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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Premier mai 1917
Le Réveil communiste-anarchiste N°460 – 1er Mai 1917
Article mis en ligne le 17 février 2018

par ArchivesAutonomies
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TRAVAILLEURS !

La guerre, avec ses souffrances, ses ruines et ses deuils, continue à sévir ; les privations et la misère vont en augmentant même chez les peuples restés en dehors du formidable conflit. Telle est la situation actuelle qui demande d’autres remèdes que cette journée de huit heures, dont les politiciens du socialisme avaient fait non pas la revendication immédiate, mais le but encore lointain d’un Premier Mai toujours à venir. En attendant, ils conseillent au monde ouvrier de consacrer après les longues heures de travail des ateliers, d’autres heures à cultiver la terre, afin de parfaire avec ses produits leurs salaires de famine.

C’est d’avoir voulu demander, au rebours du bons sens le plus élémentaire, le salut aux institutions mêmes dont nous vient tout le mal, qui a conduit à cette situation paradoxale. Les salariés, après avoir fait de la diminution des longues journées le principal postulat de leur programme, avec de piètres résultats d’ailleurs, se voient obligés de donner à un rude labeur leurs heures de loisir et parfois même de sommeil.

Les événements, malgré tout, marchent vite et certains programmes se trouvent dépassés avant d’avoir été réalisés. C’est là la preuve qu’il fallait rester inébranlablement attachés, comme nous l’avons toujours été, à un programme révolutionnaire de socialisation de la propriété.

OUVRIERS, PAYSANS !

C’est dans ce programme seulement que nous avons à chercher la solution aux problèmes angoissants de la guerre et du renchérissement de la vie.

Il faut que la richesse cesse d’être l’enjeu de terribles luttes renouvelées sans fin, pour devenir le véritable bien commun de tous les enfants d’un pays, formant ainsi une union réellement sacrée, si nous voulons en finir avec la guerre, ses massacres et ses destructions.

Il faut que la gestion de la production soit soustraite à la spéculation des maîtres de l’industrie et du commerce, qu’elle cesse de servir des intérêts privés en opposition à l’intérêt public, et il faut aussi que la banque ne domine plus toute la vie économique et que de fabuleuses dettes d’Etat ne viennent plus écraser le travail — si nous voulons éloigner à jamais le spectre de la misère.

Et pour cela il ne suffit pas d’attaquer les hommes au gouvernement ; c’est à cette institution même, devenue caduque, que nous devons refuser notre concours, afin de la voir disparaître. L’heure n’est plus aux soi-disant réformes légales, puisque tout s’est écroulé autour de nous, et il n’y aurait pas plus atroce duperie que de nous prêter encore, avec toutes nos activités, à réédifier le régime qui nous a valu ce désastre. Non, nous avons à procéder à un rapide déblaiement de l’ancien monde, afin de faire place à la construction du nouveau.

Les gouvernements nous ont demandé d’apprendre à mourir ; apprenons au contraire à vivre et cela sans gouvernement. Le peuple doit se préparer à faire, au lieu de laisser faire ou de demander simplement qu’on fasse.

TRAVAILLEURS !

L’action pour la paix ne peut être qu’une action pour le socialisme, compris dans son véritable sens de transformation de la propriété et du mode de production, et non pas dans celui d’une substitution du personnel politique au pouvoir. Nous nous méfions ainsi également de la paix séparée ou allemande comme de la paix de Wilson ou des Alliés, car nous ne pouvons croire à de faux traités entre Etats, mais seulement à une entente fraternelle directe entre peuples.

Préparons-nous donc à la reprise des ateliers et de la terre, de l’outillage et des matières premières, des moyens de communication et de transport, des habitations et des dépôts, de toute la production qui, fruit du travail commun, doit être mise à la disposition de la communauté !

A bas le capitalisme avec l’exploitation humaine et la misère ! Vive le communisme par la conscription des richesses remplaçant celle des hommes !

A bas l’Etat avec le militarisme et la guerre ! Vive la paix par la révolution sociale !




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