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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Barbarabiéri
{Matin d’un Blues}, n°2, s.d., p. 7.
Article mis en ligne le 6 avril 2013
dernière modification le 18 novembre 2013

par ArchivesAutonomies
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Barbiéri a pris son sax comme une offense travaillée par les jours de peine des larmes plein les yeux on te balade petit enfant et pas comme une idée
on t’a enveloppé de brouillard et on attend le soleil t’as peut-être les rêves plus grands que la lassitude des temps proscrits par la bêtise et des cris à réveiller les futurs printemps
alors viens avec nous
géométrie infernale
sur le zinc un petit verre de rhum pour la frime et dans la cour de nos souvenirs des chats hantés par la déraison
viens petite sorcière tu as des cheveux de cuivre et des mains à couvrir mes angoisses à ravager les ombres
on ne parle plus de musique on ne parle plus d’images on ne se couche plus on va battre la campagne comme des loups on va chasser les morts·vivants de nos taudis
il ne se couche plus enveloppé de journaux sur un banc de métro
pave tes complaintes et barricade tes désirs autodéfense ton corps les flics de l’ordre et du pouvoir sont en route depuis longtemps ça distribue du gilet pare-balle et ça se saoûle d’ennui à
midi dans les kiosques de la misère ça pue la déroute dans la vitrine new-look de la démocratie
on ne fera jamais plus quelque chose pour rien non on déchaîne la gratuité de notre révolte
vous allez banquer de la honte sordide le spectacle est’ terminé prenez vos tickets sous les gibets petits pantins sacristains minables
les bras de mon amour sont plus doux que des fleuves et mon idée déraisonne parfois alors tu viens
Baader a changé de coulisse on va mettre le feu sur les rampes.
t’as pas laissé ton intelligence au placard et tu te balades un café-crème dans les yeux à compter les pavés du bout de tes orteils t’as pas fini de bomber les murs à la chantilly dans des
auréoles de crasse quand la nuit endosse à elle seule tous tes désirs enfouis t’as pas perdu la trace encore et c’est heureux
Paris a laissé sa dégaine se griver comme ça pour rigoler.
on a des voix de luxure au grand matin des angoisses nos colts en bandoulière à crever des orages, des ventres de flics, des têtes de démocrates, des vitrines en plastique c’est pas vrai
lâche pas ton flingue et embrasse-moi bien. Les aurores lumineuses tomberont toutes seules et on n’en finira pas de dépouiller du blasphème de donner la mort en devanture en tapant dans
nos mains on va pas rester les fantômes de vos survivances marchandes de vos délicates tortures connards de votre règne bouffi on crèvera tes chiens de garde on n’a plus l’âge de raison à piétiner nos rêves on les porte sur le dos quelque part ici il y a des fous qui se reconnaissent et qui sont seuls sans leurs entraves

Barbara




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