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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Indianité
{Matin d’un Blues}, n°2, s.d., p. 26-28.
Article mis en ligne le 6 avril 2013
dernière modification le 18 novembre 2013

par ArchivesAutonomies
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un bout de temps que tu piétines ce satané désert de solitude - l’union, mirage chronique à l’horizon - maintenant je m’en retourne chez moi, vers le soleil ! laisse tes pelleteuses mécaniques - je m’en retourne chez moi de la mexicaine plein les pognes - laisse tomber tes bras blêmes - l’étoile revient ! - les stries que l’existence a imprimés sur nos corps d’apaches tristes et défoncés, sont des messages fossiles à l’adresse de nos reflets - palpitation d’air liquide - nous ne pourrons plus jamais comprends-le bien - JAMAIS - revivre l’instant/kodak - et à la mi-nuit des perceptions quelqu’un tranchera ses yeux d’un fulgurant coup de rasoir - à l’instant même un léger "pop" accompagnera un dégueuli/champagne/commémoration - qu’il y a X années naissait quelque part... nulle part... sans importance - les sillons de l’existence (cristaux liquides) défilent au creux des tubes catodiques du verbe "ETRE".
Parano dégoulinante vers les huit heures - dans les couloirs suie noire - entre Austerlitz et Javel - dans les regards (pourquoi sont-ils ainsi ?) promiscuitant bien malgré eux l’Aurore, l’Huma ... - R.P.R.-P.C.F. - même combat ! entreprise publique de fossilisation - fabrication maison - 11 h 38 - vide - les aiguilles se traînent d’en nui classique - rien à faire - au propre - au sale - au figuré - au défiguré - que sais-je encore ? - sûrement plus et moins que toi - l’objectif anal gargouille - fontaine de sang dilapidé sur les murs écrase-mouche - les larmes fluides ne sont plus de mise la préférence va au P 38 ou tout autre fertilisateur écologique - sperme du cœur - il existe quelque part une limite - l’endropose de la tendresse - Mais tout cela fut dit et redit avant la lettre - au cœur des utérus ulcéreux - au creux des spermatozoïdes mercureux - R-A-F-A-L-E - raclette vaudoise - globes à facettes (yeux de mouches) . de toute part les murs déchirés d’affiches colicopoliticoptères, tirent des balles léchantes sur des têtes/culs aux oreilles implosées - des fractions armées d’avortons pissent leurs tripes sur le béton - parois aux seules fenêtres de gardes mobiles - dans la nuit rouge les chiens agonisent
plaqués
contreplaqués
concastrés - aux chiures grises - hurlant "Ave Maria !" - mort aux autres - "mort à moi !"
QUELLE AUTRE ISSUE ? - désir de plaquer des bombes sur toutes ces faces de charognards dépaissant la terre - la tuant !
Baader - Meinhof - Camarades d’amour - Camarades de misère - Camarades d’espoir escroqué - imperceptiblement la balance penche de votre côté :
QUELLE AUTRE ISSUE ? - le fascisme nous englobe inexorablement de sa gélatine translucide - "Fa douche" - "la France qui gagne nous aimons" - "fabriquons français, FABRIQUONS !" - encerclement infernaL. inéluctable - à travers des juke-box vitreux - musique emprise sentimentale pour esprits creux de trop étouffer dans le métro - de trop suer du cul sur des chaises de bureaux.
TROP TARD ! il n’est plus question de réfléchir - encore moins d’un quelconque discours - il n’y a plus que l’instinct de la bête traquée dans son authenticité même il ne reste plus que le geste terroriste - comme pour exorciser la mort de ce peu de sève qui nous reste - bien que sachant au fond de nous-mêmes qu’il est bien trop tard ..
bien trop tôt ! - plus d’instants à
perdre - dans les entonnoirs/sarcophages des stagnations - au fond/carton de l’indifférence généralisée - 1984 est à nos portes - des yeux anonymes vous épient - vous condamnent - les langues tournent indéfiniment dans les bouches que l’angoisse soude - l’internationale du silence - voici donc l’aboutissement du règne millénaire des christocrates, de leurs bâtards nazomarxistes (derniers avatards monstrueux) - le jour où mon Sten phallique vous couchera sur l’asphalte grise - sachez ma douloureuse tristesse de ne pas avoir pu me fondre en vous - du moins nos sangs s’enlasseront fertilisant la mort de la possession avide - (qu’elle crève !) - pour que renaisse la première orchidée solaire.
Jeux du corps et de l’esprit - 8 h 24 - Sèvre-Babylone - direction Auteuil pour nous autres - enchaînés temporels - les aiguilles coupe-gâteau sont une resurrection perpétuelle - mais jusqu’à quand ? - le quartz/radium est plus éternel que nous mais pas moins que l’instant ! - 8 h 27 - Ah ! connerie de bon dieu de "Kelton" à vingt balles au tabac du coin - le réveil sonne - l’horloge rythme la mort cellulaire invisible et pourtant là ! - sous l’oreiller - derrière des pas - Duroc - 8 h 30 ... et encore je ne m’appesantis pas sur les secondes - Ségur entre Abbesses et Javel il y a des jours, des mois ... des éternités - et sur ce petit cadran (suisse) tout juste trente minutes et quelques ombres sont passées - Le temps à raz des boggies d’analyser différentes formes de pieds - qui martèlent - qui martèlent l’espace temps - bien malgré eux - impossibilité de s’arrêter, de s’en retourner - il faudrait briser, laminer la lunùère - encore tout cela n’est qu’un sale rêve désespéré - utopie de l’action totale ... Il est 8 h 36 - sur le quai une chaleur utérine proche et tes radars cérébraux la trouvent amicale - rencontre de regards se refusant à se voir - paroles : pâleur "d’indicible désir" - et les rames métropolitaines/venteuses se succèdent à l’infini d’une tristesse insurmontable - un joint au creux des mains - de l’Afgan ! - et nos têtes se referment de plus en plus au fond de leurs peurs solitaires. Dans la rue les passants secouent leurs chevelures de serpents argentés (Paris sera toujours Paris !) - une écharpe autour du cou j’essaie de rabattre l’appel à la mort ... l’appel à la mort - sa tendresse de neige me caresse, féline, l’échine - de toutes façons les mecs ! - c’est perdu d’avance ... ou bien gagné ! - les lézards surveillent jalousement chaque interstice de leurs folies d’entre la pierraille blanche/crayeuse - mais mon pote -le soleil-le joli petit soleil s’est embrumé - la joie s’est embuée comme dans la nuit la vitre d’un compartiment humide et enfumé - au loin sourde la lune poreuse, bluesant l’éternel "retour... au revoir..." en un va-et-vient croupissant - un organiste de barbarie au foulard rouge - du côté de Saint-Ouen ou p’tê’t ben de Pantin - charrie des tonnes de cerises - l’arme au creux de la parole - la larme au cœur des yeux fard/pal - maints Camarades, mouches négligentes - se sont englués sur un mur se défédérant à la poussée du lierre brun - Flaschhh ... Flaschhhb ... flop ... Flaschhhh ... - chante la mer - y aurait- il d’autres espoirs que ceux imbéciles des bovidés ? - partout où tu te retourneras tu te verras cerné d’étoiles/miroirs crachant des dards sanglants.
Ce soir j’ai pleuré - des Camarades sont morts ... sont MORTS - pourriez-vous le comprendre, vous qui ne faites qu’exhaler votre peur - tristesse sans tristesse - presque mystique - non, non ne me jetez pas la pierre de la folie - Gundrun - petite nuit - petite fille solitude, tu tourbillonnes au Wahlala des enfants morts-nés de ne pouvoir aimer..........................................................................................ULRIKE MEINHOF......................JEAN-CARL RASPE.................GUNDRUN ENDSLIN..........ANDRÉAS BAADER ........j’ai pleuré, ne plus voir le présent !
sur un pont inconnu - large ... large me suis emporté - de la lassitude exacerbée a surgi un papillon multicolore
entre quatre murs blancs
entre quatre parois de béton.
... et à l’aurore, j’ai allumé un joint en un rite séculaire de celui qui accompagne, au pas de sa porte, le voyageur éternel - dehors il faisait jour depuis longtemps - mais la lampe - la petite lampe veillait toujours - bien qu’assourdie par la clarté solaire - vaillamment elle brisait - rien qu’un peu ! la solitude/boule/chat/ poils/doux - un microgramme de rosée vint se poser durant de longs siècles sur l’épaule fragile de la plante - aurore à l’horizon de la perception translucide - naissance de je ne sais plus quoi ! Camarades, mes Camarades ! ceux qui crurent en vous savent que votre mort fut un enfantement !

Philippe Struve




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