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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Les femmes asturiennes dans la révolution – K. Lina
Terre Libre N°9-10 - Janvier-Février 1935
Article mis en ligne le 23 mars 2018
dernière modification le 3 mars 2018

par ArchivesAutonomies
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C’est des rangs de l’anarchisme que sont sorties les plus grandes valeurs féminines dans la lutte sociale. Déjà en janvier 1934, nos compagnes se sont distinguées par leur intervention dans les conseils et les combats révolutionnaires.

Tous nous nous rappelons avec horreur, mais aussi avec orgueil la tragédie de Casas-Viejas, par laquelle le nom de la petite-fille de Seisdedos est entré dans l’histoire avec celui de son infortunée cousine Manuela Lago. A la même époque, une jeune femme à Madrid rendit son nom célèbre en lançant une bombe contre les sbires qui voulaient l’arrêter. Dans l’Aragon, pendant le mouvement révolutionnaire du 8 décembre 1933, les femmes en imposèrent à tous par leur vaillance et leur dévouement. Mais tous ces gestes magnifiques palissent devant l’impressionnante action des femmes révolutionnaires aux Asturies. Louise Michel, l’anarchiste batailleuse et maternelle, et Sophie Perowskaïa, la jeune terroriste intrépide ont dû être les muses inspiratrices des femmes asturiennes. Dès les premiers moments de la révolte, elles marchent en tête de l’avant-garde, défiant la mort et la mitraille. D’autres restent à l’arrière pour ravitailler les combattants, et veiller à de multiples détails. Les services sanitaires s’organisent rapidement, suppléant avec intelligence à la pénurie de matériel...

Comme exemple de l’ardeur déployée par les femmes dans la révolution des Asturies, Voici les derniers moments d’une de nos camarades, très connue à Oviedo "La Libertaria".

Le 13 Octobre 1934, elle se trouve devant la porte de l’église Saint-Pierre et sert une mitrailleuse qui tire sans répit ni trêve, infligeant des pertes nombreuses aux mercenaires de la Légion Etrangère. Son calme courage, avec une lueur d’espoir dans les yeux fait envie à bien des hommes. Après une fusillade acharnée qui dure plusieurs heures, les légionnaires se lancent dans le corps à corps. Lorsqu’ils arrivent à l’église, seule La Libertaria et deux compagnons sont encore en vie ; une décharge à bout portant achève les deux compagnons à son côté. Se voyant entourée et sommée de se rendre, elle ramasse une barre de fer et porte des coups furieux aux légionnaires qui reculent blessés. Mais l’un d’eux se relève brusquement et bondit sur La Libertaria... Elle a sorti un pistolet de son corsage, mais le légionnaire est plus prompt. Elle tombe morte à ses pieds.

Ainsi toute habillée de rouge, sa jeunesse, sa beauté, son courage rendaient honteux ses propres bourreaux.

Femmes des Asturies ! Braves compagnes de la Révolution ! Femmes de Arnedo, Castilblanco, Casas-Viejas, Aragon ! Votre sacrifice ne sera pas inutile ! Le sang versé par vous dans la lutte sera la semence qui fera éclore un jour prochain la fleur de la Révolution Libératrice




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