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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Maroc 1963
Noir et Rouge n°25 - Octobre-Novembre 1963
Article mis en ligne le 7 octobre 2018
dernière modification le 16 février 2018

par ArchivesAutonomies
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Ces quelques lignes ne doivent pas être prises comme une étude politique ni économique. Ce sont plutôt quelques impressions d’un camarade au cours d’un séjour assez bref dans ce pays, séjour d’ailleurs nullement journalistique ; il s’agissait d’un travail qui laissait à notre camarade très peu de temps de libre. Il faut ajouter qu’il a déjà fait des séjours plus longs au Maroc.

SUR LE PLAN ÉCONOMIQUE : une certaine activité industrielle commence à se manifester. La plupart des usines et des entreprises qui ont fermé aussitôt après l’indépendance ( 1956 ) rouvrent leurs portes. J’ai vu aussi des usines nouvellement construites. Il est exagéré de parler d’un essor (comparable à celui qui a suivi la deuxième guerre mondiale) mais c’est un fait que dans la presse locale les "offres d’emplois" sont plus nombreuses que les demandes, surtout pour les postes plus ou moins spécialisés. Il faut dire aussi que l’ activité est de plus en plus concentrée dans certaines régions (la région côtière et surtout Casablanca), tandis que dans les autres, l’ activité économique est beaucoup plus lente et moins visible. Ce phénomène a été en grande partie provoqué par la concentration d’éléments européens dans ces zones qui à été à son tour suivie par un exode massif des populations paysannes et semi-citadines, qui s’agglutinent dans les bidonvilles, surtout à Casablanca (plus d’un million d’habitants peur environ 9 millions au total).

Il me semble quo les investissements industriels continuent à être pour la plupart étrangers, français et en partie italiens, allemands, américains. Les capitaux locaux ( la grosse bourgeoisie et les survivants de la féodalité) sont plutôt engagés dans le secteur intermédiaire pour des bénéfices immédiats. Les sociétés mixtes engagent le plus souvent, la participation de l’Etat ; la présence marocaine est plutôt symbolique (les marocains ont les postes officiels mais non effectifs). La politique officielle est l’encouragement aux investissements à tout prix, ce qui, avec la main-d’œuvre bon marché, attire l’avidité des capitalistes.

Sur ce point précis, la situation du peuple marocain et de la classe ouvrière n’est donc pas sensiblement différente par rapport à avant l’indépendance. Pour illustrer cette impression voici un exemple : un ouvrier d’une usine de tissu synthétique m’a dit que les patrons arabes (le sien était syrien) sont beaucoup plus féroces que les patrons européens, même constatation chez les femmes qui cherchent du travail dans les familles : elles sont moins bien payées et plus mal traitées chez leurs compatriotes. Cela dit non pour faire des éloges aux "civilisations" européennes, mais pour souligner le fait que le mythe de l’indépendance n’a pas suffi à résoudre tous les problèmes. Ou pour mieux dire, l’un des emprisonnés du mois de juillet constatait que les procédés de la police marocaine actuelle ne le cèdent en rien à ceux de la police colonialiste (lui-même était ancien résistant et pouvait comparer).

LA LÉGISLATION OFFICIELLE est très limitée pour ne pas dire inexistante. Dans une usine de coton, une grève il y a deux ans, avait entraîné le licenciement d’une vingtaine d’ouvriers qui ont passé plus d’un an e demi en chômage complet. Un de ces ouvriers m’a déclaré qu’il ne voulait plus entendre parler de grève. Dans cette même usine, la direction se pique d’être "sociale", installe des consultations pour les enfants, possède une caisse mutuelle. Le salaire mensuel varie de 25 à 50.000 francs (ouvriers spécialisés ou non). Avec le niveau de vie, c’est tout juste pour pouvoir survivre.

Mais ceux qui sont encore plus dans la misère, sont surtout ceux de la campagne. Les meilleures terres appartiennent soit aux colons marocains, soit aux colons français, et pour le reste la terre ne donne pas grand’chose. Le décalage entre prix agricoles et prix industriels est encore plus marqué qu’en France . C’est pourquoi la plupart quittent leur terre, et ceux qui restent à gratter leur maigre sol ont une vie très dure. Les maisons en terre et les huttes se voient dès la sortie des grandes villes. Le grand luxe c’est de récupérer des planches de bois, des vieilles caisses, des tôles ondulées pour pouvoir se faire un abri. Leur nourriture continue d’être très pauvre : nombreuses tasses de thé traditionnelles et du pain, quelques poignées d’olives et de dattes, des légumes pendant la saison.

Ceci rejoint la poussée démographique toujours effrayante ( le pouvoir ne fait aucun effort pour la modérer), et la mortalité un peu moindre chez les enfants. Ainsi le problème économique se complique et devient presque insoluble. En dehors de la grande endurance et de l’habitude séculaire de la misère, le peuple survit par un phénomène particulier, la solidarité mutuelle : un homme qui a pu trouver un travail stable partage le peu qu’il gagne avec toute sa parenté. Cela 1es empêche de mourir de faim. Les vertus bourgeoises, la famille stricte, et plus loin, la patrie abstraite, ont encore très peu de sens pour eux. C’ est la solidarité du sang, le sentiment tribal qui prédomine. Cette attitude prend un sens négatif quand elle se traduit par la distribution de tous les postes administratifs dans la parenté du chef, à quel que niveau qu’il soit. L’appareil administratif avant l’indépendance était déjà assez lourd, mais il semble énormément hypertrophié depuis l’indépendance. Le nombre des fonctionnaires surtout dans les secteurs improductifs., comme la police, augmente d’une manière considérable. Il me semble que ça dépasse le problème propre du fonctionnarisme et du bureaucratisme, pour rejoindre l’entretien de 1’ infrastructure du colonialisme : on continue à entretenir d’immenses ’avenues, des bâtiments modernes (qui sont à peine occupés) tandis que sur ces mêmes avenues les gens marchent pieds nus et vivent dans des trous ; tandis qu’il manque d’ouvriers qualifiés dans des secteurs beaucoup plus vitaux...

On a une impression très pénible à cause du contraste de plus en plus grand entre la nouvelle aristocratie qui achète pour une bouchée de pain les plus belles villas, les plus beaux domaines, qui possède, des voitures de luxe, et le niveau de vie de la majorité du peuple. C ‘est une constatation très fréquente dans tous les pays nouvellement sortis de la nuit coloniale. Et la prise de conscience de ce phénomène devient de plus en plus aigu. Mais ici nous entrons dans le domaine politique. Il est évident que l’expérience et la réalité sont les meilleurs éducateurs.

Mais entre la réalité et les considérations générales, entre le présent et l’avenir, il existe plusieurs écrans qui empêchent la prise de conscience. Pour le Maroc, il me semble qu’il faut en énumérer principalement trois.

Tout d’abord le fait RELIGIEUX : plus précisément l’islamique, qui, malgré toutes les spéculations (qui veulent le présenter comme une doctrine ouverte, progressiste) est avant tout un immobilisme, une acceptation, une résignation (comme toutes les religions d’ailleurs). En plus de son poids mort, il représente une force tout à fait négative dans le sens d’un chauvinisme, d’un racisme, d’une idéalisation de tout ce qui a été la civilisation arabe (qui fut sûrement très brillante, mais à quel siècle ?), d’une fermeture par rapport au reste du monde.

Ensuite le principe MONARCHIQUE : non pas la personne du sultan en elle-même, mais le symbole, l’institution. Il nous est difficile de critiquer les foules marocaines massées au passage la voiture du sultan... mais ici aussi le principe monarchique n’est pas seulement une force d’inertie, mais aussi un dynamisme négatif : on ne peut pas parler de parlement, de séparation des pouvoirs, de gouvernement indépendant (toutes les "vertus" bien connues !), encore moins de république, du peuple, de socialisme. Tandis que tout le continent africain ne parle que de ces
trois derniers...

Le troisième écran consiste dans l’autorité toujours assez grande des chefs locaux ancrée par la tradition séculaire. On se rappelle comment le Résident Général utilisait ces forces locales pour imposer son autorité. Bien que leur Pouvoir réel soit assez diminué (remplacé par le pouvoir administratif et le pouvoir des partis ), ils continuent d’ utiliser le s masses, surtout paysannes comme bon leur semble.

Il me semble qu’une grande partie du peuple prend de moins en moins en considération ces trois phénomènes.

Mais en contre partie, il faut donner "un bon point" au sultan : il a su admirablement manœuvrer peur conserver son pouvoir. Il ne faut pas oublier que le sultan en 1912 a appelé à Fès les troupes françaises pour le protéger contre son propre peuple en révolte ; il faut dire aussi qu’il a utilisé le protectorat pour asseoir son autorité (toujours discutée avant) sur une unité nationale ( qui n’existait pas de longue date) ; il faut rappeler qu’il a su utiliser le réveil de l’indépendance pour prendre la tâte de ce mouvement et enfin une fois ré-intronisé (et plébiscité par le peuple qui l’a reçu en triomphe) il a réussi à compromettre, à diviser et paralyser toutes les autres forces politiques et sociales – en les mettant au pouvoir sans leur donner un vrai pouvoir – donc, en arrivant à rejeter sur eux la responsabilité des échecs. Avant tout l’Istiqlal qui a partagé le plus longtemps le pouvoir ; ensuite l’aile gauche de l’Istiqlal (Ibrahim Bouabid ) ; puis l’aile droite (Allal El Fassi) ; actuellement le Mouvement Populaire et paysan de Ahardan. Imitant assez fidèlement l’exemple de De Gaulle, le sultan a pris en fin de compte en mains, les "affaires du pays" en se plaçant en dehors et au-dessus des partis, en gouvernant avec des techniciens et des hommes de paille choisis dans n ’importe quel parti et corrompus par lui. Comme De Gaulle, il n’a pas pu se passer d’un parti-bidon, le FDIC de Ahmed Ben Guedira (le Debré marocain). En face du pouvoir du Palais, le peuple perd de plus en plus ses illusions, l’opposition s’organise. Les dernières élections, cet été, n’ont pas donné entière satisfaction au Palais, ce qui a provoqué le coup du 16 juillet où la police marocaine a arrêté plusieurs dizaines de militants de gauche surtout de l’UNFP (Union Nationale des Forces Populaires) da Mehdi Ben Barka. Mais avant de parler de ces arrestations, il faut dire quelques mots de l’opposition. L’UNFP existe depuis quelques années et groupe des tendances assez variées plus ou moins démocratiques ou républicaines, de l’exemple yougoslave, cubain, jusqu’au Baas syrien ou irakien. Aux élections, il s’est montré assez fort à Casa, Rabat, et Kenitra (les centres industriels). L’Istiqlal traditionnel a encore une influence assez forte parmi la bourgeoisie de Fès, Meknès, et dans certaines campagnes. Il est pour une monarchie modérée, pour le "Grand Maroc" (avec la Mauritanie), et de réformes plus ou moins timides. L’UMT (Union Marocaine du Travail) se place en dehors des partis — il semble que dernièrement l’UMT envisageait la création d’un parti de modèle travailliste — et n’a pas participé aux élections. Bien que formée pendant la résistance par l’Istiqlal, elle prend souvent des positions prolétariennes et progressistes. En face d’elle, l’Istiqlal a essayé de fabriquer son syndicat "maison" quand il était au pouvoir (sans grand succès d’ailleurs). Depuis quelque temps, le Docteur Khatib tâche de créer un autre syndicat bidon, appelé syndicat libre ! Le PC est interdit,mais ses militants sont connus et plus ou moins tolérés.

Donc, le 16 juillet, le Palais a frappé un grand coup (avec arrestations, tortures, procès, "complot") contre les militants progressistes. Il est plus qu’improbable qu’il y ait eu quelque chose de vrai derrière ces accusations, mais c’est difficile à dire, s’il s’agit d’une provocation ou d’un montage. Dans le pays, on parle d’un attentat individuel contre le sultan (le troisième depuis le début de son règne), et il est probable qu’il ait eu peur, et il a voulu par la force impressionner toute l’opposition. Mais on peut dire que son régime est très impopulaire, que ses valets ne sont pas capables de donner une solution aux problèmes économiques, que sa politique coupe le Maroc non seulement du monde arabe (qui est très peu monarchiste) mais aussi de l’Afrique qui est encore plus "révolutionnaire" et socialisante.. Les dernières réformes agraires (il s’agit plutôt que de réformes de récupérer les 230 000 ha de terre de colonisation officielle), très mal préparées (les coopératives qui doivent prendre en mains les terres des colons n’existent même pas sur le papier) et précipitées, ont l’air plutôt d’une démonstration vis à vis du peuple.

En conclusion, dans l’ensemble la situation au Maroc (bien qu’avec quelques particularités) ne me semble pas différente de celle des autres pays récemment indépendants (il serait intéressant de recevoir des témoignages de camarades sur d’autres pays).

Les mêmes phénomènes économiques  : le poids dominant du monde rural (avec le problème de la terre), la prolétarisation de plus en plus marquée (avec le problème de l’industrialisation) l’attitude des jeunes intellectuels, des cadres, des "élites", le poids de la bourgeoisie, les agissements des pays industriellement plus avancés, la solidarité avec le continent africain, avec le Tiers Monde.

Les phénomènes politiques : régime républicain ou monarchique plus dictatorial ou plus démocratique, parti unique ou pluripartisme, ont évidemment une influence très marquée, mais restent quand même d’une importance plus relative.

QUELLE ATTITUDE DEVONS-NOUS AVOIR ?

En dehors de l’Intérêt théorique, intérêt pour l’avenir ( le Tiers Monde pèsera de plus en plus dans les débats de la planète), notre attitude quotidienne doit éviter les deux positions de facilité : un enthousiasme non critique, ou une critique trop stérile (toutes les deux trop détachées des conditions réelles). On ne doit pas prendre quelques bonnes paroles, voire même quelques bonnes intentions pour un rêve réalisé ; on ne doit pas condamner toute recherche, tout effort, toute expérience parce qu’elles n’auraient pas un caractère immédiatement libertaires. Il ne faut pas perdre de vue que la Révolution n’est que le couronnement d’un travail de longue haleine, d’une évolution accélérée par la volonté et le dévouement d’une multitude de gens plus- résolus, plus décidés et convaincus que les autres. L’acte révolutionnaire peut-être un acte presque inaperçu : une attitude devant un fait, une remarque devant une position, une ouverture plus large, une défense plus résolue. Autrement dit, il faut aider les autres à prendre de plus en plus conscience des problèmes qui nous semblent essentiels, des solutions qui nous semblent plus justes. Ou pour employer un mot de Malatesta :

"Ce n’est pas aller à l’anarchisme, c’est marcher vers l’anarchisme".

Martin

DOCUMENT.

J’ai visité un village marocain assez en détail : 700 habitants, ce qui fait 120 familles sont dispersés en petits hameaux dans un cercle assez vaste. Le gros du village est situé autour de la source. Les 2/3 de la population ont moins de 25 ans. Ce sont des agriculteurs, propriétaires ou salariés dont 4 possèdent une terre de plus de 15 hectares, 12 entre 7 et 15 ; 20 familles n’ont ni terre ni bêtes. Les propriétés sont communes à plusieurs familles.

La récolte, surtout d’orge, est d’environ 3 quintaux pax hectare, dans les années sèches (4 années sur 5), 10 à 12-dans les années pluvieuses. A côté des champs, la population fait un peu d’élevage, moutons surtout. Quelques familles ont des jardins : orangers, oliviers.

A la question : qu’avez-vous mangé à midi ? posée aux enfants, la moitié a répondu : du pain d’orge, soit sec, soit trempé dans un peu d’huile ; un quart avait mangé en plus du pain des olives et des oranges ; et seulement un quart un plat, dont la moitié avec de la viande, du beurre, des pommes de terre. Un seul enfant sur une quarantaine avait mangé du couscous et 2 des œufs.

Ce village est relativement plus aisé que les autres de la région, des familles venues d’ailleurs s’y installent même sans rien posséder considérant qu’elles ont plus de chance de trouver du travail. Il existe une école : une pièce louée chez un particulier, le plus riche du douar. Elle est assez sombre, relativement propre ; des bancs trop petits et trop étroits ; pas de W.C. Il y vient environ 60 élèves. Une autre école est en construction, plus solide et plus grande. Une école coranique est fréquentée par 15 enfants d’un âge plus bas.

Les habitations sont pour la plupart composées d’une seule pièce aux murs faits de terre et de branches d’arbres, avec une toute petite fenêtre sur un côté, et un trou de cheminée de l’autre. Les pièces ont 4 à 6 m2. Elles sont nues. Dans un coin seulement, il y a une plateforme surélevée d’une vingtaine de centimètres au-dessus du sol de terre battue, également en terre, qui représente l’endroit où ils dorment. Les nattes sont pliées dans la journée. Tout ce que la famille possède : quelques couvertures, quelques vêtements quelques sacs de nourriture sont accrochés aux murs. Dans les maisons plus riches, il y a un grand panier qui sert de réserve.

A côté de cette pièce une cuisine : on ne peut s’y tenir que plié en deux, accroupi devant un fourneau à charbon. Dans quelques habitations plus riches, il y a une troisième pièce, atelier où les femmes tissent des nattes, ou des tissus, des tapis.

Les bêtes sont le plus souvent dehors ou sous un auvent. Je n’ai vu aucun W.C.

Le toit est de chaume, sauf dans quelques maisons plus riches, où c’est une terrasse de terre battue. Tout le monde dort dans la même pièce, les plus petits suspendus dans un hamac, ce qui fait en moyenne 5, mais quelquefois jusqu’à 10 personnes dans une pièce.

La polygamie existe, sauf chez les plus pauvres. La nourriture est réduite, pain d’orge, olives, quelques légumes en été.

A la question suivante : "combien mangez-vous de viande par mois ?" une famille a répondu une fois par mois, une autre, quand elle va au souk, une troisième aux grandes fêtes. Il n’y a pas d’abattoir : quelques personnes sont réputées pour leur adresse dans cet emploi. Il n’y a pas de marche. Il y a deux possibilités pour l’eau : une source et une déviation de l’oued qui traverse
une bonne partie du douar dans une canalisation cimentée ouverte à l’air libre. La source a un débit suffisant pour empêcher la stagnation, elle était captée, mais actuellement la fontaine n’existe plus, le réservoir est ouvert et l’eau sort dix mètres plus bas. Les femmes viennent avec leur âne puiser l’eau dans des petits tonneaux en entrant elles mêmes dans l’eau, et la puisent presque à leurs pieds. L’ancien captage cimenté sert de lavoir et l’eau du linge s’écoule dans la source. Mais certains habitants ne vont même pas jusqu’à la source et puisent l’eau dans le canal qui traverse le village à travers les champs et sert à la fois de tout à l’égout.

Il n’y a pas d’infirmerie. La plus proche est à 7 Km, nais il n’y a aucun moyen d’évacuer les malades sauf à dos d’âne.

La médecins populaire consiste en pointes de feux faites avec des morceaux de bois enflammés, par des femmes spécialisées dans ce travail, en herbes médicinales, en saignées et autres procédés qu’ils ont refusé de nous décrire.

Environ 20 % des nouveaux-nés meurent avant d’atteindre 1 an, surtout en été avec la grosse chaleur, mais aussi à cause du manque de soins appropriés, d’hygiène et d’alimentation. Dans une famille, sur 7 enfants nés, un seul était vivant ; dans une autre, sur trois, trois vivants (famille plus aisée) ; dans une autre, sur quatre, deux vivants.




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