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Fragments d’Histoire de la gauche radicale
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"mettre le feu aux salles de concert et détruire les compagnies de disques est plus créatif que de réussir"
Article mis en ligne le 13 avril 2013
dernière modification le 17 novembre 2013

par ArchivesAutonomies

Extrait de la revue Rock and Folk, n° 134, mars 1978. Article et interview de Hervé Muller. Signalé par Christian Prigent.
Jobnny Rotten a créé très vite un autre groupe, dont le nom, P. I. L. (Public Image Limited) tient compte ironiquement de l’autocritique des Sex Pistols.

Vue par le chanteur-vedette, Johnny Rotten :

Jeudi 19 janvier. La Direction du Département international des Disques Barclay, à Paris, reçoit un appel téléphonique des Etats-Unis. Au bout du fil, une voix à l’accent cockney traînant : "J’ai de dures nouvelles pour vous. Les Sex Pistols se sont séparés. Ceci est un communiqué, prenez note... Le management en a assez de manager un groupe de rock’n’roll à succès. Le groupe en a assez d’être un groupe de rock’n’roll à succès. Mettre le feu aux salles de concert et détruire les compagnies de disques est plus créatif que de réussir. En conséquence, tout ce qu’il nous reste à faire est de nous saouler et de nous baiser... Ne diffusez pas ceci avant lundi. C’était Johnny Rotten à l’appareil."

Vue par le manager Malcolm McLaren :

Ce fut une décision prise d’un commun accord. Nous en avions tous assez les uns des autres, ça faisait un bout de temps qu’on se détestait tous et que l’idée même du groupe était devenue ennuyeuse... Ce n’était plus drôle ni intéressant, juste un autre groupe de rock’n’roll, ce qui n’était pas l’idée initiale.
(...) Mais les problèmes remontent à bien avant l’Amérique, et nous espérions que reprendre la route nous rendrait notre enthousiasme, mais ça n’a pas été le cas. N’être qu’un groupe de rock’n’roll à succès de plus devenait extrêmement fastidieux.
(...) Quand le groupe s’est séparé, il (Steve Jones, un musicien du groupe) a dit que c’était la meilleure chose qu’il ait faite depuis deux ans... Je n’ai aucune idée de ce que va faire Johnny maintenant, mais j’espère qu’il ne va pas continuer à chanter, parce que ça serait prévi­sible et donc sans intérêt...
(...) Personnellement, je ne me sens plus vraiment concerné, parce qu’ils sont allés aussi loin qu’ils le pouvaient. Au point où ils en sont actuellement, ils n’ont plus l’énergie qui rendait leur comportement tellement menaçant, socialement et musicalement, et ils ne pourraient que perpétuer une espèce de mythe... Nous avons toujours dit que si nous en arrivions là, nous nous arrêtions.
(...) Moi ? Je ne sais pas si je veux continuer à être un manager de rock’n’roll, ça a perdu son intérêt et ça ferait de moi une espèce de petit entrepreneur. Je voudrais être un peu plus créatif. Je trouve ce business extrêmement fastidieux.

Groupe musical "Sex Pistols", 1978