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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Un manifeste de la F. A. I. (décembre 1934)
Terre Libre N°9-10 - Janvier-Février 1935
Article mis en ligne le 23 mars 2018
dernière modification le 3 mars 2018

par ArchivesAutonomies
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Si la région de Llovregat et Cordoue a eu l’honneur de proclamer pour la première fois le Communisme libertaire en Espagne, c’est à la région des Asturies, Léon et Palencia qu’est revenu l’honneur beaucoup plus grand encore d’avoir conquis pour le prolétariat un triomphe collectif et complet.

Figols et Sallente, le 8 Janvier et le 8 Décembre, symbolisent l’idéal futur qui marque au prolétariat le chemin du triomphe. Les Asturies, c’est la consécration du triomphe lui-même, avec la chute de toutes les institutions de la société actuelle et la mise en marche de la société de l’avenir. Qu’importe que les bourreaux aient momentanément jugulé ce geste unique dans l’histoire, il ne tardera pas à se répéter et dès qu’il se répétera, ce sera d’un bout à l’autre de la péninsule le triomphe grandiose qui couronnera les efforts pour la rédemption des peuples.

Il a suffit de la poussée irrésistible des travailleur, unifiés, mus par un idéal supérieur, pour que toutes les institutions politiques et religieuses, représentatives du régime bourgeois, soient balayés, et que par le travail soit édifié un monde nouveau, basé sur la justice et la Liberté.

Pour réprimer ce mouvement émancipateur, le régime capitaliste, sérieusement compromis, a dû lancer sur une seule province des corps d’armée considérables, concentrant en plus tous les salariés du crime tels que : gardes d’assaut, gardes civils, et ces mercenaires sauvages de la légion étrangère et des tirailleurs riffains sans la moindre notion d’humanité, amenés d’Afrique pour écraser le mouvement des idéalistes libertaires. Par le bombardement de l’aviation, et par la résistance désespérée des révolutionnaires, la capitale des Asturies et les autres cités, théâtre de la révolution, ont été converties en monceaux de ruines fumantes. Le haillon militariste empêche la vérité d’arriver au peuple, sur la grandeur tragique de l’épopée vécue par le peuple asturien. L’Espagne est actuellement soumise, comme pendant les sept années de dictature, au bon vouloir des quelques généraux qui ont pris les populations des Asturies pour des Kabyles riffains, et qui mènent les Espagnols plus durement encore que lors des campagnes riffaines.

La légende des crimes commis par les révolutionnaires et en échange se font jour, malgré la censure, les informations des assassinats collectifs, crimes abominables, commis par les sauvages de la Légion étrangère... Il est hautement significatif qu’un gouvernement patriotique ait fait appel, pour se soutenir, à de tels malfaiteurs, résidus affreux de toutes les nations.

Du moment qu’ils ont assassiné des journalistes comme Luis Sierval, de peur qu’ils dévoilent les atrocités commises, que n’ont-ils dû faire avec les travailleurs idéalistes qui sont tombés dans leurs griffes ignobles ?

Après les exécutions collectives, l’acharnement cruel, la peine de mort a été appliquée à deux révolutionnaires de la région héroïque, et on prétend commettre encore une multitude d’exécutions légales.

Les généraux arrogants font pression et menacent le gouvernement pour que ces exécutions aient lieu. La menace d’un coup d’Etat militaire est permanente.

Les destinées de l’Espagne se trouvent actuellement dans les mains des fascistes. D’après nos informations, la menace de mort pèse sur de nombreuses personnes. Des milliers et des milliers d’hommes libres et des démocrates sont condamnés à perpétuité, pour participation révolutionnaire, sans que l’instruction sommaire ait apporté la preuve de cette participation. Pour le seul fait d’avoir un tract dans sa poche ou d’avoir collé un papillon, ces tribunaux infligent des peines de douze à quatorze années de prison. Ces barbares sont en train de convertir l’Espagne en une immense prison. Et non contents de ces monstruosités, ils cherchent l’occasion propice de faire un coup d’Etat. On nous annoncent des milliers de lois répressives. Contre ce danger imminent qui se dresse sur l’Espagne, nous devons tous être prêts à nous lancer dans la lutte d’un élan irrésistible.

Peuple, il est possible que bientôt la C.N.T. et la F.A.I., formant l’avant-garde révolutionnaire, t’appellent à l’insurrection armée. Cette lutte sera définitive, si tu réponds comme tu dois répondre. En t’enrôlant dans la révolte libératrice, tu balayeras toutes les institutions et privilèges de l’autorité et du mensonge ; l’exploitation de l’homme par l’homme sera finie pour toujours, et sur la Péninsule s’implantera le communisme libertaire.

Attendons cette heure décisive qui sera l’heure du triomphe.

Vive le Communisme libertaire et la Révolution sociale




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