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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Le communiqué officiel
Article mis en ligne le 27 février 2019
dernière modification le 18 février 2019

par ArchivesAutonomies

Le communiqué de presse publié après la conférence résume les faits qui ont conduit à la convocation de la conférence, les débats et les décisions prises, parmi lesquelles la constitution d’une commission socialiste internationale qui allait prendre la place du Bureau socialiste international, paralysé à La Haye.

Préliminaires

Du 5 au 8 septembre 1915 a eu lieu à Zimmerwald (Suisse) une conférence socialiste internationale, depuis le commencement de la guerre la première réunion générale des socialistes internationaux.

La guerre a détruit subitement les relations internationales du prolétariat. Cela n’était pas seulement une interruption superficielle des anciennes relations. Les partis socialistes et les organisations ouvrières des divers pays ont quitté non seulement le terrain de la lutte de classe, mais aussi celui de la solidarité internationale. Aujourd’hui encore les tendances nationalistes prévalent. Les antagonismes nationaux, qui déterminaient avant la guerre la politique des gouvernements bourgeois et qui toujours étaient combattus par le prolétariat, se sont emparés de la classe ouvrière dès le commencement de la guerre. Cet antagonisme nouveau s’accentua encore par l’attitude de la presse ouvrière qui, dans divers pays, se mit au service des gouvernants. En soutenant leur politique de guerre, souvent même leurs buts de guerre et leurs intentions de conquête, elle prêchait comme un nouvel évangile social la solidarité nationale avec les oppresseurs en remplacement de la solidarité internationale du prolétariat.

Dans ces circonstances, le Bureau socialiste international ne pouvait plus suffire à ses tâches. Les relations normales entre lui et les partis affiliés ont cessé. Le Bureau ne mène plus qu’une existence d’apparence.

Pour rétablir les relations internationales et amener, conformément aux décisions des congrès de Stuttgart, de Copenhague et de Bâle une action commune contre la guerre et pour la paix, les partis socialistes des pays neutres ont fait des tentatives réitérées.

Dans ce sens a eu lieu au mois de septembre 1914, à Lugano, une conférence socialiste italo-suisse. Au Comité directeur du parti suisse a été confié le mandat de rétablir, sur la base des décisions des congrès internationaux, les relations avec les partis des pays belligérants et neutres. Entre-temps, le camarade hollandais Trœlstra a entrepris un voyage, afin d’influencer dans un sens analogue les comités directeurs des partis. Mais ses efforts n’aboutirent qu’au transfert du Bureau socialiste international de Bruxelles à La Haye, cependant sans avoir l’effet d’un travail commun des partis socialistes. Encore pendant le voyage de Trœlstra, les socialistes américains ont lancé une invitation à un congrès international qui aurait dû avoir lieu à Washington. Les camarades américains ont offert de se charger des frais du congrès et des délégations. Le plan échoua, le congrès n’eut pas lieu. Au mois de janvier de cette année siégeait à Copenhague une conférence des socialistes des pays neutres du nord. Elle se limita à établir un programme général pour la paix, sans se prononcer sur les conditions préliminaires de sa réalisation. Plus tard, des efforts privés et officieux ont été faits auprès du Bureau socialiste international pour le rétablissement des relations internationales. Mais la conférence des socialistes des pays alliés à Londres, ainsi que la conférence socialiste de la Duplice à Vienne ont prouvé que ses efforts étaient restés vains et que de nouvelles tentatives n’auraient guère un autre résultat. Cette opinion fut confirmée lorsque le Comité directeur du Parti socialiste suisse invita le Bureau socialiste international à convoquer, à plus bref délai, une séance du bureau avec l’assistance de représentants des divers pays. Cette démarche également resta sans résultat et échoua devant le refus du parti français de donner son assentiment à cette invitation. Ensuite, le Comité directeur du parti suisse, agissant toujours d’accord avec la direction du parti italien, invita les partis socialistes des pays neutres à une réunion qui aurait dû avoir lieu le 30 mai à Zurich. La plupart des partis invités ne répondirent ou pas du tout, ou négativement.

On constata que tous les efforts faits pour le rétablissement des relations socialistes internationales n’aboutissaient à aucun résultat, qu’une action commune des partis socialistes, voire même la simple tentative d’un échange de vues, n’était pas possible aussi longtemps que quelques partis officiels se placent sur le terrain du patriotisme et de la politique de guerre de leurs gouvernements. Dans ces conditions, tout effort ultérieur de réunir les représentants des partis socialistes officiels était inutile. Contrairement à la théorie, la pratique donnait la preuve qu’il est impossible d’être en même temps nationaliste et internationaliste, que, pratiquement, il faut choisir entre l’un et l’autre. Ainsi, on a renoncé à d’autres tentatives, soit avec ou sans la collaboration du Bureau socialiste international, pour réunir les partis affiliés à ce bureau et dans l’intention de se livrer à un travail commun et d’exécuter les décisions solennellement sanctionnées par les congrès antérieurs.

En se basant sur ces faits et expériences, le Comité directeur du parti italien, réuni le 15 mai 1915 à Bologne, d’accord avec des socialistes d’autres pays et à l’appui du rapport du citoyen Morgari, qui avait conféré avec des camarades des pays belligérants et neutres, a décidé de prendre l’initiative de convoquer une conférence internationale. Des invitations furent adressées à tous les partis, organisations ouvrières ou groupes, dont on savait qu’ils respectaient les anciens principes et résolutions de l’Internationale ouvrière et desquels on pouvait supposer qu’ils seraient prêts à dénoncer la politique de la trêve nationale et à collaborer à une action commune simultanée des socialistes des divers pays contre la guerre sur la base de la lutte de classe prolétarienne. En se ralliant aux décisions du Comité directeur du parti italien, des délibérations entre socialistes suisses et italiens ont eu lieu, aboutissant tout d’abord à une réunion préliminaire le 11 juillet 1915, à Berne. A cette réunion, on fixa les lignes de conduite de la conférence projetée. On tombait d’accord que la conférence à convoquer n’aurait nullement comme but la création d’une nouvelle Internationale, mais la tâche serait plutôt de rassembler le prolétariat pour une action de paix commune, de créer un centre d’action et d’essayer de ramener la classe ouvrière à sa mission historique. On décida d’envoyer les invitations selon les conditions établies par le Comité directeur du Parti socialiste italien.

Les délibérations

Diverses lettres de félicitations, entre autres d’un membre du Reichstag allemand n’ayant pu assister à la conférence pour des raisons particulières, sont parvenues. Après les affaires formelles, la conférence a entendu les rapports de situation des divers pays. Les délégués des pays belligérants renseignèrent principalement sur les conditions du parti et du mouvement ouvrier, survenues depuis le commencement de la guerre. Ils dépeignirent les événements constituant la rupture des relations internationales et exprimèrent à l’unanimité leur opinion que la guerre impérialiste ne peut être envisagée comme une méthode de lutte de classe, mais que la lutte pour la paix ne promettait du succès que si elle est menée sur une base internationale. Dans cette lutte, les intérêts du prolétariat ne peuvent être sauvegardés que par une action commune de la classe ouvrière de tous les pays belligérants, soutenue activement par les socialistes des Etats neutres. Les ouvriers socialistes de tous les pays saluent la conférence de ce jour et le prolétariat des pays belligérants, d’autant plus que tous les efforts faits dans ce sens ont échoué jusqu’à présent et vu que le refus du parti d’un pays de chercher une entente internationale pendant la guerre servait toujours de prétexte à justifier la politique outrancière dans l’autre pays. Toutefois, l’intérêt de la classe ouvrière exige la cessation immédiate de la guerre, qui est contraire aux besoins les plus élémentaires des peuples et a dévoilé toujours davantage son caractère de guerre impérialiste de conquête.

Une discussion sur ces comptes rendus, dont nous donnons ici le contenu en grands traits seulement, n’a pas eu lieu. On était d’avis qu’il ne pouvait pas être question d’une discussion approfondie sur la tactique poursuivie par les divers partis.

A part les rapports généraux sur la situation l’action du prolétariat pour la paix constituait l’objet principal à l’ordre du jour. A ce sujet, une déclaration collective était présentée par les délégations française et allemande. Ainsi avait déjà été fait un bon pas en avant et pour la réussite de la conférence. Toute action de paix prolétarienne aurait été vaine sans une entente entre les délégués d’Allemagne et de France c’est-à-dire des deux pays dont les partis socialistes sont séparés nationalement par un antagonisme de leurs gouvernements. C’est en applaudissant que la conférence prit connaissance de cette déclaration, dont voici la teneur :

Déclaration commune des socialistes et des syndicalistes franco-allemands

Après un an de carnage, le caractère nettement impérialiste de cette guerre s’est de plus en plus affirmé ; c’est la preuve qu’elle a ses causes dans la politique impérialiste et coloniale de tous les gouvernements qui resteront responsables du déchaînement de ce carnage.

Les masses populaires furent entraînées dans cette guerre par l’union sacrée constituée dans tous les pays par les profiteurs du régime capitaliste, qui lui ont donné l’apparence d’une lutte de races, de défense des droits et des libertés. C’est sous l’impulsion de ces sentiments que, dans chaque pays, une très grande partie des forces ouvrières d’opposition ont été submergées par le nationalisme et, depuis, une presse aux ordres du pouvoir n’a cessé d’en accentuer le caractère.

Aujourd’hui les chauvins de chaque nation assignent à cette guerre un but de conquête par l’annexion de provinces ou de territoires ; ces prétentions, si elles se réalisaient seraient, des causes de guerres futures.

En opposition à ces ambitions, des minorités résolues se sont dressées dans toutes les nations, s’efforçant de réaliser les devoirs affirmés dans les résolutions des congrès socialistes internationaux de Stuttgart, de Copenhague, de Bâle. Il leur appartient, aujourd’hui plus que jamais, de s’opposer à ces prétentions annexionnistes et de hâter la fin de cette guerre qui déjà, a causé la perte de tant de millions de vies humaines fait tant de mutilés et provoqué des misères si intenses parmi les travailleurs de tous les pays.

C’est pourquoi nous socialistes et syndicalistes français et allemands, nous affirmons que cette guerre n’est pas notre guerre, que nous réprouvons de toute notre énergie la violation de la Belgique, solennellement garantie par les conventions internationales admises par tous les Etats belligérants. Nous demandons et ne cesserons de demander qu’elle soit rétablie dans toute son intégrité et son indépendance.

Nous déclarons que nous voulons la fin de cette guerre par une paix prochaine établie sur des conditions qui n’oppriment aucun peuple, aucune ’nation. Que nous ne consentirons jamais à ce que nos gouvernements respectifs se prévalent de conquêtes qui porteraient fatalement dans leur sein le germe d’une nouvelle guerre. Que nous œuvrerons, dans nos pays respectifs, pour une paix qui dissipera les haines entre nations, en donnant aux peuples des possibilités de travailler en commun.

Une telle paix n’est possible, à nos yeux, qu’en condamnant toute idée, toute violation des droits et des libertés d’un peuple. L’occupation de pays entiers ou de provinces ne peut aboutir à une annexion.

Nous disons donc : pas d’annexions effectives ou masquées. Pas d’incorporations économiques forcées, imposées, qui deviendraient encore plus intolérables par le fait consécutif de la spoliation des droits politiques des intéressés. Nous disons que le droit des populations de disposer de leur sort doit être rigoureusement observé.

Nous prenons l’engagement formel d’agir inlassablement dans ce sens dans nos pays respectifs, pour que le mouvement pour la paix devienne assez fort pour imposer à nos gouvernements la cessation de cette tuerie.

En dénonçant l’union sacrée, en restant fermement attachés à la lutte de classe qui servit de base à la constitution de l’Internationale socialiste, nous, socialistes et syndicalistes français et allemands, puiserons la fermeté de lutter parmi nos nationaux contre cette affreuse calamité et pour la fin des hostilités qui ont déshonoré l’humanité.

Pour la délégation française : A. Merrheim, A. Bourderon.

Pour la délégation allemande : Adolf Hoffmann, Georges Ledebour.

Le manifeste

La délégation du Comité national polonais, le Comité central russe, les Lettons, les Suédois et les Norvégiens soumirent un projet de résolution devant fixer le point de vue de principe de la conférence. L’exposé des motifs à cette résolution disait qu’un manifeste de paix ne serait guère possible sans une déclaration de principe à l’égard de la guerre mondiale et de la débâcle de l’Internationale, qu’il fallait être au clair sur les conditions et l’objectif de cette action de paix. La lutte pour la paix n’est possible qu’après la dénonciation de la politique outrancière bourgeoise. Cette lutte, dans son essence et ses moyens, devra être d’un caractère révolutionnaire. Une action de paix ne devra pas se borner simplement au but de la paix. Par suite des antagonismes sociaux très prononcés, l’action de paix se transformera en une lutte pour le socialisme. La seconde tâche de la social-démocratie serait donc de déterminer l’essence de l’action de paix par le mode de propagande. Les dangers de l’impérialisme ne peuvent être enrayés à l’intérieur de la société bourgeoise ; partant, la lutte pour la paix devra être en même temps la lutte révolutionnaire contre le capitalisme.

En face de cette conception, plusieurs participants objectèrent qu’une discussion de principe et la fixation d’un programme général dépasseraient le but de la conférence proposé par ses organisateurs et en raison duquel la participation des divers pays a été consentie.

Bien qu’une nouvelle orientation de la politique socialiste internationale fût importante, cela ne pourrait être la tâche de cette conférence. Il fallait éviter jalousement toute apparence que cette conférence voulait amener une scission et créer une nouvelle Internationale. C’est précisément ce qui arriverait si l’on adoptait la résolution présentée, qui propose en outre des moyens de lutte devant être écartés complètement de la discussion de ce jour. La conférence ne doit pas devenir l’instrument d’une tendance quelconque, mais plutôt chercher à déclencher une action de paix du prolétariat international, à laquelle pourront collaborer tous les éléments ayant une conception socialiste, combattant la trêve nationale et agissant pour une cessation rapide des hostilités sans égard à la situation militaire dans les divers pays. Il ne fallait donc pas chercher à semer la discorde, mais à amener la concorde. Pour ce but, une résolution n’était donc nullement nécessaire. Ce qui était urgent avant tout, c’était un manifeste au prolétariat d’Europe, indiquant clairement les faits et qui appellerait la classe ouvrière à une action unie, à la reprise de la lutte de classe. Dans ce sens, un projet a déjà été élaboré par des camarades qui ont aussi préparé le projet de résolution.

Tacitement, la conférence se décida pour le manifeste. Au cours de la discussion, deux autres projets furent encore présentés. Tous les trois projets ont été renvoyés à une commission qui présenta ensuite a la conférence un projet définitif lequel, après quelques modifications insignifiantes, fut accepté avec enthousiasme et à l’unanimité. Les auteurs du projet de résolution votèrent également pour le projet de la commission en déclarant qu’ils auraient aimé faire ressortir davantage certains faits et circonscrire plus clairement les moyens de lutte, mais, puisqu’il s’agissait d’un appel à la lutte, ils combattraient coude à coude avec les autres parties de l’Internationale pour collaborer à l’union et à l’action commune.

Sur le désir des délégations française et allemande, il a été décidé de faire signer le manifeste personnellement par la délégation de chaque pays. On faisait ressortir que ceux qui voulaient combattre pour la paix aujourd’hui, travailler pour l’idéal du socialisme et le rétablissement des relations internationales du prolétariat devaient aussi avoir le courage de se faire connaître en public par leur nom et par leur personne, ainsi que d’assumer la responsabilité pour les décisions prises. Ainsi seulement la classe ouvrière pourra regagner de la confiance et se déclarer prête à reprendre la lutte. Cette proposition fut approuvée à l’unanimité.

Naturellement l’action de paix du prolétariat n’est pas épuisée par la publication d’un manifeste de la part de ses représentants. Par une collaboration ininterrompue, allant sans cesse en augmentant, de toutes les forces prolétariennes, il sera possible de gagner l’influence nécessaire pour forcer les gouvernants à cesser ces horribles massacres entre les peuples. Le Bureau socialiste international serait l’instance prédestinée pour favoriser l’action de paix du prolétariat, ainsi que pour établir et maintenir les relations nécessaires entre les partis socialistes. Mais, en ce moment, ce bureau n’est pas à même de remplir cette tâche. Tant que cela n’est pas le cas, il faut créer une autre instance pour remplir cette mission. La conférence a donc pris la décision d’instituer provisoirement une

Commission socialiste internationale

et Berne a été désigné comme son siège. Ont été nommés membres de cette commission : O. Morgari, député italien, les conseillers nationaux Charles Naine et Robert Grimm, ainsi que la camarade Angelica Balabanova, comme traductrice intermédiaire. La commission installera à Berne un secrétariat provisoire qui servira d’intermédiaire entre les divers partis et renseignera les organisations affiliées sur les événements survenant et sur le cours de l’action de paix ; dans ce but elle publiera un bulletin paraissant périodiquement. Ce secrétariat ne devra se substituer en aucune manière au Bureau socialiste international ; il sera dissout aussitôt que ce dernier pourra remplir à nouveau sa mission.

L’unanimité témoignée par la conférence dans toutes les décisions mentionnées jusqu’ici se manifesta d’une manière aussi cordiale pour l’adresse de sympathie ci-après, formulée par le bureau sur la proposition de la délégation française :

Adresse de sympathie

La conférence socialiste internationale envoie l’expression de sa sympathie la plus profonde aux victimes innombrables de la guerre, au peuple polonais, au peuple belge, au peuple juif, au peuple arménien, à tous les millions d’êtres humains qui se débattent dans des souffrances inouïes, victimes d’horreurs sans précédent dans l’histoire, immolés à l’esprit de conquête et à la rapacité impérialiste.

La conférence salue la mémoire du grand socialiste Jean Jaurès, première victime de la guerre, tombé comme martyr dans sa lutte contre le chauvinisme et pour la paix, et les militants socialistes Toutsovitch et Catanesi qui ont expiré sur les sanglants champs de bataille.

La conférence envoie l’expression de son ardente et fraternelle sympathie aux membres de la Douma exilés en Sibérie, qui continuent la glorieuse tradition révolutionnaire russe ; aux camarades Liebknecht et Monatte qui, dans leur pays, ont mené courageusement la lutte contre la trêve nationale ; à Clara Zetkin et Rosa Luxembourg, emprisonnées à cause de leur foi socialiste ; aux camarades de toutes les nationalités poursuivis ou emprisonnés pour avoir lutté contre la guerre.

La conférence s’engage solennellement à honorer les vivants et les morts en suivant l’exemple de ces courageux camarades, en travaillant sans trêve pour éveiller l’esprit révolutionnaire dans les masses du prolétariat international et à les unir dans la lutte contre la guerre fratricide et contre la société capitaliste.

Après une durée de quatre jours prirent fin ces délibérations pleines d’entente, animées de l’esprit d’une ferme volonté et d’une solidarité fraternelle. Après des remerciements adressés aux camarades Angelica Balabanova et Roland-Holst ayant fonctionné comme secrétaires et traductrices d’une façon magistrale, la conférence a été close le mercredi, dans la nuit. Les participants se quittèrent en se promettant de vouloir poursuivre énergiquement l’œuvre commencée, de travailler avec ténacité à la consolidation des liens de solidarité internationale, ayant tous la conscience que cette conférence a été le premier pas nécessaire au rétablissement des relations internationales et de l’action socialiste internationale [1].