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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Sous le signe de la constitution "la plus démocratique du monde" on extermine en URSS la génération d’Octobre
{Bilan} n°39 - Janvier-Février 1937
Article mis en ligne le 2 avril 2017

par ArchivesAutonomies
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Deux abominables "assassinats légaux", perpétrés par le Collège Militaire du Tribunal Suprême de l’U.R.S.S. : les seize exécutions du 25 août 1936 et les 13 du 1er février 1937, précèdent et suivent l’adoption de la nouvelle Constitution soviétique et lui font un cadre digne d’elle.
Et tout comme les "véridiques et spontanés" aveux des 16 (Zinoviev, Kamenev, etc.) ont abouti au récent procès, les tout aussi "véridiques et spontanés" aveux des derniers condamnés (Radek, Sokolnikov et Piatakov, etc.) fourniront la matière d’un troisième procès où seront jetés en pâture au bourreau à côté des droitiers, tels Boukharine, Rykov, Ouglanov et les professeurs "rouges" (Slenkov, Maretzsky, Astrevef et Eichenwald), toute une série de trotskistes et de vieux bolcheviks (tels Beledorodov, Rakovsky, Preobadjensky, Sosnovky, Smilga, etc.) encore vivants, mais dont certains sont déportés ou emprisonnés depuis 1932. Et ainsi de suite jusqu’à l’extermination totale de tous ceux oui restent encore "du temps de Lénine".
Cette fois-ci encore l’accusateur public est Vychinsky qui a remplacé Krylenko, "vieux-bolchevik," donc suspect. Reproduisons avant tout l’acte d’accusation :

"Un centre terroriste "de réserve" ou "parallèle" existait dont les membres, à l’heure actuelle répondent de leurs crimes.
Ce centre fonctionnait sous la direction immédiate de Trotski, et avait pour objet d’assassiner les dirigeants du pouvoir soviétique et du parti communiste et de restaurer le régime capitaliste en U.R.S.S.
À cette fin le centre trotskyste pactisa avec les États étrangers hostiles à l’Union soviétique : l’Allemagne et le Japon, pour s’emparer du pouvoir avec leur aide.
Le moyen principal, qu’ils voulaient employer, pour accéder au pouvoir, était une guerre que ces États devaient entreprendre contre l’U.R.S.S.
Les accusés trotskistes se livraient à l’espionnage et au sabotage, conformément aux indications des États étrangers et devaient, au moment du déclenchement de la guerre, saper, par tous les moyens possibles, la capacité de défense de l’Union soviétique, pour assurer la défaite de celle-ci.
Les trotskistes promettaient de livrer à l’Allemagne l’Ukraine, et au Japon une grande partie du territoire soviétique en Extrême-Orient."

Il y a donc du nouveau à l’Est !
Alors qu’au procès des 16, le réquisitoire s’était limité à une accusation imprécisée de défaitisme en cas de guerre et que la clef de voûte avait été le meurtre de Kirov, cette fois-ci, on se base sur la pactisation des puissances étrangères (bien spécifiées) visant au démembrement de l’Union Soviétique, champion de la paix et de la sécurité collective : ce qui prouve que nous sommes arrivés à une phase plus avancée de la préparation psychologique à la guerre.
Au cours de son long réquisitoire - il a parlé plus de cinq heures - Vychinski a débuté sur cette remarque qu’il s’agissait de "criminels qui luttèrent de son vivant, contre Lénine et, après la mort de Lénine, contre son génial disciple, contre le fidèle gardien de l’enseignement de Lénine, le continuateur de son œuvre, Staline". Comme ci-devant menchevik enragé, Vychinski était en effet le plus qualifié pour faire cette déclaration !
Cet exorde, est suivi d’un historique ad usum Stalini sur les agissements de Trotski, qui doit servir à prouver que les trotskistes sont devenus des agents des agresseurs fascistes de l’U.R.S.S., qui veulent son démembrement, y créer une nouvelle bourgeoisie et en rétablir la domination. Il ne s’agit donc pas ni d’une fraction, ni d’un parti, mais d’une bande de délinquants qui, par leurs innombrables crimes (?) se sont mis au ban de l’humanité. L’enjeu de la partie que ces espions, ces traîtres et ces assassins jouaient, c’était la paix. Allumer l’incendie de la guerre, noyer le monde dans le sang, arriver au pouvoir étaient les projets de Trotski et de ses complices.
Le pacte des trotskistes et des agresseurs préciserait qu’il s’agit de la main mise de l’Allemagne sur les pays du Danube et balkaniques et du Japon sur la Chine ; de plus, les trotskistes s’engageaient à fournir du pétrole au Japon en cas de conflit nippo-Américain. D’autres crimes sont restés dans l’ombre, a affirmé l’accusation...
Naturellement, sinon, comment monter le troisième procès !
La fin de la péroraison tendait à démontrer que le procès a été conduit d’après la loi soviétique qui condamne pour des faits commis et non pour intention de les commettre.
"L’accusation principale portée dans ce procès est la trahison de "la Patrie", a affirmé le Procureur, ,mais il a ajouté immédiatement : "tout notre pays, très haut, répète les paroles du camarade Staline (à propos de la défense de la nouvelle Patrie socialiste) était prêt, aux premiers appels du Parti et du Gouvernement à se lever comme un seul homme pour la défense de la Patrie."
Un meeting - spontané lui aussi comme les aveux des inculpés - des travailleurs de Moscou, a acclamé le verdict en affirmant "tous comme un seul homme, nous sommes prêts à opposer notre poitrine à l’ennemi, à donner notre vie pour repousser ces attentats aux frontières sacrées de notre pays". Ce langage ne rappelle-t-il pas celui de 1914 ?
Cet argument a été répété par tous les coryphées du centrisme international. Marcel Cachin, qui certainement sent de nouveau bouillonner dans ses veines son chauvinisme de 1914, écrit que Trotski non seulement est arrivé à "la trahison abjecte de la Patrie (la majuscule est de lui) socialiste ; il projetait aussi de livrer le monde à la domination fasciste". Et Ruggero Grieco, écrit que "le trotskysme recherche l’entente avec ces puissances fascistes qui font de la guerre et de la guerre antisoviétique leur raison d’être". Cet article de Grieco a paru dans l’organe des centristes italiens "Il Grido del Popolo", comme commentaire du verdict de Moscou. On peut remarquer, en passant, qu’il est symptomatique de voir les chefs (?) du centrisme italien, signer de leurs nom et prénom, depuis qu’ils ont posé ouvertement leur candidature au pouvoir dans une Italie libérée de la "honte du fascisme" au nom de Garibaldi et sous le signe du "tricolore", symbole de la réconciliation au peuple italien.
"La honteuse fin du trotskisme découle de la victoire sans retour du communisme en U.R.S.S.". Quand on débute par un tel aphorisme, il est facile de deviner le restant de l’article. Comment expliquer que tous ceux qui ont été de l’époque héroïque du bolchevisme et les artisans de la révolution d’Octobre, soient devenus aujourd’hui une bande contre-révolutionnaire voulant restaurer le capitalisme avec l’aide de l’étranger, fasciste par surcroît ? Le "sous-chef" du prolétariat italien a une réponse toute prête : l’histoire a connu plusieurs révolutions, mais il n’appartient pas à tous ceux qui les ont préparées et commencées de les suivre dans les phases successives de leur développement, (au contraire des Staline et des Mamelucks du centrisme mondial).
Et pourquoi ont-ils avoué ? Encore une réponse toute prête. "Ces débris humains ont avoué parce qu’ils sont coupés des masses et qu’ils le savent : que peuvent-ils dire a ces masses si ce n’est avouer ouvertement leurs propres turpitudes ? Fusillez-nous ! À bien réfléchir, cette voie est l’unique qui leur reste ouverte pour reprendre contact les masses." (Avec celles de l’autre monde ? !).
Ensuite, le coquin étale ses cartes : "le jeu du trotskisme a été démasqué. En partant de la négation de la possibilité de construire le socialisme dans un seul pays, il est arrivé à se proposer de faire tomber le régime soviétique : celui qui construit le socialisme. Pour réaliser ses visées diaboliques, le trotskisme s’est mis à la disposition des gouvernements fascistes et tous ses calculs criminels étaient basés sur l’ accélération de la guerre et sur la consolidation du régime fasciste".

"En effet dans tous les pays, le trotskisme s’oppose à l’unité d’action des ouvriers et au Front Populaire contre le fascisme et contre la guerre".
En Espagne, les trotskistes du POUM ne se battent pas contre le fascisme mais contre le Gouvernement de Front Populaire et conduisent, sans vergogne, une campagne contre l’U.R.S.S.
Et que font-ils les petits groupes trotskistes - bordigistes en Italie et émigrés ? Ils ne luttent pas contre le fascisme, mais contre l’unité d’action, le parti communiste et l’U.R.S.S. Ils sont rentrés dans le parti socialiste italien (??) afin de saboter le front unique. En Italie, ils espionnent le travail des communistes et des socialistes pour les dénoncer à la police".

Grieco avait déjà écrit que la Constitution soviétique était l’expression d’un régime de paix. Et c’est sans doute pour cette raison que le budget militaire de l’U.R.S.S. atteint 27 milliards de roubles (100 milliards de francs belges). Si vis pacem, para bellum, ont déjà dit, il y a deux mille ans, ces pacifistes qu’étaient les Romains !
"Son honneur et sa réputation (quelle phraséologie petite-bourgeoise) sont de mener une politique de paix". L’U.R.S.S. le prouve, en effet, par son intervention en Espagne.
La Constitution soviétique précise que la guerre ne peut être déclarée que dans le cas d’une agression contre le territoire de l’U.R.S.S. ou dans le cas où l’U.R.S.S. doit donner exécution aux pactes d’assistance mutuelle qu’elle a signés. Or, l’U.R.S.S. membre de la S.D.N. est liée à l’une des constellations inter-impérialistes, elle a souscrit une quantité de ces pactes qui sont, en réalité, des engagements à la guerre.
Les accusés principaux, cette fois-ci, étaient Radek, le spécialiste attitré des questions étrangères ; Mouralov, un des chefs de l’insurrection de Moscou en octobre 1917, et un des organisateurs de l’armée rouge qui, depuis 1928, était déporté et n’avait jamais capitulé ; Piatakov, le "soviétisateur" de l’Ukraine, ancien directeur de la Banque d’État, commissaire à l’industrie lourde ; Sokolnikov ci-devant ambassadeur à Londres ; Serabriakov, ancien secrétaire du C. C. bolchevik.
Eux aussi, ont tout avoué : sabotage des usines et de la production, y compris déraillements de trains, incendies explosions, assassinats en masses d’innocents..., les chemins de fer fonctionnent mal, on enregistre 3 500 catastrophes en 2 années. C’est nous les responsables ont affirmé Serebriakov et Krinazov. Tous leur exploits font pâlir même le fameux dérailleur hongrois Matuschka. Par suite de la sècheresse, les récoltes ont été mauvaises et une grave crise s’annonce : c’est nous, ont déclaré Piatakov, Sokolnikov et tutti quanti.
Naturellement, ils ont aussi avoué les attentats contre Staline, Molotov, etc., attentats n’existant qu’à l’état "intentionnel", à l’exception toutefois des éléments machinés dans les coulisses de la Guépéou.
Ils ont avoué et ont donné les détails les plus minutieux sur cette nouvelle forme d’activité criminelle, qui ne figurait pas encore au procès des 16 : les accords avec l’Allemagne et le Japon, pour démembrer l’U.R.S.S. et restaurer le capitalisme.
Que la bureaucratie Thermidorienne - pour employer un mot cher à Trotski - bien que dans le procès le procureur Vychinsky ait attribué à Staline cette déclaration que le Trotskisme est pépinière de dégénérescence et thermidorisme - massacre en Russie tous ces militants, on peut à la rigueur se l’expliquer. Elle veut exterminer tous ceux qui, demain, pourrait encore jouer un rôle révolutionnaire, ou mieux ceux qui en rappelant l’époque révolutionnaire pouvaient - même malgré eux - être poussés par les masses dans une reprise de lutte révolutionnaire. Mesure de défense préventive donc, que de décapiter toute la génération d’octobre. Être de la vieille-garde Bolchevik, avoir vécu l’époque héroïque et avoir lutté à côté de Lénine, devient une raison suffisante de châtiment suprême pour le centrisme, arrivé à un tel degré de dégénérescence et de trahison, qu’il étrangle même en Russie toute tentative de lutte ouvrière, et ce, au nom du capitalisme mondial dont l’U.R.S.S. est aujourd’hui l’instrument le plus puissant.
Mais ce qu’on peut plus difficilement nous expliquer cette fois que dans le procès des 16, c’est l’attitude de tous les accusés. Nous avions pu accepter cette hypothèse que les aveux de tous les crimes qu’ils avaient, ou plutôt qu’ils n’avaient pas commis, n’avaient été qu’un moyen extrême de se sauver la vie. Sans remonter au procès de 1922, où les 12 S.R. avaient été condamnés à mort "conditionnellement" et dont l’exécution n’a jamais eu lieu, il y avait deux précédents. Ni Ramzine, accusé en 1930 d’organisation d’un parti contre-révolutionnaire, de sabotage de l’industrie et de préparation de l’intervention étrangère, ni les membres du bureau Menchevik qui, en 1931, avaient été eux aussi accusés de crimes, de trahison, espionnage, sabotage, n’avaient été exécutés. Les exécutions du 25 août ont fait tomber cette hypothèse. Depuis, la fantaisie se livre à toutes sortes d’échafaudages : on parle de philtres ou de piqures qui, accompagnés d’un système diabolique d’auto-suggestion feraient avouer tout ce qu’on veut ; on a même parlé d’exécution simulée. On a remis en cause, à cette occasion, les rétractations célèbres de Galilée et de Jeanne d’Arc.
Et pourtant que de nombreux exemples de reniement nous pourrions encore trouver de St-Pierre aux chefs centristes de Chine et du Japon.
Mais, ici, il ne s’agit pas d’actes de faiblesse commis pour éviter la torture ou la mort, mais d’une attitude de militants éprouvés contre lesquels on utilise un "collectif d’aveux", basés sur des autoaccusations et la reconnaissance de faits inexistants. Sans doute la provocation joue-t-elle un rôle prédominant : la Guépéou s’infiltre partout. Elle fabrique de toutes pièces les documents, les dépositions, les "faits" et, par là, peut arriver à ébranler certains éléments et les induire en erreur. Mais tout cela n’est pas encore suffisant pour expliquer cette unanimité dans les aveux surtout quand il s’agit de vieux révolutionnaires qui ont été à l’école de l’Okhrana tsariste.
Nous sommes aussi d’accord que la plupart des militants trotskistes qui, eux, n’avouent pas, pourrissent dans les isolateurs, sont torturés ou fusillés dans le dos et que ceux qui sont traduits devant les tribunaux sont pour la presque totalité, des éléments qui avaient déjà pris la voie de la capitulation. Et même à ceux d’entre eux qui ne donnent pas toute garantie de jouer leur rôle dans ces procès, montés à des fins de politique intérieure, on refuse le coup de grâce dans la nuque, le privilège de pouvoir réciter publiquement un mea culpa, à moins qu’il ne s’agisse de vrais saboteurs et d’espions du capitalisme étranger.
Nous avons déjà, à propos du procès des 16, cherché à donner une explication de cette tragédie. Leur espoir de redresser le parti, leur sujétion au fétichisme de ce parti qui représente la révolution d’Octobre, la crainte de passer pour un instrument de la contre-révolution devant toutes ces accusations apportées par les machinations de la Guépéou, ont fini par faire d’eux le jouet, non du fascisme, comme affirmait le procureur Vyschinski, mais du centrisme et de sa politique criminelle.
Trotski a démenti catégoriquement qu’aucune des accusations élevées contre lui avaient quelque fondement. Démonstration facile, car tous les "faits" posés par l’accusation tombent au premier examen.
Mais pour ce qui regarde les aveux d’éléments qui ont pourtant été pendant des années à ses côtés, il s’est limité à déclarer que c’est une conséquence des capitulations précédentes et d’un compromis avec Staline : contre des aveux une vie sauve et que même pour ce dernier procès, la machination a réussi et les 13 ont été les dupes comme les 16 précédents : sauf Radek et Sokolnikov qui ont été épargnés pour pouvoir servir à un nouveau procès.
Kerenski dans une interview, tout en admettant qu’il s’agissait vraiment d’attentats contre Staline et de tentatives de conquête du pouvoir, explique "que la morale et l’éthique des Bolcheviks ne sont pas nôtres (les bourgeois) et que ce procès n’est pas un spectacle pour l’Europe". Bien entendu, ce seraient, en somme, des personnages à la Dostoïevski.
La Seconde Internationale, liée au pacte d’unité avec les centristes ne veut, naturellement, pas mettre en danger, pour quelques exécutions, le front unique entre les vieux et les nouveaux traîtres. Les ministres "socialistes" ont un grand nombre de semblables crimes sur la conscience. À la suite du procès contre Zinoviev, Adler a publié une brochure qui se terminait par ces mots : "De tels procès ne doivent plus jamais se reproduire, cela il faut que les gouvernants de Moscou le comprennent enfin". Après ce second procès, il déclare "que l’Union Soviétique ne pourra que gagner à mener un procès politique conformément aux principes de la sécurité juridique". Espérons qu’à Moscou on finisse par le comprendre. Et qu’il pourra garder son plomb pour le prochain procès !
"Seuls Radek et Sokolnikov ont cherché à maintenir leurs déclarations sur le terrain politique et théorique", écrit la presse centriste, alors que ce n’était que de la basse provocation.
Radek, s’adressant aux "camarades-juges" (le président : "accusé Radek, non pas camarades-juges, mais citoyens-juges") (voir compte-rendu officiel du procès) a fait une affirmation qui dévoile toute la signification de ce procès : "Nous devons dire aux éléments trotskistes de France, d’Espagne et des autres pays, que l’expérience de la révolution russe, nous montre que le trotskisme est le saboteur du mouvement ouvrier. Nous devons les avertir qu’il y va de leur tête s’ils ne tirent pas un enseignement de notre expérience".
La dénonciation du POUM en Espagne comme organisation trotskiste contre-révolutionnaire est un des premiers pas faits dans cette voie. Sokolnikov, de son côté, a mis en cause directement les droitiers, ce qui servira également pour les prochains procès.
Tous les deux ont ainsi, pour cette fois, sauvé leur peau. Mais du point de vue juridique l’indulgence qu’on a montré envers eux infirme en plein toute la sentence. Radek, en effet, déclare qu’il avait lui-même désigné la personne qui convenait le mieux pour assassiner Kirov. Meurtre qui avait coûté 135 exécutions et qui avait été le seul fait précis contre les 16. Le procureur, naturellement a laissé tomber cette autoaccusation. Tout en désignant Radek, comme l’un des trotskistes les plus marquants. Pour Sokolnikov, le procureur avait dit, qu’il était le défenseur le plus avéré des intérêts des Koulaks et il avait roulé ainsi jusqu’à l’extrémité du chemin de sa déchéance.
Trotski a de nouveau été la cible de toute la meute déchaînée de l’accusation et surtout des accusés. "Allié du capitalisme", "ignoble agent du fascisme", "fauteur de la guerre immédiate que des millions d’hommes haïront et persécuteront partout", "bandit contre-révolutionnaire", "mauvais génie du mouvement ouvrier", l’ont appelé tour à tour Sokolnikov, Serebriakov, Mouralov. Seul Piatakov, qui s’était toujours montré le trotskiste le plus tiède, s’est tu dans cette diatribe finale. "Malheureusement, écrit la presse soviétique, il (Trotski) se trouve hors de l’étreinte de la juridiction soviétique" et le Mexique ne semble pas (jusque maintenant du moins) vouloir, comme la Norvège "socialiste", subir le "Diktat" de Moscou. De là, il peut continuer son "activité infernale", qui sera démontrée... au cours du prochain procès.
C’est vraiment heureux que Moscou ne se trouve pas dans une région volcanique, sinon Trotski - Vyschinski serait capable de l’affirmer - s’entendrait avec Belzébuth en personne pour faire écrouler le Kremlin. Ce qui est tout aussi vraisemblable que la collusion de Trotski avec la Gestapo.

Gatto MAMMONE




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