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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Le Front international de la répression capitaliste
{Bilan} n°30 - Avril-Mai 1936
Article mis en ligne le 24 février 2017
dernière modification le 17 février 2017

par ArchivesAutonomies
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En Espagne, en Pologne, en Allemagne des ouvriers viennent d’être assassinés au nom d’un ordre bourgeois que plus rien ne peut faire trembler aujourd’hui. Les fusils des gardes mobiles, des gendarmes, la hache du bourreau, voilà les armes qui ont fait comprendre aux travailleurs de ces pays qu’à la veille de la guerre impérialiste rien ne peut altérer la sérénité de l’Union Nationale.
Où donc se trouvent les fières cohortes du prolétariat mondial qui après la Révolution Russe se seraient dressées pour tendre une main fraternelle à leurs frères meurtris et pour venger par leur lutte impitoyable le sang versé ? Le capitalisme peut-il donc massacrer impunément des prolétaires ? Malheureusement, la phase de défaites que nous vivons est aussi celle où les crimes de la bourgeoisie sont non seulement tolérés mais acclamés par des masses dont l’entendement de classe fut fracassé par les événements et par le travail des socialos-centristes.
Des ouvriers tombent-ils sous les balles des sbires du gouvernement Populaire espagnol ? Qu’importe après tout ! Ce sont des fascistes ou des agents du fascisme et non des prolétaires faisant la grève générale pour améliorer leur situation. Social-patriotes traditionnels et centristes de tous les pays hurleront que le Front Populaire espagnol se défend contre le fascisme quand en réalité la bourgeoisie espagnole étrangle les mouvements de classe des ouvriers. Et pas une voix qui ne s’élève pour préserver la signification du sacrifice ultime des travailleurs. Bien au contraire, la danse macabre des socialo-centristes, alliés à la pire réaction, se développe alors que les canons s’apprêtent pour un carnage dans lequel d’ores et déjà ils jettent les ouvriers. En Pologne, en Allemagne, les ouvriers payent de leur vie la trahison des socialistes et des centristes. Les grandes grèves qui viennent d’être écrasées par les "cosaques" polonais sont un écho des misères, de l’isolement et des défaites du prolétariat polonais. Ah ! Ils peuvent méditer, les mineurs du bassin de Dombrowa, le sens des paroles de Molotov à Chastenay, directeur du "Temps" : faire cesser la lutte des communistes polonais pour permettre un rapprochement polono-russe ? Mais c’est couper des cheveux en quatre. Staline étranglera de ses propres mains le prolétariat de ce pays si le capitalisme mondial le désire. La bourgeoisie polonaise ne l’ignore d’ailleurs pas, mais elle sait parfaitement qu’à l’action néfaste des socialistes et centristes elle doit joindre le crépitement des fusils et le sifflement des cravaches : l’ordre sera maintenu à Varsovie !
Et en Allemagne ? Ici, sous les laconiques communiqués des journaux, gît une terrible tragédie. Hier, les syndicalistes de Wupperthal (après combien d’autres ?) étaient frappés à mort. Aujourd’hui, la presse d’émigration allemande communique d’autres noms, d’autres victimes, qui sous quelque drapeau socialiste ou centriste qu’on nous les présente, symbolisent néanmoins le destin d’un prolétariat vaincu par l’oeuvre des forces démocratiques, centristes et fascistes du capitalisme. Dans toutes les parties du monde, la réaction bourgeoise brandit donc son drapeau de victoire, alors que les bottes de ses soudards souillent les mares de sang prolétarien. Même en Russie, les isolateurs, les lieux de déportation ne désemplissent pas, car là aussi on frappe les ouvriers révolutionnaires, les communistes internationalistes, tous ceux qui représentent une réaction des travailleurs russes à la dictature féroce de la bureaucratie centriste.
En envoyant notre salut fraternel, aujourd’hui 1er Mai, au camarade Calligaris, déporté en Sibérie, nous saluons fraternellement en sa personne les milliers de communistes russes, d’ouvriers révolutionnaires dont il partage le sort.
La réaction mondiale de la bourgeoisie n’est pas éternelle. Elle est limitée par les contrastes naturels du régime capitaliste. Les stupides bourreaux de la répression n’arrêteront pas plus le flot montant de la révolution de demain qu’ils n’empêcheront qu’à la marée basse des mers ne se substitue la marée haute. Le sang versé ne restera pas impuni. Le prolétariat international, ce 1er Mai, doit inscrire le nom de ceux qui sont tombés en conséquence de la trahison des centristes et de l’action des socialistes ; il doit inscrire leurs noms sur ses drapeaux rouges pour les brandir comme une menace certaine à la face du régime qui, quand il a fini de vaincre, doit recommencer pour ne pas être balayé par les masses communistes.




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