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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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L’impudence et les faux de M. Germanetto
{Bilan} n°28 - Février-Mars 1936
Article mis en ligne le 24 février 2017
dernière modification le 17 février 2017

par ArchivesAutonomies
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"Idea Popolare", l’organe centriste italien, publie intégralement la lettre que, de Moscou, Germanetto a envoyée au "Nuovo Avanti" (l’organe du Parti Socialiste Italien), qui avait parlé du cas de la camarade Mariottini.
Nous la reproduisons dans ses traits essentiels :

"Qu’est-ce donc que le "cas Mariottini" ?
Il s’agit d’une femme, autrefois membre de notre Parti, laquelle écrit de l’Union Soviétique où elle se trouve, à son "mari", des lettres que votre rédacteur nous assure être déchirantes, que moi je n’ai pas lues et qui, probablement, sont des documents habituels de propagande anti-bolchevique, comme on peut en lire tous les jours dans la presse fasciste allemande, italienne, française et du monde entier.
Le "mari" publie ces lettres dans la feuille bordiguiste, la même feuille où il publie régulièrement des appels mal écrits, poussant à l’assassinat des communistes. Il me semble, cher ami, que ces simples éléments de fait devaient te conseiller la prudence ; qu’ils étaient suffisants pour te faire penser qu’il s’agit de mensonges et de calomnies, où Madame Mariottini et son "mari" jouent une partie peu propre.
En effet, les faits sont les suivants. Le "Gatto Mammone", qui est le "mari" fut expulsé de notre Parti pour activité contre-révolutionnaire et quitta l’Union Soviétique à sa demande et de son plein gré en 1931 (et non en 1933). Depuis lors, Madame Mariottini a toujours été libre de sortir de l’Union Soviétique, de suivre le "mari", d’aller où elle veut, quand elle veut, comme elle le veut. Personne ne l’a jamais retenue. Personne ne la retient. Personne n’oppose le moindre obstacle à son départ. Si Madame Mariottini se trouve encore aujourd’hui en Union Soviétique, c’est parce-qu’elle l’a voulu et le veut. Et elle l’a voulu parce-qu’en Union Soviétique elle n’a jamais été maltraitée, sinon toujours aidée et favorisée, et cela bien que son "mari" soit un contre-révolutionnaire avéré, un ennemi ouvert de la classe ouvrière et de notre Parti, un de ceux qui poussent à l’assassinat de nos militants.
Jusqu’en 1933, Madame Mariottini eut une place de travail de confiance en une de nos organisations. Elle en fut éloignée après avoir été éloignée du Parti, quand il était devenu clair qu’elle préférait les ennemis ouverts du Parti au Parti lui-même. Depuis lors, elle travailla dans une usine et lorsque le salaire ne lui était pas suffisant, elle reçut les subsides qui lui étaient nécessaires. Le fils de Mariottini fut accueilli et élevé en une des meilleures maisons pour enfants de Moscou et ici il mourut parce que, malheureusement, même dans les meilleures maisons pour enfants de Moscou, il y a encore des cas de mortalité infantile.
Mariottini elle-même a habité, jusqu’’il y a quelques semaines, dans un des meilleurs hôtels de Moscou. Si Mariottini écrit maintenant s’être sentie "humiliée" d’avoir été traitée de cette façon en Union Soviétique, la chose est tout à fait compréhensible. Elle savait, en effet, que pendant que les camarades la traitaient ainsi, le "mari" écrivait qu’il fallait tuer nos militants, et elle-même (tandis qu’elle nous disait à nous ne pas vouloir sortir de l’Union soviétique, parce que nulle part ailleurs elle n’aurait pu trouver l’aide qu’on lui donnait ici pour élever et éduquer son fils), fournissait au "mari" les arguments pour ses appels contre-révolutionnaires. En réalité, il y a non seulement de quoi se sentir humilié, mais il y a de quoi rougir pour être tombée à un si bas niveau moral. Moi-même je me sens humilié en tant qu’homme de coeur et comme militant de la classe ouvrière, de me trouver en face d’une telle bassesse."

* * * * *

Germanetto confirme donc que Mariottini fut chassée du travail après avoir été éloignée du Parti, uniquement parce qu’il était clair qu’elle préférait les ennemis ouverts du Parti au Parti lui-même, ce qui signifie, ainsi que nous l’avons vu qu’elle se refusait de rompre les rapports avec son camarade.
Germanetto déclare ensuite que "Madame" Mariottini "a toujours été et est libre de sortir de l’Union Soviétique, de suivre son "mari" (que veulent-ils dire ces guillemets ?), d’aller où elle veut, quand elle veut, comme elle le veut. Personne ne l’a jamais retenue. Personne ne la retient. Personne n’oppose le moindre obstacle à son départ."
Malheureusement pour M. Germanetto, cette affirmation contraste brutalement avec le fait que le représentant du Parti a plusieurs fois et explicitement déclaré à Mariottini que jamais la possibilité ne lui aurait été donnée de rejoindre son "mari", mais seulement l’autorisation de rentrer en Italie.
Et pour ne pas déroger à notre système d’appuyer toutes nos affirmations par des textes, voici le dernier écrit de Mariottini. Il date du 1er février 1936, alors qu’elle était déjà prévenue du commencement de la campagne autour de son cas.
Mariottini écrit :

"... On m’a donné le plein consentement d’aller à l’Ambassade (Italienne n.d.l.r.)  ; c’est moi qui ne veux pas y aller parce que ma conscience se révolte de devoir m’adresser à mes ennemis, il me semblerait ainsi porter une atteinte à mes idées. La campagne manque de base parce que personne ne me retient, personne ne m’empêche de m’en aller, et c’est uniquement mon scrupule de conscience qui me fait rester".

Non, camarade Mariottini, notre campagne est plus que solide ; elle exprime la conscience intime du militant qui se révolte et marque d’infamie le centrisme qui oblige à choisir entre deux choses : être assassiné en Russie et la demande de rapatriement au Consulat, au risque d’alimenter la spéculation indignée du centrisme si ce n’est la condamnation en Sibérie.
La lettre du citoyen Germanetto ne contient rien de plus précis, contredisant nos données positives sur la situation désespérée créée à Mariottini, que ceci : elle se borne, en suivant le système connu qui consiste à déclarer ne pas avoir lu les accusations de Mariottini (ce qu’il dément lui-même dans sa réfutation (?)) à affirmer qu’elle aurait reçu "l’aide dont elle avait besoin".
On l’a aidée - il est vrai - mais seulement parce qu’on espérait, à travers une déclaration de désaveu écrite par elle, briser la résistance du "contre-révolutionnaire", mais depuis qu’ils ont dû se convaincre que ma femme, bien que seule et malade, trouverait dans sa conscience la force de résister à l’infâme coalition de l’état soviétique et des traîtres centristes italiens - on s’est acharné contre elle et l’on s’acharne contre elle avec une rage impuissante, exaspéré par sa résistance insoupçonnée.
Et ainsi nous voyons Germanetto, cet immonde chacal, qui ose même prétendre et écrire se "sentir humilié en tant qu’homme de coeur ( ! ! !)", parler de grammaire ! Justement lui dont "Madame" Mariottini a corrigé les idioties des "Mémoires d’un coiffeur" ; à qui elle a donné la possibilité de mettre de côté - prévoyance prudente, chez cette espèce de centriste, pour les éventualités du lendemain - un petit capital de vile monnaie bourgeoise et qui ose répéter plusieurs fois, que dans l’organe des bordiguistes, je pousserais tous les jours (si c’était vrai que "Prométéo" pouvait être quotidien !) à l’assassinat des militants communistes.
Si par cela on essaye de créer une atmosphère de pogrom, que M. Germanetto se le tienne pour dit : même en face d’une telle éventualité notre fraction ne renoncera pas à poursuivre sa lutte pour le communisme. Le malheur est que les différents Germanetto, des lions quand ils se trouvent à Moscou, bien protégés et à couvert de tout, chaque fois qu’ils se trouvent à l’étranger devant le risque de devoir rendre compte personnellement de leurs méfaits se transforment d’un coup en petits lapins. Le Congrès de Bruxelles l’a appris à tout le monde et d’une façon définitive.

Gatto MAMMONE




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