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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Éditorial : Confession précaire d’une bande de défoncés
{Matin d’un Blues}, n°2, s.d., p. 5-6.
Article mis en ligne le 6 avril 2013
dernière modification le 18 novembre 2013

par ArchivesAutonomies
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J’essaye de dissiper un peu la brume qui traîne aux frontières de mon regard halluciné. On est en pleine réunion de travail... On vient de passer deux heures au restaurant à délirer ensemble et maintenant les joints tournent ·tellement vite que la musique semble venir de tous les coins de la pièce en même temps. Bien obligé de constater que ces réunions sont un immense foutoir de tirades plus ou moins cohérentes, suivant la qualité de l’herbe, où on passe son temps’à faire de la musique, à se jouer des sketches invraisemblables, à danser, à se toucher...
Pourtant on arrive quand même à faire des canards, une radio et autres, de la politique quoi !
On ne pourra même plus faire de politique autrement.
Qui "on" ?
Des ex-marginaux de CAMARADES schizophrènes du discours et de la politique. MARGE et sa mouvance de fous, de délinquants intellectuels, de transsexuels, de voyous/dealers/punks et d’ex-prostituées. Et les autres ceux qui viennent de partout, les enragés de toujours dont on retrouve des bribes de passé politique dans le débordement systématique des manifs d’extrême-gauche depuis 68. Vous savez : les casseurs ! Il Y a des ex-situs qui en avaient marre de végéter dans le décor du spectacle. Il y a ceux qui viennent attirés par une aire de sensibilité où ils reconnaissent leurs fantasmes, leurs désirs d’expression : musiciens, graphistes, peintres, photographes, etc.
Matin d’un Blues c’est à la fois une rencontre, un délire collectif, une histoire d’amour et de luttes WAR and LOVE (dixit Patty Marion Smith).
On aurait eu de quoi monter un groupe armé ou bien des séminaires de philosophie politique, mais il paraît qu’on est les "désirants", les "créatifs" (! ?). C’est vrai, on est ça aussi.
On a aussi appris une grande chose dans cette rencontre : l’inconditionnalité. Ça veut dire la capacité de vivre et de lutter avec des gens que nous reconnaissons dans leurs enjeux,
leurs délires, leurs corps ; leurs discours, leurs folies et leurs déviances, en assumant les différences, les divergences, les décalages qui traversent un groupe ouvert sans ligne préfabriquée à coup d’idéologie.
Notre politique c’est celle d’un bouillonnement hétéroclite, mégalomane, fluorescent et entier d’une volonté de se battre en mettant carte sur table.
On nous a beaucoup accusés de maladresse politique, voire de magouille, à propos du rassemblement de Strasbourg, c’est vrai qu’on veut tout maintenant et qu’on a du mal à rester dans les dentelles de la politique politicienne. Ceci dit, notre volonté de lutte circule, que ce soit dans les squats, la radio, les revues, l’édition, les concerts alternatifs ou les initiatives militantes. Matin d’un Blues c’est un peu le reflet de tout ça, on est entre la politique et le quotidien, la théorie et le délire, le discours et la défonce, mais toujours dans l’offensive.

WAR and LOVE




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