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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Critique de la politique des Menchéviks en Russie
Article mis en ligne le 27 février 2019
dernière modification le 18 février 2019

par ArchivesAutonomies

Déclaration commune du Comité Central bolchévik, de son Bureau à l’étranger et du Présidium principal de la Social Démocratie de Pologne et Lituanie. [1]

Des représentants du soi-disant Comité d’Organisation sont présents à cette Conférence. Quoique ses représentants Axelrod et Martov ont pris part à l’élaboration des résolutions de Zimmerwald et Kienthal il participe en ce moment, contrairement aux résolutions de Kienthal, à un gouvernement de guerre impérialiste ; il a aussi aidé à préparer la politique d’une offensive derrière le dos des prolétaires ; et depuis l’ignominieuse faillite de cette politique, il participe aux plus honteuses répressions contre les soldats du rang (introduction de la peine capitale ans l’armée), et il soutient les fusillades des ouvriers de Petrograd, la suppression de leurs journaux, l’emprisonnement de leurs chefs, et répand les calomnies les plus ignominieuses contre eux. Il est entièrement responsable de tout le régime Kérensky, parce qu’il n’a pas retiré ses représentants du gouvernement après toutes les actions infâmes de celui-ci.

Dans la mesure où la Conférence actuelle, du fait qu’elle n’a pas atteint son quorum, s’est privée du droit de passer des résolutions impératives, nous avons abandonné l’idée de proposer ici l’expulsion des organisations social patriotes russes qui considèrent qu’il est possible de mener une croisade contre les organisations internationalistes russes et en même temps d’appartenir à Zimmerwald, bien que les résolutions du dernier congrès de notre parti nous obligent en fait à la demander. Mais l’impossibilité formelle d’expulser le Comité d’Organisation de l’organisation de Zimmerwald à cette Conférence, n’enlève pas à celle-ci le devoir de déclarer simplement et clairement ce que les partis présents ici pensent de l apolitique de livrer le prolétariat russe aux impérialistes russes et alliés, de fusiller les travailleurs de Pétrograd sous ordre du gouvernement russe, d’interdire la presse social démocrate, qui mène une lutte pour la paix, d’emprisonner les chefs révolutionnaires, qui, entièrement à la merci des gardiens de prison du vieux Tsarisme dans la Russie libre, sont obligés d’avoir recours – comme sous le Tsarisme – à une grève de la faim pour savoir de quoi on les accuse. C’est aussi le devoir de la Conférence de déclarer une fois pour toutes ce qu’elle pense des calomnies malhonnêtes contre la parti Bolchevik et contre ses dirigeants selon les quelles ils seraient des agents stipendiés de l’Allemagne. Aucune référence à un manque d’informations ne peut exonérer la Conférence de ce devoir. La Conférence de Zimmerwald ne doit pas rester dans le noir sur qui lutte en Russie pour les principes fondamentaux de Zimmerwald, et qui aide la bourgeoisie impérialiste à supprimer cette lutte par tous les moyens. Si la Conférence ignore cela, elle doit se procurer l’information. En tout cas elle ne devrait pas demander aux représentants des prolétaires qui se sont fait tirer dessus, aux représentants des partis qui sont réprimés, de prendre part calmement à la Conférence, sans savoir avec qui ils sont en train de négocier : avec des représentants de partis prolétariens révolutionnaires qui sont liés aux Sociaux Démocrates révolutionnaires russes au moins par une solidarité morale, ou avec des politiciens qui n’arrivent pas à se décider s’ils sont du côté prolétaires révolutionnaires en lutte, ou du côté de leurs persécuteurs sociaux patriotes. Comme la discussion d’hier a montré qu’une partie de la Conférence n’est pas claire sur ce devoir fondamental, nous demandons que la discussion soit interrompue et qu’une résolution soit adoptée au sujet de la Russie, résolution qui nous donnerait la garantie qu’existent les prémisses pour une activité commune. Nous sommes prêts à présenter à la Conférence en présence de nos adversaires les faits démontrés par des documents sur la situation en Russie. Tant que la Conférence n’aura pas décidé de façon irréfutable avec qui elle est d’accord – avec ceux qui combattent pour les idéaux de Zimmerwald, avec les révolutionnaires russes internationalistes, ou avec les complices des Cavaignac [2] russes – nous ne prendrons pas part à la Conférence [3].