Bandeau
Fragments d’Histoire de la gauche radicale
Slogan du site
Descriptif du site
Ecologie et révolution
Survivre n°7 - Février-Mai 1971
Article mis en ligne le 13 novembre 2016
dernière modification le 6 janvier 2018

par ArchivesAutonomies
logo imprimer

Où ce qu’on pose le problème, et à qui

Pas mal de gens, y nous montrent une certaine sympathie — y vont même jusqu’à nous aider un peu — mais y gardent leurs distances avec Survivre. Y l’disent pas toujours, mais y trouvent qu’on est un rien mous, et y nous prophétisent gentiment "qu’on pourra pas aller bien loin". Y s’agit surtout des "Homo Politicus" (que je causais déjà dans un autre article, Survivre n° 5, p. 12), les gars qu’ont tendance à penser qu’une bonne révolution elle va résoudre tous nos problèmes, et puis que la révolution ça peut se faire qu’à coups de mitraillette, "portée par la vague puissante de la haine des classes" comme y disent. Moi, j’soupçonne le bordel où qu’on sera, d’ici qu’elle se fasse, c’te révolution. Et puis j’ai toujours eu une antipathie pour la mitraillette, comme une méfiance — en un sens, c’est trop simple : dagadagadag ! et çuy qu’a raison l’a qu’à se débrouiller pour tirer plus vite et plus juste, avoir les meilleurs mitraillettes aux bons endroits, et tout... N’empêche que les classes, haine ou pas, ça existe bel et bien, et qu’on n’ira pas loin, nous ni personne, en fermant les yeux là-dessus. J’crois pas qu’on aye besoin de mitraillettes, mais sûr qu’on a besoin de l’Homo Politicus. Je m’entends : du gars qui sait vous découper une situation en des blocs bien nets, les classes qu’y z’appellent çà, là où ce que les autres y voyent qu’un nuage confus de personnes, et du gars qu’a une stratégie pour, et qu’a pas peur de se mouiller quand y faut. Le Mouvement-Survie, ou nous, dans Survivre, on sera juste qu’un petit coin, il lui faudra bien ses Homo Politicus — tout comme y faudra des ouvriers qu’en ont marre de se claquer à un boulot idiot pour envoyer deux types sur la lune ou des tanks en Afrique du Sud ou un autre million de voitures dans les rues de Paris, de Moscou, de Chicago ; y faudra des paysans qu’en ont marre d’être esclaves de leurs engrais, de leurs insecticides, des caisses de crédit, en attendant d’être quand même aspirés par l’usine, comme tout le monde ; des étudiants qu’en ont marre qu’on leur enfourne de la "science" qui visiblement ne sert à rien, sauf, s’y z’ont beaucoup de chance, à leur assurer leur bifteck en attendant le grand crac ; des profs qu’on honte d’avoir rien de mieux à leur vendre ; des ingénieurs et des techniciens de tout poil qu’en ont marre d’être les rouages ultraspécialisés de la machine ultraperfectionnée qui a brin de zingue nous emporte vers la caca phonie finale ; sans oublier les artistes : peintres, poètes, chanteurs, acteurs..., ceux qu’on compris qu’y z’avaient mieux à faire que de verser de l’eau de Cologne sur de la carne qui se faisande ; et encore des médecins, des psychologues, des sociologues, des économistes, des avocats, - et même, peut-être des politiciens... Avec comme trait d’union entre tout ce monde-là, ce méli-mélo de prolos, intellectuels, artistes, pequenauds — juste le degré de loufoquerie indispensable pour arriver à dire "Merde !" à la Mégaloufoquerie de notre beau monde de tous les jours, pour tout ce monde "raisonnable".

Les "amis avec réserves" dont je causais, et là dedans bon nombre de "gauchistes", y voient surtout qu’on se préoccupe de deux choses : lutte contre l’armée, lutte contre la désagrégation écologique — et qu’on est des non-violents par dessus le marché. Eh bien nos buts, ça leur semble pas bien sérieux, et quand à la non-violence, ça les met carrément en rogne. En somme, y z’objectent à la fois à nos buts et à nos moyens, ce qui fait beaucoup à la fois. Va-t-on se taper dessus ? Faudrait quand même voir à s’expliquer d’abord ! Ici je vais causer écologie. L’antimilitarisme et la non-violence, ça sera pour une autre fois, si le journal tient le coup au moins, et si les éditeurs y me virent pas avant.

La Grande Musique

Nos amis anti-écologistes, comme la plupart des supporters de Survivre, y z’ont entendu parler écologie surtout avec c’te campagne antipollution qui a été orchestrée à grandes fanfares par l’administration Nixon et la grande industrie américaine, y a un an ou deux. C’est en train de venir en Europe, le refrain est le même :

"Ah la pollution affreuse et abominable ! On est tous coupables ! C’est-y pas qu’on laisse traîner des papiers et des boîtes de conserves et des carcasses de voitures et des choses encore plus malpropres, que ça en devient dégoûtant à regarder ! Et c’est malheureux, mais nos belles voitures, elles polluent quand même l’air qu’on peut plus le respirer quasiment ! et l’eau à force d’y dégouliner des détergents azotés et des pesticides DDT, T3 et T4 et des égouts et autres dégueulasseries, elle devient imbuvable l’eau, y a même plus moyen de se baigner ! Heureusement encore que nous, la Grande Industrie, on va reculer devant aucun sacrifice pour être à la hauteur de cette Situation Historique, oui Monsieur ! Nos techniciens, y z’y travaillent nuit et jour, qu’avec deux fois plus de voitures d’ici dix ans, vous aurez quand même deux fois moins de saloperies à respirer, et qu’avec nos égouts, on va faire votre eau potable, et tout du comme ça. Ce sera cher bien sûr, faudra qu’on fasse tous des grands sacrifices, l’heure est aux sacrifices, mais pour le reste, reposez-vous sur vos deux oreilles, c’est notre affaire. Avec l’avion supersonique, orgueil de la technique moderne, c’est vrai qu’y a un tout petit hic, comme qui dirait un bruit, une petite rançon du progrès (on n’arrête pas le progrès, bon sang !), y en a aussi qui prétendent que ça va chambouler le climat, des rigolos quoi, et d’ailleurs y z’ont aucune preuve. Et pour ce bruit, on va vous mettre au point des boules d’oreille ou des médicaments pour vous empêcher d’entendre, ou au moins de vous rendre compte que vous entendez, des tranquillisants quoi, ou bien des écouteurs qui diffusent de la musique d’ambiance anti-boum... Quoi qu’il arrive, les quinze mille techniciens de la Compagnie General Machin-Chose, y vous garantissent qu’à tout problème créé par notre Technologie, la Technologie trouvera une solution !..."

Si vous lisez l’anglais (c’est bien utile par les temps qui courent), parcourez-voir le numéro de septembre 1970 du Scientific American (un des magazines scientifiques les plus sérieux au monde qu’on dit), çuy de l’Environnement : une page sur trois c’est de la publicité pleine page sur ce ton-là.

Toutes les grosses boites s’y mettent : General Electric, General Dynamic, Shell, Dow Chemicals... Y en a à qui ça doit faire des associations d’idées : c’est parmi les plus gros contractants de l’armée américaine, même que pendant que j’cause, les Vietnamiens, y sont en train de se parer toute la gamme de production : défoliants, gaz toxiques, bombes à fragmentation anti-civils, sans compter le matériel stratégique, B 52 et bombes à gros calibre.

Va-t-on-t’y nous la faire, va-t-on-t’y pas ?

Un si bel ensemble dans la sollicitude pour l’environnement, quand ce qu’on est en train de le démolir assez radicalement quinze mille kilomètres plus loin (et les pequenauds vietnamiens dedans avec) — ça se comprend que ça peut inspirer une certaine méfiance. Le "Tous unis pour sauver l’Environnement chéri !", y venait un peu trop à point nommé, au moment précis où des gens aux Etats-Unis commençaient à se poser quèques questions. Faudrait une sacrée dose pour ne pas s’percevoir que la manip. Notez que la plupart des groupes et des particuliers inquiets pour l’écologie y s’avaient pas attendu Nixon pour ça, et y z’ont pas marché du tout. Lisez donc la collection Earth Day d’exposés faits pour ce fameux Jour de la Terre aux Etats-Unis (cf. Survivre n°2/3, p. 10) — dans presque tous ces exposés y se tuent à répéter que l’écologie, c’est aussi la guerre au Vietnam, c’est aussi la course aux armements, c’est aussi les ghettos noirs dans les villes et l’exploitation de la main-d’œuvre agricole dans les campagnes. Ça a pas empêché que les "radicaux" les traitent tous des réac’, à mettre dans le même sac que Nixon et Cie. Comme si y’avait rien de plus utile à faire qu’à se traiter de salauds de réac entre des gars qui sont bonnet blanc les uns, et blanc bonnet les autres. Y a même quèques maoïstes qui poussent jusqu’à dire que l’écologie, c’est une invention pure et simple de l’"establishment fasciste" [1] pour empêcher les gens de faire la révolution et y crient à la "Biologie Fasciste !" (où y fourrent Darwin, l’écologie et la biologie moléculaire pour faire bon poids), ou même, dans la foulée, à la "Science Fasciste !". (M’est idée que c’est plus ou moins la science qu’on fait ailleurs qu’en Chine). Vus par leurs lunettes, les mouvements écologiques aux Etats-Unis, y sont tout aussi fascistes, ou au mieux des "jouets" ou des "instruments" du fascisme. (Paraît que Survivre, au bénéfice du doute, tomberait plutôt dans cette deuxième catégorie). La plupart des "radicaux" politiques, y z’y vont pas si fort, mais n’empêche qu’y z’ont aussi tendance à pas la prendre au sérieux, l’écologie. L’écologie, qu’y disent, c’est pas notre affaire, ya qu’à laisser ça à la grande industrie qu’est équipée pour, c’est ses oignons. En somme, cette même grande industrie qui (tiens, tiens !) tapait justement si fort du tambour écologique. Et y sont pas les seuls nos radicaux : presque tout le monde dit exactement pareil, à commencer par les journalistes et autres reporters, et bien sûr aussi (tiens, tiens !), industriels et politiciens en chœur (les militaires, eux, y la bouclent). Cela vous suggère-t-il rien ? Mais c’était-il pas là précisément le but de tout ce tam-tam, en plus de celui de dissuader les gens de s’occuper de questions que ça les regarde pas ?

Pour pas que notre "écosystème" [2] ne s’écoule sous la poussée de trois milliards, six milliards, dix milliards de types, avec chacun qui produit et gaspille toujours plus de camelote qu’il a pas besoin et qui y fait même plus plaisir, faudrait bien que l’industrie s’arrête un bon coup dans son expansion, et le populo pareil. Comment qu’il est maintenant, notre "Système", autant demander à la puce de plus sauter : elle est faite exprès pour. Le big business [3], sûr, il s’est précipité sur l’occase terrible pour l’expansion : l’Industrie Antipollution Offre des Perspectives illimitées ! La Grande Aubaine du Dernier Quart d’Heure ! Allez-y la jeunesse, allez-y les croulants encore verts, faites des gosses à braguette-en-veux-tu-en-voilà, y manquera pas de boulot pour les petiots à venir, ni pour ceux qui sont déjà faits :

y boufferont du bifteck de pétrole Shell (New Jersey)
y boiront de l’eau qui sort des chiottes, purifiée Dow Chemicals
y se promèneront en masse sous les arbres en plastic vissés aux dalles de ciment, dans l’vent des ozoneurs General Electric
et y manqueront pas de boulot, car y aura de la place dans l’Industrie Antipollution, comme ouvrier à la chaîne si papa s’y coltinait déjà, comme ingénieur ou vendeur ou agent de publicité s’y z’ont plus de chance.

Notre "radical" en somme, tout comme le gros du bon populo et "les princes qui nous gouvernent", y dit amen à c’t-idylle. Mais il faut être justes, y en a qui s’en distinguent sous un rapport : c’est qu’y répètent de temps en temps que le pognon pour toute cette antipollution, ça doit nom-de-dieu pas être le populo-consommo qui va le payer, ah ça non ; faudra que ce soit pris sur les bénéfices des "industries polluantes". Faudrait pas des fois que les impôts augmentent, ou que la télévision ou le coca-cola devienne plus cher, et les transports et le lait, sous prétexte d’environnement !

On voit bien que c’est sincère, cette sollicitude pour le populo-consommo, le pauvre ! L’ennui c’est que c’t idée des "industries polluantes", c’est un de ces euphémismes [4] comme "l’arme atomique", qui font prendre des vessies pour des lanternes — vu que des industries pas polluantes, ça c’est pas encore vu et ça se verra jamais. Les industries anti-pollution, èz’y font pas exception. Faudra alors des anti-anti-pollution, puis des anti-anti-anti... On en aura jamais fini, et ça en coûtera du fric ! Et d’un. Et deuxio, j’arrive pas à voir comment que c’te sollicitude va aboutir à autre chose que le marchandage habituel patrons-syndicats, à grands coups d’ordinateurs, sur quèques millimètres en plus ou en moins dans le partage du gâteau. Ça changera jamais rien que — tout juste quèques millimètres du gâteau. (Et finalement, on se demande si c’est pas ça le vrai but, pour les patrons-patrons et leurs émules patrons-syndicats.) De toutes façons, c’est perdu d’avance : le populo payera — car des industries qui travaillent pour des prunes, quand les frais de production montent, c’est pas demain la veille. Et quand tout bouge en même temps : prix, salaires, impôts, quand les économistes y s’mettent à s’engueuler — meilleure preuve qu’y s’y comprennent plus rien — moi Diogène, j’préfère encore m’en remettre à mes propres modestes lumières, qui m’apprennent tout bêtement ceci : que si on continue à doubler le nombre de mecs en trente ans, et à doubler pendant ce temps-là la quantité de camelote que chaque mec fabrique sur le dos d’une "Environnement" forcément limité, et qui commence à craquer sous le choc il y a belle lurette, eh bien notre "gâteau" y va en prendre un sacré coup. Notre sacro-saint "Niveau-de-Vie", y va pas augmenter — sauf pour un tout petit nombre p’t-être pour un petit bout de temps. Tous les marchandages y z’y changeront rien — ni même les explications à coups de mitraillette, ça le fera pas grossir non plus, notre malheureux gâteau. Les pays soi-disant développés, y z’auront beau exploiter les autres jusqu’au trognon — même chez nous la vie, elle va devenir chaque année plus dure et plus dégueulasse, pour la raison bien simple qu’on est en train de foutre en l’air sa "base biologique et géo-chimique" comme y disent : la terre, l’eau, l’air, les arbres, l’herbe, les cafards, les alouettes, les minerais et le pétrole dans le sol, et même le malheureux atome qu’on laisse pas en paix — pour transformer tout ça à vertigineuse allure en autos, téléviseurs, boites de conserves, journaux, enseignes lumineuses, pesticides, gaz toxiques, fuses, ABM, MIRV, XYZ !... et finalement en des montagnes d’ordures, de mégatonnes et de mégamorts.

L’Ecologie, c’est pas du flan.

Finalement, on s’en fout que l’écologie, ce soye une découverte de Monsieur Nixon ou de Monsieur Chose ou de n’importe qui. Ce qui importe, c’est si ça existe, et si c’est sérieux. Eh bien, c’est pas très dur de se rendre compte que ça a pas été inventé par Nixon ni personne, et surtout que c’est tout ce qu’y a de sérieux. Avant la dernière grande, dans les années trente, on ne parlait pas encore de Nixon et consorts, mais des gens comme Alexis Carrel [5], y s’ont vu bien clairement déjà de quoi il retournait, sous certains aspects au moins. Juste après la même guerre, y en a eu d’autres, encore isolés, comme F. Osborn, qu’est connu à cause de son livre "La planète au pillage" [6], paru en traduction française en 1949, qu’il ruminait déjà quand il "défendait la civilisation" dans l’armée anglaise. Le nombre de gens qu’ont commencé à comprendre ce qu’était en train de se concocter l’a augmenté peu à peu, biologistes et géologues surtout. Si on se donne la peine de regarder, on voit que ces gens-là, c’étaient pas des idiots, et y z’étaient pas payés par Nixon ni ses prédécesseurs ou la CIA. Il leur fallait même u n certain courage pour prêcher comme ça dans le désert, ou en tous cas de la persévérance. L’ennui, c’est qui z’ont pas su gueuler aussi fort qu’il aurait fallu, ni sortir de leurs trous de scientifiques, semble-t-il, ou pas souvent au moins [7]. C’est malheureux à dire, mais les seuls scientifiques ou presque qui n’hésitent pas à gueuler fort, c’est ceux qui sont payés pour, ou qu’ont quelque chose à perdre s’y retenaient — et ceux-là y nous expliquent justement qu’y a absolument pas à s’en faire, qu’y a qu’à pas écouter des excités comme Osborn ou Commoner ou Lewis ou Pauling ou Rostand ou Tamplin et Gofman [8] et quèques douzaines d’autres qu’écrivent des livres pas sérieux du tout ; à preuve que le gouvernement, qu’a des savants tant qu’il en veut pour les consulter sur n’importe quoi, même qu’y s’disputent l’honneur, eh bien il est pas du tout d’accord et d’ailleurs les autres y z’ont pas des preuves concluantes et alors le mieux encore c’est de lui faire confiance, au gouvernement, et de pas se poser d’autres questions... N’empêche que malgré le manque de gueule des pionniers, il a fini par y avoir un mouvement écologique aux Etats-Unis, et pas si minable que ça, particulièrement dans "La Gauche", bien avant le tam-tam de 69/70. Faudrait que quelqu’un qui s’y connaît mieux que moi, y nous fasse un petit historique. C’est pas le lieu ici, mais j’ajoute quand même qu’y a eu une quantité de journaux spécialisés dans la pollution et l’écologie. A soi tout seul, ça prouve peut-être pas que l’écologie c’est important pour vous et pour moi, et faut avouer que sur le nombre, y en a beaucoup qui sont rébarbatifs et incompréhensibles pour ceux qui sont pas dans l’coup. Y en a qui doivent pas être plus importants que n’importe quel autre périodique scientifique ou technique spécialisé. Y commence aussi à se radiner des armées d’écologistes frais émoulus, sûr, et pour la plupart on voit déjà qu’y s’auront beau étudier des symbioses de lichens en Calédonie orientale jusqu’à leur retraite, y s’auront toujours pas plus compris de quoi il retourne pour nous tous, même quand ça leur tombera dessus ; ce serait trop beau autrement. Mais y en a d’autres, comme The Ecologist, qui paraît depuis juillet 1970, en anglais comme de juste. C’est bourré de faits et d’idées qui touchent au fond des choses. C’est pas la question d’être d’accord avec toutes les conclusions à tous les articles, on aurait du mal, - mais y suffit de lire un seul numéro du canard pour se rendre compte que l’Ecologie, c’es pas du boniment. Ç’a l’est si peu que faute qu’on s’y accommode nous, à l’Ecologie, c’est elle qui nous aura, et pas pour rire, avant qu’on oye bien vieux encore.

Nous y croyons, un peu, beaucoup, pas du tout... ?

Le plus poilant, c’est que presque tout le monde veut bien en convenir, Amérique au moins, - y compris même des "radicaux" moins secto que ceux qui je parlais. Faut dire qu’on nous le répète assez souvent, dans les quotidiens comme dans les hebdomadaires comme les mensuels, y a pas un numéro où ce qu’y en a pas une tranche grosse comme ça : "On va tous crever dans dix ans (ou dans vingt, ou trente), si patati et patata...!!" entre une publicité de Haleine Fraîche et les confidences de Bellefesse. Dans la télé c’et pareil, et c’est rare qu’on y coupe dans les discours de nos politiciens, surtout quand y a des élections en vue. C’est pas croyable comme y s’en préoccupent de notre survie si tant menacée, et de la "qualité de la vie" comme y disent — entre une évaluation euphorique de "notre" force de frappe (en nombre de mégamorts par quart d’heure), et la promesse de mettre au pas les menées subversives contre la loi et l’ordre et notre civilisation occidentale [9]. Tout le monde quasiment veut bien en convenir qu’on est faits comme des rats, foutus quoi, ou presque — mais qui c’qui y croit vraiment ? Ici et pis là, y s’y vont de leur génuflexion à l’Ecologie, le nouveau Bon Dieu à la mode, y croient qu’y croient que si on n’est pas sages, y va nous envoyer en enfer, et vlan ! A part ça, y font comme s’il n’existait pas (c’était déjà comme ça pour l’ancien Bon Dieu, çuy du catéchisme). A preuve que si c’était pas vrai, y a belle lurette que les publicités de dentifrice et les confidences de Bibi Lolo ou de GagaKan, s’auraient disparu des journaux et de la télé, et "notre" force de frappe avec, et on s’serait mis enfin à causer pour d’bon de choses sérieuses. Et nos savants illustres et moins illustres, y s’arracheraient un ptit peu de leurs chambres à bulles et de leur ultracentrifugeuses et de leurs équa’ diff’, pour essayer voir à faire le pont un peu, bien au grand jour, s’expliquer entre eux et avec le populo, et qu’on voye tous ensemble si on est si foutus que ça et ce qu’y aurait à faire pour. C’est de ça qu’y seraient pleins, les journaux et la télévision et les bouquins d’école, depuis la maternelle jusqu’à l’université et les autres bouquins pareils — quand tout l’monde commencerait à se faire une idée plus claire de la situation, ce serait bien rare qu’y aye pas moyen de s’en sortir. Et les flics y commenceraient à mettre le nez un peu dans pas mal de grosses boites et de moins grosses coites, qui prennent le reste du monde pour leur vide-ordure gratis, au lieu de perdre leur temps à chercher des poux à tous les jeunots qu’ont les cheveux un peu longs, ou que leur pif leur revient pas. Tout ça pour dire que l’Ecologie, y s’y croient tous juste un petit peu, juste assez en somme pour se dire qu’y faudrait que nos industriels, nos politiciens et même nos chefs militaires, y fassent enfin un petit effort pour nous tirer de ce mauvais pas, et qu’on n’en parle plus.

L’ennui, c’est qu’c’est bigrement dangereux de pas tenir compte de la réalité vraie, surtout ce d’te taille-là ! Par ignorance ou par négligence, c’et du pareil au même, - ignorance est négligence. Et bien rare que ça soye pas dangereux aussi dans l’action politique, comme dans n’importe quoi. Faut croire que pour le coup, la taille de c’te nouvelle réalité-là, elle soye tout simplement trop grosse pour qu’on la prenne au sérieux, l’imagination se bloque : on va pas nous la faire, celle-là ! Ecoutez donc voir un peu ! Les géologues et les biologistes, y nous disent que ça fait dans les quatre mille millions d’années qu’y a de la vie sur la terre. Des espèces de cellules, d’abord, qu’étaient peut-être pas foutues de se reproduire, qu’y a fallu peut-être mille millions d’années rien que pour arriver à se perfectionner, pour s’reproduire sans plus dépendre du hasard quoi, avec l’hérédité et des espèces et tout, mais toujours rien que des cellules minuscules qu’on pourrait même pas voir nous, qu’avec des microscopes. Et pourtant, rien qu’une minuscule bestiole comme çà, déjà, c’est d’une subtilité pas croyable dans son fonctionnement, que depuis cent ans et plus qu’y s’escriment dessus, nos biologistes y s’y perdent encore leur latin, et que même si on savait comment que ça fonctionne en principe, tous les ordinateurs du monde y seraient pas foutus de calculer comment que ça marche pour de bon. Et pis y en a des qu’ont commencé à se mettre en ménage comme qui dirait, personne encore n’a compris le pourquoi le comment, ça a donné des méduses et des coraux et des étoiles de mer, avec des millions de cellules mises ensemble pour faire de nouveaux êtres vivants, qui se reproduisent pareil que les cellules. Et après encore p’têtre mille millions d’années, peu à peu y en a eu avec des os, des nerfs, un cerveau, des nageoires, des poissons quoi, qui se bouffaient déjà les uns les autres. En encore après mille millions d’années, peu à peu y en a qui sont arrivés à vivre sur la terre : de l’herbe, des lézards, des serpents, des arbres, des insectes, des oiseaux, des dinosaures, des tigres, des tapirs, des éléphants... des millions d’espèces de plantes et d’animaux de toutes sortes, que j’en garantis pas l’ordre bien sûr. Et bien avant qu’on radine nous autres, les hommes, y a des animaux qui forment des sociétés, mais oui, avec division du travail et tout, des fourmilières, des ruches d’abeilles, des troupeaux de mammifères, - leur manquait que de savoir utiliser et fabriquer des outils. Ça fait quatre mille millions d’années que la vie se développe, toujours changeante, toujours plus riche en espèces de toutes sortes, plus complexe dans chaque partie et dans les relations des espèces entre elles et avec le milieu où qu’y vivent. Et y paraît qu’il y en aurait encore pour autant de temps et plus avant que la terre elle devienne froide au point qu’elle soye plus utilisable pour la vie, ce qui fait encore une rame, vous avouerez. Eh bien, tout ce passé, tout c’t’avenir, - on risquerait de tout bousiller en l’espace de quèques dizaines d’années, ni vu ni connu, - à force de connerie ! On comprend qu’on aye du mal à l’avaler celle-là !

Un ami matheux m’a raconté une petite histoire rigolotte, une "parabole" que ça s’appelle. Imaginez un gars de trente ans disons, un balaise qui s’est toujours porté à merveille, sauf de petites maladies pas graves ici et là, mais pas de vérole, pas de tuberculose, - rien. Gros mangeur, gros bûcheur, gros dormeur, gros baiseur, un gars du tonnerre, et y compte bien aller comme ça jusqu’à soixante ans ou soixante dix ou plus. Mais manque de pot, le voilà qu’attrape une saleté de maladie, ça fait cinq jours que ça traîne. Ça à l’air de rien au début, juste de quoi se gratter un peu, une allergie quoi. Qu’a empiré. Et voilà en dernière minute qu’y change de couleur, y devient bleu, y tourne presque au noir, y se met à haleter, pis à râler, c’t’y pas qu’il est en train de crever pour de bon ? Ou peut-être qu’y va s’en tirer, avec un seau d’au sur la trombine, ou des enveloppements, dieu sait quoi... Cette histoire que v’là, cest l’histoire de la vie sur la terre : els trente ans, ça en fait quatre milliards. La sale maladie c’est nous, les malins, les hommes, qu’on s’et amenés depuis deux millions d’années à peu près, qu’y paraît — ça fait les cinq jours, c’est le compte. Et la dernière minute, c’est notre civilisation industrielle qu’on est si fiers de, en comptant qu’elle dure depuis deux cent ans. La morale si vous voulez, c’est que le gars y reprendra sa couleur normale ou y crèvera et pareil pour nous, va falloir qu’on dépasse vivement le cap de notre civilisation industrielle comme qu’on la connaît, ou on crèvera tous, depuis la dernière amibe jusqu’au président de la république — avec peut-être une petite chance pour l’amibe. Nous autres, tout malins qu’on soye, on serait un peu comme la mouche qui se serait amenée sur le candidat-macchabée à la dernière minute, qu’il était déjà tout noir presque, et qui va jurer ses grands dieux que c’est ça la couleur naturelle au gars, le fin du fin, et que vivant ou crevé, c’est celle qu’il faut qu’il aie. On a le nez dans noter "Civilisation" des dernières cinq minutes, ou seulement la dernière minute pour la plupart de nous, qu’on est pas forts en histoire, comme la mouche dans on macchab’, - et on n’arrive pas à voir plus loin que notre nez.

J’dis tout ça pour essayer de comprendre comment que ça se fait que les gens y z’arrivent pas à voir ce qu’est si gros, et encore moins à le croire. Notre ami radical, lui, y ferme les yeux, plus de problème ! Quant à l’establishment, y utilise l’Ecologie pour faire juste ses petites manip minuscules, de quoi s’amuser un peu avant le tomber de rideau : faire du guili-guili écologique au populo pour pas qu’y s’occupe de politique, et s’ouvrier de beaux débouchés dans l’antipollution. Nos révolutionnaires, y z’ont ignoré le Mount Everest ; le big business lui, y voudrait s’en servir pour écraser une mouche ! Y a qu’à faire comme eux, on sera sûrs de ce qui nous attendra au bout. Et on n’aura que ça qu’on mérite !

Des coups de pied quèque part qui vont se perdre ?

Des gars comme Marx, Engels, Lénine, qu’on nous sort tout le temps, et Kropotkine qu’on nous sort moins souvent, on peut avoir des avis partagés sur eux, mais c’étaient certainement pas des idiots, pas plus que Carrel, Osborn et compagnie susnommés. Y z’auraient pas pu eux prévoir de désastre écologique, vu que les meilleurs biologistes et géologues de leur temps, à commencer par Darwin lui-même [10], z’étaient pas foutu de le faire. Mais si ces gars-là y vivaient maintenant, y z’y regarderaient à deux fois avant de décider que l’écologie, ça les intéresse pas, que c’est les oignons de Nixon et autres augures. Ça sert à rien de spéculer sur ce qu’y z’auraient fait après, et ce qu’y z’auraient pas fait, mais une chose est claire : y z’auraient bigrement tenu compte de quèque chose de cette taille, même si cent ans avant y avait plein de grands manitous qui eux en soufflaient mot. Et y mettraient pas long à comprendre ce qu’un petit nombre de gars de tous bords ont déjà compris tout seuls — pour le meilleur ou pour le pire : c’est que le désastre écologique qui guette toute la terre est en même temps une force politique immense. Le tout est de savoir la réveiller cette force. La canaliser avant qu’è s’déchaîne dans le vent de panique des grandes catastrophes. Cette force qu’est dans la conscience nette du danger de mort, elle peut être le moteur puissant que va pousser les hommes à s’atteler un peu aux transformations qu’y faut. Et c’est une chance terrible, somme toute, que la survie, c’est pas possible en "transformant" notre société un peu plus encore en une cage à lapins en ciment et plastique, en nous échinant encore un peu plus devant des automates toujours plus gros et plus cons, pour produire de la camelote toujours aussi laide, aussi superflue et vite démodée, qu’ira s’accumuler sur des montagnes d’ordures toujours plus hautes partout où qu’on ira. Ni en continuant à améliorer nos fusées à têtes multiples, en nous tapant dessus à coups de mitraillettes, de défoliants, de napalm et de fusées, pour nous arracher les uns les autres les dernies lambeaux de matières premières qu’ont pas encore été transformées en puantes ordures. C’est heureux que ça soye comme ça, et la crise de notre fin de millénaire, ou de notre fin du quatrième milliard d’années pour mieux dire, si on y laisse pas la peau, ce sera alors notre chance d’arriver enfin à vivre comme des hommes. L’Ecologie, elle va nous y obliger à coups de pieds dans le cul — des coups de pieds si violents qu’on sera pas près de les oublier, s’y nous cassent pas les reins aussi sec. La leçon qu’elle va nous enseigner, l’Ecologie, elle va pas être rose, vous faites pas d’illusion, et qu’elle soye utile ; ça dépendra que de nous :

Vivez comme des hommes, - ou au moins pas plus mal que les animaux, mille fois moins idiots et moins carnes que vous — ou bien crevez tous tant que vous êtes, qu’on soye débarrassés une bonne fois de c’te saloperie-là !

Assez gaffé ! Le plus malin, c’st pas çuy qui l’pense...

L’alternative, elle a le mérite au moins d’être bien claire. La loi de l’Evolution, depuis toujours, c’était bien : adapte-toi ou crève ! On a cru être plus malin qu’Elle, et l’adapter à nous. Dans des publications universitaires prétendant parler d’Ecologie, on peut encore lire des énormités comme celle-là : "Cette action concertée devrait permettre, à long terme, la création d’un nouveau système écologique, à la mesure de l’homme moderne, qui ne soit plus en contradiction avec l’humanité..." Mais y en a qui commencent à comprendre qu’on a assez gaffé, qu’y vaut mieux pas jouer au plus malin avec mère Evolution, ni avec l’Ecologie, qu’on est pas les "Vainqueurs de l’Univers". A supposer qu’on se casse pas la pipe prochainement tous ensemble, il s’en passera encore, des centaines et des milliers d’années, avant qu’on commence à la comprendre un peu mieux, l’Evolution et l’Ecologie, et on aura moins envie de plastronner, on aura eu le temps de devenir modestes. Toute notre technique dont on est si fiers, nos septièmes merveilles — c’est d’un grossier incroyable, comparé à la moindre chose qui se passe dans la moindre petite cellule ; prenez nos ordinateurs, eh bien c’est pire que des idiots, tout juste bon à rabâcher à toute vibure les additions et les multiplications qu’on leur donne à faire, quand on compare avec le cerveau du moindre lapin de garenne, du moindre moineau effronté se sauvant de dessus un crottin de cheval. Si y’en a tant qui font les fortiches, c’st juste à cause de notre ignorance phénoménale. Ou plutôt, la connerie, c’est pas qu’on soye ignorants — en un sens, on le sera toujours — mais c’est qu’on se croye savants, parce qu’on a quelques diplômes en poche, un laboratoire peut-être, et que tout le monde vous le répète, qu’on l’est, savant. Mais notre connerie et nous avec, on pèsera pas lourd : si on s’adapte pas à la nature, qu’on veut l’adapter à nous, - au panier ! Des millions d’espèces y ont passé avant nous, et qu’ont moins déconné que nous, seulement cette fois y a bien des chances qu’on entraîne tout le reste avec nous. Y z’ont vraiment rien fait pour mériter ça, les canaris, les loups, les vers de terre, les méduses, les radiolaires, et des millions d’autres espèces qu’on a pas eu le temps de bousiller encore, - vraiment un sale coup à leur faire. Et si idiot vraiment, on se dit que ça doit quand même pas être comme ça au Programme. On sait rien. Pas plus qu’on sait pas si les amerloques et les russes, quand ça va s’écrouler chez eux, y vont pas bousiller les pauvres péquenots en Inde ou les aborigènes en Amazonie, qui demandaient pas mieux qu’on les laisse tranquille s’expliquer avec leur environnement à leur façon à eux.

Tout ça, c’est guère dit en langage Homo Politicus. Mais c’est pas dur à traduire. Pour "transformation" lire "révolution". Ça donne : l’humanité a le choix qu’entre la révolution, ou sa disparition. Et la révolution, faudra la faire en utilisant l’Ecologie comme un levier, et comme une fin. L’un et l’autre.

Cela dit, le choix d’un révolutionnaire lucide me semble assez clair.

C’est le nôtre.

Diogène.

Notes :

[1"Establishment", en américain, veut dire "ceux qui sont établies", ceux qui ont le pognon, quoi, ou le renom, les bonnes places, et qui trouvent que c’est très bien comme ça. "Fascistes", souvent, ça veut dire qu’on est pas d’accord avec.

[2"Ecosystème", un mot un peu savant qu’est expliqué dans le "Papier vert Ecologique" (cf. page 9). C’est tout ce qui vit à un endroit déterminé, les relations entre toutes les espèces d’animaux et de plantes qui se profitent l’une de l’autre ou s’accommodent l’une de l’autre de cent mille façons (en se bouffant l’une l’autre, ou en vivant l’une sur l’autre ou dans l’autre, ne se croisant avec, etc.), et leurs relations avec leur milieu : terre, eau, air, roche... L’endroit ici est toute la terre.

[3"Le Big Business" : les grosses affaires, en américain.

[4Euphémisme : par exemple c’est quand un ami chinois à moi dit que "Hitler, il était pas très gentil..." en pensant à la liquidation des juifs en Allemagne ; ou quand les cabinets sont bouchés et qu’on parle d’une "odeur de renfermé" dans la maison.

[5Alexis Carrel, biologiste français, auteur de L’Homme cet inconnu, Plon, Livre de Poche.

[6F.Osborn, La planète au pillage, Paris, Payot 1949. NdT : rééditer par les éditions Actes Sud, 2008.

[7Pour une exception notable, voir dans le livre de B. Commoner Quelle terre laisserons-nous à nos enfants, éditions du Seuil, le cas du "Saint Louis Citizens Committee for Nuclear Information".

[8Osborn et Commoner, biologistes anglais déjà cités. Lewis est un généticien bien connu, et L. Pauling un chimiste prix Nobel de Chimie, l’un et l’autre parmi les premiers à s’alarmer sur les conséquences à grande échelle de la pollution radioactive. A.R. Tamplin, biologiste, et J.W. Gofman, physicien, ont travaillé sept ans dans l’Atomic Energy Commission pour arriver à des conclusions alarmantes sur la conséquence de la politique poursuivie par cet organisme, cf. Survivre n° 5, page 5 et n° 6, page 13 ; ils ont écrit récemment un livre sur sujet, Population Control through nuclear pollution, Nelson Hall, 325 W Jackson Blvd, Chicago.

[9Darwin zoologiste et botaniste anglais, un des premiers qu’a eu une vision d’ensemble correcte de l’évolution des espèces. Ses vues ont été d’abord farouchement combattues par une armée indignée de gens bien pensants, mais depuis une trentaine d’années acceptées pour l’essentiel par tout le monde : géologues, généticiens, paléontologistes... Elles sont exposées avec une foule d’observations dans un gros et magnifique livre de lui Sur l’origine des espèces, absolument passionnant pour n’importe qui sait lire et qu’a pas encore été assez abruti pour avoir perdu tout intérêt à des questions comme : d’où nous venons et où nous allons (s’il en reste...).

[10Dans Affaires Universitaires, Volume 12, n°1, janvier 1971, Ottawa, Canada (Association des Universités et Collèges du Canada) à la page 1, dans un article intitulé : Que font les Universités pour accroître la qualité de la vie ? On y apprend avec soulagement qu’y a pas à s’en faire, que les Universités, elles sont un peu là pour nous la défendre, la qualité en question ! Rien que sur l’étude de l’eau dans les Universités canadiennes, paraît qu’y a 228 projets de recherches, que les dirigeants disposent de subventions personnelles qui totalisent un million de dollars par an. C’est pas de la qualité de la vie çà ?




Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.87.53