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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Survivre... et vivre n°10 - Octobre-Novembre 1971
Article mis en ligne le 15 janvier 2017
dernière modification le 6 janvier 2018

par ArchivesAutonomies
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On est en train de violer la Terre. La croissance économique est devenue un dieu, au nom duquel la vie sur la Terre est sacrifiée, les ressources naturelles pillées, et l’homme réduit en esclavage.
Chaque jour, un peu plus de gens comprennent la nécessité de créer un nouveau mode de vie, de changer nos conceptions de l’homme, de la nature et des buts des sociétés humaines.
L’homme n’est pas le maître de la nature, il n’en est qu’un élément, un élément activement transformateur, de l’ensemble des espèces de l’écosystème terrestre. Il a développé la technologie pour transformer la nature, dès l’instant où il lança une sagaie contre un animal.
Aujourd’hui, il nous faut apprendre à travailler avec la Natureet non plus contre elle.
Croissance économique maximum, production maximum, consommation maximum, ce ne peuvent être des buts raisonnables pour une humanité qui vit au sein d’une membrane ténue de vie couvrant une planète limitée. Les ordures et la saleté, les embouteillages, l’eau et l’air pollués, la nourriture empoisonnée, la Nature qui meurt font comprendre à des gens chaque jour plus nombreux la folie de lutter pour de tels buts.
Ce sont ces buts qui amènent la construction de villes artificielles et inhumaines, où fleurissent les bureaucraties, qui isolent l’homme de la nature et l’obligent à vivre dans les ténèbres, dans l’entassement, et souvent dans une détresse et une pauvreté sans bornes.
Ces mêmes buts masquent une réalité : celle de la richesse matérielle pour quelques-uns, de l’appauvrissement pour beaucoup, et de la diminution de la qualité de la vie pour tous. Ces buts servent aussi à justifier la concentration toujours plus grande de l’influence et du pouvoir entre les mains de sociétés supranationales géantes, de gouvernements puissants, et de monstrueux complexes militaires.
Ce développement transforme de plus en plus les hommes en objets, contrôlés et manipulés par des dirigeants, l’homme se voyant privé du produit de son travail et de contact avec ses semblables. Aujourd’hui, il nous faut trouver de nouveaux modes de production, qui nous permettent de vivre avec les ressources terrestres, au lieu de les empoisonner et de les détruire. Il nous faut trouver de nouvelles manières de partager et d’utiliser cette production pour la libération de l’Homme.
Nous devons coopérer afin de prendre en charge nos propres vies. Dans ce combat, attendons-nous à rencontrer des adversaires puissants ; nous devons étudier et analyser leurs forces, leurs intérêts, leurs intentions.
En même temps, il nous faut discuter plus activement une stratégie et des alternatives viables pour un nouveau mode de vie, où les gens libres coopèrent librement. Nous devons être solidaires des peuples opprimés qui combattent pour leur libération, dans les pays pauvres et partout ailleurs.
L’actualité de la question des conditions de vie sur notre planète limitée a contraint les politiciens, les gouvernements, les grandes firmes, les organisations internationales à parler de "l’environnement humain".
Tel est le nom de la gigantesque conférence organisée par les Nations unies, qui se tiendra à Stockholm, en Suède, du 5 au 16 juin 1972. Quelque 1200 délégués, des politiciens pour la plupart, de plus de 100 pays participeront à cette conférence.
Mais ces hommes politiques du monde entier, réunis pendant deux semaines en Suède, ne seront pas capables de résoudre les problèmes auxquels nous devons faire face ; ce qu’ils peuvent faire, c’est se référer aux explications fumeuses des experts, faisant ainsi croire à beaucoup d’entre nous que les problèmes sont trop complexes pour que nous puissions les comprendre. Comme le laisse déjà supposer le nom de la conférence, on nous montrera les politiciens pansant les blessures de "l’environnement humain", alors que l’homme, lui, reste impuissant et sans rôle créatif.
Leurs conclusions seront formulées de telle sorte que ce soit la modification des conséquences du développement en cours, et non la création d’un nouveau mode de vie, qui apparaisse comme la tâche à accomplir.
Ils présenteront d’interminables résolutions afin de nous persuader et peut-être aussi de se persuader eux-mêmes que notre avenir est en bonnes mains.
Le "Message" de la conférence sera diffusé dans le monde entier. Au moins 500 journalistes, journaux, magazines, radios, télévisions, seront là.

NOTRE TÂCHE EST CLAIRE

Nous devons nous rassembler et faire quelque chose pendant la période du 5 au 16 juin 1972. Participez à ces actions qui seront décentralisées.
Chaque groupe entreprendra les actions qu’il voudra ; aucun n’assumera le rôle de bureaucrate international.
À Stockholm, de nombreuses actions sont prévues, sous le nom de POWWOW. C’est un mot de la langue des Indiens d’Amérique du Nord, qui désigne un rassemblement de gens réunis pour discuter de problèmes importants, célébrer une fête magique, ou exécuter des danses pour obtenir la guérison d’une maladie ou bien une victoire.
Votre participation peut toucher des problèmes généraux aussi bien que locaux. Vous pouvez faire des expositions, des tracts, des bulletins, des débats, du théâtre de rue, des interviews, des vidéocassettes, des films, des bandes dessinées, des conférences de presse, des parades ou n’importe quoi qui vous intéresse. Écrivez-nous pour nous faire part de vos idées et projets. Nous pourrons alors les communiquer à tous les groupes qui veulent participer, pour l’inspiration mutuelle et pour permettre à chacun de nousd’entrer en contact avec tous les autres. Partout dans le monde, des gens commencent à s’unir pour créer un nouveau mode de vie...

POWWOW




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