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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Réponse à la Rédaction du "Prolétaire"
Bulletin d’études révolutionnaires n°5 – 20 Juin 1946
Article mis en ligne le 2 décembre 2016
dernière modification le 11 février 2018

par ArchivesAutonomies
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Le 12 mai 1946

A la rédaction du Prolétaire

En réponse à votre lettre du 10 mai à laquelle étaient joints deux exemplaires des 2 derniers numéros du Prolétaire.
Je reproche premièrement la manœuvre individuelle de noyautage envers un membre de la nouvelle OCR.
Pourtant vous estimez l’OCR au nombre des groupes CR tels que le vôtre. Cela est étrange car le communisme révolutionnaire ne peut avoir qu’une seule organisation ou parti propre. Mais puisque vous nous reconnaissez vraiment CR, vous devriez savoir qu’un CR... et à plus forte raison l’organisation divulgue et discute toutes les nouvelles ainsi que toutes les éditions CR ou non et cela sans craindre d’étouffement en ayant recours aux lettres individuelles.
Deuxièmement, je n’estime valable la parution d’un journal d’agitation, information et propagande à vaste échelle comme tend à le faire Le Prolétaire que lorsque l’organisation mère possède une vue claire et détaillée de son programme, de son idéologie. Autrement l’aventurisme devient la suite fatale d’un travail sans positions approfondies.
Je me solidarise avec l’OCR qui élabore sérieusement sa position avant de se lancer dans la vulgarisation des faits sociaux avec un maigre minimum de principes politico-économiques comme vous le faites.
Troisièmement, dans Le Prolétaire n° 2-3, expérience Berliet, 3ème col., vous approuvez les nationalisations opérées par des conseils ouvriers révolutionnaires. Est-ce une mauvaise interprétation ou une erreur ? En tout cas j’espère que les ouvriers révolutionnaires opéreront la communisation des moyens économiques et non pas la nationalisation qui est toujours capitaliste.
Dans "Briseurs de grève" au milieu de la 4ème colonne du même numéro vous qualifiez, partis ouvriers, le PS et le PCF de 38-39. Peut-être en raison de leur composition essentiellement ouvrière ? En tout cas, c’est encore un malentendu. Car on peut estimer que le PCF s’embourgeoise seulement maintenant puisque le pourcentage de petits bourgeois augmente.
Dans la fin du même article, il n’y a pas d’équivoque, vous conseillez la formation de fractions CR dans tous les syndicats. Ainsi vous reconnaissez (plus haut) le caractère bourgeois des syndicats et vous espérez redresser ceux-ci pour en faire de purs syndicats que vous dites plus progressistes. Vous oubliez que le syndicat est un frein à la révolution prolétarienne. C’est un outil qui a servi la bourgeoisie russe "bolchevik" à liquider les soviets. C’est essentiellement un organisme bourgeois mystificateur qui donne quelques illusions aux ouvriers lorsque de petites améliorations toujours éphémères sont lâchées. Notre effort doit porter sur la consolidation de l’organisation CR, creuset du parti. Ce ne sont pas des fractions CR au sein du syndicat, (.... ?), du parti x ou des pêcheurs à la ligne, mais des cellules CR, partout qu’il faut constituer.
Dans votre numéro 4, 1er mai, vous croyez à une nouvelle guerre mondiale si les luttes sociales échouent. Mais vous oubliez que ça ne suffit pas. D’abord les "luttes sociales" entraînent des grèves revendicatives qui obligent, par leur ampleur, l’intervention armée de la bourgeoisie qui use actuellement ses interventions diplomatiques. La bourgeoisie ne peut donner une réelle amélioration à la classe ouvrière. Si donc la bourgeoisie triomphe de cette guerre civile, il lui reste qu’à développer une idéologie afin de tromper les ouvriers. Alors seulement la guerre est possible.
Salut révolutionnaire,

Fredo.




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