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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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"Bilan" disparaît
{Bilan} n°46 - Décembre-Janvier 1937
Article mis en ligne le 17 juin 2017
dernière modification le 17 mai 2017

par ArchivesAutonomies
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C’est au moment où les groupes révolutionnaires d’avant-garde commémorent la disparition de trois grands maîtres : Lénine, Luxembourg, Liebknecht, que notre effort d’il y a quatre années arrive à un premier résultat. "Bilan" va disparaître pour faire place à la "Revue du Bureau International des Fractions de Gauche" : OCTOBRE.
Comment ne pas se rappeler ce que ces trois lutteurs ont entrepris, seuls, quasi isolés, lorsqu’autour d’eux ils ne virent que des trahisons, des reniements et durent au risque de leur vie, lutter pour la transformation de la guerre impérialiste en guerre civile. Ils nous ont montré, Lénine sous un aspect achevé, Rosa d’une façon inachevée, la voie qu’il fallait suivre lorsque l’heure avait sonné de rompre avec tous les opportunistes et de préparer les bases programmatiques pour les nouveaux partis. Et Liebknecht ne reste-t-il pas, pour les fractions de gauche, le symbole vivant du courage et de la foi révolutionnaires lorsque la guerre impérialiste règne partout et qu’il faut "Trotz Alledem", malgré tout, affirmer les positions internationalistes du prolétariat et maintenir le drapeau de la révolution prolétarienne ? Ah ! bien sûr ! Les traîtres ne manqueront pas, une fois de plus, de convertir Lénine en un défenseur de la guerre d’indépendance et de Chang-Kai-Sheg ou on partisan de la démocratie bourgeoise ; Rosa restera pour certains d’entre eux, la concrétisation de "l’anti-parti", de l’anti-Lénine et Liebknecht deviendra le champion du jusqu’auboutisme dans la participation à la guerre impérialiste.
Mais il n’y a que les fractions de gauche qui, historiquement, matériellement, politiquement, se rattacheront à eux, car elles seules auront lutté d’une manière conséquente pour forger les bases du parti de demain, pour nettoyer le mouvement ouvrier de ses opportunistes et pour s’opposer, contre le courant, à la guerre impérialiste. Ce sont les fractions qui, aujourd’hui, tenteront de réaliser le premier centre international que les situations exigent et qui sera, nous l’espérons fermement, le centre de travail d’où sortiront les bases de cette internationale que les événements de demain mettront sur pied.
"Bilan" a commencé son travail de clarification et de lutte idéologique dans des circonstances extrêmement difficiles : le fascisme venait de prendre le pouvoir en Allemagne, l’Internationale Communiste disparaissait, les partis communistes s’apprêtaient à passer de l’autre côté de la barricade, le trotskisme se liquidait et allait se jeter dans la social-démocratie pour en faire surgir, par une singulière ironie de l’histoire, une caricature de IVe Internationale qui n’était, au fond, qu’une caricature socialiste ou une internationale deux trois quarts.
Autour de nous il n’y avait que doute, démagogie et la faillite de la Russie servait aux opportunistes pour déclamer sur la faillite de la révolution en général. Nous étions des sectaires pour les "gens d’action" qui voulaient aller aux masses et agir avec les forces de l’ennemi de classe pour en faire jaillir leurs idées, révolutionnaires. Leurs élucubrations anti-marxistes ont trouvé leur réponse
dans leur participation aux guerres impérialistes d’Espagne et de Chine où les bourreaux impérialistes ne manquent pas, à l’occasion, de leur tordre le cou pour mieux leur inculquer les principes élémentaires du marxisme.
Pendant quatre années nous avons visé à un seul but : nous élever à la hauteur des événements, élever notre organisation à se stade (n’était-elle pas, d’ailleurs, l’émanation des luttes sanglantes du prolétariat italien apportant sa contribution au prolétariat international ?) et alerter le prolétariat mondial, dans ses militants, afin qu’il emprunte la voie historique des fractions de gauche, celui de nos maîtres, celui de Lénine, de Rosa, le chemin qui conduira aux partis de la révolution communiste de demain.
Aujourd’hui, la situation de guerre impérialiste voit, aux côtés de la fraction italienne, une fraction belge, alors que partout ailleurs, la liquidation de tous les groupes qui ont désormais terminé leur évolution, marque que l’heure est venue de passer à la formation des fractions de gauche dans tous les pays. La période des "guerres localisées" est aussi la période de la concentration de tous les antagonismes sociaux dans chaque pays.
"Bilan" peut donc disparaître à son heure : bien des problèmes restent sur l’établi, bien des choses sont insuffisantes, mais aussi faible qu’ait pu être notre action, elle n’en fut pas moins la seule tentative de s’élever à l’altitude historique des évènements et la démarcation entre nous et toutes les forces du capitalisme : socialistes, centristes, trotskistes, comme envers les confusionnistes de tout acabit correspond à la démarcation des situations et signifie que nous sommes arrivés au point crucial du cours actuel. Du massacre de la guerre impérialiste peuvent surgir les réactions prolétariennes qui demandent un premier centre international capable d’orienter les prolétaires des différents pays vers la formation des bases des partis communistes : un centre international qui laboure le terrain idéologique pour y jeter le premier bilan de l’après-guerre et aider à la constitution des fractions de gauche.
"Bilan" disparaît. Vive la "Revue du Bureau International des Fractions de Gauche" !




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