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Espagne 63
Noir et Rouge n°25 - Octobre-Novembre 1963
Article mis en ligne le 7 octobre 2018
dernière modification le 16 février 2018

par ArchivesAutonomies
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Les réflexions suivantes se placent dans l’optique de la brochure "Espagne 62" publiée (en octobre 1962) en collaboration par "Informations Correspondances Ouvrières" et "Noir et Rouge". Cependant, loin de suivre un système ou un schéma déjà tracé, ces réflexions s’attachent avant tout à respecter une réalité connue et vécue en Espagne.

Nous essaierons donc de faire une mise point, en insistant sur la période de juillet-septembre 1963 ; — à la fois pour nous-mêmes et pour les lecteurs — de la situation espagnole, tant intérieurs qu’extérieure, présente que future ; sans néanmoins tomber dams la symétrie artificielles des articles bien construits de nos connaissances ou préférences, quand ce n’est pas la réalité elle-même, ne nous permettant pas de semblables fantaisies.

L’Espagne de 1963 n’est pas celle de 1936. Elle a évolué, elle évolue et elle évoluera très vite, les causes de cette évolution ont été décrites dans la brochure précitée. Nous les résumons à nouveau ici. L’afflux de capitaux américains, a entraîné un départ en flèche du capitalisme espagnol, que le régime ne peut freiner. En ce moment, l’industrialisation provoque l’évincement des soutiens réactionnaires et traditionnels de Franco (propriétaires fonciers) et la promotion d’une bourgeoisie en pleine croissance.

"Cela signifie des bouleversements profonds l’agriculture et l’industrie se transforment, se modernisent, se concentrent. Les travailleurs quittent la terre pour les zones industrielles ; rien n’est stable pour eux ; ils viennent du sud vers le nord, ils partent pour l’étranger, vont d’une usine à l’autre (...).

C’est ce réservoir de main d’œuvre bon marché (le régime est là pour le garantir) qui attire les capitaux à cause du profit énorme qu’on peut en retirer (...). La durée du travail a été limitée ; les salaires ramenés au minimum légal (...) la situation des travailleurs espagnols n’est pas près de se modifier car "nôtre industrialisation n’en est encore qu’à ses débuts" (Ministre du Travail, 14/9/62)" (Espagne 62, pages 3-4).

LE RÉGIME FRANQUISTE :

Le franquisme, s’il évoque une continuité à cause de la présence de Franco, est en fait une continuelle adaptation pour (pourrait-on dire) "une meilleure et juste exploitation du peuple dans le cadre d’une technique toujours rénovée". Adaptation à l’intérieur et à l’extérieur, comme le passé le démontre clairement : pronazi, pro-mussolinien, pro-pétainiste, pro-américain en politique internationale ; phalangiste, catholique en politique nationale.

Actuellement, il semble qu’une équipe de planificateurs et de technocrates obéissant à l’Opus-Dei  [1] soit installée au pouvoir. La structure économique du régime s’en trouve changée et aboutit à une impulsion du capitalisme. Mais nous ne croyons pas qu’il y ait une vision politique différente entre ces techniciens et les phalangistes qu’ils ont évincés des postes clés de l’Etat ni non plus avec l’armée qui est le pilier militaire du régime. Il s’agit simplement de lutte entre groupes de pression ayant les mêmes idées, pour s’assurer le rôle de pilier idéologique. Ce rôle est en ce moment tenu conjointement par la Phalange et les catholiques.

On pourrait disséquer à plaisir les différents courants de la Phalange et des catholiques.

"Il ne faut, pas accorder une importance démesurée aux conflits entre l’Eglise et l’Etat en Espagne, ainsi qu’aux polémiques qui défraient la chronique. Ces conflits ne sont enfin de compte que le reflet des luttes au sein des classes dirigeantes entre les différents clans, pour l’orientation économique et politique dans telle ou telle direction. Tout ceci se greffe plus sur des rivalités entre groupes financiers que sur des oppositions idéologiques (par exemple la tendance "Opus Dei" actuellement au pouvoir paraît plus défendre la pénétration américaine alors que la tendance "Action catholique" défendrait l’intégration européenne)" (Espagne 62, page 25).

Quant aux organes de l’Etat et à leur libéralisation, ce sont des mesures destinées à rassurer les "démocraties" qui, de même qu’elles laissèrent crever les républicains, accordent à Franco un certificat de bon traitement à l’égard du peuple espagnol.

Ces deux derniers mois récompensent magnifiquement l’Espagne franquiste. Les accords hispano-américains sont renouvelés et les contacts russo-espagnols sont bons.

Les accords hispano-américains renforcent les liens et les engagements militaires, économiques et politiques entre les deux pays. Les USA ont été contraints, devant l’importance stratégique de l’Espagne, de céder aux exigences franquistes que pourtant ils désiraient contrer par intérêt diplomatique vis-à-vis du bloc neutraliste. L’avenir dira si cette politique est payante.

Quant aux relations russo-espagnoles, elles ne sont pas nouvelles : un bref historique le montrera. La guerre de Corée (1950-54) amena les USA à se chercher un allié fidèle et vraiment obéissant en Europe, ce fut l’Espagne ; les accords de 1953 ratifièrent ce choix. Parallèlement, l’activité américaine entraîna l’activité russe. Des contacts furent pris entre Moscou et Madrid à propos de l’or volé à la République par l’URSS. Depuis, des faits isolés permettent de jeter là lumière sur une collaboration assez intime (voir aussi à la fin le tableau. chronologique) :

- 1956, des Espagnols réfugiés de 1936 ou prisonniers de 1a "division bleue" sur le front russe, sont rentrés en Espagne, par l’intermédiaire de la Croix Rouge.

- 1957, le 5 octobre, Franco déclara à propos de l’envoi du premier spoutnik "cela n’aurait pu être mené à bien dans un pays où l’ordre ne règne pas... l’unité politique et la continuité de l’autorité et de la discipline ont permis le succès soviétique" (dans Historia de la Segunda Republica Espanola, de V. Alba, page 352-353, Mexico 1960).

- 1957, au moment des incidents de Rio de Oro et Ifni, Franco aurait menacé les américains de reconnaître diplomatiquement l’URSS s’ils ne l’appuyaient pas.

- Dans les syndicats "La collaboration entre phalangistes et communistes... est constante, déclarée" (Ildefonso , Tribuna Socialista, page 95, juillet 1961).

- 1960, le commerce entre l’Espagne et les démocraties populaires fut le suivant : de janvier à octobre (chiffre des importations et des exportations en millions de pesetas) : Tchécoslovaquie : 186 et 225, URSS : 222 et 381 (selon Republica, mai 1961).

- 1962, au moment des grèves, des cargos polonais seraient venus décharger du charbon à Gijon et à Bilbao pour les pauvres entreprises capitalistes qui en manquaient tant.

- 1963, 26 mars, un accord commercial Espagne-Russie sur l’achat d’huile de tournesol est signé à Paris.

- 5 août, matchs de basket "Real Madrid-TSSKA" à Madrid et à Moscou. Il y a quelques années (1960 ?) le match de football Espagne-URSS avait été interdit par le régime espagnol.

- à l’occasion du match ; le directeur de l’agence EFE (équivalent de l’agence Tass semi officielle) va à Moscou et y écrit des articles politiques approuvant l’accord de Moscou. "Si l’attitude de Khroutchev à Moscou se confirme, nous pourrons peut-être voir un jour le retour du fils prodigue à l’Europe".(Le Monde, 13 Août). Le journal Ya, parle de la restitution de l’or républicain à l’Espagne.

- Enfin, il y a la visite annoncée en août des syndicalistes russes en Espagne, pour y étudier le syndicat espagnol. Cette visite fut ajournée en septembre.

"Il va de soi qu’il n’est pas question d’interpréter ce voyage comme une visite aux syndicats de Franco, ni comme devant permettre des contacts avec ces syndicats comme la presse bourgeoise a récemment essayé de le faire croire dans quelques pays occidentaux" ("Troud", cité par Le Monde, 2I/9/).

"Des ichtyologistes soviétiques sont partis dimanche pour Madrid afin de participer à la cinquante et unième session du Conseil internationalisme de la mer, annonce l’agence Tass" (Le Monde 24 septembre).

On peut objecter : et Grimau ? si les Russes vont si facilement en Espagne, pourquoi Grimau a-t-il été exécuté ?

Les travaux du barrage d’Assouan construit par les Russes n’ont pas cessé durant les exécutions des communistes égyptiens. L’interdiction du PC en Algérie n’a pas empêché la ratification d’un accord économique russo-algérien.

L’anticommunisme est uniquement un produit de consommation à usage interne. Il faut anéantir toute opposition et plutôt que d’entrer dans les détails, on schématise ; ce qui permet, en surplus, de mener une croisade : puisque le communisme est athée et l’Etat catholique, c’est la lutte du bien et du mal, le retour de l’Inquisition qui a sauvé l’Espagne "Une et libre" (devise des rois catholiques reprise par les réactionnaires).

Mais l’Espagne économiquement ne peut vivre sur elle-même, elle doit faire du commerce, se ranger dans un bloc. Passée du totalitarisme fasciste opposé aux "démocraties judéo-maçonniques" l’Espagne en est à la "démocratie véritable" opposée au totalitarisme rouge, mais s’il y voit son intérêt Franco se fera l’apôtre du socialisme soviétique, opposé au capitalisme décadent.

De même l’antifranquisme soviétique est un produit provisoire de propagande à l’usage des Espagnols, selon les besoins de l’URSS. Durant les grèves, radio Moscou ne demande nullement vengeance de l’assassinat de Grimau, encore moins un retour à la résolution des Asturies de 1934  [2], elle parle de la querelle avec la Chine, du Traité de Moscou, choses bien plus importantes qu’une révolution en Espagne qui ne viendrait que gâter les relations USA-URSS et serait envenimée par Pékin. La mort de Grimau, l’unité entre les Espagnols sont autant de slogans pour berner la masse. D’ailleurs ils sont complaisamment repris par les franquistes dans leurs attaques contre le communisme, tout est communiste, le FLP, la CNT, la FAI, le CIL, etc. Ainsi l’URSS polarise l’opposition que le franquisme canalise pour elle. Les deux compères étant alliés, on voit le résultat...

Pour conclure ce chapitre, il apparaît que l’Etat franquiste repose à l’intérieur sur l’armée et la faction idéologique dg service. De l’extérieur, les USA et l’URSS l’aident économiquement et politiquement.

LE PEUPLE

Moralement, on peut dire que 90 % de la population se plaint du régime ou le condamne. La sous-alimentation, l’analphabétisme règnent.

- Que mangent les ouvriers ?

- Pot-au-feu, haricots, lentilles ou pois chiches. Il est bourré pendant deux heures, après il a aussi faim qu’avant. Il ne peut pas donner de rendement au travail. Il ne s’en sort pas, quoique pour mieux manger, il faudrait qu’il travaille plus. Un ouvrier marié, avec deux enfants, dépense en nourriture par moi, disons environ 900. Il y a le loyer, au moins 800, l’électricité au minimum 50, charbon pour la cuisine 200 (il n’y a pas le gaz et souvent pas l’eau courante), ça fait 1 950. En plus l’habillement : ma chemise de travail 95, mon pantalon (percé) 130, disons 300. Eh bien ! il ne peut pas vivre.

Tenez, venez chez moi, vous allez voir comme on vit. On est 7, 4 adultes, trois enfants. Moi, mon cousin, mon frère, on apporte plus de 2 000 par semaine. Aucun ouvrier ne mange comme nous, ils sont mieux logés peut-être, mais pour la nourriture non. Imaginez comment peut vivre un ouvrier père de famille, à 500 par semaine" (Espagne 62 page 20).

"Voici un exemple de la misère qui abonde à Madrid plus que ce que l’on pourrait imaginer : les groupes de taudis immondes, le soir, sont assiégés par des soldats et des civils. Les pauvres femmes sortent pour les rencontrer pour s’offrir à qui veut payer ce qu’elles demandent pour commettre des actes sensuels. Toutes les femmes, bien sûr, ne le font pas, quelques unes seulement, mais j’affirme que si la plupart ne se livrent pas à cette bassesse, ce n’est pas parce qu’elles ne sont pas poussées par le besoin.

Cela arrive de façon prouvée et certaine, entre autres lieux de la capitale, près de Ventas. Et il ne faut pas attribuer au vice ces agissements en ce qui concerne les femmes. Celles du vice parcourent d’autres lieux plus près du centre et font montre d’un luxe et d’une insolence évidents.

Tandis que pour celles que j’ai vu à Ventas, on devine des maîtresses de maison, des adolescentes (et quelques unes à peine), poussées par la nécessité où elles voient leurs enfants, leurs petits frères, les vieux… qu’elles ne peuvent faire vivre avec leur seul travail honnête" (Lettre d’ouvrier d’Espagne-Bulletin d’Informatien du CARE, Mme C. Audry, 20 rue du Ranelagh, Paris 16ème).

Tous les espagnols ne meurent pas de faim, mais croire qu’aucun ne souffre, c’est justifier le franquisme (ou la peur qu’on en a).

En décembre 62, Franco annonce une hausse da salaire de base journalier de 36 à 60 p. ( les salaires étaient bloqué depuis 1956).

"Etant donné que l’ouvrier ne pouvait vivre avec les salaires d’avant, pas mal d’entreprises donnaient déjà depuis longtemps des bons et d’autres excitants volontaires en exigeant naturellement plus "d’amour" au travail, ce qui doublait le salaire de base, bien que pas suffisamment, loin de là, pour exempter de quelques heures supplémentaires qui vont de 25 à même plus de 30, que tous ceux qui peuvent sont obligés de faire en plus des 48. Pour ceux-là, il n’y a pas eu d’augmentation. Le total des salaires versés est le même ; le salaire de base est monté, le reste, que l’entreprise ajoutait a baissé.

Le nouveau salaire s’applique depuis le 1er janvier en théorie, mais les rares "bénéficiés" ne peuvent le toucher effectivement qu’un mois et demi plus tard, comme pour donner le temps de monter aux articles de consommation et d’usage courants. Les derniers "bénéficiés" peuvent remercier grandement s’ils sont comme avant (idem).

La faim séculaire et insistante de nos jours, le peu ou pas du tout d’enseignement pour la majorité, le nombre de vierges vénérées par force, le nombre de professions d’où quelques malheureux qui servent d’ânes tirent quelque argent, les taureaux, la danse, le chant, le battement des mains (tant de gens sans travail et quatre "seneritos" font qu’il n’y a pas de jour sans fête), et tout le reste font que, si en quelque point de la terre, une révolution est demandée à grands cris, c’est bien en Andalousie où la masse quoiqu’on dise, est fatiguée par tant de gloriole "folklorique", et tant de vile exploitation" (idem).

Dans ces conditions de vie, la "libéralisation" du régime ne touche presque personne. Les camarades espagnols que nous avons vu n’achètent jamais les journaux, volontairement, parce qu’ils se désintéressent du régime. S’ils en trouvent, ils les lisent, mais en critiquant, même avec exagération. Pour eux, il n’y a pas de changement, ils se méfient, et se sentent aussi oppressés et surveillés.

En général ; ceux qui ont vécu la guerre civile, soit parce qu’ils sont fichés par la police, soit plutôt parce qu’ils sont découragés, subissent la régime avec assez de passivité. Chez les jeunes au contraire, l’agressivité est évidente. Cette agressivité est provoquée par la misère et n’obéit aucunement (en général) à la guerre civile. Pour la plupart des camarades d’Espagne à qui nous en avons parlé, la guerre est quelque chose d’important, certes, mais qui ne compte absolument pas, à aucun moment dans leur détermination da combattre le franquisme. Non plus d’ailleurs que le futur de l’Espagne post-franquiste.

En France, dès que des camarades discutent de ce sujet, ils ont la manie de parler du danger communiste, de l’impérialisme américain, et qu’en conclusion, une révolution est impossible ; surtout anarchiste, et que si le peuple abat le franquisme, ce sera le capitalisme qui en profitera. Les exemples ne manquent pas.

Nous dirons simplement que les espagnols sont loin de ces conclusions, qu’ils luttent... que le manque de culture révolutionnaire, ou même de réflexion, leur fassent faire des erreurs, c’est hélas très probable. Mais il faut que ceux qui sont "cultivés", se noient dans la masse, la pénètrent et se fassent "pénétrer" car la véritable culture est collective et pour une collectivité.

Après avoir vu les conditions et les causes de l’opposition du peuple au régime, voyons sa force et ses possibilités.

Elles se matérialisent jusqu’à maintenant dans les grèves (les manifestations sont faites par les étudiants, les intellectuels, ceux qui faisant partie du régime ne craignent pas tellement qu’on leur tire dessus).

Les grèves existent depuis longtemps en Espagne (voit à la fin le tableau chronologique) mais depuis 1962, elles sont plus unanimes, plus profondes.

Le développement économique de l’Espagne, demande de la part des ouvriers un effort certainement plus grand que dans toute l’histoire.d’Espagne. En même temps, ce développement a lieu avec la modernisation du matériel industriel (et aussi agricole). De nombreux ouvriers et paysans sont chômeurs temporaires ; l’émigration, soupape de sécurité, ne suffit pas à débarrasser l’Etat de nombreux chômeurs, embryons de désordre. De plus l’émigration est une arme à double tranchant, car les espagnols, bien que traités comme des chiens en France, an Allemagne, Suisse, Belgique, Hollande, se rendent compte du retard de l’Espagne dans l’économie, la politique, les mœurs  [3].

Aussi, en 1962, une grève dans un puits asturien (pour des causes mal connues) a-t-elle été une étincelle pour les ouvriers espagnols. Les ouvriers, les contremaîtres, les lâches, les courageux, tous faisaient grève parce que "y en avait marre"... "c’est pas possible"... La continuation de la grève, d’avril-mai à juin-juillet-août et septembre, a divisé, dispersé les forces. Le manque d’argent, des avantages concédés, la répression, la peur, la prudence, ont achevé le mouvement.

Cette année, la grève a repris, tenace, plus dure. On a parlé de revendications de salaires, ce n’est pas tout, et c’est la grosse différence avec l’année dernière, la grève est politique.

Faire historique de cette grève demanderait une description économique de chaque puits ou usine, en grève, et une comparaison avec l’année dernière ; nous ne pouvons le faire ici.

Nous isolerons les faits qui prouvent une politisation de la grève :

"Les ouvriers présentèrent leur plainte au délégué syndical (contre la conduite arbitraire d’un des ingénieurs) et immédiatement après, se déclarèrent en grève, sans même attendre le résultat de leur démarche" (communiqué de l’Agence Cifra, par Le Monde, 24/7/63).

Ceci pour un puits. Dans les autres ; on signale que les élections syndicales avaient été sabotées par l’absention des mineurs. "Le Monde" attribue cette abstention à "la Alianza Sindical" (Union des socialistes, des anarchistes et des autonomistes basques), c’est possible, mais il est certain que le sabotage des élections est une action spontanée des ouvriers espagnols.

"La grève a tout l’air maintenant – sinon d’être organisée par des groupes politiques – du moins d’exprimer le malaise qui règne parmi les ouvriers asturiens et dont l’origine dépasse le seul désir d’obtenir une augmentation de salaire" (Le Monde, 26 juillet).

"...Il semble que la devise des mineurs soit "tout ou personne"" (le Monde, 30 juillet).

"Il semble qu’ils entendent ouvrir un dialogue direct avec les autorités et les employeurs sans passer par l’intermédiaire de l’organisation syndicale officielle et "verticale""  [4] (Le Monde, 5 septembre).

Enfin, en Espagne, un camarade nous a dit que les Asturiens faisaient grève pour demander la libération des mineurs emprisonnés l’année dernière.

La grève semble être la réaction spontanée des espagnols au franquisme. Bien qu’échappant sûrement presque totalement à tous les appareils politiques ou non politiques existant, elle est organisée, dirigée par la base, pour la base.

Les grévistes et les travailleurs ne voient pas de différence entre la grève et la lutte clandestine. Bien sûr, comme personne en Espagne, ils n’approuvent pas les attentats à la bombe contre des innocents et pour eux, il ne peut s’agir que de provocations policières. Pour eux, la mort de Grimau, celle de Delgado et Granados, la grève, sont autant de moyens vers une même fin : l’antifranquisme. Ils ne font point de différence non plus entre Grimau, Delgado et Granados, le communisme, l’anarchisme, le "garrot" ou non, sont pour eux, des "détails secondaires".

Enfin, au niveau du gouvernement cette grève fait peur. L’année dernière, on pouvait penser que des augmentations viendraient à bout du mouvement et Franco disait, sans doute sincèrement : "il n’est pas mauvais que surgissent des problèmes qui mettent à l’épreuve notre système et servent à perfectionner nos instruments" (Le Monde, 24/5/62). Cette année, la presse du régime se contredit sans cesse, en attribuant les grèves au communisme, au mauvais fonctionnement syndical, à la "fierté" des mineurs.

Le peuple mûrit, et il mûrit seul, et l’opposition ?

L’OPPOSITION

Pour avoir la vue la plus claire possible, nous verrons les formations et les possibilités d’action. Nous avons déjà vu pourquoi et comment le PC radicalise une partie de l’opposition et l’immobilise.

Le reste de l’opposition s’est elle-même divisée en deux, les "violents" et les "non‑violents".

Une série dé pactes et de rapprochements ont abouti au congrès de Munich (juin 62) - où les participants : Basques, Catalans , Socialistes pour l’exil ; des Royalistes , des phalangistes, des Catholiques, pour l’intérieur, ont signé un accord où "tous s’engagent à renoncer à toute violence active ou passive avant, pendant, et après le processus évolutif" (il s’agit de la disparition du franquisme).

A la suite de ce congrès (de Munich) "le PC affirme son accord avec ces 5 conditions qui pourraient constituer la base fondamentale d’un accord politique des forces d’opposition de droite et de gauche"
(Humanité, 14 juin 1962).

Gil Roblès, royaliste, (qui commanda à Franco, alors républicain, de réprimer le soulèvement des Asturies en 34) dévoila le sens véritable de cette comédie. "Un castrisme triomphant des Pyrénées à Gibraltar créerait une situation aux conséquences incalculables pour l’Espagne et pour le monde". Pour toutes ces raisons, nous préconisons avec une conviction croissante, une évolution rapide et véritable qui rende la révolution impossible" (29 juin 1962).

Les "non-violents" sont donc pour le moment coupés de la masse et liés aux capitalismes de l’Est ou de l’Ouest.

Les "violents" sont assez faciles à classer : il y a les mouvements fictifs qui disparaissent au bout de quelques mois, et les véritables qui attendent leur heure.

Les mouvements qui ont duré quelques mois sont légions, sans .effort on peut en recenser plus de 15, le plus spectaculaire fut le DRIL (Directoire Révolutionnaire Ibérique de Libération), en 1960. Le DRIL organisa le rapt de la Santa Maria, des attentats au Musée du Prado (on se demande pourquoi), annonça un débarquement de plusieurs milliers d’hommes en Espagne et le soulèvement des Asturies et de la Catalogne. Toute cette fumée disparut vite.

Mais parlons de ceux qui existent ; lorsque nous disons "violents", il ne s’agit nullement d’ironie, seul un mouvement d’ action directe peut entraîner le peuple espagnol. Le rêve de la plupart des ouvriers espagnols est de faire partie d’un groupe paramilitaire ; quelquefois leur élan généreux est utilisé par des pirates, comme "El Campesino" en 1961 avec sa troisième république.

Nous étudierons les formations qui nous semblent les plus en vue : le FLP, le CIL, et le MPR.

F.L.P. (Front de Libération Populaire)

(Les citations suivantes sont empruntées à des documentations en français du FLP).

Il se définit ainsi :

"Il n’est pas un parti politique, mais un. front qui va et qui veut faire la révolution" (Voie communiste, août 1962).

Programme :

1) Le Front (FLP, ISBA, FOC  [5]) est une organisation RÉVOLUTIONNAIRE (...),

2) Le Front est une organisation SOCIALISTE (…),

3) Le Front est une organisation DÉMOCRATIQUE (...),

4) Le Front est une organisation FÉDÉRALISTE (…),

5) Le Front est une organisation LAÏQUE (.. )

7) Le développement correct du Front doit le conduire à devenir la CLASSE EXPLOITÉE (ouvriers et paysans), UNIE ET ORGANISÉE pour SA RÉVOLUTION.

"Tout ce qui nous éloigne de ce but constituera un échec de la tâche entreprise. Cependant, à l’étape actuelle, le Front est l’organisation qui tente de devenir l’avant-garde de la lutte ouvrière en Espagne radicalisant sa propagande politique, aggravant les conflits sociaux, et essayant de former dans la pratique et dès maintenant l’unité ouvrière révolutionnaire.

"Le FLP contient le germe du futur Front de Classe, grâce à son absence de dogmatisme, à sa jeunesse, rompant avec tous les postulats traditionnels aujourd’hui figés, et grâce à son attitude critique et indépendante sans autre liaison que sa fidélité aux travailleurs, ni autres compromis que celui de la réalisation totale de la Révolution en Espagne" ( 25 septembre 1962).

HISTORIQUE :

"Le FRONT DE LIBÉRATION POPULAIRE fut fondé en 1958 par un groupe d’intellectuels, un groupe d’étudiants et un groupe de leaders ouvriers venus d’organisations traditionnelles" (25 septembre 1962).

Au début catholique, le FLP est de plus en plus noyauté par les communistes. En 1959 Ceron, diplomate, est condamné à 8 ans de prison. En 1962, le FLP participe au Congrès de Munich. Il semble que cette participation ait entraîné une scission de fait entre les "non-violents" et les "violents". De nombreux militants ont été arrêtés depuis sa fondation.

C.I.L. (Conseil Ibérique de Libération).

Définition :

La CIL, dans sa "Lettre ouverte au Président Kennedy" se définit conne le Mouvement Libertaire Espagnol et le Mouvement Libertaire Portugais.

Programme :

Le manque de documents ne nous permet que de faire cette brève citation du 9 avril 1963 :

"Les amis de Franco, même s’ils s’appellent démocrates, seront toujours les ennemis des authentiques démocrates espagnols qui, au travers de "l’Alianza Sindical CNT, UGT, STV  [6] et des organisations de combat, reconquerront en son temps la vigueur de la liberté en Espagne".

HISTORIQUE :

La première manifestation du CIL connue de nous, est une "lettre ouverte au président Kennedy", lui demandant de ne pas renouveler les accords militaires hispano-américains et de cesser de soutenir Franco (9 avril 1963). Puis le CIL déclencha une campagne contre le tourisme et une série d’attentats dirigés particulièrement contre les compagnies d’aviation assurant le service avec l’Espagne. Les aéroports de Londres, Paris, Genève, Rome, etc. furent touchés. Bien que ces attentats soient une forme de l’action antifranquiste, on déplore trois blessés, des employés de l’aérodrome de Francfort (voir le Figaro 7/6/63). En août, Delgado et Granados étaient arrêtés et exécutés pour avoir commis selon la police franquiste, deux attentats qui blessèrent plusieurs ouvriers dans un bureau de passeports à Madrid. Le CIL publia alors un communiqué :

1) "Delgado et Granados sont absolument étrangers aux actes commis le 29 juillet à Madrid.

2) Les armes attribuées à Francisco Granados n’ont pas été utilisées et demeurent intactes aux mains de la police.

3) Le ou les auteurs des faits survenus le 29 juillet, n’ont pas été arrêtés".

A partir du 12 septembre la police française, sans doute à la demande du gouvernement espagnol, arrêta à Paris, Toulouse, Lyon, etc. les responsables de la FIJL. Cette action policière visa également la CNT, FAI, et la FA française.

On peut discuter sur la tactique de ces camarades, il n’en reste pas moins que nous sommes solidaires.

MPR (Mouvement Populaire de Résistance)  [7]

Définition :

"Sortant du cadre des partis qui ont été incapables de vaincre Franco et d’organiser la résistance, sans s’opposer à eux tant qu’ils se conforment à la volonté générale et à l’intérêt commun, le Mouvement Populaire de Résistance se propose d’organiser l’assaut au franquisme en unissant dans l’action les combattants de toutes les opinions et de toutes les tendances antifascistes" (Comité National Coordinateur du MPR, juin 1962).

Programme :

"NOUS ENTENDONS :

- proposer aussitôt que possible la constitution d’un Conseil de la Résistance ou Junte de Libération, où soient représentés tous les partis et organisations intéressés participant à la lutte pour la libération du peuple espagnol. Ce conseil ou cette Junte donnerait son opinion sur l’action résistante en général, chercherait des appuis individuels ou collectifs, essayerait d’obtenir des hommes et des moyens matériels, créerait des comités de soutien, veillerait à ce qu’il y ait partout une représentation accréditée de la Résistance, déterminerait les modalités d’une libre consultation de la volonté populaire, et formulerait en cas de nécessité et de la manière la plus appropriée aux circonstances, un programme d’action pour la période suivant immédiatement la chute du régime franquiste,

- nous donner mission d’être l’instrument de combat de l’antifascisme contre le franquisme et, s’il le faut, contre n’importe quel succédané.

Le Mouvement populaire de Résistance n’est donc qu’un organisme circonstanciel qui ne prétend pas se substituer aux organisations ou partis existants. Il disparaîtra automatiquement dès que la dictature sera abattue et le peuple espagnol libéré" (Déclaration rendue publique en mai 1959 par le Noyau Constituant du MPR).

HISTORIQUE :

En mai 1959, le M.P.R. apparaît publiquement. En fait, il existe et travaille depuis quelque temps déjà, mais sans nom officiel. Paradoxalement, ce mouvement fut conçu en prison, par des militants de diverses organisations ouvrières, découragés non par le franquisme, mais par l’incapacité de leurs organisations respectives. Se fondant sur les désirs réels du peuple et sur les expériences de la lutte clandestine, ils organisent des réseaux dans les villes et les campagnes, et prétendent n’agir qu’au moment voulu et non pour la publicité. Les journaux anarchistes ont en général passé sous silence les activités de ce mouvement : ainsi un commentaire de Jean Cassou sur le MPR et publié dans le Monde du 12/1/62, apparaît coupé dans l’Espoir du 4/2/62. Quant au Combat Syndicaliste du 25/1/62, il exprime des doutes (sans les fonder), "Solidaridad Obrera" (1960 n° 750) citant "France-Soir" remplace "Mouvement Populaire de Résistance" par "Organisme de la Résistance". Et il se trouve — le hasard a parfois de ces ironies – que la plupart des promoteurs de ce mouvement sont des anarchistes. L’action du MPR, la plus visible parmi d’autres, consiste à peindre des slogans sur les murs et les bâtiments officiels : "MOVIMIENTO POPULAR DE RESISTENCIA ABAJO FRANCO MRP" et à les photographier. Qui a l’expérience de ces choses se rend compte qu’en Espagne cela peut être aussi dangereux et difficile que de placer des bombes (30 ans de prison pour une inscription). Dernièrement le MPR et l’organisme qui l’aide en. France, le CARE, ont fait tourner un film clandestinement en Espagne  [8].

CONCLUSION :

Dans la brochure "Espagne 62" nous concluions un peu vite que la tolérance des grèves équivalait à une "faillite de l’appareil répressif" (page 30) et que "une page serait tournée celle du franquisme dictatorial ; une autre s’ouvrirait, celle d’un franquisme avec ou sans Franco, "libérale", se rapprochant des formes politiques occidentales" (page 31).

Les exécutions de Grimau, Granados Delgado, les tortures envers les mineurs, montrent que dès qu’il le peut, le régime attaque.

La continuité des grèves montre que le combat est engagé des deux côtés, que le peuple mûrit.

La résistance malgré les déboires prévisibles de certains organismes, semble bien armé.

C’est paradoxalement au moment où le régime semble le plus assuré que l’opposition grandit. Sans se faire d’illusion sur l’aide que nous pouvons apporter aux Espagnols (ni que ceux-ci s’en fassent), aidons les au-delà des belles déclarations.

Enfin, nous offrons à la méditation, quelques pages trop actuelles de Felipe Alaiz (journaliste anarchiste espagnol bien connu, mort en 1959) 
 :

"Pourquoi l’Inquisition de Franco ne se termine pas ?

Franco persiste dans ses sinistres desseins parce qu’il y a six ou sept gouvernements pour lui succéder et qu’il n’y a pas assez de chaises pour tant de gens (...) Franco profite de tout cela pour se gaver sur les espagnols avec, chaque jour plus de furie ; avoir une année sur le pied de guerre sur les versants des Pyrénées et se justifier ainsi par rapport aux Alliés contre les Rouges, étant donné que pendant qu’ils parlent de guerre contre Franco, sans la faire, Franco aura une explication facile à sa mobilisation militaire" ("Impulso", n° 3,15/2/45).

"Le premier devoir des espagnols :

Ce n’est pas le moment de s’entêter sur une position hâtive, quelle qu’elle soit. Mais nous serons toujours prêts à réfréner la furie dialectique qui procède du culte de la facilité. Ce culte nous a fait perdre la guerre en pensant à des aides qui ne vinrent pas et en ne pensant pas aux inconvénients qui se succédaient sans interruption.

Franco depuis des années martyrise les Espagnols. C’est seulement les Espagnols, ceux qui vivent en Espagne et ceux de l’extérieur qui peuvent l’annihiler complètement. L’aide possible du dehors, le rejet du fascisme dans le monde entier sont des circonstances favorables, mais non déterminantes pour un climat radicalement opposé à Franco.

Il faut durcir ses forces et écarter du raisonnement toute velléité critique étrangère aux faits les plus évidents.

Il faut éduquer son caractère et le soustraire au tonic da la facilité et de la commodité.

C’est le premier devoir des Espagnols" ("Inpulso", n° 6, 23 mars 1945).

(Septembre)

Israël Renof


Chronologie des grèves, des mesures sur les salaires et les prix et des relations hispano-soviétique (empruntée à Alba de 1940 à 1958, ouvrage déjà cité).

1945 novembre : grève à Marresa (Catalogne)

1946 août : conversations secrètes avec Moscou.

1948 janvier : décret pour geler les salaires.

1948 novembre : la Pologne vend des moteurs d’avions à l’Espagne.

1951 mars : grève générale à Barcelone. Exécutions secrètes.

1953 décembre : grève à Bilbao.

1954 janvier : décret d’augmentation des salaires de 10 % à 15 % ; mai : l’URSS rend à l’Espagne 220 prisonniers de la "Dividion Azul" ; novembre : accord commercial avec la Pologne.

1955, 23 septembre : Molotov déclare à "Arriba" que l’Espagne devrait faire partie du Pacte de Sécurité Européen proposé par l’URSS ; décembre : grève des usagers des tramways à Madrid et Barcelone.

1956 janvier : l’Espagne est admise à l’ONU avec les votes favorables de l’URSS et des USA ; avril : décret d’augmentation des salaires de 15 %, grève à Pampelune, au Pays Basque et à Barcelone ; octobre : retour en Espagne des enfants réfugiés en URSS pondant la guerre civile.

1957 janvier : la Pravda affirme que la République doit encore de l’or à 1’URSS ; mars-avril : grève des mineurs aux Asturies et au Pays Basque, suspension des "garanties". grève à Barcelone ; juillet : accord commercial de l’Espagne avec la Pologne ; août : décret d’augmentation des prix de nombreux articles ; septembre : grèves à Bilbao ; 8 octobre : discours de Franco, faisant l’éloge de l’URSS pour son spoutnik ; 13 septembre : lettre de Boulganine à Franco ; décembre : accords commerciaux avec la Pologne la Tchécoslovaquie, la Hongrie, l’Allemagne orientale et la Yougoslavie. Le PC lance la consigne de "la Réconciliation nationale". Le général républicain (communiste) Vicente Rojo retourne an Espagne. Participation
des Soviétiques aux congrès… qui ont lieu en Espagne.

1958 janvier : grève des usagers des tramways à Barcelone ; janvier-février : accords commerciaux de l’Espagne avec la Yougoslavie, la Tchécoslovaquie, la Roumanie et la Hongrie ; février : grève des usagers des tramways à Madrid ; mars : grève des mineurs aux Asturies, grèves à Barcelone et au Pays Basque ; décret de baisse du salaire minimum agricole ; mai : visite d’intellectuels communistes en Espagne ; loi qui autorise les négociations et les contrats collectifs de travail ; juin : entrevue du chef communiste Santiago Carrilo avec le ministre de l’intérieur Alonzio Vega en Espagne.

1959 ( nous avons peu de renseignements). On apprend qu’en 1957 la famille du républicain Negrin a remis les reçus de l’or espagnol en Russie au gouvernement franquiste (586 tonnes d’or).

1960 juin (?) : le match de football URSS-Espagne est interdit par le gouvernement espagnol.

196 novembre-décembre : grèves isolées.

1962 janvier-février : grèves isolées ; avril-août : grèves dans presque tous les secteurs ; août-septembre : grèves isolées ; mai (?) : des cargos polonais à Oviedo.

1963 janvier : le salaire minimum passe de 36 à 60 pesetas ; mars : traité économique russe-espagnol ; juillet-septembre : grèves aux Asturies, Leon et Sud.

1963 août : matches de Basket Real Madrid TSSKA ; le directeur de l’agence EFE à Moscou ; annonce de la visite des syndicalistes russes en Espagne ; septembre : la visite des Russes est ajournée ; des savants russes participent à un congrès de Madrid.


SOURCES D’INFORMATION

Presse espagnole d’Espagne

"Pueblo" (phalangiste et syndical)

"ABC" (monarchiste)

"Ya" (catholique)

"La Vanguardia"

Presse espagnole d’émigration :

"OPE", agence basque

"Le Combat syndicaliste"

Presse française officielle :

"Le Monde" (reflet des secteurs néo-capitalistes hispano-français)

"Chroniques Internationales : Espagne" (nouvelles de la politique et de l’économie)

Presse française militante :

"Bulletin d’Information du CARE"

Notes :

[1Cf. Noir et Rouge n° 23.

[2Voir la déclaration de Santiago Carillo à "Radio Espagne Indépendante" (Humanité 26 ou 27/9)

[3La CGT sur ordre du PC, sans doute, tente de former des sections espagnoles, FO également.

[4C’est le même phénomène antisyndical qui a eu lieu en France, avec les mineurs et qui pose le problème du rôle de tout syndicat comme complice inévitable du capitalisme (voir ICO d’octobre).

[5Sections espagnole, basque et catalane.

[6Alliance syndicale anarchiste, socialiste et basque date de mai 1961.

[7Voir "Révolution Africaine" du 10 août 1963.

[8Notons que dans le Monde Libertaire d’octobre, Maurice Joyeux parle de ce film en l’attribuant à un réalisateur sans mentionner aucune organisation ce qui aurait été un minimum d’objectivité.




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