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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Jalons n’est plus
{Révolution Internationale} n°172 - 1986
Article mis en ligne le 26 décembre 2016
dernière modification le 24 décembre 2016

par ArchivesAutonomies

La revue Jalons vient de signer son acte de décès.
En vérité, son sabordage date d’un an, juste après le rédacteur, pour faciliter l’adhésion de son unique rédacteur, Robert Camoin, à la FECCI. Comme l’écrit RC :

"Estimant, avec raison qu’un travail d’éclaircissement était primordial, nous avons d’un commun accord (avec la FECCI) [1] suspendu la publication de Jalons .

En soi cette disparition n’est pas une mauvaise chose. C’est une toute petite source de confusion en moins dans le milieu politique prolétarien. Ce dernier numéro de Jalons (n°16) qui paraît aujourd’hui "avec l’aide matérielle et financière de la FECCI", consiste en une autocritique des positions de son auteur (RC) à travers l’histoire de sa trajectoire politique depuis 20 ans. Cela vaut la peine d’y jeter un coup d’œil !

"Avant mai 68, j’ai collaboré avec "ICO" et le "GLAT". (RC omet sa collaboration - sinon son flirt à l’époque - avec la Fédération anarchiste d’abord et son engouement pour le bordiguisme ensuite, d’avant mai 68).
"Après les événements, j’ai fondé les Cahiers du communisme de conseils.
"Ensuite (1971), j’ai participé au regroupement... du nouveau RI puis du CCI". (RC s’abstient de dire que pour entrer dans RI, il lui a fallu d’abord abandonner sa position suivant laquelle la Révolution d’Octobre ainsi que le parti bolchevik étaient bourgeois, de même qu’il lui a fallu comprendre le caractère indispensable des organisations politiques dans la révolution prolétarienne).
"A la fin de 76, au sein de celle-ci (l’organisation RI), j’ai effectivement défendu des positions "bordiguistes" pour publier Vers le parti de classe (un seul numéro).

Après, jusqu’en 82, c’est le vide durant lequel RC "réalise" sa vie personnelle. "Quelques temps, je me suis rapproché de Communisme ou Civilisation (Une petite secte bordigo-académiste).
"Lorsqu’en 82 je réintégrai le CCI, ma poussée bordiguiste était finie, enterrée. Mon accord avec la "Plateforme" du CCI était profond". (RC ne dit pas qu’il a fallu de longs mois de discussion pour que la section de Paris accepte, avec beaucoup de réticence, et sans grand enthousiasme, cette réintégration. Les plus récalcitrants étaient précisément des membres qui sont aujourd’hui dans la FECCI).
Au début 84, "je suis sorti à nouveau de cette organisation par refus de ce qu’était devenu son mode de fonctionnement..." Une fois de plus, RC manque de mémoire. Son départ était surtout dû, d’un côté, au refus de reconnaître la reprise des luttes ouvrières en septembre 83 en Belgique et en 84 en France, et, d’autre part, la perspective qu’il a repris du BIPR du cours historique vers la guerre de classe avant. Son "refus... de son mode de fonctionnement" cache mal son individualisme, son incapacité de s’intégrer dans un travail militant collectif, organisé, ressenti comme une contrainte. Jalons c’était la liberté du "libertaire".
1986-87, RC écrit : "j’abondai dans le sens des camarades du FOR avec qui un peu plus tôt j’étais intervenu dans le mouvement lycéens-étudiants". De nouveau, RC oublie de dire qu’il "abonde" aussi et dans la même période dans le sens de L’Union prolétarienne, du représentant du BIPR en France, du groupe Germano, en vue d’un regroupement (avorté) sur la base d’une initiative de Communisme ou Civilisation. Renaissance du bordiguisme "finie, enterrée".
Enfin, découverte de la FECCI (conseilliste) et c’est le mystère de la... rédemption. Tout comme un certain Paul sur la route de Damas, RC a rencontré sur l’autoroute de Bruxelles la LUMIERE resplendissante.
Tous les péchés sont rachetés. L’autocritique lui a permis enfin de comprendre que ses erreurs "n’étaient qu’une réaction face au triomphalisme de ceux qui, tous les quatre matins, claironnent l’éclatement de la révolution, un souci de se démarquer d’un activisme aussi facile que dangereux". Aussi, "la barre fut tordue dans l’autre sens".
En somme, c’est la faute du CCI qui, par son triomphalisme (?) a provoqué "par réaction", toutes les erreurs commises par RC, avant et après le défunt Jalons.
On ne peut reprocher à quelqu’un de changer de position, d’opinion. Mais, à regarder la trajectoire politique parcourue par RC, on ne peut manquer de tirer la conclusion que nous nous trouvons devant un pauvre hère, aux trois quart aveugle, qui erre dans le milieu prolétarien comme dans un brouillard. Telle une girouette qui tourne sans fin et reste toujours à sa place, RC reste toujours égal à lui-même.
Nous ne répondrons pas à tous les dénigrements que fait RC dans ce dernier numéro de Jalons contre le CCI et qu’il appelle "critiques". C’est le coup de pied de l’âne et c’est le prix du billet d’entrée dans la FECCI.
RC a trouvé enfin, après tant de tours et de détours, un havre, même provisoire, et qu’il a bien mérité, pour se reposer de sa fatigue. La FECCI, elle, a gagné un "nouveau militant". Bonne chance !

MC


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