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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Programme de la Fédération française de l’AIT
L’Avant-garde N°1 – 2 Juin 1877
Article mis en ligne le 9 mai 2018

par ArchivesAutonomies
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Les droits politiques sont pour le travailleur nuls et non advenus si les moyens économiques de les faire valoir ne les accompagnent pas. Les libertés publiques , le droit de vote , la république même, utiles pour le bourgeois parce que riche, il peut s’en servir, restent pour l’ouvrier à l’état de lettres noires et mortes sur le papier de nos constitutions. La république la plus radicale, république pour le riche, est encore pour le pauvre une monarchie. D’où vient cela ?

De la concentration dans quelques mains et au profit exclusif de quelques-uns, du sol, des capitaux, des machines, de tous les moyens de production sociale, en un mot, de la constitution actuelle de la propriété.

Que doit donc être la propriété ? — Collective.

Nul n’a créé le sol réceptacle de toute matière première ? — Il doit donc appartenir à tous et non pas à quelques-uns. — Les machines , les outils, tous les instruments de travail sont le résultat du labeur accumulé des générations passées ? — Ils doivent donc fonctionner au profit de tous et non pas de quelques-uns.

Donc, propriété collective du sol et des instruments de travail.

Si dans la société actuelle, la majorité, c’est-à-dire ceux qui produisent, se trouvait directement en présence de la minorité, c’est-à-dire de ceux qui exploitent, bientôt le plus grand nombre spontanément soulevé écraserait le plus petit, réaliserait la propriété collective, avec "l’Egalité" amènerait la "Liberté" et rendrait ainsi la ,"Fraternité" possible. Pour que ce soulèvement populaire n’ait pas lieu, il faut que la minorité trouve dans une institution quelconque un contrepoids. nécessaire et suffisant pour contenir la majorité, et, si elle se révolte, pour la vaincre ; ce contrepoids existe, son nom historique est : "l’Etat".

Il y a donc nécessité de détruire l’Etat ?

Comment ? — Par la révolution.

Mais quand nous parlons de révolution, quand nous affirmons la nécessité de détruire un état, il ne faut pas se méprendre sur le fond de notre pensée. Ce n’est pas la révolution nationale qu’il nous faut ! C’est la révolution Internationale ! Ce n’est pas un "Etat National" que nous voulons abattre ! Ce sont tous les Etats nationaux que nous désirons mettre bas ! Une révolution purement politique pouvait se tenir enfermée dans le cercle étroit de la patrie ! Que veut en effet une révolution politique ? Changer la forme d’un gouvernement ? transformer en république une monarchie ? Mais cette monarchie ne faisait sentir son action que dans l’étendue du territoire français ? Une révolution sociale ne peut s’arrêter à la poursuite d’un but aussi restreint. Par-dessus les frontières l’exploitation économique a jeté son immense filet ; les capitaux anglais, français, turcs, allemands, etc. ont fait alliance ; le travail doit de son côté solidariser ses efforts. Pour nous les frontières, comme dit le poète , ne sont plus que des raies rouges, jaunes, ou bleues sur des cartes !

La Fédération française voulant la révolution universelle, fait partie de la société qui réalise le mieux la solidarité universelle ; elle fait partie de l’Association internationale des Travailleurs.

Destruction de l’Etat, voilà le côté négatif du programme anarchique ; en voici le côté positif :

Le rôle néfaste, corrupteur, tyrannique de l’Etat actuel ne tient pas au caractère ou à la moralité des personnes qui en sont les dépositaires, il tient surtout à la nature même de l’institution. Si donc il y a nécessité de détruire l’Etat actuel, il y a nécessité au moins aussi grande de mettre obstacle à la constitution d’un Etat nouveau, quel que soit d’ailleurs le nom qu’il se donne, "Etat populaire" ou "Etat ouvrier", la forme qu’il choisisse, le prétexte qu’il prenne, économique, politique ou administratif,

Et que mettra-t-on à la place de l’État ? La Liberté ! le contrat ! La formation libre des groupes humains autour de chaque besoin, de chaque intérêt et la libre fédération de ces groupes. En un mot : La Fédération libre des groupes et des individus.

Le programme de la Fédération française de l’Association Internationale des Travailleurs peut se résumer en ces termes :

COLLECTIVISME ;

ANARCHIE ;

FÉDÉRATION LIBRE.




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