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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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Biographie d’Erlebach Jules, Charle, Ignace (dit Ducret)
Article mis en ligne le 31 mai 2018
dernière modification le 28 mai 2018

par ArchivesAutonomies
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Né le 1er février 1881, originaire de Portalban (canton de Fribourg, Suisse), mort le 12 janvier 1913 à Paris ; électricien, dessinateur industriel puis libraire ; anarchiste individualiste.

Fils d’un petit industriel suisse, Jules Erlebach quitta les siens par conviction anarchiste. Depuis 1906, il fut collaborateur de la Voix du Peuple, syndicaliste révolutionnaire, de Lausanne. Il anima avec Jules Schneider l’Union ouvrière de Fribourg de 1904 à 1908 (640 membres, 12 syndicats) qui adhéra à la Fédération des unions ouvrières de Suisse romande FUOSR). Le Cercle des travailleurs, une de ses composantes, fit toutefois pression pour exclure les anarchistes. En novembre 1906, Erlebach donna encore une causerie sur le syndicalisme écoutée par peu de membres, "la plus grande partie ayant jugé meilleur de se retirer".

Il finit par quitter le Cercle en été 1908 et partit pour Paris où il se lia aux individualistes.

Depuis le mois de juillet 1911, il tenait à Paris, 15, passage de Clichy, sous le nom de Ducret (nom de sa grand-mère maternelle), une petite librairie qui diffusait entre autres l’Idée libre, revue fondée par Lorulot. Il travaillait comme dessinateur industriel, la librairie ne suffisant pas à le nourrir.

Il fut très surveillé pendant l’affaire Bonnot, la police le suspectant d’avoir hébergé Octave Garnier et d’être un receleur. Accusé de ne pas avoir fait de déclaration de séjour en tant qu’étranger, il perdit sa place. Il fut gérant de l’anarchie en octobre et novembre 1912. Le 10 novembre 1912, la librairie fut perquisitionnée : 400 gardiens de la paix et un escadron de gardes républicains encerclèrent le local. Charles Scalvini, un anarchiste italien, ouvrier tailleur, hébergé par Erlebach, fut arrêté puis relâché.

Le 5 décembre 1912, l’anarchiste Léon Lacombe, recherché par la police pour plusieurs meurtres et actions illégalistes, persuadé qu’Erlebach servait d’indicateur à la police, le blessa mortellement d’une balle dans la gorge après l’avoir séquestré et tourmenté une partie de la nuit. Hospitalisé, Erlebach mourut des suites de cette blessure le 12 janvier 1913. Les soupçons de Lacombe, d’après Henri Poulaille qui posa la question à l’ancien chef de la Sûreté, n’étaient pas du tout fondés.

SOURCES : Archives PPo, BA 1134 — Pierre Jenny, Du noir au rouge. La mémoire ouvrière fribourgeoise : à travers la vie et les écrits de Joseph Meckler (1870-1914), Fribourg 2005 — René Bianco, Un siècle de presse, op. cit. — Archives cantonales vaudoises, K VII b 19/30 — note de Marianne Enckell.

Anne Steiner complétée par Rolf Dupuy

P.S. :

Source : dictionnaire Maitron




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