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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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matin d’un blues
{Matin d’un Blues}, n°1, (Fin 1978 ?), p. 18.
Article mis en ligne le 6 avril 2013
dernière modification le 18 novembre 2013

par ArchivesAutonomies
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Matin d’un blues, assourdi de couleurs
Le voyage commence au pays des merveilles
Où Alice défoncée rêve de Panthères Noires
Les cuivres du Vaudou invoquont des rythmes sourds
Et dame cocaïne réchauffe Che Guevarra
Voyage dans le ghetto, blues armé jusqu’aux dents
Murmurant dans la trame divine d’une basse qui hurle
"Que bande la négritude des tam-tams sauvages
Acculant de syncopes l’esprit en déroute
Enculant les drapeaux pour que swingue le glas
et baisant notre terre pour que naisse l’aube nouvelle.
Où sont toutes ces notes qui mordent ? Comme Ray Charles comme Ray Charles écoutant ses propres yeux aveugles chanter le blues dans le pavillon d’un gramophone antique ..
De vieux rodes sensuels ont déclenché la révolte dans l’immense fumée qui drogue les guitares,
rythme dingue de l’avenir encore assoupi dans le ghetto quadrillé par les flics.
La panthère est là comme un ventre animal et dans le son crispant d’une guitare d’outre-tombe Jimmy Hendrix lui crie "Black Panthers ! Fais tomber les murs..." et il enfile son gilet pare-balles.
Où sont tous ces rythmes qui claquent comme des doigts, comme des doigts percussions arrachant des sons chauds aux fusils-mitrailleurs.
La panthère est là, tapie au coeur du solo de contre­basse, prête à jaillir sur les charognes de la répression.
Plus loin les orgues de Staline attendent honteuses dans la chaleur grise des normes super-marché, où vidés, empaquetés, flétris sous cellophane les hymnes nationaux résonnent comme le glas d’un monde.
Les vautours planent dans les couloirs du blues. Le terrorisme d’Etat surveille l’éclat des temps enterrés et sos griffes haineuses pétrifient l’aurore.
Tous les musiciens se sont réunis à la nuit tombée et les caves du Jazz résonnent d’un immense complot destiné à faire fondre les trottoirs rutilants du kapitalisme.
Des miniers de saxophones rangés pour la bataille sont prêts à propulser une mélodie sauvage capable de faire crouler tous les gouvernements.
Des milliers de batteries encerclent les casernes et les aéroports.
Les fachos essaient de riposter avec une marche mili­taire mais ils sont balayés par la trompette de Gillepsie et la main gauche de Ravel qui le ravitaille en munitions sur les basse de son clavier.
Les violoncellistes ont déchiré leurs smokings et res­tent nus dans les couloirs du ministère de l’intérieur pour culpabiliser de lâches fonctionnaires.
Les transistors diffusent des messages codés aux partis et aux syndicats : "Vous pouvez crever, personne ne regrettera votre gestion de la misère. Gardez votre défoliant comme crème à épiler et votre bombe H pour effacer vos taches, on a toujours besoin d’Hiroshima chez soi."
Machiavel et les multinationales ont pris tellement de sceaux de merde sur la gueule qu’ils sont obligés de trier les étrons et les sociaux-démocrates.
Au dehors c’est déjà la panique, l’Êtat commence à trembler dans l’acre fumée des commissariats qui brûlent...
Des musiciens autonomes armés de clés de sol offen­sives attendent le signal de l’insurrection.
Ça y est John Coltrane sonne la charge...

Bob




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