’action offensive complexe du capitalisme, mais tendre au contraire à rendre moins grave et douloureux les dommages que la violence ennemie inflige au parti.

55. Le P.C.I., sans exclure et même en ne perdant pas de vue la possibilité que dans la situation instable puisse surgir l’occasion d’une action violente d’une partie de la bourgeoisie et en préparant donc un minimum de moyens nécessaires pour l’affronter et la surmonter, se place face au problème de l’action directe dans une attitude de préparation.
La crise mondiale de l’économie capitaliste a influé terriblement sur l’élan du prolétariat qui a vu briser ses organisations les plus fermes et qui, parce qu’il ne l’avait pas prévue, n’était donc pas préparé à la surmonter victorieusement. Le parti croit qu’il faut aujourd’hui reconstruire cette fermeté passée, guidé par la conviction que, dans une situation telle que celle qu’il traverse, un prolétariat solidement encadré et guidé par un parti révolutionnaire, pourrait, validement, passer à l’attaque. Par conséquent, construire ce parti et élargir son influence sur les masses, donner à ses adhérents la cohésion, la discipline et la préparation ; attirer derrière lui les couches toujours plus larges de la classe travailleuse ; telles sont les tâches essentielles des communistes italiens qui les résoudront en s’inspirant des thèses sur les différentes questions (syndicales, agricoles, etc.) qui seront approuvées et discutées par le présent congrès.

NOTE DE LA RÉDACTION

Nous comptons encore publier quelques documents ayant trait à des tentatives d’examen de l’IC des thèses de Rome.




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