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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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A la jeunesse socialiste de tous les pays
1er septembre 1915
Article mis en ligne le 27 février 2019
dernière modification le 1er mars 2018

par ArchivesAutonomies

Amis, camarades ! Dans tous les pays une partie des socialistes s’efforce vigoureusement de mettre fin à la plus épouvantable de toutes les guerres en reprenant la lutte de classe. Une partie des camarades allemands s’efforcent inlassablement et dans les conditions les plus difficiles de réaliser ce but. Nous nous souvenons encore tous des luttes héroïques de nos camarades italiens contre la guerre, des luttes qui comptent parmi les actes les plus importants de tout le mouvement prolétarien. Maintenant déjà le prolétariat italien se prépare, grâce à sa puissance et à sa cohésion, à rendre plus difficile, voire totalement impossible, le massacre de ses fils. Des camarades fidèles à leurs principes agissent et travaillent en France, en Russie, en Pologne, en Autriche, en Grande-Bretagne, en Serbie et dans tous les autres pays, afin de réaliser l’entente entre les peuples et la fraternité humaine.

Camarades ! Jeunes socialistes ! Les gouvernements réactionnaires de sang, soutenus par les chefs ouvriers social-patriotes, pour la honte du prolétariat, essaient par tous les moyens les plus brutaux d’empêcher les luttes héroïques de nos camarades et d’étouffer dans les prisons leurs appels à la paix. En Allemagne comme en Italie, en Russie comme en France, nos camarades et amis ont été emprisonnés. Les gouvernements de tous les pays rivalisent aujourd’hui dans le meurtre de leurs fils et pour abattre tout effort de paix. Innombrables sont les victimes que nos camarades sacrifient sur l’autel de la liberté. La situation actuelle exige une aide et un soutien urgents et rapides à nos camarades en lutte pour empêcher les gouvernements de vaincre et de noyer dans une mer de sang les derniers restes d’humanité et de liberté, malgré le courage et les sacrifices de nos amis.

C’est à vous, camarades, jeunes socialistes de tous les pays, d’apporter cette aide aux amis gravement menacés. Vous qui, par la conférence de Pâques 1915, à Berne, et par le maintien des relations mutuelles avez prouvé que les idées généreuses et libératrices de la fraternité socialiste internationale sont restées bien vivantes dans vos esprits et dans vos cœurs, vous devez maintenant entrer dans la lutte révolutionnaire pour la paix et la liberté.

Nous vous appelons partout et dans tous les pays à soutenir efficacement et de toutes vos forces toutes les actions révolutionnaires et les luttes de classe.

Collaborez comme orateurs aux séances et assemblées, répandez tracts et journaux incitant à des actions de lutte de classe internationales ; sans relâche faites de l’agitation de bouche à oreille auprès de vos collègues de travail, de vos amis, de vos parents. Les gouvernements de tous les pays et la presse servile tentent de cacher les efforts de paix et l’activité révolutionnaire de nos camarades et de précipiter les peuples dans un vertige toujours plus grand de haine et de colère aveugles, par des mensonges et de fausses nouvelles. Camarades, déchirez partout ce tissu de mensonges. Vous, amis d’Italie, de France, de Russie et d’Angleterre, racontez ce qu’une partie de vos camarades allemands et autrichiens font pour la paix. Et vous, camarades d’Allemagne et d’Autriche, dites dans vos pays quelles luttes pleines de sacrifices mènent pour la paix les ouvriers d’Italie, de Russie, de France, d’Angleterre et des autres pays. Camarades ! La situation de notre classe est grave, mais elle n’est pas sans espoir. La reprise d’une lutte de classe énergique, par la majorité des ouvriers socialistes ayant un but clair, permet d’envisager la possibilité d’une victoire. L’heure de l’action a sonné. Une deuxième campagne d’hiver augmentera considérablement les souffrances et la misère des masses ouvrières dans tous les pays. La base pour un soulèvement révolutionnaire existe. Semons !

Les jeunes socialistes doivent devenir, dans tous les pays, l’avant garde des combattants révolutionnaires de la paix. Nous voulons nous consacrer sans réserves à la lutte d’émancipation prolétarienne. Il vaut cent fois mieux mourir dans les prisons comme victimes de la lutte révolutionnaire que de tomber sur le champ de bataille en lutte contre nos camarades d’autres pays, pour la soif de profit de nos ennemis.

Jamais les conférences bourgeoises pour la paix n’empêcheront les guerres, même si elles le voulaient et étaient bien préparées. Seule la puissance du prolétariat et son action révolutionnaire pourront arrêter la course aux profits et à la soif de sang des exploiteurs.

Camarades ! Organisations des jeunes socialistes de tous les pays ! Nous vous appelons à proclamer par de puissantes manifestations dans tous les pays votre volonté inébranlable d’agir infatigablement contre le militarisme et pour le socialisme. Le même jour, le 3 octobre 1915, nous voulons nous unir. Les camarades de Copenhague, de Christiania, de Stockholm, de Paris et de Berlin doivent savoir qu’à l’heure même où ils manifestent pour la paix et le socialisme, leurs amis d’Amsterdam, de Vienne, de Bucarest, de Rome et d’autres villes en font autant.
Nous adressons un pressant appel à tous les partis socialistes et aux syndicats de tous les pays pour qu’ils soutiennent énergiquement, par une participation massive, l’action des jeunes.
Nous attendons surtout une forte participation des femmes et des mères des jeunes gens condamnés à la boucherie.

Debout, jeunes socialistes de tous les pays. Que vos idées s’expriment et que vos actes suivent vos paroles !

Vive l’Internationale de la jeune génération ouvrière qui apportera aux peuples la paix et la liberté. Vive la lutte contre l’assassinat des peuples. Vive la lutte pour le plus haut idéal de l’humanité, le socialisme. [1]