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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Communications ouvrières - Dereure
La Marseillaise N°1 - 19 Décembre 1869
Article mis en ligne le 16 décembre 2017
dernière modification le 10 décembre 2017

par ArchivesAutonomies
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FÉDÉRATION OUVRIÈRE

APPEL À TOUS LES TRAVAILLEURS

La chambre fédérale des sociétés ouvrières, considérant :
La durée indéfinie de la grève des ouvriers mégissiers ;
Les sacrifices importants qu’elle nécessite de la part des sociétés ouvrières ;
Les pertes considérables de marchandises causées par l’entêtement des patrons à ne pas satisfaire aux justes réclamations des ouvriers ;
Le peu d’espoir qu’il reste de rétablir l’accord entre les patrons et les ouvriers dans cette industrie ;
Afin d’empêcher qu’à l’avenir de pareilles luttes puissent se reproduire ;
Faisant application du premier paragraphe de l’article 2 de ses statuts ;
A résolu :

De rendre possesseurs de leur outillage les ouvriers mégissiers et de les créditer afin qu’ils puissent se soustraire à l’arbitraire du patronat et aux exigences du capital ;
Mais, tout d’abord, comme la chambre fédérale ne veut pas aider à constituer de nouveaux privilèges, elle déclare :

1. Qu’elle traite avec la corporation entière solidarisée des ouvriers mégissiers et non avec un groupe plus ou moins nombreux de membres de ladite corporation.
2. Que les bénéfices résultant des travaux exécutés pour l’association devront servir à constituer un capital collectif destiné à amener l’affranchissement de tous les membres de la corporation. Toutefois, il pourra être distribué, à tire d’encouragement,un dixième des bénéfices nets aux travailleurs en raison des journées de présence à l’atelier social.
3. Que, dès que les bénéfices réalisés lui auront permis de rembourser toutes les sommes empruntées et d’augmenter le capital social suffisamment pour que tous les travailleurs de la profession puissent travailler avec un outillage perfectionné, l’association générale des ouvriers mégissiers devra livrer ses produits au prix de revient, c’est-à-dire ne plus réaliser de bénéfices.

Ceci convenu, la chambre fédérale ouvre un emprunt de quarante mille francs en faveur des ouvriers mégissiers pour qu’ils puissent établir un atelier social afin d’occuper leurs grévistes et chômeurs.
Cette somme sera divisée en quarante mille petites obligations de un franc chacune.
Ces obligations sont au porteur et ne donnent droit à aucun intérêt ni dividendes.
Le remboursement en sera déterminé plus tard par une entente entre la chambre fédérale et l’Union des ouvriers mégissiers.
Une commission de contrôle composée de trois membres que la chambre fédérale choisira dans son sein, veillera à la bonne gestion de l’entreprise.
La chambre fédérale fait un appel pressant à tous les travailleurs pour qu’ils prennent chacun une, deux, cinq obligations ou davantage selon leurs ressources, afin de terminer cette lutte du travail contre le capital par un exemple sublime de la puissance de la solidarité.
La coalition du patronat a voulu affamer les ouvriers mégissiers et ruiner les sociétés ouvrières, prouvons que nos ressources sont inépuisables et affranchissons ceux-là mêmes que l’on espérait prendre par la misère.

Paris, le 8 décembre 1869

La commission déléguée par la chambre fédérale,

A. Theisz, Raymond, Privé, Ourlal, Bellamy, Houel.

N.B. – On peut souscrire aux sièges de toutes les sociétés.
Les souscriptions sont également reçues dans les bureaux de la Marseillaise, 9, rue d’Aboukir.

* * * * *

CHAMBRE SYNDICALE DES OUVRIERS BOULANGERS

Les ouvriers boulangers de Paris viennent de se constituer en Chambre syndicale afin de poursuivre la réalisation des réformes nécessaires dans leur industrie.
Dans une première réunion générale des membres de la corporation, tenue le 10 décembre dernier, le comité d’initiative, après avoir exposé le but et les moyens d’action de la Chambre syndicale, a soumis à l’Assemblée un projet de statuts auquel un grand nombre d’ouvriers boulangers se sont empressés d’adhérer.
Une deuxième réunion vient d’avoir lieu le jeudi 10 décembre dans laquelle le projet de statuts élaboré par la commission d’initiative a été discuté tout au long et adopté après quelques modifications.
Une nouvelle Assemblée générale des adhérents se tiendra jeudi prochain, 23 courant, à 8 heures et demie du matin, rue Rochechouart, 7, à la Grande Brasserie des Deux-Mondes, pour procéder à l’élection des membres de la Chambre syndicale, ainsi que de la Commission de contrôle, et discuter l’adhésion de la corporation à la Fédération des Sociétés ouvrières de Paris.
Tous les ouvriers boulangers non encore adhérents sont invités à assister à cette réunion ; ils peuvent, à l’avance, prendre connaissance des statuts et se faire inscrire chez M. Grandjean, 32, rue aux Ours.
Les sociétaires qui désirent se porter candidats sont invités à en faire la déclaration à la même adresse.

Varlin




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