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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Pour la solidarité de classe à toutes les victimes de la guerre d’Espagne
{Bilan} n°43 - Septembre-Octobre 1937
Article mis en ligne le 17 juin 2017
dernière modification le 15 mai 2017

par ArchivesAutonomies
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Jamais les fractions de gauche ne se sont trouvées devant une situation tellement pénible. Le massacre espagnol jette dans la fosse des milliers d’hommes, de femmes, d’enfants ; les cris de souffrances d’une multitude de victimes prolétariennes parquées dans des villes ouvertes au bombardement, cloîtrées dans des prisons, fuyant la mort ou la misère et cherchant refuge ; les lamentations des familles pleurant un père, un fils, un mari, toute cette effroyable misère, produit de la société capitaliste, est exploitée par les forces de la contre-révolution en vue d’élargir encore cette vision.
Ah ! ils savent bien, les traîtres de toute couleur, que le prolétaire, si généreux et si naïf, se laissera vite duper et attendrir. La pitié pour ses frères frappés s’exprimera immédiatement sans qu’il puisse comprendre que les marchands de cadavres en feront un article de commerce pour propager toujours plus la guerre sacrée de l’antifascisme contre le fascisme.
Mais les fractions de gauche ne restent pas insensibles au martyr, aux souffrances de la guerre d’Espagne. Elles se sentent meurtries, dans leur vie et dans leur chair, à l’évocation du carnage espagnol. Elles voudraient faire comprendre aux prolétaires qu’il est de leur devoir d’aider toutes les victimes de cette guerre impérialiste ; l’ouvrier qui lutte avec l’antifascisme, comme celui qui lutte avec Franco ; l’ouvrier allemand qu’Hitler envoie mourir ou l’ouvrier italien jeté sur les champs de bataille ; le Maure comme les autres. Les familles de tous, les enfants de tous.
Il n’y a, en Espagne, que des prolétaires frappés par l’antifascisme et par le fascisme et la solidarité réelle de classe consiste à les aider tous, sans aider les uns pour battre les autres : cela est la chanson que le capitalisme fait chanter pour faire durer la guerre.
Les fractions de gauche refusent de participer à toutes les formes de solidarité édifiées par le Front Populaire et ceux qui s’y rattachent. Il s’agit d’entreprises destinées à égarer la pitié, la solidarité du prolétaire et bâties sur la nécessité de soulager un peu la zone républicaine afin de faire durer la guerre.
Les prolétaires qui versent leur aide à ces organismes doivent se rebeller et exiger que leur solidarité aillent à toutes les victimes. Dans les syndicats, ils devront s’élever et préconiser la solidarité la plus effective dans cette direction où la compromission avec les forces de la guerre n’est plus possible.
Les fractions belge et italienne, devant l’impossibilité de participer à n’importe laquelle des formes et organismes de solidarité constitués par le Front Populaire, désireuses de participer à une solidarité réelle de classe, sans se jeter dans le giron de la guerre impérialiste, ont décidé de constituer un fonds de solidarité pour toutes les victimes prolétariennes d’Espagne.
Des listes de souscription seront fournies à tous les camarades qui en feront la demande.




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