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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Résolution de la conférence internationale des femmes
Article mis en ligne le 27 février 2019
dernière modification le 18 février 2019

par ArchivesAutonomies

La cause de la guerre actuelle est le capitalisme impérialiste. Elle a été amenée par la concurrence économique des classes gouvernantes et exploitrices des différents pays qui luttent pour étendre leur exploitation et leur domination au-delà des frontières de chaque nation, cherchant en même temps de consolider à jamais, par ce moyen, leur pouvoir sur les peuples de leur propre pays.

De plus, les intérêts de la finance internationale et des fournisseurs de l’armée créent la convoitise de la guerre et contribuent ainsi à la faire déclarer.

C’est l’histoire seule qui dira la part de responsabilité des gouvernements et de la diplomatie de chacun des grands pays.

Cette guerre mondiale, qui dure depuis huit mois, a détruit d’immenses richesses, des trésors de culture et de civilisation. Elle a amoncelé des hécatombes de vies humaines et foulé aux pieds ou déshonoré les meilleures conquêtes et les idéals les plus élevés de l’humanité.

A son début, elle brisa le droit des peuples, ce qui amena, pour la petite Belgique neutre, la plus affreuse des catastrophes.

Elle menace maintenant d’épuiser complètement tous les peuples en guerre et de détruire toutes les forces socialistes, l’expression du développement futur de ces pays.

Cette guerre est surtout en complète contradiction avec les intérêts de la classe ouvrière des pays belligérants et aussi des pays neutres.

Sous le couvert du mot d’ordre faux et trompeur de "devoir patriotique" pour la défense des intérêts de la patrie, la guerre prend le bien et la vie des travailleurs et fait que leur dévouement, leur énergie, leur ardeur infatigable dans la lutte sont dépensés pour les intérêts capitalistes. C’est ainsi que les meilleures forces de la classe ouvrière sont mises au service des classes gouvernantes.

Ce même mot d’ordre unit les prolétaires des pays belligérants avec leurs exploiteurs et maîtres, en même temps qu’il les désunit internationalement d’avec leurs frères d’au-delà des frontières.

La guerre substitue à la "lutte de classe" pour l’amélioration du sort des travailleurs et leur libération future, l’union des classes, le "bloc national" et à la solidarité internationale des prolétaires de tous les pays la désunion internationale et le fratricide.

Elle sépare les peuples, non seulement par les fleuves de sang qui coulent des champs de bataille, mais aussi par le déchaînement des haines hideuses, des calomnies, des accusations que soulève et entretient un misérable et bas chauvinisme, déshonneur et honte de toutes les nations.

La guerre mondiale paralyse et corrompt "la lutte de classe" du prolétariat à l’intérieur de chaque pays et rend difficile, sinon impossible le mouvement national contre l’ennemi mortel : le régime capitaliste. Elle lie et enchaîne la classe ouvrière, l’arrête dans l’accomplissement de sa grande mission historique : la libération du prolétariat par le commun effort du prolétariat du monde entier.

Pour toutes ces raisons, la conférence internationale des Femmes socialistes déclare la guerre à la guerre.

Elle veut qu’il soit immédiatement mis fin aux horreurs des tueries entre les peuples. Elle veut une paix sans annexion, sans conquête, reconnaissant le droit à l’autonomie de toutes les nationalités, si petites soient-elles et sans conditions humiliantes ou insupportables pour aucun des pays belligérants.

Une paix telle qu’elle établira les conditions nécessaires pour que le prolétariat se détourne du nationalisme bourgeois, que les partis socialistes et les organisations ouvrières puissent reprendre en toute liberté la "lutte de classe", s’unir en phalanges serrées, en pleine conscience de leur but, autour du drapeau rouge du socialisme international.

La conférence internationale des Femmes socialistes est convaincue que seule la volonté inébranlable des masses ouvrières des pays belligérants, soutenue fermement par la solidarité active des socialistes et des prolétaires des pays neutres, pourra mettre fin à cette guerre.

C’est le devoir le plus sacré des femmes socialistes que de prendre courageusement l’initiative de cette lutte, de la mener avec dévouement et avec tous les sacrifices qu’elle exigera. Il faut que, par leurs efforts, le désir de paix né des souffrances de la guerre, surtout chez les femmes prolétaires, se transforme en une volonté consciente et agissante.
La conférence engage les femmes socialistes et ouvrières à ne pas perdre un seul instant, à ne point laisser une seule occasion pour proclamer leur volonté de paix. Et, sans craindre ni les obstacles, ni les dangers, ni les persécutions, à recourir à tous les moyens pour affirmer, avec leur volonté de paix, leur sentiment de solidarité internationale (...)

L’action des femmes socialistes doit être le précurseur de l’action générale des masses ouvrières pour terminer la lutte fratricide. Elle doit être un fait important pour la reconstitution de l’Internationale ouvrière et socialiste. [1]