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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Premier Mai ( À propos de Calligaris )
{Bilan} n°30 - Avril-Mai 1936
Article mis en ligne le 24 février 2017
dernière modification le 17 février 2017

par ArchivesAutonomies
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Le camarade Calligaris me fait rappeler plusieurs des premiers Mai que nous avons passés en Italie sous le fascisme et les compare à celui qu’il vit actuellement en Russie. Autant que moi devraient s’en rappeler les vendus qui ont contribué à l’envoi de Calligaris en Sibérie. Mais se souviendront-ils que leur pusillanimité et leur délation voilée auprès de la Direction de la colonie des déportés de Ponza amenèrent des arrestations préventives contre des communistes, en majeure partie des militants de la gauche et parmi lesquels Calligaris ?
Le fascisme savait bien que l’irréductibilité de ce dernier se serait manifestée à n’importe quelle occasion et pour cela il a craint que des caractères comme le sien ne puissent être domptés au travers de la restriction des libertés. Le fascisme savait et sait que la date du 1er Mai pour les prolétaires révolutionnaires marque une date de revendications et de martyrs, une date que le sang des frères de lutte de Chicago contresigna par la revendication de la journée de huit heures.
Le fascisme de Mussolini craint cette journée et escompte avoir anéanti par la violence ce souvenir qui porte en lui la signification de toutes les revendications que l’exploité oppose à son exploiteur.
Le parallèle Italie mussolinienne-Russie stalinienne me suggère un autre souvenir. La camarade Bruna, militante de gauche qui s’est par la suite égarée dans le centrisme me décrivit un 1er Mai passé en Russie : l’enthousiasme des travailleurs, la revue militaire à la Place Rouge, les vols en avions de prolétaires au-dessus de Moscou, etc., etc. Mais aujourd’hui le martyr des pionniers du 1er Mai qui se sacrifièrent pour mettre un terme à la fatigue journalière est oublié et dans la Russie stalinienne on exalte Stakhanov en tant que symbole du plus grand travail que la force humaine puisse rendre. Les prolétaires qui ne veulent pas être anéantis en quelques années par le travail devront-ils répéter en Russie l’exemple historique de Chicago ?
Que de prolétaires en Russie se trouvent dans ta situation, Calligaris ! Et combien n’y en a-t-il pas dans les autres pays ! Ils n’oublient pas que le sang n’a pas été versé en vain et c’est pour cela qu’ils sont en Sibérie. Combien d’arrestations préventives opérera Staline ainsi que Mussolini, Hitler- et Cie ? Combien de prolétaires en Russie déserteront-ils la manifestation parce qu’ils préfèrent le lit pour se reposer des matches de travail forcé.
Avec toi, Calligaris, comme avec tous ceux qui en Russie sont restés sur un terrain de classe et luttent pour l’anéantissement de l’exploiteur sous quelque couleur qu’il se présente, la fraction italienne de la gauche communiste se relie avec son coeur et sa pensée pour un prochain lendemain de libération.




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