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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Tribune militaire - Ulric de Fonvielle
La Marseillaise N°30 - 17 Janvier 1870
Article mis en ligne le 12 janvier 2018
dernière modification le 27 décembre 2017

par ArchivesAutonomies
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Un de nos amis, le citoyen Pinté, nous écrit pour nous prévenir qu’en présence de l’organisation défectueuse et anti-démocratique de la garde nationale, il refuse tout service, et demande sa radiation du contrôle de la compagnie à laquelle il appartient.
Le citoyen Pinté a raison de protester contre l’organisation vicieuse de la garde nationale ; qu’il unisse ses efforts aux nôtres pour réclamer une prompte réorganisation de cette milice qui a déjà tant rendu de services à la cause de la liberté.
Le citoyen Pinté fait bien de protester contre la mutilation de la garde nationale, et contre le rôle ridicule qu’on lui fait jouer. Il a raison de refuser le service inutile et presque humiliant auquel on veut le contraindre, mais là se borne notre approbation.
Nous croyons, en effet, qu’il aurait tort de persister à réclamer sa radiation du contrôle de la compagnie à laquelle il appartient.
La garde nationale n’est plus grand chose, aussi les citoyens bien pensants doivent-ils s’empresser de solliciter l’honneur d’en faire partie.
Le pouvoir la dédaigne, la laisse dans l’oubli ; que les citoyens dignes de ce nom l’honorent de leur respect, et qu’ils fassent les efforts les plus énergiques pour entrer dans ses rangs.
Les gardes nationaux ont un uniforme aimé du peuple ; ils ont un fusil, bien insignifiant il est vrai, à côté des chassepots de la garde impériale ; mais enfin ils ont un fusil. Cette raison doit déterminer les citoyens à ne pas abandonner les rangs de la milice populaire qui a renversé le trône du roi Louis-Philippe.
Que notre ami Pinté reste donc dans sa compagnie.
Qu’il se souvienne des acclamations qui ont accueilli un petit détachement de gardes nationaux, le 12 janvier, au moment où l’imposante manifestation du peuple, était dispersée par les chasseurs de la garde impériale.
Ces acclamations ont créé une solidarité entre le peuple et la garde nationale : cette union est trop précieuse aujourd’hui pour que nous n’engagions pas tous nos amis à éviter de la compromettre, en privant la garde nationale de ses plus précieux éléments.

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Hier un soldat prisonnier était conduit à la prison du Cherche-Midi par plusieurs hommes armés.
Pendant qu’il passait sur le boulevard Montparnasse, la foule qui suivait ce triste cortège disait : "En voilà encore un que l’on met en prison à cause de ses opinions politiques."
Nous ignorons ce qu’il peut y avoir de vrai dans cette assertion, et nous prions les citoyens qui pourraient nous renseigner de nous apprendre ce qu’ils savent.




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