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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Résolution de la conférence des 17 et 18 janvier 1915
Article mis en ligne le 27 février 2019
dernière modification le 18 février 2019

par ArchivesAutonomies

Résolution I

La conférence constate que le capitalisme, sous sa forme impérialiste et se manifestant par l’accroissement constant des armements par la pratique sans scrupule d’une politique d’agrandissement et par l’action d’une diplomatie secrète irresponsable, a fini par amener le monde à la catastrophe actuelle, prévue et annoncée par la social-démocratie.

Au moment même où l’humanité entière est remplie d’horreur par les dévastations et les massacres que cette guerre a multipliés, la conférence désire exprimer la ferme et vigoureuse volonté de paix qui existe dans les populations représentées à la conférence.

La conférence considère que le but principal de sa réunion est de fortifier la volonté publique qui, dans tous les pays, sans doute, réclame la fin de la guerre par une paix durable.

Elle se tourne donc, dans ce but, vers tous les ouvriers social-démocrates et particulièrement vers ceux qui appartiennent aux pays belligérants, en s’appuyant sur les principes de la solidarité internationale et sur les sentiments de justice du prolétariat, proclamés par tous les congrès internationaux. Ceux-ci ont été fixés au congrès de Copenhague, en 1910, dans la résolution contre la guerre, obligeant les élus parlementaires à travailler :

a) à l’établissement de l’arbitrage obligatoire entre nations ;

b) à la réduction des armements en vue d’aboutir au désarmement général ;

c) à l’abolition de l’action secrète de la diplomatie et à l’établissement de la responsabilité des parlements en matière de politique étrangère ;

d) à la reconnaissance du libre arbitre des peuples et à encourager leurs efforts contre les entreprises guerrières et l’oppression par la violence.

La conférence considère comme un devoir pour tous les partis socialistes de travailler à l’avènement prochain de la paix et de s’appliquer sérieusement et aussi vigoureusement que possible à la recherche des conditions de paix qui ne renfermeront aucun germe de guerres nouvelles et qui pourront servir de base au désarmement général et à la démocratisation de la politique internationale.

La conférence proteste contre la violation du droit international au préjudice de la Belgique et exprime l’espoir que la social-démocratie de tous les pays belligérants s’opposera énergiquement à toute annexion violente contraire au libre arbitre des peuples.

La conférence affirme donc à nouveau les principes de l’Internationale et invite le Bureau socialiste international à réunir, aussitôt qu’il le jugera convenable, et au plus tard au début des négociations relatives à la paix, un congrès des partis socialistes pour délibérer sur les exigences que ceux-ci auront à formuler quant aux conditions de paix. C’est là u ne mesure nécessaire pour éviter que les conditions de paix ne soient fixées sans la collaboration des travailleurs et contre leur volonté.

La conférence invite donc les ouvriers de tous les pays à réunir leurs efforts en vue d’une paix prochaine.

La guerre universelle, avec toutes ses horreurs, n’a été possible que parce que les capitalistes détiennent encore le pouvoir. La conférence invite en conséquence les ouvriers à faire tous leurs efforts pour la conquête du pouvoir politique, afin d’écraser l’impérialisme et pour que la social-démocratie internationale puisse accomplir sa mission émancipatrice des peuples !

Résolution II

La conférence engage la social-démocratie des pays neutres à demander, par l’intermédiaire de ses représentants ou par tout autre moyen convenable, aux gouvernements de ces pays de considérer, séparément ou en commun, la possibilité d’offrir, avec chance de succès, leurs bons offices de médiation aux gouvernements des pays belligérants, en vue d’une paix prochaine et durable.

Résolution III

La conférence, ayant appris que cinq membres de la Douma russe, réunis pour rédiger un rapport pour la présente conférence, ont été arrêtés à cause de cet acte, exprime sa sympathie à ces cinq membres de notre parti et proteste énergiquement contre un tel procédé à l’égard de représentants qualifiés de la classe ouvrière. [1]