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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Préavis de grève dans les QHS
{Matin d’un Blues}, n°1, (Fin 1978 ?), p. 20.
Article mis en ligne le 6 avril 2013
dernière modification le 18 novembre 2013

par ArchivesAutonomies
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Répression, racisme, humiliation, violation de nos droits de défense, provoca­ions, vioknces physiques ont été les mé­thodes totalitaires employées par BONALDÏ, directeur de la Santé, BEAUNE, directeur de Fresnes, BANCE, directeur de Fleury-Mérogis à rencontre des dé­tenus de leur "Quartier de Haute Sécu­rité" respectif. Refus total d’tumamsation, de dialogue, du respect des droits de l’homme les plus élémentaires.
Recherche de la destruction mentale et physique du détenu, cautionnée par le Pouvoir en place et l’indifférente com­plicité de Monsieur EYMARD, directeur général des prisons, qui refuse au "détenu" le droit d’être, le droit de penser, le droit de s’exprimer, le droit à un pro­gramme constructif pour appliquer au nom de sa toute puissance le négativisme d’un programme destructeur et répressif indigne d’une démocratie.
Les Quartiers de haute sécurité sont la forme futuriste de la peine capitale. On y assassine le mental en mettant en place le système de l’oppression carcé­rale à outrance, conduisant à la mort par misère psychologique. Loin de protéger la société, c’est l’usine à fabriquer les fauves et assassins de demain.
Depuis toujours, NOUS, détenus des Quartiers de haute sécurité, demandons "le dialogue" pour l’établissement d’un programme de détention conforme aux promesses et engagements faits et "non tenus" pat le Chef de l’État en 1974.
Nous réclamons des réunions de groupes, du travail, la possibilité d’étudier avec le concours de professeurs, le respect de notre religion dont la pratique nous est interdite, des activités sportives et intellectuelles pour être autre chose que les "objets pénitentiaires" a du totalitarisme de la politique carcérale actuelle. Nous réclamons "une prise de position des mouvements et partis de l’opposition" face à ces goulags français. Nous demandons l’intervention de la Commission des droits de l’homme, des avocats et le soutien du Comité d’Action des Prisonniers. Nous ne réclamons rien d’autre que le droit d’être autre chose que du "bétail carcéral", voué à l’assassinat mental orchestré par le pouvoir dictatorial des Bonaldi, des Beaune. des Bance et de leurs semblables.
Par la "non-violence", nous, Taleb HADJADJ. Roger KNOBELSPIESS, Jacques MESRINE, François BESSE, Jean-Marie BOUDIN, Michel DESPOSITO, Daniel DEBRIELLE et tant d’autres, avons dans la "grève de la faim", cher­ché à sensibiliser l’opinion publique à plusieurs reprises au cours de l’année 1977. L’administration pénitentiaire a répondu par la répression sournoise, la vio­lence, le racisme et le mitard. Nous nous refusons à nous taire et continuerons à dénoncer : l’abus de pouvoir, l’injus­tice, le sadisme, l’arbitraire, le non-res­pect de nos droits... armes employées pour nous détruire.
Pour début janvier, soutenus par le C.A.P., le Comité Travailleur Justice et d’autres soutiens, nous allons, avec d’au­tres Q.H.S., entamer des mouvements collectifs de "grève de la faim" pour dénoncer ces quartiers d’extermination et en exiger l’abrogation officielle. Ce mou­vement de grève de la faim est fixé au 9 janvier 1978, Nous rappelons à cet effet que cela concerne toute la popula­tion pénale et lui demandons d’étre soli­daire avec nous pour nous soutenir (paci­fiquement) en observant, ne serait-ce que quelques jours, la grève de la faim. Que les détenus se réveillent, ne se laissent plus enterrer vivants, n’attendent pas d’étre transférés dans les Q.H.S. pour prendre la parole et faire connaître leurs problèmes face à ces constructions et règlementations démentielles. N’atten­dez pas d’étre acculés à la torture par l’isolement et privation sensorielle, com­me c’est le cas pour nous en ces quartiers d’assassinat lent et propre vers lesquels l’administration évacue tous les détenus qui luttent pour sauvegarder leur dignité humaine en refusant de se laisser am­puter de la parole par des "traitement concentrationnaires".

Roger Knobelspiess
Jacques Mesrine
Taleb Hadjadj
Daniel Debrielle
Philippe El Shenawi




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