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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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"Front populaire" égale : Front national – Terre Libre
Terre Libre N°16 - Août 1935
Article mis en ligne le 5 avril 2018

par ArchivesAutonomies
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"En tête du cortège figureront le drapeau tricolore pris comme emblème des traditions révolutionnaires française..."

(Humanité, du 29 Juin 1935)

Révolution prolétarienne d’une part, guerre et fascisme de l’autre, telles sont les alternatives inéluctables où se trouve acculée la société aujourd’hui.

Opposer la révolution prolétarienne à l’agonie irrémédiable du système démocratique bourgeois, au fascisme et à la guerre, telle est la ligne directrice invariable pour les révolutionnaires conséquents.

Mais les partis ouvriers actuels posent autrement le problème : "Renoncez au fascisme, demandent-ils à la bourgeoisie, et nous renonçons à la révolution."

Ils abandonnent alors plus ou moins ouvertement leur programme primitif et ne cherchent plus de solution que dans le maintien à tout prix du régime démocratique bourgeois, qui pourtant, parce que capitaliste, prépare la guerre et laissera la voie libre au fascisme.

Les avantages démocratiques, qui sont l’objectif suprême du Front Populaire, ne résident exclusivement, que dans la possibilité qu’a aujourd’hui la classe ouvrière de les utiliser pour ses buts révolutionnaires en les défendant par la lutte armée.

Mais le Front Populaire refuse la lutte armée, et les milices ouvrières. Il met toute sa confiance dans les délégations suppliantes auprès des ministres et préfets.

La "délégation permanente" des parlementaires et anciens ministres de gauche, devient l’état-major de la soi-disant "lutte antifasciste."

Daladier et Pierre Cot sont, aux côtés de Maurice Thorez, les leaders applaudis du Front Populaire, ceux que l’Humanité du 7 février 1934 voulait mettre "au poteau", traitait de "fusilleurs", et qui n’étaient et ne sont que bourgeois peureux, prêts à laisser place, "dans l’intérêt de la nation", aux troupes et au gouvernement de La Rocque-Doumergue.

Le Front Populaire a pour ligne directrice, la peur du fascisme. Et le grand capitalisme agite cet épouvantail pour amener au service de sa politique les radicaux ainsi que les partis ouvriers qui se déclarent prêts à soutenir ou à constituer un ministère traître de défense républicaine. Préparer, par l’union sacrée, la guerre baptisée "démocratique" et "anti-hitlérienne", imposer aux travailleurs des mesures de déflation et plus tard de dévaluation, c’est dans ce but que la bourgeoisie entend utiliser le Front Populaire et peut-être le porter au gouvernement.

Et c’est par un tel discrédit des partis ouvriers qu’elle facilitera la propagande de masse du fascisme et son avènement au pouvoir.

Les couches travailleuses, surexploitées et affamées par la crise, cherchent une issue, votent à gauche en masse, et croient trouver un libérateur dans le Front Populaire qui, sous la direction des bourgeois de gauche à la Herriot-Daladier, les conduit à la capitulation, à la guerre et les paralyse devant le fascisme.

QUE FAIRE ALORS ? COMMENT REAGIR ?

En dénonçant la duperie du Front Populaire !

En dénonçant les délégations diplomatiques des gauches, les manifestations tricolores.

En organisant, par contre, des équipes ouvrières armées et autonomes pour écraser les équipes fascistes.

En opposant au Front Populaire électoraliste, parlementaire et gouvernemental, des Comités de travailleurs décidés à l’action directe.

En organisant sur le terrain syndicaliste une minorité révolutionnaire capable d’impulser et diriger les luttes grévistes à venir.

En maintenant face à Staline et à Blum-Zyromsky la lutte révolutionnaire dans notre propre pays !

TERRE LIBRE [1]

Notes :

[1Le présent appel, sauf modifications des quatre derniers paragraphes est la reproduction d’un manifeste de l’Union Communiste, 10, rue Juillet, Parsi 20ème.




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