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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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À propos de quelques élucubrations trotskistes
{Bilan} n°43 - Septembre-Octobre 1937
Article mis en ligne le 17 juin 2017
dernière modification le 16 mai 2017

par ArchivesAutonomies
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Il ne nous est pas possible de répondre toujours avec la même méthode aux sottises trotskistes. Il valait mieux hausser les épaules sans attribuer la moindre importance aux clowneries dont ils emplissent leurs journaux depuis que Trotski a été réduit au silence. Mais une fois n’est pas coutume et quelques lignes ne gâteront rien.
La "Lutte Ouvrière" de Paris a cru indispensable d’écrire qu’elle se séparait des positions "bordiguistes" et de leurs "suiveurs hypocrites" qui en Espagne préconisent la transformation de la guerre impérialiste en guerre civile. Ces braves gens voudraient bien déclencher une action révolutionnaire contre le gouvernement socialo-centriste de Valence, mais sans lui faire de mal. Par exemple, une petite grève dans les usines ne travaillant pas pour la guerre. Il est vrai que les trotskistes sont des gens réalistes et ils ne manqueront pas de nous désigner les usines ne travaillant pas pour la guerre en Catalogne : on pourrait faire la grève dans les fabriques de cirage ou dans quelque chose d’analogue ?
Ah ! il est beau après cela de tonitruer contre la répression antifasciste, comme il est lâche et hypocrite de continuer à parler de la lutte avec l’armée républicaine sous les ordres des bourreaux.
Mais les clowns ont en politique beaucoup de fantaisie. Les trotskystes belges qui se sont déjà illustrés en votant pour le clérical Van Zeeland, l’homme du corporatisme, ont voulu emboîter le pas - et les cabrioles - de leurs amis de France. La guerre en Chine les a vu danser sur une corde bien raide pour retomber finalement sur le nez. La "Lutte Ouvrière" de Bruxelles (22 août) écrivait en manchette : "Fraternisation des soldats japonais et chinois. De part et d’autre, transformation de la guerre en révolution prolétarienne pour l’instauration d’un gouvernement ouvrier et paysan. Création de soviets d’ouvriers, paysans et soldats. Pas un atome de confiance en Tchang-Kaï-Chek, le bourreau du prolétariat chinois." Cette position était l’opposée de celle adoptée envers les événements d’Espagne. Mais le 4 septembre à peine, une révolution mystérieuse survenait et la "Lutte Ouvrière" écrivait : "Le devoir des communistes en Chine, vis-à-vis de l’agression japonaise était clairement tracé : apporter l’appui de l’armée rouge chinoise dans la guerre contre le Japon et appeler les masses ouvrières et paysannes chinoises à participer à cette guerre de libération et d’indépendance de la Chine de tous les impérialistes, tout en mettant en avant un programme social révolutionnaire audacieux correspondant aux aspirations profondes du peuple chinois." Plus loin : "nous disons aux ouvriers et paysans chinois : la guerre contre l’agresseur impérialiste japonais doit être menée victorieusement par le peuple chinois" pour cela il faut qu’au travers de son expérience le peuple chinois comprenne en majorité que le Kuomintang le trahira.
Le trotskisme ne veut pas se trahir et s’il n’a aucune continuité dans les idées il veut au moins en avoir dans la trahison permanente des intérêts du prolétariat.
Ces Messieurs comprendront peut-être après cela pourquoi nous préférons hausser les épaules.




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