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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Résolution - Le Bureau socialiste international et la guerre
Article mis en ligne le 27 février 2019
dernière modification le 18 février 2019

par ArchivesAutonomies

La seconde conférence internationale socialiste de Zimmerwald (tenue du 24 au 30 avril 1916) a voté à l’unanimité la résolution suivante au sujet de l’attitude du Bureau socialiste international vis-à-vis de la guerre :

I

Considérant que le comité du Bureau socialiste international (BSI) a gravement manqué à son devoir, le plus nettement et le plus explicitement établi par les résolutions des congrès internationaux, en se refusant obstinément de convoquer la séance plénière du bureau, malgré les instances répétées des différentes sections nationales ;
que, de cette manière, le Comité exécutif n’a non seulement rien fait pour remédier à la crise profonde traversée par l’Internationale, mais au contraire l’a approfondie en se faisant le complice du reniement des principes, de la politique de la soi-disant défense nationale et de l’union sacrée qui a réduit l’Internationale à l’état de dispersion et d’impuissance honteuse ;
que cette complicité du Comité exécutif a trouvé son expression la .plus frappante dans le fait que son président a cru pouvoir cumuler en sa personne la qualité d’un ministre d’Etat en guerre avec celle de président du BSI en abaissant par là l’organe central de l’Internationale ouvrière au rôle indigne d’un instrument servile, d’un otage d’une des coalitions impérialistes ;
considérant que ce n’est qu’après vingt mois de guerre, devant l’indignation croissante dans les masses se libérant du cauchemar chauviniste, que le Comité exécutif s’est avisé de la nécessité de convoquer le bureau ;
considérant que cette tentative est accompagnée de la sanction donnée d’avance à la lutte fratricide des peuples, justifiée par la soi-disant défense nationale ;
que le Comité exécutif, tout en accordant l’absolution à tous ceux qui ont abandonné le drapeau socialiste, s’acharne en même temps à combattre les éléments révolutionnaires de l’Internationale qui se sont retrouvés dans la mêlée et se sont tendu les mains pour inaugurer la lutte contre la guerre impérialiste ;
que, de la sorte, cette tentative de renouveler les relations entre les sections nationales revêt le caractère d’une paix séparée entre les social-nationalistes ;
qu’étant donné les contacts totalement contraires aux principes du socialisme qui se sont établis pendant la guerre dans la plupart des pays belligérants entre les gouvernements et les dirigeants du socialisme nationaliste, il est à craindre que le Comité exécutif du BSI dans certaines conditions, puisse convoquer le bureau à un moment où cette convocation pourrait répondre aux intérêts politiques des deux coalitions impérialistes ou de l’une d’elles ;
la seconde conférence socialiste internationale de Zimmerwald
invite les sections affiliées à la Commission socialiste internationale de Berne à suivre avec une attention soutenue les démarches du Comité exécutif ;
exprime sa profonde conviction que l’Internationale ne pourra se relever comme véritable puissance politique de la débâcle qu’au fur et à mesure que le prolétariat mondial, se libérant des influences impérialistes et chauvines, reprendra la voie de la lutte sociale et de l’action des masses.
Pour le cas où la séance plénière du bureau serait convoquée, les délégués des partis adhérant à Zimmerwald devront dénoncer les intentions réelles des représentants du socialisme nationaliste tendant à détourner le prolétariat de ses buts et opposer à cette duperie coalisée les principes fondamentaux sur la base desquels l’opposition internationaliste s’est constituée dans tous les pays.

II

Si le Comité exécutif du BSI décide de convoquer une réunion du bureau, la CSI de Berne devra tâcher de convoquer la commission élargie pour se concerter au sujet d’une attitude identique de tous les zimmerwaldiens.

III

La conférence reconnaît le droit des sections socialistes nationales adhérant à Zimmerwald de demander la convocation du BSI [1].