Bandeau
Fragments d’Histoire de la gauche radicale
Slogan du site
Descriptif du site
Dans notre courrier
Noir et Rouge N°25 - Octobre-Novembre 1963
Article mis en ligne le 7 octobre 2018
dernière modification le 23 juin 2018

par ArchivesAutonomies
logo imprimer

Du camarade L. (Calvados) :

"...J’ai lu avec intérêt le n° 24. Les articles sur l’histoire de l’anarchisme comme "les anarchistes au Mexique" me passionnent. Mais je dois dire que l’article sur le "droit" m’a semblé très important. Ce sont des problèmes difficiles sur lesquels il faut se pencher sérieusement..."

Du camarade J. dans la Marne :

"...J’ai bien reçu le n° de juin de NR. J’y ai remarqué un progrès de présentation mais il me semble que dans l’étude sur la révolution mexicaine il y avait une certaine confusion entre la révolution de type démocratique avec réforme agraire, améliorations sociales mais maintien des structures fondamentales, rôle du parti de masse, etc. et l’élaboration de structures totalement nouvelles de forme libertaire dont l’Espagne reste vraiment le seul exemple à grande échelle. Je pense comme le suggèrent dans leur dernier n° les copains d’ICO qu’il serait intéressant de faire une étude critique de l’expérience espagnole, critique qui fut d’ailleurs amorcée dans un numéro de NR (bibliographie). L’étude sur le droit anarchiste pourrait permettre de rénover la notion de contrat libre, tant sur le plan organisationnel que social ; il y aurait beaucoup à dire là-dessus au travers des différentes expériences tentées : milieux libres, collectivités espagnoles, etc."

Du camarade G. de Marseille :

"...Si le communisme, dans son contenu idéal, représente la solution d’avenir pour des millions d’hommes de notre planète. Si on analyse les expériences de l’Etat d’Israël qu’on nous indique comme modèle le plus proche de cet idéal, c’est en réalité une œuvre où le processus de déviation se fait plus imperceptible qu’ailleurs par la pacification entre l’Etat et ses citoyens  : cet élément pratique de la société israélienne conduit à l’acceptation de tous les privilèges que l’état peut avoir en soi-même.

De fait, si le kibboutz prouve qu’il peut être facile d’acclimater dans l’esprit communautaire et d’émulation pour le bien-être, un nombre d’hommes indéterminé, les transformer d’êtres égoïstes en hommes solidaires et volontaristes, en même temps les conduit à reconnaître les raisons de se faire gouverner par délégation politique.

D’autre part il ne faut pas méconnaître que si le kibboutz est un type de kolkhoze libéralisé que dans l’anarchisme nous appelons "communauté" ou "groupe de productions", dans l’ensemble des autres groupes industriels il est une contingence non centralisée du capital, structurée par l’économie de l’Etat politique.

Depuis sa constitution, il a mis en émoi tous les Etats arabes ; cependant, avant que cet Etat soit

constitué, arabes et juifs travaillaient ensemble et fraternité dans les kibboutzim, ou d’autres groupes qui pouvaient exister dans la zone.

Voilà selon moi comment on peut observer les choses d’Israël".

D’un camarade du Maroc

"...Les Marocains sont scandalisés par l’attitude ingrate des algériens et sont prêts à partir en guerre pour Dieu, la patrie, le roi ; le parti communiste et 1’UNFP souhaitent en cas de guerre une victoire algérienne leur permettant d’installer au Maroc un "socialisme". Mais la situation n’est pas tendue, les frontières sont loin, cela fait un sujet de conversation, mais personne ne croit à l’ouverture d’un conflit..."

Des camarades cubains, de Miami :

Extraits d’une lettre du Mouvement Libertaire Cubain à la FA italienne datée du 1/9/1962, communiquée par le MLC à Noir et Rouge le 18/7/1963 :

"Nous vous l’envoyons, pour que vous puissiez mieux comprendre notre position d’aujourd’hui, face au castro-communisme, et notre position d’hier, face au batistianisme.

... Notre position d’attaque au régime dictatorial cubain ne fut pas décidée par nous en exil, mais à Cuba fin 1959 et début 1960. Notre action a commencé à se développer alors et les camarades qui sont pris aujourd’hui, le sont parce qu’ils ont suivi cette position que nous avons tous décidé à Cuba. Par conséquent il faut que vous ôtiez de votre esprit toute idée de différence entre notre mouvement en exil et notre mouvement à l’intérieur de Cuba ; car, en outre, si nous avons organisé le Mouvement Libertaire Cubain en exil, ce fut avec l’accord express de tous quand nous étions encore tous ensemble, pris et exilés, à l’intérieur de Cuba.

Nous ne luttons pas contre la dictature totalitaire castro-communiste pour restaurer la vieille oppression que nous avons contribué à renverser par notre effort et notre sacrifice à une époque où le mouvement libertaire international ne se préoccupait de nous et ne nous offrait pas la moindre aide. Nous sommes tous des antibatistiens par les faits et beaucoup d’entre nous ont sur le corps les cicatrices infligées par notre lutte contre la dictature de Batista. Nous avons combattu le régime brutal et corrompu de Batista avec les mêmes armes et les mêmes raisons que nous employons pour combattre le régime brutal et corrompu castro-communiste. Quand nous avons lutté contre Batista, nous avons couru le risque voir notre effort utilisé au profit de n’importe quel aventurier du type Fidel Castro. Mais même connaissant ce danger nous ne nous sommes pas arrêtés : nous savions que, comme libertaires, nous avions le devoir d’être présents dans la lutte pour la liberté du peuple cubain. Maintenant nous savons que nous courons aussi le risque qu’un quelconque aventurier, qu’importe le nom ou la couleur politique, puisse profiter de notre effort et de notre sacrifice pour tenter d’instaurer à Cuba un autre régime liberticide. Mais, comme hier, cela ne nous arrête pas ; notre lieu de combat est aujourd’hui de lutter pour la liberté du peuple cubain contre les dictatures actuelles et contre les futures dictatures de demain. Si nous ne le faisions pas, nous n’aurions pas le droit de nous dire libertaires.

Nous les militants cubains qui nous trouvons aux Etats-Unis, nous aurions préféré prendre asile dans n’importe quel autre pays latino-américain, mais les gouvernements de l’Amérique latine n’accordent pas d’asile aux cubains anticastristes et, quand ils le donnent, ils ne les autorisent pas à travailler pour gagner leur vie, exception faite du Vénézuéla. D’autre part, les frais de voyage de Cuba aux Etats-Unis sont de 25 dollars seulement, tandis que, par exemple, pour aller au Mexique, qui est le pays le plus proche, il n’en faut pas mois de 80..."

Nous publions également des passages d’une lettre personnelle (septembre 1963) :

"... Je suis arrivée à New York en février. Il était déjà assez difficile de quitter Cuba. Toutes les communications avec ce pays-ci ayant été interrompues, mais la Croix-Rouge avait organisé des vols pour citoyens américains, ce dont j’ai profité. J’aurais peut-être aimé rester à Cuba, mais il était impossible de changer de logement et mon appartement était trop plein de souvenirs tristes et me déprimait énormément. La question nourriture devenait également de plus en plus difficile. D’après ce que mes amis cubains m’écrivent, loin d’être améliorée, cette situation est pire maintenant... Ici, j’ai dû recommencer à construire ma vie, sans le cher compagnon que j’ai perdu. Tout ce que j’avais est resté à Cuba. On ne m’a permis d’emporter qu’un minimum de linge et de vêtements que j’avais sur le dos. J’ai abandonné meubles, livres, argent, tout... Mais les possessions matérielles ne comptent vraiment pas et je n’y pense même plus".




Site réalisé sous SPIP
avec le squelette ESCAL-V3
Version : 3.87.53