Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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L’élection de Bruxelles : une victoire du "socialisme" national, un échec de Degrelle
{Bilan} n°40 - Avril-Mai 1937
Article mis en ligne le 2 avril 2017
dernière modification le 1er avril 2017

par ArchivesAutonomies
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Par rapport aux élections de mai 1936, celles du 11 avril dernier, ne présentent pas de grandes différences au point de vue arithmétique. En effet sur le nom de Van Zeeland se sont retrouvée les voix des partis catholiques, libéral, socialiste et communiste qui avaient appelé leurs troupes à voter pour le Premier Ministre, alors que Degrelle a obtenu, à quelques milliers près, les voix qui s’étaient affirmées en 1936 sur les listes rexistes, réaliste et celle des nationalistes flamands, ces derniers ayant décidé cette fois de voter pour lui.
Toutefois une analyse des situations révèle la différence existante entre les deux scrutins et fait apparaître l’importance de l’élection partielle de Bruxelles et son retentissement international.
Tout d’abord, s’il est juste de parler d’un échec personnel de Degrelle, est absolument faux de dire que s’est son programme qui a été battu le 11 avril.
Et encore cet échec personnel a-t-il l’importance et les conséquences que lui ont attribué les quatre partis en se basant sur le nombre de voix totalisées par Van Zeeland ? Si l’on considère l’élection partielle à elle seule, il est certain que Degrelle est le grand vaincu de la journée. C’est lui en effet qui, le 7 mars, avait pris l’initiative de la bataille en convoquant un grand meeting au Palais des Sports, où il déclara : "L’heure est venue des décisions énergiques. Il nous faut la bataille, il nous la faut tout de suite. Ce soir nous déclarons la guerre au régime. Il faut que les belges se comptent. Il faut qu’on en sorte, plutôt mourir que de piétiner sur place... La victoire, nous l’aurons. A Rex on gagne toujours. Nous sommes sur la piste, l’épée au poing ! A nous Bruxelles ! Pour la victoire." Quand la décision de Van Zeeland de se présenter candidat fut connue, l’organe rexiste le "Pays Réel" imprimait "A nous deux, M. Van Zeeland ! Leur pot-pourri final’à la sauce Van Zeeland va indigner les électeurs de toutes les tendances. M. Van Zeeland, enfin, n’a absolument rien pour galvaniser Bruxelles "in-extremis". Dans trente-sept jours, M. Van Zeeland aura dû rendre son tablier ministériel."
Les 275.000 voix du Premier Ministre, contre les 69.000 de Degrelle, comparées aux déclarations de guerre initiales de ce dernier, donnent au match une conclusion qui pourrait faire croire au dégonflage définitif du rexisme. L’organe philo-fasciste, la "Nation Belge" est forcée de dire que l’échec est cuisant puisque celui qui avait déclenché l’attaque recule au lieu d’avancer
Degrelle avait décidé d’emprunter à peu près le même chemin qu’avait suivi Hitler en 1932 et qui devait le conduire au pouvoir en janvier 1933.
La réaction du gouvernement et des partis traditionnels n’avait pas été dissemblable de celle qui s’était produite en Allemagne et qui fraya la voie à Hitler. Sur les traces des socialistes allemands qui modifièrent la loi pour empêcher que les succès du "plébiscite" provoqué par Hitler et appuyé par les centristes obtienne la dissolution du Landstag démocratique de Prusse, les socialistes belges avaient pris l’initiative d’une loi qui déjouait la manœuvre rexiste de faire démissionner leurs députés, à tour de rôle, afin de provoquer une série d’élections partielles.
Il y avait donc concomitance entre l’attitude de Degrelle et de Hitler d’un côté, et de ce que les fascistes appellent le "régime" de l’autre. C’est sur le plan de la légalité que la bataille devait se dérouler. Il faudra ajouter que c’est juste après un échec électoral hitlérien, succédant à la série des victoires précédentes, que Von Papen fut chargé par Hindenburg de torpiller le ministre Van Schleicher et de former le nouveau cabinet Hitler. L’échec du 11 avril peut-il avoir la même conséquence que les élections de novembre 1932 en Allemagne et à brève échéance, assisterons-nous à l’arrivée de Degrelle au pouvoir ?
Il est certain que le plan du capitalisme belge ressemble beaucoup à celui du capitalisme allemand : canaliser autour d’une personne toute la réaction produite par les secousses de la crise économique et la spoliation qui en résulte des masses travailleuses des villes et des campagnes. Degrelle lèvera le drapeau de la lutte contre les pourris et il lui sera facile de prouver que socialistes, libéraux et catholiques sont tous logés à la même enseigne puisque chacun de ces partis est compromis dans les scandales financiers qui ont accompagné l’écroulement d’institutions de crédit où l’on avait pu attirer l’épargne des ouvriers, des paysans, des petits bourgeois, sous le prétexte de la sauver de la convoitise du grand capitalisme. Ce dernier qui, par la dévaluation préparée par le "bankster" Theunis et légalisée par le gouvernement de "Renovation Nationale" de Van Zeeland, avait pu rétablir un équilibre avec le niveau de la production intérieure et internationale, avait jeté des millions dans les caisses de Degrelle sans toutefois négliger d’alimenter celles des autres partis qui ont, eux aussi, dépensé des millions pour la campagne électorale de Van Zeeland.
C’est donc dans les cadres stricts non seulement du régime capitaliste, mais aussi des conséquences de la crise économique que la bataille s’est déroulée.
C’est au lendemain du dépôt des conclusions de la commission Servais (l’équivalent à peu près de celle de Stavisky) et où l’opération avait été menée pour étouffer les innombrables scandales, que Degrelle juge le moment venu pour entamer la bataille. Malgré l’échec du 11 avril, peut-il prétendre à un avenir du type de celui de Hitler ? Question à laquelle il est impossible de donner une réponse à l’heure actuelle. Bracke, dans le "Populaire", a dit que la victoire de Van Zeeland représente un obus dans le corps du "fascisme international". Sa prédiction vaudra-t-elle autant que celle de Blum, qui en novembre 1932, parla de l’échec définitif de Hitler ?
Il ne nous intéresse point de nous lancer dans le jeu stérile des prophéties, mais de dégager la signification réelle de l’élection partielle, des modifications substantielles qu’elle révèle par rapport au scrutin de mai 1936, ce qui permet aussi de comprendre que. du point de vue du maintien des anciennes assises du capitalisme belge (les cadres des partis traditionnels et de leur politique), la victoire de Van Zeeland, celui qui est présenté comme l’étendard des traditions de la Belgique, l’élection du 11 avril est sans lendemain.
Avant les élections de mai 1936 Van Zeeland, dans un discours prononcé à Bruxelles, prôna ouvertement le corporatisme et lorsqu’après ces élection, Van Zeeland donna sa démission, les grandes grèves s’annonçaient en Belgique„ comme une réplique inévitable aux mouvements qui avaient éclaté en France. Le rexisme venait de remporter un succès éclatant après une année de gouvernement d’Union Nationale que les socialistes présentaient comme le gouvernement de la réparation des méfaits du "cabinet des banksters".
Encore une fois le lit du fascisme avait été soigneusement préparé par la social-démocratie toute entière y compris jusqu’au représentant le plus tapageux de son aile extrême gauche, M. Spaak, devenu du jour au lendemain ministre dans le gouvernement de Rénovation Nationale.
Au cours des tractations pour former son ministère, Van Zeeland ne se gêna point pour exposer les lignes essentielles de son programme. Flanqué qu’il était par De Man, dans son équipe, il proclama la nécessité de préparer une réforme substantielle de l’Etat pour qu’il puisse répondre aux nécessités nouvelles de la situation.
Aussitôt revenu d’Allemagne, De Man avait expliqué la victoire de Hitler par le fait que les socialistes de ce pays n’avaient pas su saper les bases de son édifice. Marquet et les néos en France avaient soutenu la nécessité de lancer le parti socialiste à une "course de vitesse" contre le fascisme (ce à quoi Blum devait se rallier pleinement par après). De Man bien plus catégorique, avait proclamé qu’il n’y avait qu’une seule possibilité de faire échec à la victoire du fascisme : donner une solution "démocratique" aux problèmes que posait la nouvelle situation en passant à une refonte totale de l’Etat. Tout le problème consistait à voir si en Belgique, le capitalisme pouvait arriver par d’autres voies à des résultats analogues à ceux obtenus en Allemagne au travers de Hitler. Problème qui se pose en définitive ainsi : sans anéantir, par la terreur, toute organisation ouvrière, le capitalisme belge pouvait-il parvenir à endiguer les vagues de la lutte prolétarienne en les faisant reflouer contre l’édifice d’un régime adapté aux nouvelles circonstances ?
Les commentaires au Plan, bien plus que le Plan lui-même prouvent à l’abondance que c’est l’objectif de la suffocation du mouvement de classe, des grèves que l’on vise, de ces grèves que l’on considère comme ne répondant plus aux intérêts des travailleurs engagés désormais dans la voie des "réformes de structure". Et De Man ridiculisera l’ancien réformisme qui n’aboutit à rien pour clamer que cette fois-ci il s’agissait de reformer pour du bon de s’attaquer donc à l’hypercapitalisme, le même "fléau" que Hitler dénonçait pour assaisonner de démagogie le plan capitaliste d’écrasement du prolétariat.
Van Zeeland parle, en juin 1936, de l’institution d’un régime corporatif, mais il est forcé de mettre une sourdine à sa musique philo-fasciste car les grèves vont éclater et un ministère à plus large participation socialiste doit être soudainement constitué pour faire face à la situation. D’un autre côté la Commission Syndicale, en plein accord avec la Centrale Chrétienne, se charge de surveiller de très près la situation pour lancer le mot d’ordre de la rentrée au travail. Lorsqu’éclata à Anvers la grève des dockers (c’est de là que parti le colossal mouvement gréviste de juin), la Commission Syndicale lança l’interdit brutal contre la grève que l’on appela par la suite "sauvage". Quelques jours après il devient impossible de maintenir cet interdit, car 500.000 ouvriers étaient descendus dans la rue (pour avaliser sans doute la politique d’un an de gouvernement).. .en même temps qu’un "Comité de l’ordre" fut formé au sein du gouvernement et où les socialistes siégeaient ; les rôles étaient bien répartis, d’un côté les gendarmes pour "maintenir dans la légalité" les grèves, de l’autre côté la Commission Syndicale qui prend la direction de la grève pour guetter le moment propice à son étranglement.
Bondas, un des dirigeants de la Commission Syndicale, a récemment révélé que lors des tractations pour la constitution du deuxième gouvernement Van Zeeland, le point de friction qui ne put être éliminé fut celui de la légalisation des organisations syndicales ; le moment n’était pas encore venu d’établir un accord sur cette question et cela nous a causé de l’opposition de la Commission Syndicale, mais parce qu’une situation s’était ouverte où la note dominante était représentée par le formidable élan de la classe ouvrière déclenchant ses grèves puissantes.
Quelques mois après la résorption du mouvement de juin, la situation précédente se révèle à nouveau : les grèves n’avaient pu qu’imposer un point d’arrêt à l’exécution du plan du capitalisme qui se poursuivra désormais à une allure bien plus rapide qu’auparavant. Contre Degrelle qui au parlement, lance sa patrouille à la lutte, contre les pourris tout en menant sa bataille en ordre dispersé (le député rexiste Syndic n’arrivera même pas à l’heure pour développer son interpellation), fait un tapage énorme dans la presse et au travers de ses meetings. L’ex-gauchiste Spaak déclenche la bataille anti-rexiste et explique au meeting de St-Josse de l’automne 1936, ce que signifie la formule "pour la démocratie un nouveau départ".
Ce qu’il fallait - disait Spaak - pour combattre avantageusement le rexisme, c’était une "vague de fond" soulevant les masses, les dressant contre la démagogie de Degrelle à qui il fallait enlever tous les atouts et notamment celui d’être le grand rénovateur. Les scandales financiers allaient être rigoureusement mis à nu et les responsables sévèrement punis (nous avons déjà dit que la Commission Servais a conclu ses travaux en dissimulant toutes les formidables responsabilités personnelles engagées dans les tripotages financiers sous un flot de considérations générales sans aucune portée pratique), ce sur quoi il fallait s’appuyer c’était l’amélioration de la situation générale et des conditions de vie de "toutes les classes" ; les ouvriers avaient encore des raisons d’être mécontents mais le gouvernement, soucieux des intérêts des plus humbles, n’aurait pas failli à ses promesses et le programme, établi en juin 1936, allait être appliqué.
Tout comme, pour répondre à la rénovation économique de 1935-1936, les ouvriers avaient fait déferler les grèves de juin pour imposer au capitalisme leurs revendications, d’ailleurs fort modestes, en janvier 1937, les métallurgistes et les mineurs s’apprêtent à nouveau à la lutte pour répliquer au discours de Spaak et le gouvernement. par le canal de la Commission mixte des Mines, et appuyé par la Centrale des mineurs dont le secrétaire est Ministre du Travail, parvient à éviter qu’une lutte se déclenche pour les 40 heures et les mineurs sont à nouveau bernés.
La semaine des 44 heures est accordée mais entourée d’une série si compliquée de possibilités de dérogations que le patronat pourra obtenir, que, pratiquement, cette loi n’aura aucune signification réelle.
A part le ronflement des phrases - Spaak est maître dans le jeu d’Arlequin - il y avait une idée centrale "nouvelle" dans le discours du ministre des Affaires Etrangères.
De nombreux ministres étaient présents au meeting de St-Josse, où en définitive la formule "pour la démocratie un nouveau départ" signifiait que désormais il fallait ne plus se borner aux organisations existantes et s’en remettre à l’Etat, au gouvernement qui prenait la tête du combat, interdisait par la suite la manifestation rexiste du 25 octobre, organisait des meeting monstrueux et faisait descendre ses ministres parmi la foule. Spaak apporta l’adhésion officielle du Premier Ministre et le départ était effectivement donné pour frayer la voie à une progressive transformation de l’appareil de l’Etat : les rouages de ce dernier devaient emporter les masses entières sous prétexte de la lutte contre le rexisme. En fait il s’agissait de réaliser - en dehors de Degrelle et dans une lutte contre lui - les parties essentielles du plan fasciste, mais sous l’édition "belge" celle correspondante évidemment aux nécessité ; du capitalisme de ce pays.
Un mouvement inter-parti, à l’image du gouvernement fut créé, mais avec des fonctions subsidiaires (le ministère gardant directement les leviers de commande) : "Belgique toujours" qui lança le mot d’ordre "Le roi, la loi, la liberté" et M. Van Zeeland prit le contrôle d’un grand journal bruxellois "L’Indépendance Belge", qui subit à cet effet des transformations dans le personnel de direction, auparavant sympathisant pour Degrelle.
Tous les partis se rallièrent progressivement à la campagne anti-rexiste du gouvernement ; celui qui hésita le plus ne fut point le P. O. B., mais le parti catholique. Celui-ci songeait surtout à opérer une transformation de l’équipe gouvernementale, y reprendre une position d’hégémonie en en écartant les socialistes, et à cette fin, opérer une conjonction avec le mouvement rexiste que l’on voulait ramener au bercail. Les assemblées de la Droite parlementaire et de la Fédération catholique de Bruxelles révélaient nettement cette orientation politique qui ne s’est pas réalisée uniquement parce que la situation du pays ne pouvait pas se résoudre par une simple crise ministérielle, mais exigeait une refonte radicale de toute l’assiette politique du régime.
Le P. O. B. et le Parti Communiste avaient immédiatement donné leur adhésion à la campagne gouvernementale : la gauche du P. O. B., en accord avec les centristes, soutenait toutefois, que l’accord à la lutte engagée par le ministère ne pouvait être efficace qu’à la condition de ne pas en faire l’axe de da bataille antifasciste. Ce rôle central ne pouvait revenir qu’au Front Populaire et il fallait s’opposer au mouvement "Belgique toujours".
Spaak répondait que l’on ne devait pas recopier en Belgique ce qui avait été valable pour d’autres pays, la France et l’Espagne notamment, et que la voie la plus sûre pour battre le rexisme consistait à maintenir en force la collaboration gouvernementale, le ministère Van Zeeland qui allait répondre par des actes aux fanfaronnades de Degrelle.
Entretemps le projet pour la législation des syndicats allait entrer dans une phase nouvelle. Un commissaire royal fut nomme pour mener une enquête sur l’assurance contre le chômage involontaire et une Commission inter-ministérielle fut chargée d’apprêter un texte de loi. Dans cette Commission siège un représentant de la Commission Syndicale qui n’engage pas la responsabilité de l’organisation mais qui a été toutefois autorisé à y siéger. Il n’est pas possible de nier que les formes sont scrupuleusement respectées et l’on tâte soigneusement le pouls des masses pour voir quand le moment sera venu pour déclencher l’attaque définitive : le triomphe de Van Zeeland n’est qu’un Tes important vers cette direction mais la question n’est pas encore résolue.
Ce sont les événements d’Espagne qui fourniront l’occasion pour l’élancement du raz de marée qui devait plébisciter Van Zeeland le 11 avril.
Le P. O. B. était agité par les deux courants. Spaak-De Man s’appuyant sur "Belgique toujours" et faisant du gouvernement le pivot de la bataille ; la, gauche de Brunfaut-Marteaux (la Fédération Bruxelloise) en accord avec les centristes, soutenant la nécessité de la constitution d’un Front Populaire qui n’excluait point d’ailleurs l’appui à la campagne ministérielle, mais alors d’une façon indépendante. Il se serait donc agi d’un compromis entre le "bloc ouvrier" (P. O. B.- P. C.) et le gouvernement, mais l’autonomie des masses en aurait été sauvegardée. Les gauchistes ne sont vraiment pas difficiles quand ils parlent d’autonomie...
La situation exigeait un premier éclaircissement et Spaak d’abord, De Man ensuite, prennent l’initiative de déblayer le terrain des équivoques : ils donnent au journal de Van Zeeland, deux interview retentissantes où la formule est ouvertement lancée : "socialisme national", ce qui n’est évidemment pas le "national-socialisme" ou la négation totale de l’internationalisme, mais ce qui signifie la réalisation la plus complète des possibilités de l’économie du pays en une situation internationale où l’établissement des économies fermées et autarciques oblige l’Etat belge à étendre son contrôle sur toute la vie du pays afin d’en extraire le maximum possible : la contribution à la paix du monde s’en trouve ainsi avantagée et l’internationalisme socialiste est sauvegardé. mais cette fois-ci par les faits et non par des phrases creuses. Que répondra-t-elle la gauche du P. O. B.? Simplement ceci : que le mot de réalisations "nationales" doit être remplacé par l’autre de l’"exploitation" des circonstances nationales : l’on voit bien que la divergence n’est pas très profonde entre les deux courants qui devaient d’ailleurs converger fraternellement sous l’enseigne de Van Zeeland.
Mais il s’agissait de déclencher la vague de fond dans les masses pour les rallier au programme gouvernemental et à cet effet les oppositions de mots d’une même formule nationaliste ne suffisent plus et l’expert manœuvrier qu’est Vandervelde, comprit qu’il fallait faire des événements d’Espagne le levier permettant de souder les ouvriers belges au char de l’Etat capitaliste.
S’appuyant sur la scandaleuse attitude du gouvernement, à propos de l’affaire Borgraeve, attitude prise à l’initiative du ministre "socialiste" Spaak et approuvée par tous les autres ministres "socialistes", Vandervelde donc y compris, ce dernier démissionne du ministère et reprend le bateau de la présidence du Parti Ouvrier Belge. Cam. Huysmans, le président de la Chambre, part pour l’Espagne et fait des déclarations sensationnelles pour la défense de la démocratie. Le Congrès du P. O. B. appelé à résoudre les problèmes de la politique intérieure, se déroule sous l’empreinte des événements d’Espagne au sujet desquels l’on ne dira d’ailleurs pas un mot de la question épineuse : le million exigé par Spaak au gouvernement de Valence alors que l’on ne réclame pas un centime pour tous les ouvriers qui sont assassinés par le capitalisme espagnol.
Pour parfaire l’Union Sacré autour du gouvernement, il faut réaliser l’Union Sacrée des masses autour du P. O. B. Vandervelde s’en charge et le Congrès se termine sur une note de concorde qu’il n’était d’ailleurs pas difficile à établir. Les idées de Spaak et De Man ne sont pas condamnées, elles ne sont pas approuvées non plus et tout le monde est d’accord pour une manifestation en solidarité avec le gouvernement de Valence.
Immédiatement après, Degrelle décide de provoquer une élection partielle, Van Zeeland présente sa candidature et le 13 mars, le meeting pour l’Espagne représente aussi l’ouverture de la campagne électorale pour le triomphe de Van Zeeland ; le sang des ouvriers espagnols sera abondamment exploité pour livrer les ouvriers belges au capitalisme de ce pays.
La bataille électorale de Belgique ne peut pas être comparée à celle militaire qui se déroule en Espagne. La différence n’est toutefois que dans les formes de la lutte et l’enjeu de cette dernière, car quant à l’essentiel, au comportement des classes, le parallèle peut être établi : dans les deux cas le capitalisme parvient à traîner, à sa suite, les masses ouvrières, sous le prétexte que l’ennemi à battre ce n’est plus la bourgeoisie, mais le fascisme qui menace les libertés démocratiques, la civilisation et la paix. Toute la campagne électorale se développe sous le signe de mettre "hors d’état de nuire" les fauteurs de trouble, de prévenir "la guerre civile" et des deux côtés on rivalisera à qui est le plus fervent zélateur de la paix sociale : Van Zeeland sera présenté comme le "sauveur du pays", alors que Degrelle exploitera les événements de France et d’Espagne pour dire que, afin de prévenir efficacement les troubles, il n’y a qu’une solution : déblayer le terrain des partis pourris et laisser s’exprimer la "volonté libre du peuple".
En réalité c’est sur un même fond de classe que Van Zeeland et Degrelle s’affrontent. Ce qu’ils veulent tous les deux c’est la préservation de l’ordre et s’ils s’y prennent par des forces différentes, il n’est nullement dit que des possibilités de composition n’existent pas entre les deux programmes de rénovation de l’Etat belge.
Commençons par indiquer ce qui départage les deux courants. Van Zeeland a mitigé, au cours de la dernière campagne électorale, le programme qu’il avait exposé avant les élections de mai 1936 et au cours desquelles il avait préconisé l’institution des corporations. Il a maintenant parlé de la nécessité des partis politiques et a émis l’hypothèse que le parlement pourrait s’accompagner avec l’institution d’organisme à caractère consultatif, et représentants les grands courants économiques du pays. Degrelle, par contre, clame que le mal résidant dans l’existence des parti,. ce qu’il faut c’est de rétablir une correspondance directe entre le peuple et les gouvernants. Le suffrage universel n’est nullement écarté et l’on se vantera même d’en être le véritable défenseur.
Il nous faudra dire un mot quant au corporatisme. Les expériences d’Italie et d’Allemagne, prouvent clairement qu’il n’y a là rien qui puisse correspondre à la réalité des situations actuelles. Le capitalisme, dans sa phase descendante et de déclin, ne peut aucunement emprunter les formes de l’organisation économique et politique propres au début de sa vie, quand il n’était pas encore parvenu à fonder son Etat sur les ruines du régime féodal. La vie économique et politique actuelle exigent une centralisation extrême du pouvoir et la dissémination d’initiatives corporatives se manifeste comme étant une impossibilité absolue. Les rodomontades de Mussolini au sujet de l’organisation corporative de l’Etat fasciste, ne pouvaient avoir d’autre but que celui de faire croire à une indépendance des différentes catégories sociales par rapport au capitalisme dont on aurait maté les excès "déraisonnables", de leur donner une illusion de pouvoir. L’existence des corporations en Italie, tout autant qu’en Allemagne d’ailleurs, s’accompagne avec l’institution d’une dictature totalitaire ne supportant ni limitation, ni même aucun contrôle.
La signification des corporations doit être cherchée ailleurs, et dans le domaine des réalités actuelles et de classes. Il fallait un succédané à l’exercice de la terreur blanche se manifestant au travers de toutes les institutions spécifiques étatiques, complétées par les organisations fascistes. Il fallait pouvoir pénétrer au sein des masses et dans les usines pour canaliser immédiatement, dans la voie de la collaboration avec le patronat, tout remous provoqué par l’antagonisme de classe. A chaque occasion, quand la répression préventive de l’Etat ne suffit pas et que le danger se présente d’une agitation embrassant des couches importantes d’ouvriers, le syndicat fasciste intervient pour prendre immédiatement la direction du mécontentement. Assisté du gendarme qui aura préalablement expurgé l’ambiance des éléments les plus avancés des ouvriers, en les consignant au Tribunal Spécial, le dirigeant du syndicat fasciste imposera la solution à donner au problème surgi et les travailleurs n’auront plus qu’à se soumettre.
En définitive ces syndicats représentent de véritables prisons où l’on parvient à faire reflouer immédiatement toute agitation ouvrière et à y donner la solution correspondante au maintien de la "paix sociale". Leur rôle est toutefois accessoire. car l’essentiel est uniquement représenté par l’existence des organes répressifs de l’Etat et par l’anéantissement des organisations de classe du prolétariat.
Van Zeeland avait donc émis l’hypothèse d’une conciliation des deux idées : persistance des partis et leur indépendance, mais abandon de l’indépendance des organisations syndicales et de classe. Pour y parvenir il fallait obtenir non seulement l’adhésion des partis traditionnels à la nécessité de la réforme de l’Etat, mais déterminer dans toute la structure du régime une évolution permettant d’instituer la nouvelle organisation du capitalisme, permettant, en un mot, la réussite de la solution belge aux problèmes actuels.
Il est évident que l’idée de l’indépendance des partis ne peut que correspondre à l’autre de l’indépendance des organisations syndicales, mais une fois que l’on en parvient à obtenir au point de vue de la légalité, l’incorporation des syndicats à l’Etat, le pas essentiel est franchi et des possibilités se présenteront pour constituer "l’Union des Belges" autour d’un programme de "socialisme national". Le P.O.B., ainsi que nous l’avons dit, a vite fait par le truchement de Vandervelde, de reconstituer son unité sacrée autour de Van Zeeland et le parti communiste s’est pleinement rallié à la nécessité primordiale du "Front de la démocratie". Dans son "Message au Peuple", du 18 avril, le parti communiste proclame qu’il n’est pas vrai que le Front Populaire représente une nécessité pour la Belgique (Spaak avait dit la même chose il y a un mois à peine) et que l’élection du 11 avril ouvre la voie à la constitution d’une véritable entente des Démocrates pour préserver le pays des dangers de la guerre civile. D’un autre côté le. Parti Catholique subit lui aussi une profonde transformation. La voie qui peut mener à la reconstitution de l’unité catholique s’avère être fort accidentée, car en plus de la dissidence rexiste, il y a l’opposition séparant le groupe flamand du groupe wallon. Les multiples tentatives de refaire l’unité ont toutes échouées, mais l’élection du 11 avril a toutefois permis d’individuer la tendance qui se dessine au sein des différentes organisations du Parti Catholique. Auparavant il semblait se déterminer une évolution qui aurait pu conduire à la victoire du Parti Populaire Catholique Flamand et du Parti Catholique Social, sur le dos de la Ligue des Travailleurs Chrétiens. Au cours de cette opération il aurait été possible de résoudre même le problème de la dissidence rexiste. Une telle solution ne pouvait que s’exprimer par le retour du Parti Catholique au gouvernail de l’Etat et à la reconstitution d’un gouvernement de droite contre lequel le P. O.B. aurait fait opposition. Mais alors les difficultés auraient été plus grandes pour faire passer la réforme de l’Etat et la légalisation des organisations syndicales. L’expérience des gouvernements de droite d’avant 1935 avait bien prouvé que ce n’était pas là la meilleure voie pour estomper les conflits de classe, et par rapport aux grèves des mineurs de juillet 1932, celles bien plus puissantes de juin 1936. avaient prouvé qu’il vaut mieux avoir le P.O.B. au gouvernement que dans l’opposition. Cela évidemment pas parce que le P. O. B. change de fonction politique suivant qu’il est ou non au gouvernement, mais parce que son action parmi les masses s’avère être bien plus efficace lorsque le gouvernement peut directement s’appuyer sur lui.
Il est évidemment plus facile de berner les ouvriers en leur faisant croire que l’on va mener la lutte contre le gouvernement de la réaction et de ce fait il est préférable de ne pas poursuivre la grève. Mais le capitalisme en est-il encore dans la possibilité de choisir les voies qui consentent le mieux l’exercice de son pouvoir ou n’en est-il pas réduit à faire ce que les situations lui permettent désormais d’obtenir ? Étouffer une grève, cela comporte évidemment de très graves inconvénients pour le P. O. B., mais l’expérience de la Belgique et de la France (surtout Clichy), prouve que l’on y parviendra même s’il faut faire recours à l’exercice de la répression sanglante. Le P. O. B. au gouvernement, cela signifie pour les ouvriers qu’il n’y a pas d’autre salut pour leur classe que le déclenchement d’une lutte dirigée contre tous les partis, contre l’Etat capitaliste et pour sa destruction. I1 n’est pas facile au prolétariat d’atteindre une vision si élevée de ses intérêts et des moyens de lutte à employer, et cela explique pourquoi le maintien du P.O.B. au gouvernement représente un élément favorable à l’étranglement des mouvements de classe, dans les conditions actuelles extrêmement tendues des rapports sociaux, mais alors que l’absence d’un parti de classe prouve que les conditions n’existent pas pour un mouvement révolutionnaire.
La solution "belge" a consisté donc en une évolution très caractérisée au sein des partis traditionnels (le Parti Libéral a connu une transformation analogue bien que moins marquée à cause du fait qu’il n’est pas relié à des organisations ouvrières, mais il a perdu son rôle précédent de facteur indispensable à la formation des anciennes équipes gouvernementales) et cette évolution a fait apparaître des points concomitants assez importants, pour que l’hypothèse ne soit émise que l’élection de Van Zeeland représente l’ouverture d’une nouvelle période dans la vie sociale du capitalisme belge. A première vue cette nouvelle période se présente sous l’aspect de la mise au rancart de tout l’ancien personnel gouvernemental, et des anciens dirigeants au sein des différents partis. Dans le P. O. B. ce seront De Man et Spaak qui mèneront la barque, alors que la "vieille garde" n’aura qu’une fonction d’appoint pour faire accepter, par les masses l’évolution qui s’y produit. Au sein de Parti Catholique les Carton de Wiart et Crockaert semblent devoir céder le pas aux équipes du Bus de Warnaffe et Bodart, alors que dans le Parti libéral ce sont aussi les "jeunes" acquis à l’idée de la nécessité d’une "profonde transformation sociale" qui prennent la direction.
Et le rexisme ? Jusqu’ici c’est à lui que le capitalisme a conféré la fonction de stimulateur des modifications à opérer au sein des différents partis et dans l’assiette politique du régime lui-même. Dans la mesure même où Spaak a donné le départ de la croisade pour la défense de la démocratie, ce sont tous les partis qui ont appliqué dans leur sein, et à une allure vertigineuse, les transformation que Rex proclamait. Le 11 avril ce n’était pas, un duel opposant deux programmes pour voir qui des deux était le mieux qualifié à réaliser le "nationalisme national".
Van Zeeland a gagné la partie. C’est dans la mesure où, sans en arriver à l’écrasement total des organisations ouvrières (ce en quoi, et en quoi uniquement consiste le fascisme, toutes les formules qu’on débite sur un régime fasciste à la belge qui pourrait être autre que celui des autres pays devant être répétées comme du bavardage inutile), le capitalisme belge pourra en arriver à amortir les heurts de classe, que la menace fasciste ne se présentera pas comme une réalité, Dans le cas contraire l’échec électoral de Degrelle le 11 avril représentera la meilleure condition pour sa prochaine victoire. Ainsi qu’il en fut le cas en Italie, lorsque Mussolini (fut écrasé en 1919 sous un flot de voix "rouges", c’est justement la réalisation de la plus grande confusion rassemblant les ouvriers qui détermine, par après, le plus grand découragement parmi les masses, ce dont les assassins fascistes profitent pour lancer à l’assaut leurs escouades armées. En effet, il est certain que si le moment devait arriver en Belgique où le duel des classes prendrait les formes extrêmes, les ouvriers qui ont voté en masses pour Van Zeeland, qui ont été amenés à voter pour lui, par l’unanimité des partis ayant une influence parmi eux, en seraient portés à douter de leur force, car ils avaient cru que les 275.000 voix représentaient une garantie sûre de leur sort. La "grande" victoire deviendrait la terrible déception, les fascistes en seraient les seuls bénéficiaires, et tout comme en Allemagne en Janvier 1933, le triomphateur du 11 avril, Van Zeeland, se dépêcherait„ le moment venu, d’appeler Degrelle à sa succession.
Mais il n’est pas exclu, et nous pensons même que c’est là l’hypothèse le plus probable, que les ressources du capitalisme belge soient moins restreintes que celles des capitalismes italiens et allemand et que sa domination puisse ne pas être mise en danger par l’éclosion des luttes de classe pour des objectifs de revendications immédiates. Dans ce cas la victoire de Van Zeeland peut s’affirmer durable et l’intérêt qu’a témoigné le capitalisme de tous les pays indique bien que les événements de Belgique pourraient représenter un indice de l’évolution politique en d’autres pays.. Nous ne nous basons nullement sur l’atténuation provisoire des effets de la crise économique (due uniquement au surarmement massif dans tous les pays), car, en Italie, tout comme en Allemagne, ce n’est pas au point culminant de la crise économique que l’attaque fasciste déferle, mais par contre lorsque la défaite ouvrière permet au capitalisme d’y trouver une issue momentanée. Nous nous basons plutôt sur le fait que la maturation révolutionnaire au sein du prolétariat étant bien moins prononcée que dans les pays où le capitalisme a dû faire recours au fascisme, les bourgeoisies, dites démocratiques, pourraient à cause même des plus grandes ressources économiques dont elles disposent, construire, avec leur carcasse parlementaire, un édifice capable de maintenir, dans les cadres du régime, les mouvements revendicatifs des ouvriers.
La compatibilité des partis indépendants avec l’incorporation à l’Etat des organisations syndicales se ferait donc ainsi : pour les syndicats l’on en arrivera à des solutions juridiques et formelles, quant aux partis leur indépendance apparente s’accompagnera avec une refonte totale qui les souderait à l’Etat capitaliste et au travers d’équipes ministérielles stables. Quand aux conflits de classe, l’hypothèse n’est même pas à soulever qu’il soit possible, au travers d’empêchements d’ordre légal, d’en éviter l’éclosion. Dans ce but il n’y a qu’un seul moyen, celui de la dictature fasciste. Van Zeeland ne peut donc prétendre à mettre les grèves hors de la loi, mais, en collaboration étroite avec tous les partis, il escompte pouvoir mettre l’Etat capitaliste hors du danger de l’attaque révolutionnaire du prolétariat. Entreprise qui, si elle est vouée à un échec sûr pour une longue période, peut quand même obtenir des possibilités de succès pour une certaine période.
Pour assurer la victoire de Van Zeeland toutes les organisations ayant une suite parmi les masses ont travaillé d’arrache-pied et le Parti Socialiste Révolutionnaire (?) n’a pas manqué à ce concert honteux. A notre connaissance deux groupements seulement ont appelé les ouvriers à opposer au front ennemi se départageant entre Degrelle et Van Zeeland, leur propre front de classe. La Ligue des Communistes Internationalistes a préconisé l’abstention en contredisant ainsi la position qu’elle avait prise lors des élections partielles de mai 1935 et lors des élections générales de mai 1936. A ce moment là l’on affirmait que le devoir des communistes était de contribuer à l’échec des fascistes car "La ligue" n’entend faciliter d’aucune façon, même par un conseil d’abstention la révision du régime auquel le capitalisme se trouve acculé pour sauvegarder ses privilèges" (Bulletin juin 1936). L’on pourrait penser que nous assistons actuellement à un revirement profitable aux intérêts de la classe ouvrière, mais pour cela, il faudrait pouvoir constater une modification radicale de la politique de cette organisation. Malheureusement ce n’est pas le cas. Cette Ligue vient en effet de rompre avec le courant Marxiste existant en son sein, et cela à propos des événements d’Espagne. L’on comprend difficilement qu’en Espagne les ouvriers puissent mener leur lutte antifasciste "malgré" le gouvernement de Caballero, alors qu’en Belgique cela ne serait pas possible. Le fait qu’en Espagne la partie se règles par les armes, alors qu’en Belgique la bataille n’est qu’électorale, est un argument supplémentaire pour appliquer là bas une politique mille fois plus énergique. L’autre argument qu’une situation révolutionnaire existerait en Espagne confirmerait d’autant plus la nécessité d’une politique plus ferme car aux formes extrêmes de la lutte pour la révolution ne peut correspondre qu’une attitude extrêmement intransigeante du prolétariat. L’on voit bien que la position actuelle de la Ligue des Communistes Internationalistes nous interdit d’escompter une évolution correspondante de toutes ses positions pour rejoindre le front où lutte le prolétariat belge et de tous les pays.
La "Fraction belge de la gauche Communiste Internationale" a pris une attitude qui cadre avec tout son programme, et ses mots d’ordre, ainsi que ses principes s’incorporent à la lutte de la classe ouvrière de Belgique et internationale.




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