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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Francisco Ascaso
{Bilan} n°33 - Juillet-Août 1936
Article mis en ligne le 24 février 2017
dernière modification le 18 février 2017

par ArchivesAutonomies
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Nous reprenons du "Bulletin d’Information" de la C.N.T. et de la F.A.I. du 24 juillet 1936, l’article qui suit :

"Francisco Ascaso naquit en 1901 à Almudevar, province de Huesca. Très jeune, il participa au mouvement anarchiste. La première fois qu’il fut arrêté, ce fut à Saragosse lors d’une grève de caractère très violent. Il fut condamné, mais en raison de sa jeunesse, il fut gracié.
"1923, la réaction renaît en Espagne plus violente que jamais. À Saragosse, l’âme du mouvement réactionnaire était le cardinal Soldevila, qui fut tué dans un attentat. Ascaso, soupçonné d’avoir participé au dit attentat, fut arrêté ; le "garrot" l’attendait, mais il put s’enfuir à l’étranger avant le procès.
"Lors du "pronunciamiento" de Primo de Rivera, une persécution sanglante se déchaîna en Espagne. Il n’y avait pas d’argent pour payer les avocats et venir en aide aux persécutés et à leurs familles. Ascaso décida de s’en procurer coûte que coûte ; les autorités espagnoles commencèrent alors une véritable chasse à l’homme contre notre camarade. Il s’embarqua pour l’Amérique du Sud. En Argentine, au Chili, au Mexique, à Cuba, etc., il déploya sans relâche son activité révolutionnaire. En Argentine, une nouvelle condamnation à mort pesait sur lui. Il fut donc obligé de s’enfuir encore une fois et se fut en Europe. Aucune nation européenne ne voulait accorder le droit d’asile à cet "anarchiste dangereux". Expulsé de France, repoussé d’Allemagne, le monde entier parlait des exploits révolutionnaires de ce jeune anarchiste espagnol. Ascaso, avec ses amis Buenaventura Durruti et Gregorio Jover formaient un inséparable "trèfle révolutionnaire". Finalement, la Belgique lui concéda un asile provisoire.
"La révolution du 14 avril 1931 lui permit de retourner en Espagne. Immédiatement, ils se jeta dans la lutte. On le trouva toujours en première ligne, à côté de son ami Durruti, dans les divers mouvements révolutionnaires qui éclatèrent depuis 1931. Orateur et militant, on aimait également sa parole claire et énergique et son courage de lutteur révolutionnaire. Il fut un des meilleurs éléments de la C.N.T. et de la F.A.I.
"Dans la matinée du 19 juillet 1936, les groupes révolutionnaires luttaient avec un héroïsme sans pareil contre les militaires retranchés dans la caserne de "Atarazanas". Dans les barricades de la "Rambla de Sainte-Monique", les camarades se battaient furieusement. Dans la statue de Colomb, les fascistes avaient installé une mitrailleuse qui crachait dur contre nos camarades.
"François Ascaso, qui luttait là à côté de ses camarades, est tombé mortellement blessé, le corps perforé par les balles de la mitrailleuse.
"Tous les camarades tombés dans la lutte contre le fascisme nous ont causé rage et douleur, mais la mort de Ascaso nous incite à la vengeance rapide et sans hésitation. Nous le vengerons, oui, nous le vengerons !
"Barcelone, mardi 21 juillet 1936."

Bien que séparés par des divergences profondes des anarcho-syndicalistes, nous nous inclinons émus par la mort de ce militant révolutionnaire, dont la vie, toute consacrée à la cause du mouvement prolétarien, reste un exemple pour ceux qui prétendent se rendre dignes de la libération des travailleurs et de la fondation de la société communiste.




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