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Biographie de Pierre Ruff
Article mis en ligne le 19 mars 2017
dernière modification le 18 mars 2017

par ArchivesAutonomies
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RUFF, Pierre, Jules "EPSILON"

Né le 19 août 1877 à Alger - mort en déportation en 1945 ? - Professeur puis Correcteur - FRC - UA — CGT — Paris

Pierre Ruff, de famille bourgeoise et israélite, rompit avec sa famille et, bien que licencié ès mathématiques, exerça le métier de correcteur d’imprimerie. Il avait auparavant donné des cours comme professeur libre et demeurait 10 rue de l’Epée de Bois (5ème arr.). Son frère Paul sous le nom de Charles Lussy fut un militant du parti communiste puis socialiste.
Ruff, qui dès 1904, collabora à la revue Libre Examen (Paris, au moins 6 numéros de juin à décembre 1904) d’Ernest Girault puis en 1906 à L’anarchie, subit pendant sa vie militante de nombreuses condamnations pour propagande anarchiste ou antimilitariste. Il fut condamné le 14 septembre 1907, à trois ans de prison par la cour d’assises de la Seine, pour avoir, avec Goldsky et autres, rédigé et placardé un manifeste où les signataires s’élevaient contre la fusillade de Raon-l’Étape. Dans cette localité, une grève de chaussonniers durait depuis plusieurs semaines. Au cours d’une manifestation organisée par les grévistes le 28 juillet 1907, gendarmes et soldats firent usage de leurs armes ; il y eut deux morts et plusieurs dizaines de blessés.
En 1911 il était membre du Club anarchiste communiste dont le siège se trouvait au 25 rue de Clignancourt (XVIIIème arr.) adhérent à la Fédération révolutionnaire communiste (voir Albert Goldschild).
Membre de la Fédération communiste révolutionnaire et gérant de la revue Le Mouvement anarchiste (Paris, 7 numéros d’août 1912 à février 1913), il fut arrêté ainsi que Lecoin, secrétaire de la Fédération communiste anarchiste, en novembre 1912, et condamné à cinq ans de prison pour provocation au meurtre, à l’incendie et au pillage et fut notamment interné à la centrale de Beaulieu. En décembre 1916, alors que Ruff était libéré depuis un mois et Lecoin depuis quinze jours, ils furent arrêtés à nouveau "pour publication et distribution dans la rue d’un manifeste du Libertaire intitulé "Imposons la paix". L’année suivante, le 11 octobre 1917, la 10e chambre correctionnelle condamnait Ruff, ainsi que Bertho, Content, Le Meillour, Barbé et autres, à quinze mois de prison pour la publication sans autorisation, le 15 juin 1917, d’un numéro du Libertaire intitulé "Exigeons la paix". En août 1915, Pierre Ruff avait signé l’appel "Aux anarchistes, aux syndicalistes, aux hommes" avec Louis Lecoin. A l’issue de la Première Guerre mondiale, il adhéra, selon A. Barbé, au Parti communiste pendant quelque temps.
Après la guerre, Ruff continua sa collaboration au Libertaire et travailla comme correcteur (il adhéra au syndicat le 1er août 1920). Arrêté le 4 octobre 1930 et incarcéré à la Santé, il sera libéré après six mois de prison pour avoir écrit sous la signature d’Epsilon un article sur Clemenceau (cf. Le Libertaire, 24 avril 1931). Dans les années 1930 il demeurait 18 rue Vilin (20ème arr.).
A l’automne 1935 il avait été nommé à la commission administrative de l’UA où il avait remplacé P. Dhermy.
Au congrès de l’Union anarchiste, Paris, 12-13 avril 1936, Ruff présenta un rapport sur le fascisme. Il fut réélu membre de la commission administrative. Il demeurait à cette époque 18 rue Vilin (20ème arr.) et figurait sur la liste de vérification de domiciles d’anarchistes en région parisienne. Fin 1936 il rompait avec l’UA et tentait de constituer un nouveau groupement appelé Alliance libertaire et dont Liberté Neyrand aurait été nommé secrétaire.
Pendant l’Occupation allemande, il participa aux assemblées générales du syndicat des correcteurs. Il fut arrêté le 24 août 1942, interné en octobre, puis déporté en Allemagne, et interné sous le matricule 30.574 (Block 6) au Camp de Neuengamme où selon L. Louvet il aurait été envoyé au crématoire la veille de l’arrivée des Américains.

Œuvres : - L’Île des Cyprès ; - les Hétérodoxes.

Sources : APpo. non classées, rapport du 2 août 1941. — Archives du syndicat des correcteurs. — Louis Lecoin, Le Cours d’une vie, Paris, 1965. — Les Temps Nouveaux, n° 21, 21 septembre 1907 et n° 31, 30 novembre 1912. — CQFD, 23 décembre 1916 et 13 octobre 1917. — Souvenirs inédits de A. Barbé (Arch. J. Maitron). — A. Kriegel, Aux origines du communisme français, op. cit = Notice de J. Maitron in "Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier...", op. cit. // R. Bianco "Un siècle de presse anarchiste...", op. cit. // Bulletin du CIRA, Marseille, n°23-25, "Témoignages"...op. cit. // APpo BA 1899// CAC Fontainebleau 200 10216/170 & 171// Arc. Nat. F7/13503 //

Iconogr. : L. Lecoin, Le Cours d’une vie, 1965, pp. 64-65.

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Biographie extraite du dictionnaire international des militants anarchistes.




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