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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Tract pour l’unification des luttes (mines)
Gauche Communiste de France - Après avril 1946 ou 1948
Article mis en ligne le 11 décembre 2016
dernière modification le 10 décembre 2016

par ArchivesAutonomies
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Présentation : [1]

La nationalisation des Houillères du Nord et du Pas de Calais est le résultat d’une ordonnance du 13 décembre 1944 promulguée par le Gouvernement provisoire, mesure qui était inscrite au programme du Conseil National de la Résistance. Le 26 avril 1946 un vote de l’Assemblée nationale pérennise et généralise la nationalisation des houillères et crée les Charbonnages de France. Comme le rappelle ce tract, cela ne conduit certes pas à une amélioration des conditions de vie des mineurs (austérité des salaires, envolée des prix). De nombreuses grèves auront lieu en 1946 et 1947 pour culminer par la grande grève de 1948, après l’annonce de décrets portant licenciement de 10% des mineurs et autres mesures drastiques. Le P"C"F et la CGT feront alors tout pour circonscrire la lutte aux seuls mineurs, tandis que le syndicat FO, nouvellement créé s’exprime quant à lui ouvertement... contre la grève. Il reviendra au ministre "socialiste" de l’intérieur, Jules Moch, de donner le coup de grâce à un mouvement de plusieurs semaines par une répression particulièrement massive et violente.
On peut donc constater que les mots d’ordre de la GCF d’il y a 60 ans conservent toute leur actualité au vu de la répartition des rôles qui continue de se jouer aujourd’hui entre syndicats et entre syndicat et gouvernement.

E.S.


Transcription :

TRAVAILLEURS !

La fin des hostilités n’a pas apporté la fin de la misère et de l’exploitation.
La bourgeoisie réclame toujours des ouvriers des "sacrifices". C’est encore aux ouvriers qu’elle veut faire payer les frais de la boucherie qu’elle a déchaînée.
Même les marchandises nécessaires à la vie des travailleurs, elle ne peut plus les donner.

CAMARADES MINEURS

La nationalisation des Houillères n’a fait que replacer le patron privé par un patron plus puissant et plus acharné : l’État capitaliste.
Nous sommes toujours exploités et nous avons dû de nouveau entrer en lutte.
Mais nos dernières grèves ont été DISPERSÉES, DÉSORGANISÉES. Les dirigeants syndicaux, au service de la bourgeoisie, sont contre nos grèves.
Ils ont été obligés, sous notre pression, de céder localement. Mais ils tenteront D’EMPÊCHER L’UNIFICATION DE NOS LUTTES.

MINEURS !

CONTRE LA DISPERSION DES GRÈVES VOULUE PAR LES DIRIGEANTS SYNDICAUX :

UNIFIONS LA LUTTE DE CHAQUE FOSSE, DE CHAQUE LOCALITÉ.

ÉTABLISSONS DES LIAISONS ENTRE LES COMITÉS OU LES DÉLÉGUÉS DE CHAQUE LIEU DE TRAVAIL, PAR DESSUS LES DIRIGEANTS SYNDICAUX.

QUE L’ARRÊT DU TRAVAIL SOIT SIMULTANÉ DANS TOUS LES CARREAUX.

CONTRE LA BOURGEOISIE ET SON GOUVERNEMENT RÉCLAMONS UN MEILLEUR RAVITAILLEMENT.

N’ATTENDONS PAS LES TRANSACTIONS DES BONZES SYNDICAUX AVEC LES MINISTRES.

LUTTONS PAR LA GRÈVE, PAR DES MANIFESTATIONS, POUR NOS CAHIERS DE REVENDICATIONS !


Nature du document : tract A4

Notes :

[1La présentation et la transcription ont été effectuées par les camarades du site Smolny.




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