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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Carnaval à Strasbourg
{Matin d’un Blues}, n°2, sans-date, p. 70.
Article mis en ligne le 6 avril 2013
dernière modification le 18 novembre 2013

par ArchivesAutonomies
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"Et si demain ç’était ta ville, mieux vaut ne dormir qu’à moitié".
François Béranger

Ta ville, ma ville, un lieu de rencontres, un moment de dérives. Aujourd’hui ici et peut-être demain, plus loin, dans une autre ville. Parler avec d’autres, dire "comment" nous sommes venus, où nous vivons, rire, parler de notre devenir et de nos désirs les plus grands. Et soudain, il n’y a plus notre ville, nos amis sont cachés partout. Certains ont peur, d’autres moins ou pas. Quelque chose prend notre ville occupée par les forces de l’ordre. Et puis, peu à peu, l’on se regarde, on cherche qui est là de nos amis et l’on se parle à nouveau. L’angoisse et l’espoir se mêlent. Des cris encore étouffés, la nuit qui tombe, le silence et le bruit d’une veillée pas comme les autres : "l’on" cherche à nous "déposséder" alors que nous n’avons plus rien à perdre et que tout nous appartient. Bientôt, la colère sera grande .
Quelque temps ont passé déjà, et dans les rues circulent des petits groupes de gens déguisés, maquillés ou masqués. Tous convergent vers le parvis de la cathédrale de Strasbourg.
Mais à l’encontre des autres années, le préfet n’a que "toléré verbalement" le carnaval des voyous et le collectif n’a pas obtenu de salle pour faire un bal. Pourtant depuis 20 h 30, le nombre des participants s’accroît peu à peu. La fête commence -et des feux s’allument. Il y a quelque deux mille personnes qui dansent et tapent sur des bidons. Et l’on sait d’ores et déjà que ce carnaval ne sera pas comme les autres parce que ces temps-ci, la pression s’est faite trop forte ; ce soir sera celui de la consommation et de la destruction du sacré : Les portes latérales de la cathédrale sont ouvertes et l’on se livre au pillage, des milliers de cierges sont distribués. La fête est devenue débauche incontrôlable. Bientôt, les pavés enlevés à la chaussée passent de main en main. Et la première vitrine d’un des magasins proches de la cathédrale vole en éclats. La plupart des devantures seront ainsi brisées. Il s’agit de détruire plutôt que de piller. Ceux qui n’étaient que des carnavaliers sont devenus des barbares ....

Pascal




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