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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Survivre... et vivre
Survivre... et vivre n°9 - Août-Septembre 1971
Article mis en ligne le 13 novembre 2016
dernière modification le 6 janvier 2018

par ArchivesAutonomies
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De nombreux adhérents et sympathisants comme nous l’avons déjà signalé (n° 8), ont écrit et fait savoir que Survivre, le nom du mouvement, avait une consonance "trop misérable" et serait avantageusement remplacé par Vivre, la Vie, etc.
Le nouveau nom (titre + sous-titre) Survivre... et vivre a été finalement adopté provisoirement d’un commun accord au cours de la réunion mensuelle du mouvement dans la région parisienne, en attendant vos réactions. La discussion qui a conduit à cette décision m’a suggéré ces quelques notes qui, j’espère, donneront une idée de l’esprit de cette décision.
Au départ, le nom de Survivre avait été choisi avec référence particulière au développement des recherches militaires. Dans cette optique, il est désormais clair que survivre, pour l’Humanité, ce n’est pas fournir quelques survivants (?) au naufrage d’une guerre nucléaire. Dans l’optique plus générale des problèmes écologiques et sociaux, imaginera-t-on que "survivre" signifie s’adapter et se résigner à une vie mutilée par les nombreuses "nuisances" ? Un tel point de vue n’a jamais été exprimé dans Survivre. Au contraire, nous pensons que la survie aux crises écologiques et sociales se pose dans les mêmes termes que la survie au naufrage nucléaire. Nous sommes engagés dans une crise grave. Nous ne nous dégagerons et nous ne dépasserons cette crise que par les actes : ceux de la survie.
Pour chacun de nous, une crise signifie l’engagement dans une situation dont on ne sort que détruit ou grandi, mais toujours changé.
Si la crise est très simple, la destruction peut être l’anéantissement ; l’issue de la crise est la mort ; si la crise est moindre, la destruction affecte la vigueur physique ou mentale, la richesse psychique de la personne de façon localisée seulement, selon l’expression, elle "en sort diminuée". Les maladies, nos conflits avec nous-mêmes et autrui, voilà des exemples de crises.
La mort n’est pas la seule issue possible d’une crise majeure. L’autre est un renouveau de la vie, un véritable accroissement de la vie. La longue vie de ceux qui sont restés jeunes, ceux qui ne se sont pas laissé détruire par leurs crises, se caractérise par un enrichissement, parfois exubérant, de la vie.
Notre civilisation est engagée dans une crise grave. La vie est menacée, et va devoir se renouveler ou disparaître. Lutter pour la survie c’est se situer dans cette crise et lutter... pour Vivre.
L’issue que nous désirons tous pour cette crise, c’est le Renouveau de la vie : la sur-vie.

Jean-Pierre Aboulker




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