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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Appel à tous les travailleurs
Gauche Communiste de France - Mars ou avril 1945
Article mis en ligne le 11 décembre 2016
dernière modification le 10 décembre 2016

par ArchivesAutonomies
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Présentation : [1]

Dans ce tract plus long qu’à l’accoutumée, la GCF tente, dans le contexte de la toute fin de la Seconde Guerre mondiale et de l’anéantissement militaire mais aussi civil de l’Allemagne, d’en appeler à la solidarité internationale des travailleurs. Cet appel ne devait évidemment pas être entendu. Le parallèle avec la fin de la Première Guerre mondiale, où le prolétariat avait largement imposé la fin des conflits en Russie et en Allemagne, est omniprésent dans ce texte. Mais en 1945 l’anéantissement physique et idéologique du prolétariat est sans commune mesure avec 1918. La GCF met une fois de plus très en avant les événements de 1943 en Italie, mais qui n’ont finalement eu qu’un impact international limité. On sent percer dans ce texte toute l’angoisse de voir une nouvelle fois défait le prolétariat, particulièrement le prolétariat allemand doublement écrasé par la botte nazie et les bombardements alliés. Dans cet appel internationaliste des militants de la GCF perce ainsi, en creux, la terrible perspective d’un très long reflux du prolétariat comme classe révolutionnaire.

E.S.


Transcription :

À TOUS LES TRAVAILLEURS

Nous touchons à la fin de la deuxième guerre impérialiste en Europe. Comme celle de 14-18 elle devait apporter le bien-être et la liberté aux travailleurs. Elle devait apporter l’entente entre les peuples, être "la dernière des dernières".
Mais celle-ci comme l’autre n’a donné que massacres, ruines et misère.
Plus sanglante que destructrice encore, elle n’a été déclenchée que pour les seuls intérêts d’une classe dominante : la bourgeoisie.
Pendant ces cinq années, les charges, les restrictions, les bombardements et la tuerie sur les fronts ont été supportés par la classe exploitée : le prolétariat.
Dans tous les pays où il est passé, le monstre impérialiste a laissé les mêmes traces, il a accompli la même besogne. "Libération" ou invasion, fascisme ou "démocratie", c’est la guerre, l’anéantissement des foyers des travailleurs, les destructions, la mort et la famine pour ceux qui restent.
Les opérations militaires se sont éloignées de nous mais elles se développent maintenant en Allemagne avec une violence accrue. Là-bas, comme hier dans les pays "libérés", l’aviation détruit ville après ville, tue des centaines de milliers de travailleurs, disperse le prolétariat.

TRAVAILLEURS,

En Allemagne comme dans tous les pays, la division entre exploités et exploiteurs existe et est encore plus marquée, plus profonde. Le nazisme l’a poussé plus à fond avec ses mesures économiques et de répression politique contre les ouvriers. Aujourd’hui l’impérialisme Allié en déversant sa violence dévastatrice contre le prolétariat allemand ne fait que continuer l’oeuvre de l’assassin Hitler et sa bande.
Le capitalisme international, malgré ses contradictions, s’unit contre la menace d’une révolution prolétarienne. La lutte contre le nazisme n’est qu’un mensonge.
La bourgeoisie mondiale se souvient de la vague révolutionnaire que la guerre de 14-18 avait déterminée. Elle se souvient de la révolution prolétarienne de 1917 en Russie et des mouvements de révolte des soldats, des grèves des ouvriers allemands qui mirent fin au massacre en 1918.
Le capitalisme sait que comme en 1917 et 1918 la misère et les souffrances issues de cette boucherie pousseront les masses ouvrières à la révolte.
Comme en 1918 le centre de la lutte entre la bourgeoisie et le prolétariat se trouve en Allemagne.
C’EST POUR CETTE RAISON QUE LES ALLIÉS S’ACHARNENT AUJOURD’HUI CONTRE LES CENTRES INDUSTRIELS ET LES POLUTATIONS OUVRIÈRES.

C’est aussi pour cela qu’ils repousseront toute capitulation, même "sans conditions", "jusqu’à ce que les armées alliées aient fait leur jonction au centre de l’Allemagne". Ils préfèrent, face aux masses prolétariennes en révolte, conserver le GENDARME NAZI jusqu’à ce que cette jonction soit faite. Sur ce point ils sont tous bien d’accord : l’Armée "rouge" collabore aussi à cette tâche en rétablissant partout "l’ordre" et la domination capitalistes, en déportant en masse les ouvriers allemands des territoires occupés, en développant ses plans impérialistes. Elle ne se trouve pas du côté des ouvriers mais contribue à maintenir dans l’esclavage les masses exploitées du monde.

OUVRIERS DE TOUS LES PAYS !

Vous seuls avez la possibilité d’arrêter ce massacre, par votre force et votre volonté révolutionnaires. Votre ennemi ne se trouve pas au-delà des frontières mais dans votre propre pays. Partout déjà vous êtes obligés de recourir à votre seule arme, la grève, pour vous défendre contre les salaires de famine que les capitalistes vous imposent.
En 1943, le prolétariat italien avec ses puissants mouvements contre le fascisme et la guerre avait indiqué la route à suivre. C’est maintenant le prolétariat allemand qui, resurgissant, reprend la lutte de classe. La révolte des soldats et des marins à Copenhague, Brême, Kiel, les grèves des ouvriers à Berlin, dans la Ruhr, les émeutes de Munich, sont les preuves éclatantes de ce combat héroïque.

MAIS LA GUERRE N’EST PAS TERMINÉE. ELLE EST DEVENUE UNE GUERRE DE CLASSE CONTRE LE PROLÉTARIAT.

Le capitalisme essaye avec le tapage assourdissant de la lutte contre la "peste brune" de vous empêcher de voir la réalité. Il veut vous interdire tout acte de solidarité et de fraternisation avec vos frères de classe, les ouvriers d’Allemagne.
Aujourd’hui, dans ce pays, c’est le sort de la révolution prolétarienne mondiale qui se joue. La guerre civile en Allemagne c’est le début de la lutte de tous les travailleurs contre tous les responsables de la guerre, contre le régime qui l’a engendré : le capitalisme international.
Si la bourgeoisie réussit à écraser les mouvements du prolétariat d’Allemagne c’est la révolution prolétarienne disloquée, c’est une troisième guerre impérialiste en perspective.

PROLÉTAIRES !

Il n’y a qu’un moyen d’empêcher les forces du capitalisme de développer leur plan : rétablir l’unité des forces révolutionnaires du prolétariat sur le front de la lutte de classes.
Tous les actes de la vie ouvrière doivent devenir un refus de participer au massacre.
PAR LES GRÈVES IL FAUT BOYCOTTER L’EFFORT DE GUERRE !
Dans toutes les manifestations le cri "À BAS LA GUERRE !" doit relier tous les exploités quelle que soit la langue qu’ils parlent.

OUVRIERS DE TOUS LES PAYS ! SOLIDARISEZ-VOUS AVEC LES GRÈVISTES DE BERLIN ET DE LA RUHR !

SOLDATS ! RAPPELEZ-VOUS QUE LES OUVRIERS D’ALLEMAGNE SONT COMME VOUS DES EXPLOITÉS ET DES VICTIMES DU CAPITALISME.

VOTRE SEUL ENNEMI C’EST LA BOURGEOISIE MONDIALE.

FRATERNISEZ PAR-DESSUS LES FRONTIÈRES ARTIFICIELLES DU NATIONALISME.

LES PROLÉTAIRES N’ONT PAS DE PATRIE.

À BAS LA GUERRE IMPÉRIALISTE !

VIVE LA RÉVOLUTION PROLÉTARIENNE MONDIALE !

Gauche Communiste de France, Gauche communiste d’Italie.


Nature du document : tract A4 recto verso

Notes :

[1La présentation et la transcription ont été effectuées par les camarades du site Smolny.




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